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DU CFA A L’ECO : Un long chemin vers l’indépendance monétaire de l’Afrique francophone

Mercredi 20 mai, le gouvernement français a adopté en Conseil des ministres le projet de loi entérinant la fin du franc CFA. Une décision qui fait suite à l’accord de coopération signé le 21 décembre dernier à Abidjan par le président français Emmanuel Macron et les gouvernements des Etats de l’Union Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Cette “mort” symbolique du Franc CFA ouvre la voie à l’adoption de l’Eco, la nouvelle monnaie commune aux pays de la CEDEAO.  

Créé par décret par Charles de Gaulle le 25 décembre 1945, le Franc des colonies françaises d’Afrique (CFA), renseigne le site journaldunet.fr, a été instauré dans les pays contrôlés par la France pour « faciliter le commerce et les échanges monétaires ». Depuis cette date, le franc CFA est en parité fixe avec l’Euro et les réserves de change sont centralisées auprès du Trésor français. Cette domiciliation de la monnaie des pays africains dans les comptes du colonisateur a toujours suscité des débats et a été vu comme une exploitation de l’Afrique par la France.

Le franc CFA, une monnaie forte à l’origine

Evolution du fr cfa

Dans un article publié sur RFI en décembre 2019 et intitulé « le franc CFA, toute une histoire », Sabine Cessou revient sur la genèse de cette monnaie. Elle est née par décret le 25 décembre 1945, en même temps que celle des Colonies françaises du Pacifique (CFP, Indochine), à la suite de la ratification le même jour, par le gouvernement provisoire de la France dirigé par le général de Gaulle, des accords de Bretton Woods. La « zone franc » créée de facto par la France avec ses colonies avait été officialisée en 1939 par le biais d’un autre décret instaurant le contrôle des changes en métropole et « Outre-Mer ». En raison de l’inflation moins forte dans les colonies que dans la métropole durant la Seconde Guerre mondiale, le franc CFA est plus fort que le franc français (FF) lors de sa création. Il valait 1,70 FF et repose sur quatre grands principes : parité fixe garantie par le Trésor public français, convertibilité et liberté des flux de capitaux dans la zone franc, en plus de la centralisation des réserves de devises des instituts d’émissions locaux, déposées auprès du Trésor public français. A la dévaluation du franc français le 17 octobre 1948 par rapport au dollar, la valeur du CFA se renforce encore, passant de manière mécanique à 2 FF.

Le symbole d’une domination coloniale

A l’occasion des Indépendances, la donne change lorsque le 1er janvier 1960  le nouveau franc français est mis en circulation par De Gaulle pour une valeur de 100 anciens francs. Le franc CFA perd alors sa valeur, passant de 2 à 0,02 FF. Une tendance inverse à celle d’avant les indépendances où le franc CFA était plus fort que le franc français. En réaction, en janvier 1972, le président du Niger Hamani Diori soutenu par le Congo-Brazzaville, le Cameroun et le Togo demande au président français Georges Pompidou une réforme de la « zone franc ». Cette fronde trouve un écho favorable auprès de la Mauritanie qui quitte la zone pour créer l’ouguiya et de Madagascar qui rétablit l’ariary en lieu et place du « franc malgache » en mai 1973. La révision du système CFA est accordée en décembre 1973, mais pas dans les termes attendus par les Africains. La France fait simplement passer de 100 % à 65 % le niveau des réserves de devises placées auprès du Trésor français, et « rapatrie » les sièges des banques centrales africaines de la zone franc alors localisés à Paris.

Mais en janvier 1994, une dévaluation de 50 % du CFA et de 33 % du franc comorien est imposée à 14 chefs d’État africain de la zone franc. La monnaie perd à nouveau sa valeur passant de 0,02 FF à 0,01 FF. Cette dévaluation entraîne la chute du pouvoir d’achat des populations de cette zone. Depuis ces années, le franc CFA est perçu comme le symbole de la domination de la France sur ces anciennes colonies. Le franc CFA est une monnaie à polémiques, avec ses détracteurs et ses défenseurs. De plus en plus nombreux, les premiers sont poussés par un certain nationalisme et « portés entre autres par des économistes africains tels que Kako Nubukpo et Mamadou Koulibaly, opposant ivoirien » qui estiment que « le CFA est trop fort par rapport à la faiblesse des économies où il circule, et qu’il pénalise les exportations ».

Eco, probable nouvelle monnaie de la zone franc

Le début d’un affranchissement monétaire

Ces revendications d’une indépendance monétaire ont commencé à trouver un écho auprès des chefs d’Etats africains de la CEDEAO qui, en 2000, ont lancé un processus d’intégration en deux phases. La première phase prévoyait pour 2015 le lancement d’une monnaie commune pour les pays de la ZMAO, la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest qui regroupe le Ghana, la Gambie, le Liberia, la Guinée, la Sierra Leone et le Nigeria. Dans la deuxième phase, il était prévu de fusionner la ZMAO avec l’UEMOA, « afin de créer, en 2020, une seule et même monnaie pour l’ensemble des pays de la CEDEAO » comme le signale Christian Eboué dans un article publié sur le site de TV5 Monde le 13 février 2020. Mais, cette intégration ne serait effective qu’à condition que les pays concernés respectent un ensemble de critères de convergence macro-économiques susceptibles de contribuer à homogénéiser les économies de la région. Condition non-atteinte puisque lors de la réunion des chefs d’Etat de la CEDEAO tenue à Abuja le 21 décembre 2019, seul le Togo réussit à respecter les critères de convergence qui sont de rester en dessous de 3 % du Produit intérieur brut de déficit, de 10 % d’inflation, avec une dette inférieure à 70 % du PIB. Tout en adoptant le symbole de l’eco, – « EC » – ainsi que le nom de la future banque centrale, la BCEAO, Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, l’organisation sous-régionale « exhorte les États membres à poursuivre les efforts visant le respect des critères de convergence », rappelle Jeune Afrique. Le même jour à Abidjan en Côte d’Ivoire, le président ivoirien Alassane Ouattara annonce, en présence de son homologue français, Emmanuel Macron, le remplacement du franc CFA pour les pays de l’UEMOA par un « eco » à parité fixe avec l’euro et garanti par la France. Un court-circuit qui n’a pas plu au conseil de convergence de la zone monétaire d’Afrique de l’Ouest qui a indiqué que cette annonce « n’est pas conforme avec la décision de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO d’adopter I’éco comme nom d’une monnaie unique indépendante de la CEDEAO ». La décision adoptée par le gouvernement français le 20 mai dernier en conseil des ministres sonne le glas du franc CFA, cette monnaie héritée de la colonisation. Mais, du chemin reste encore à faire pour parvenir à une monnaie indépendante.

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COVID-19/ANNULATION DE LA DETTE : DES PARLEMENTAIRES DANS LE MONDE AU SECOURS DE L’AFRIQUE

Les pays d’Afrique, à l’instar de ceux des autres continents, sont frappés de plein fouet par la pandémie du nouveau coronavirus. Les prévisions les plus sceptiques prédisent une récession pire que celle due à la crise économique de 2008. Pour relever la tête, les grandes puissances économiques éjectent des liquidités dans leurs économies. Pour les pays africains dont certains figurent parmi les plus pauvres de la planète, des voix appellent à l’annulation de leurs dettes. En écho à ces voix, 300 parlementaires dans le monde appellent à leur tour à annuler la dette des pauvres.

Le 13 mars dernier, profitant de son allocation télévisée, le président français Emmanuel Macron avait déclaré que « la France et l’Europe vont devoir aider l’Afrique à lutter contre le nouveau coronavirus en annulant massivement sa dette ». Aujourd’hui, ce sont 300 parlementaires issus d’une vingtaine de pays dans le monde qui reprennent cet appel. Parmi eux, le sénateur américain Bernie Sanders et la représentante démocrate Ilhan Omar. Pour ces derniers, « face aux conséquences économiques potentielles de la pandémie de nouveau coronavirus, il ne suffit pas de suspendre la dette des pays pauvres, il faut l’annuler. », rapporte RFI. Car, « annuler la dette, c’est la moindre des choses que peuvent faire la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et d’autres institutions financières internationales. » Tout en reconnaissant que le G20 a décidé en avril dernier de suspendre la dette des pays les plus pauvres, ils insistent sur le fait que « le but [de toute action envers les pays pauvres] est d’empêcher un accroissement inimaginable de la pauvreté, de la faim et des maladies qui menace des centaines de millions de personnes. Il faut donc que le remboursement de la dette soit complètement annulé au lieu d’être simplement suspendu. »

Ces voix parlementaires parmi lesquels figurent également l’ancien leader du parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, l’ancien président de l’Argentine, Carlos Menem apparaissent comme un soutien à la demande de certains pays africains qui appellent depuis l’apparition de la pandémie du nouveau coronavirus à une annulation pure et simple de leurs dettes afin de faire face à la crise sanitaire. Pour rappel, le 15 avril dernier, la Chine a accepté, avec les autres pays du G20, de geler pour une année une partie de la dette de 77 pays pauvres dont une quarantaine de l’Afrique.

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Covid-19/Impact économique : Brussels Airlines annonce une restructuration

On ne le dira jamais assez : en ce 21ème siècle, la crise du Covid-19 reste sans pareil. Le monde a été mis aux arrêts durant des mois. Et alors qu’il essaie de se relever petit à petit, alors que les activités essaient de reprendre pour apporter un souffle à l’économie mondiale, on note déjà les conséquences de ces moments d’arrêts de travail sur certains secteurs. Des emplois seront supprimés faisant remonter la courbe du chômage. Mauvaise nouvelle !

Mardi 12 mai, comme un couperet, la nouvelle est tombée : chez Brussels Airlines, on notera dans les jours à venir, la suppression de 1000 emplois, la réduction de sa flotte de 30% et l’arrêt de la desserte de 22 destinations. Selon le site DHnet, « Cette restructuration, présentée comme inévitable par la direction de l’entreprise, impactera également le nombre de dessertes réalisées par Brussels Airlines. Ainsi, deux des 20 destinations long-courriers seront à terme supprimées et les destinations européennes passeront de 78 à 56. Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure-t-elle, convaincue qu’avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n’est pas prévu, selon elle, avant 2023 ». Et même si la compagnie espère à une aide d’Etat importante de 290 millions d’euros, cette annonce reste très difficile pour ces employés et leurs familles.

Cette situation n’est que le résultat de la crise du Covid-19. Même si au début de l’année, la compagnie se portait bien avec des résultats positifs en termes de nombre de passagers et de revenus, aujourd’hui, cette restructuration est nécessaire de toute urgence. Dieter Vranckx, le patron de Brussels Airlines, explique sur Lalibre que « la pandémie de coronavirus frappe particulièrement durement Brussels Airlines. Cette crise sans précédent a aggravé notre situation financière, nous obligeant à prendre des mesures substantielles et essentielles. La restructuration est nécessaire de toute urgence pour survivre à la crise actuelle et devenir structurellement rentable à l’avenir ».

Les conséquences de cette restructuration seront aussi notées du côté des voyageurs. Plusieurs d’entre eux verront leur vol annuler mais avec cependant une possibilité de remboursement vu que la compagnie n’a pas déclaré une faillite. Mais la bonne nouvelle, reste celle qu’annonce le journal L’Echo ce jeudi 14 mai. Selon le site d’information, « Brussels Airlines reprendra une partie de ses opérations à partir du 15 juin prochain. L’offre sera réduite dans un premier temps avant d’être augmentée progressivement selon la demande du marché et la levée des restrictions de voyage. Le réseau desservi sera communiqué dans les prochains jours ». Même si toujours selon le journal, « les syndicats de Brussels Airlines refusent de négocier avec la direction de la compagnie sur le plan annoncé mardi, qui menace jusqu’à 1.000 emplois, tant qu’ils n’en savent pas plus sur l’avenir immédiat de l’entreprise, annoncent-ils ce jeudi en front commun. Selon eux, les propositions actuellement sur la table ne sont « ni sérieuses, ni réalistes, ni négociables et même illégales ».

Notons que la compagnie aérienne avait suspendu une grande partie de ses opérations le 21 mars 2020 suite à la propagation du coronavirus et des mesures prises pour contrer la maladie.

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Opinion / Covid19 : 10 mesures d’urgence pour sauver le tissu économique en pleine pandémie du Covid-19 au Bénin

Depuis quelques mois le monde est confronté à une crise sanitaire sans précédent avec l’apparition du Covid-19 et son évolution inquiétante. A ce jour, selon l’Organisation mondiale de la santé, 198 pays sont touchés et plus de la moitié de la population mondiale est confinée. Le virus a infecté plus de 1 210 956 personnes dans le monde et fait plus de 67 594 décès. Il a ainsi causé un ralentissement de la libre circulation des personnes et des biens et, a entraîné une contraction des économies, la banqueroute de nombreuses entreprises, une hausse du chômage et un accroissement de la dette globale. La résilience des économies du monde est plus que jamais éprouvée.

 

Nous partons du principe que notre économie (au Bénin) ne survivra à la crise que si conjointement aux mesures sanitaires prises d’autres assurant le maintien des entreprises en activités le sont aussi. Il est primordial que les opérateurs économiques et commerçants soient en bonne santé et qu’ils continuent de générer des recettes, de s’approvisionner en intrants et de continuer à honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs partenaires que sont les employés et prestataires. Lorsqu’on sait qu’en moins de 90 jours, 81% des entreprises pourraient mettre la clé sous le paillasson en cas d’absence de recettes, il urge d’éviter une crise aux conséquences multiples.

Le cabinet T-Ventures propose 10 mesures d’interventions les plus urgentes qui suivent :

  • Un moratoire jusqu’à juin 2020 inclus sur le paiement des impôts, taxes et cotisations pour les PME/PMI, commerçants et artisans qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • La subvention de la charge salariale pour une période de 3 mois aux entreprises ne pouvant pas financer le redéploiement de son personnel en chômage technique ayant une existence juridique de plus de 3 ans et qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • L’apurement des arriérés aux entreprises dans les secteurs les plus touchés par la crise, notamment : l’industrie hospitalière (hôtellerie, tourisme et restauration), l’agro-alimentaire et l’industrie, le commerce et le numérique/les télécoms ;
  • La mise en application par les institutions de crédit les directives de la BCEAO : des taux d’intérêt proportionnels au nouveau taux directeur de 2.5%, le report de crédits de 3 mois renouvelables une fois sans charge d’intérêt, ni frais, ni pénalités de retard aux entreprises qui le sollicitent
  • Le renforcement de la fibre optique afin d’améliorer la connectivité et la révision à la baisse de la grille des frais téléphoniques et d’Internet au regard d’un accroissement de l’usage du téléphone mobile et pour favoriser le télétravail, booster le marketing et la communication digital, et promouvoir la formation/l’apprentissage à distance ;
  • Le maintien du calendrier des marchés publics pour le trimestre dans les secteurs concernés afin de permettre aux entreprises locales de maintenir des flux de trésorerie ;
  • La création d’un fonds d’urgence de soutien aux PME/PMI ;
  • La dotation du Fonds d’aide à la solidarité nationale de fonds affectés pour la prise en charge des artisans et commerçants de l’informel atteints par la pandémie sur le plan alimentaire et sanitaire pour une période de trois mois et le don de kits d’urgence médicale aux femmes comprenant 3 masques, du paracétamol, un désinfectant, des vitamines, du Vick’s et des images des mesures de protection contre la pandémie en français et langue locale ;
  • La revue des chaînes d’approvisionnement en faisant un usage des transports publics pour qu’ils servent à ramener les produits des jardins/champs/fermes plutôt que de laisser les commerçants de déplacer à travers plusieurs communes pour s’approvisionner ;
  • La promotion des paiements via portemonnaie électronique. Toutefois malgré les incitations pour favoriser les transactions mobiles, 48% des répondants ne font pas un usage plus accru des services financiers digitaux principalement parce qu’ils estiment que ces services ne sont pas pratiques (55%), qu’ils ne disposent pas de portemonnaie électronique (17%) ou que ces services ne sont pas fonctionnels pour la plupart du temps (13%). Il est donc opportun qu’une campagne de communication menée par le gouvernement et les GSM amène à un changement de comportement.

En somme, chacun d’entre nous est responsable de soi-même, de sa famille et de sa communauté. Respections les mesures d’hygiène et les gestes de barrière et ne manquons pas d’éduquer nos communautés pour sauver autant de vies que possibles. Acquittons-nous de nos obligations fiscales, administratives et sociales dans la mesure du possible car l’économie doit continuer de tourner. Et enfin, partageons de notre temps et de nos ressources pour venir à bout de cette pandémie.

 

Par Yacine Bio Tchané, économiste et associée-gérante du cabinet T-Ventures

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SANTE/CORONAVIRUS: Une pandémie et un bouleversement mondial

Apparu mi-décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine, le nouveau coronavirus s’est aujourd’hui étendu à tous les continents, avec chaque jour un bilan funeste. En raison de sa propagation rapide, l’OMS l’a déclaré pandémie. Pour s’en prémunir, chaque Etat a pris des mesures, les unes plus drastiques que les autres. Du confinement des populations à la mise en quarantaine de tout un pays, en passant par la fermeture des écoles et des frontières, on assiste à une remise en cause générale de tout ce qui était mondialement admis comme la norme. Pour endiguer cette maladie mortelle, toutes les mesures sont envisagées, tout devient possible.

« Mi-décembre 2019, dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, une épidémie de coronavirus s’est déclarée, causée par un nouveau type de coronavirus d’abord nommé 2019-nCoV, puis renommé SARS-CoV-2. Encore jamais observé avant son apparition dans cette métropole de 11 millions d’habitants, les autorités sanitaires chinoises ont officiellement annoncé sa découverte le 7 janvier 2020. Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 février, l’OMS a donné un nom à la maladie causée par ce nouveau coronavirus : Covid-19. Le 11 mars, l’OMS a requalifié l’épidémie en pandémie. » Ainsi RFI décrit la chronologie de cette maladie qui progresse avec un effet boule de neige. Le 25 mars 2020, on décompte plus de 340 000 cas d’infection détectés dans 164 pays et territoires depuis le début de l’épidémie avec au moins 19 000 morts. Selon l’OMS, 85% des cas recensés se trouvent en Europe et aux Etats-Unis. L’Afrique compte environ 1 988 cas confirmés pour 58 décès selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. 44 pays sur 54 sont désormais touchés. C’est dire combien la situation est alarmante. Et les dirigeants du monde en ont pris la mesure.

Les manifestations du nouveau coronavirus

Le coronavirus appartient à une famille de virus dont certains n’affectent que les animaux. La maladie respiratoire engendrée par ce virus est désignée par le terme Covid-19, pour Coronavirus Disease 2019. Les coronavirus sont zoonotiques et se transmettent entre les animaux et les humains. Le SARS-CoV-2 désigne l’agent pathogène qui se transmet entre les hommes. L’hôte intermédiaire du SARS-CoV-2 (Covid 19) pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d’extinction, estiment des scientifiques chinois. Le virus serait apparu en décembre sur un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages destinés à être consommés.

La peur de la contagion bouleverse tous les programmes mondiaux
Image: Huffigton post

La transmission interhumaine est avérée par voie respiratoire, contact étroit avec un malade à moins d’un mètre (postillons, toux, éternuements), rappelle RFI. Dans la crainte d’une contamination, la curiosité est donc portée sur la durée de vie du virus une fois projeté par un porteur. A ce propos, de récentes analyses permettent d’en apprendre davantage. L’Institut américain de recherche sur les allergies et les maladies infectieuses s’est penché sur la question de la survie du Covid-19 sur différents supports. Sur les « aérosols », c’est-à-dire les micro-gouttelettes en suspension dans l’air, le virus peut y être détecté 3 heures après leur projection. C’est dire qu’un malade qui éternue ou tousse sans se protéger la bouche, comme il est recommandé, diffuse autour de lui ces gouttelettes infectées pendant trois heures. Concernant les surfaces, la même étude montre que le Covid-19 résiste 4 heures sur du cuivre, 24h sur du carton et jusqu’à 2 ou 3 jours sur du plastique ou de l’acier inoxydable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est conseillé de désinfecter régulièrement des surfaces comme les poignées de porte, les boutons d’ascenseur ou encore les bureaux d’entreprises à l’eau de javel ou de l’eau et du savon. En Chine par exemple, une équipe a étudié le cas d’un immeuble où 7 personnes, travaillant dans des bureaux différents et n’ayant pas eu de contacts directs, étaient tombées malades. Ils ont alors émis l’hypothèse selon laquelle les toilettes communes pourraient être la source d’infection, via de la matière fécale. Cela rappelle l’importance de désinfecter les lieux de passage et surtout de se laver les mains et d’éviter les contacts humains, insiste la Radio française.

Le grand bouleversement

Le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), maladie respiratoire contagieuse et parfois mortelle, également  causée par le coronavirus, apparue en 2002, n’est transmissible par un malade que 4 ou 5 jours après l’apparition des premiers symptômes. Mais, le Covid 19 est transmissible dès le début, aussitôt les premières toux, fièvre ou difficulté respiratoire. Chez certains patients, avant même qu’il ne se sente souffrant. Ce qui constitue une difficulté à enrayer la propagation du virus et explique la vitesse exponentielle de son évolution dans chaque pays touché et d’un pays à un autre au gré de la mobilité des personnes.

Le Covid 19 dicte à toutes les nations du monde un mode de fonctionnement jamais imaginé auparavant. Quelques jours après l’apparition du nouveau coronavirus en Europe, Daniele Rugani, le défenseur de la Juventus a été le premier joueur de l’élite testé positif. En Liga le défenseur argentin du FC Valence, Ezequiel Garay a contracté la maladie. En réponse, les dirigeants de ces clubs ont décidé de mettre en quarantaine ces derniers et leurs coéquipiers avec qui ils sont entrés en contact. Le virus se propageant d’homme à hommes, l’idée de jouer les matches à huis-clos a pris rapidement corps. Mais, la maladie va à une vitesse très rapide et extraordinaire. Les foyers de contamination se multiplient. Ce qui a poussé les dirigeants du sport mondial à envisager l’inédit : suspendre ou reporter tous les événements sportifs. Les championnats européens, la Ligue des champions de l’UEFA 2019-2020, la League Europa, la saison NBA 2019-2020 ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. En Afrique, les 3e et 4e journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2021) prévues pour les 25 et 31 mars ont été reportées sine die. Le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) programmé du 4 au 25 avril au Cameroun a également été repoussé. L’Euro 2020 n’a pas échappé à la règle, l’UEFA s’étant résolue à la reporter en 2021.  Les Jeux olympiques d’été de 2020 qui doivent avoir lieu à Tokyo à partir de la fin juillet ont finalement été programmés pour une date ultérieure.

Tous les grands rendez vous sont reportés

Du jamais vu, sauf durant les deux guerres mondiales qui ont induit pareille décision. Le secteur du divertissement n’est pas du reste, divers groupes de musique suspendant ou annulant leurs tournées de concerts. Les cultes religieux sont suspendus. Plus impensable dans ce monde libre ou la libre circulation des personnes et des biens est un principe sacro-saint, la fermeture des frontière ! Lors d’une allocution à la télévision le 11 mars au soir, le président américain Donald Trump déclarait que « Pour empêcher de nouveaux cas de pénétrer dans notre pays, je vais suspendre tous les voyages en provenance d’Europe vers les États-Unis pour les 30 prochains jours ». Les dirigeants européens n’en revenaient pas et n’avaient même pas apprécié une telle « démesure ». Mais depuis, la mode s’est généralisée. L’UE s’est à son tour barricadée ! Quarantaine, confinement obligatoire, état d’urgence, couvre-feu, rares sont les pays à ne pas avoir encore franchi le pas. L’Italie fut le premier pays à se mettre en quarantaine, confinant toute sa population. En France, en Grande-Bretagne, en Côte-d’Ivoire, au Sénégal, pour ne citer que ces pays, les écoles sont fermées et les rassemblements interdits. Du jamais vu !

Même en période de guerre ou après un attentat terroriste quelque sanglant qu’il soit, le discours des dirigeants à l’unisson est un appel à la sérénité. En dehors d’un appel à la vigilance, les populations sont même invitées à vaquer à leurs occupations pour « montrer à l’ennemi qu’il n’a pas réussi à atteindre le cœur de la république » et que l’axe du mal ne gagnera pas. Mais, le Covid 19 n’est pas qu’un ennemi. Il est un monstre invisible et terrifiant. Il modifie même la manière habituelle de vivre la maladie. Auparavant, le malade était entouré de ses proches qui sont là pour lui apporter les soins, lui éviter l’angoisse de la maladie. La personne infectée au nouveau coronavirus doit le vivre seul et loin de tous. Tout ce qui était impossible, même sous une menace est aujourd’hui possible. Face au Covid 19, tout le monde est appelé à rester chez lui, sauf les personnes dont le travail ou l’intervention contribue à prendre en charge les maladies et à lutter contre la maladie. En attendant un traitement curatif et un vaccin approuvés, seul un respect strict des recommandations sanitaires est un gage pour vaincre la maladie. Quand elle passera, elle laissera des traces et l’humanité aura à coup sûr un nouveau sens.

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Développement en Afrique : les responsabilités de la femme africaine

Elle est mère au foyer, sœur, amie, épouse ! Les femmes endossent plusieurs rôles dans toutes les sociétés. Mais si ailleurs, elles sont placées au 1er rang, dans certaines sociétés telles africaines, les femmes ne sont toujours pas comptées à la table des grandes décisions. Elles subissent encore sur le continent, plusieurs maux tels que le viol, les violences, le mariage forcé, la déscolarisation, etc. Or, plus que des leviers de vitesse, les femmes sont des leviers pour le développement de l’Afrique. Vous l’aurez compris, dans cette dernière partie de notre article sur le développement en Afrique, nous parlerons de l’apport des femmes africaines.

« En autonomisant les femmes, nous participons à la construction de sociétés meilleures, plus égalitaires et plus prospères », disait déjà en 2015 lors de la Journée de l’Afrique, Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies. Alors qu’elle revêt plusieurs casquettes en Afrique, la situation des femmes n’est toujours pas comme l’aurait voulu les premières concernées. Si les hommes africains leurs reconnaissent les rôles d’épouses et de mères, il est difficile pour eux d’accepter que sur le plan éducation, elles puissent avoir les mêmes ambitions. Dans un article, le mouvement ONE attaque et dit : « nous le disons haut et fort : il n’existe aucun endroit sur terre où les femmes ont les mêmes opportunités que les hommes. Et cette inégalité touche encore plus durement les femmes et les filles dans les pays les plus pauvres. En ce moment-même, des femmes et des filles se voient refuser le droit d’avoir accès à un compte bancaire, d’être propriétaires des terres qu’elles cultivent et de recevoir l’éducation qu’elles méritent ». Plus loin l’auteur de l’article explique avec des chiffres à l’appui pourquoi la pauvreté est sexiste. « Au niveau mondial, près de 750 millions de femmes et de filles ont été mariées avant l’âge de 18 ans. Le taux de mariage d’enfants a fortement diminué dans les pays les plus riches, mais il reste élevé dans les pays les plus pauvres. Dans le monde, les filles âgées de 5 à 14 ans passent 550 millions d’heures par jour à s’occuper des tâches domestiques, soit 160 millions d’heures de plus que les garçons du même âge. En Afrique subsaharienne, seulement 23,6% des parlementaires sont des femmes. Au rythme actuel, les femmes en Afrique subsaharienne devront attendre plus de 160 ans avant d’avoir les mêmes chances que les femmes dans les pays riches de donner naissance à des enfants vivants. En Afrique subsaharienne, les femmes et les filles passent environ 40 milliards d’heures à aller chercher de l’eau, l’équivalent d’une année de travail par la population active française. 99% des décès maternels surviennent dans les pays en développement ». Ces quelques chiffres de ce mouvement, font froid dans le dos et montre la fragilité de la situation des femmes dans le monde notamment en Afrique. Or, quand on se penche sur la contribution de la femme au développement, on se rend compte combien de fois, les femmes africaines participent au développement de leurs sociétés.

Elles participent à l’éducation de la société

Femme, levier du développement

Un adage populaire dit qu’une fille à l’école, c’est l’assurance d’une belle nation. Mieux, il est dit qu’éduquer un petit garçon, c’est éduquer un individu alors qu’éduquer une petite fille, c’est éduquer une nation. Pour dire l’importance de la femme dans la société. La place des femmes dans une société constitue en effet l’un des principaux marqueurs de la démocratie, mais aussi du développement économique, social et sociétal. Car lorsque nous soutenons les femmes et les filles et respectons leurs droits, c’est toute la société qui en bénéficie. Dans un document intitulé ‘’Autonomiser les femmes africaines, plan d’actions’’, le Groupe de la Banque Africaine de Développement affirme « Les femmes, en Afrique, sont des agents économiques très dynamiques, plus que partout ailleurs dans le monde. Elles effectuent la majorité des activités agricoles, détiennent le tiers de l’ensemble des entreprises et représentent, dans certains pays, jusqu’à 70 % des employés. Au-delà de leurs activités génératrices de revenus, elles sont les principaux leviers de l’économie domestique et du bien-être familial, et jouent un rôle absolument indispensable — parfois méconnu— de dirigeants au sein de leurs communautés et de leurs nations respectives ». Dans tous les domaines en Afrique, les femmes sont importantes. Elles sont en premier rang dans les champs. Dans les milieux ruraux, ce sont elles, qui sont au premier rang dans l’agriculture et même le commerce. Elles participent à l’éducation des enfants et engendre une importante masse d’argent dans plusieurs domaines.

Mais plusieurs barrières font obstacles à la femme. Que ça soit sur le plan de l’inégalité ou sur les violences qu’elles subissent. Même si de plus en plus, la situation de la femme africaine connait une amélioration, il est important de mettre tout en œuvre pour lui garantir un avenir meilleur. Parce que le développement passe par elle !

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Développement en Afrique : l’espacement des naissances, une solution ?

Nous abordons dans cette troisième partie de notre série article sur le développement en Afrique, la question de l’espacement des naissances. La population africaine est pauvre malgré la richesse du sol africain et des autres ressources naturelles importantes dont dispose le continent. Dans les recherches de solution, les spécialistes indexent la démographie croissante du continent. Mais la question quand elle est évoquée, fâche nombres d’Africains qui pensent que le débat est déplacé. Nous parlerons donc d’un sujet sensible.

Elles sont nombreuses, les femmes africaines qui sont contre la planification familiale. Et pour cause, les effets secondaires de ses composantes sur l’organisme. « Dès que j’ai placé l’implant norplant, j’ai constaté quelques semaines après que mon poids s’augmentait. En quelques mois, je suis devenue très grosse. J’ai dû enlever » nous explique Adeline. Elle sera soutenue par son amie qui elle, a fait l’expérience de la pullule. « J’ai eu des menstrues deux fois par mois. Et les jours de menstruations sont devenus plus longs » témoigne-t-elle. Les méthodes contraceptives, même s’il en existe de différents, suscitent encore de la méfiance chez beaucoup de femmes et aussi de familles africaines. Dans un article sur la planification familiale, le Salamins rapporte les propos de la responsable de la maternité d’Hillacondji, dans la commune de Grand-Popo, ville située à 90 km au sud-ouest de Cotonou, la capitale béninoise « Nous éprouvons beaucoup de difficultés à mobiliser les femmes à cause des pesanteurs socioculturelles. Si ce n’était que la difficulté à faire venir les femmes vers nous, nous pouvons supporter facilement. Nous sommes souvent l’objet de menaces voire d’agressions physiques de la part des parents et époux qui nous accusent d’inciter leurs femmes ou filles à l’infidélité, à l’adultère » dit-elle.

Alors que comme le dit le Journal Le Monde bien que la natalité ne cesse de baisser sur le continent, l’excédent des naissances est encore beaucoup plus élevé que le nombre des décès. Le journal écrit exactement « la population du continent africain s’accroît rapidement. Estimée à 140 millions en 1900, elle atteignait un milliard d’habitants en 2010. Elle comptera 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 milliards en 2100, selon le scénario moyen des projections des Nations unies. Un humain sur six habite aujourd’hui en Afrique. En 2050, ce sera 1 sur 4, et plus d’1 sur 3 en 2100, selon ces mêmes projections ». Dans le même sens, The conversation renchérit pour dire que si l’on ne retient que les chiffres essentiels, on note que le taux moyen de fécondité en Afrique est de 4,7 enfants par femme (contre 2,2 en Asie et 2,1 en Amérique latine). Mais il atteint 7,4 au Niger – ce qu’avait bien lu Emmanuel Macron – ou encore 6,6 en Somalie et 6,3 au Mali. La pyramide des âges affiche une base très évasée, puisque 60 % des Africains ont moins de 25 ans. À ce rythme, on estime que l’Afrique comptera 1,704 milliard d’habitants en 2030, 2,528 milliards en 2050 et 4,468 milliards en 2100. Soit à cet horizon 40 % de la population mondiale, contre 17 % en 2017.

Les méthodes contraceptives sont controversées en Afrique

Un faux argument

Malgré l’alerte donné, ils sont nombreux à penser que l’espacement des naissances n’influe pas sur le développement. Pour plusieurs citoyens lambda que nous avons rencontré, les méthodes contraceptives sont juste des moyens pour rendre malades les femmes en Afrique et contrôler les familles. « Avoir beaucoup d’enfants ou les avoir de façon accélérée n’est que le problème des parents. C’est à ceux de faire face aux charges de la famille et donc ils sont les premiers concernés » argumente Adrien A., un fonctionnaire d’Etat. Il va plus loin dans son argumentaire pour expliquer que les différentes méthodes rendent malades les femmes puisque selon lui « les pullules, les implants et stérilet envoyés sur le marché africain ne sont pas vraiment de bonne qualité et endommagent la santé de nos femmes ».

Requérant l’anonymat, un homme de santé donne son avis en disant « je ne pense pas que la planification puisse nous aider. Nous ne sommes pas encore assez nombreux pour produire de la richesse. Les autres ont peur de notre avancée et trouvent les moyens de nous bloquer. Nous manquons de mains d’œuvre pour les travaux de première nécessité. Il est certes clair qu’il faut un nombre dont on peut s’en occuper mais les ‘’autres’’ l’ont fait, ils sont où aujourd’hui ? Ils ont une population vieillissante les obligeant à faire de l’immigration choisie ». Mais les experts insistent. La planification familiale permettra de contrôler la démographie en Afrique et donc aidera au développement.

Une solution à portée demain

« Le défi de l’Afrique, il est civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes ? Les États faillis ou les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est l’un des défis essentiels de l’Afrique. Dans un pays qui compte encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien » a déclaré le Président français Emmanuel Macron, samedi 8 juillet 2017, en conférence de presse lors du G20 à Hambourg. Quelques jours après, Salifou Diallo, le président de l’Assemblée burkinabée dira à sa suite : « nous estimons que quand on a des taux de croissance économique des pays qui sont de l’ordre de 5 % à 6 %, avec un taux de fécondité située à 6 % ou 7 %, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation ».

Parlant des bienfaits de la planification familiale, Partenariat Ouaga explique que Les bienfaits de la planification familiale s’étendent bien au-delà de la sphère individuelle. L’accès à une gamme complète d’options contraceptives réduira considérablement les mortalités maternelle et infantile et améliorera la santé globale des familles. Permettre aux jeunes femmes de décider si, et quand, elles veulent fonder une famille leur offre plusieurs possibilités : rester à l’école, rejoindre la population active ou poursuivre d’autres rêves. « Ce cercle vertueux qui commence par l’autonomisation d’une seule femme peut extirper des communautés entières de la pauvreté. Il existe des preuves incontestables que l’augmentation du nombre de femmes en bonne santé, instruites et actives, stimulera le bien-être économique des pays francophones d’Afrique de l’Ouest » continue le programme.

L’espacement des naissances aide à réduire la pauvreté dans les familles

De l’autre côté, le Docteur Brice Mègninou dit aussi que « la planification familiale est le fer de lance du développement en ce sens que ça permet de maîtriser la démographie et donc le PIB du pays. Exemple la Chine, elle devrait être la 1ere puissance mondiale mais sa démographie la tire en arrière…Contrôler les naissances, permet à la famille de mieux se planifier, de maîtriser ses finances et de former des hommes productifs pour la société facteur de développement. Pour le pays, ça permet de contrôler la démographie, dans nos pays pauvres, le phénomène qu’on observe s’apparente à un serpent qui se mord la queue. C’est les pauvres font plus d’enfants et mettent ces enfants dans la stricte précarité…conséquence, maladies, mauvaise éducation, grossesses indésirées, criminalité, autant de facteurs qui entravent le développement d’un pays ». Le site acotonou, aborde aussi dans le même sens en expliquant que « l’utilisation des produits contraceptifs procure d’importants avantages socio-économiques, favorisant ainsi la réduction du taux de pauvreté. Aucun essor économique n’est possible dans un pays où la maitrise de la démographie devient un mythe ou tarde à être effective. Lorsque la croissance démographique est largement au-dessus de la croissance économique, la pauvreté ne peut que connaitre une ascension fulgurante. Ce déséquilibre contribue à amplifier la pauvreté en limitant les possibilités du gouvernement et des ménages de dégager les ressources nécessaires à l’amélioration de la productivité des ménages et des entreprises ». Le sujet est certes sensible mais face à tous ces différents arguments, il convient de s’y pencher pour l’épanouissement des familles africaines et donc de la société.

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Développement et fin de la pauvreté dans le monde : l’éducation, un outil précieux pour l’Afrique (suite)

Dans cette 2ème partie de notre série d’article sur la pauvreté dans le monde notamment en Afrique, nous aborderons la question de l’éducation. L’extrême pauvreté en Afrique est alarmante. A croire, vu les chiffres, qu’au lieu de diminuer, les familles pauvres sont de plus en plus nombreuses créant un grand écart entre la minorité de riches qui continuent d’amasser les richesses et la majorité de pauvres. Des solutions sont proposées et utilisées pour permettre aux familles pauvres de sortir de cette situation. Mais finir avec la pauvreté reste un défi pour les dirigeants africains et les institutions internationales. Penchons-nous cependant sur la question de l’éduction comme un point clé pour sortir de cette situation.

Dans une de ses célèbres poésies, Victor Hugo dit « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne… L’école est sanctuaire autant que la chapelle ». Mieux, dans un autre registre, le poète affirme « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons » tant il voit l’importance de l’éducation, de l’instruction qu’il pense être un devoir de l’Etat, dans la vie d’un homme et donc dans le développement d’un pays. Dans sa classe de CM2, Lucien Akpo, maitre dans une école publique à Lomé, capitale du Togo, explique à ses petits apprenants en face de lui « vous construisez votre avenir ici. Vous devez travailler dur pour subvenir à vos besoins et être indépendants. Ainsi, vous contribuerez au développement de votre pays. Nos pays sont trop dans la misère ». Des enfants dont les parents, pour la plupart, ont des difficultés à s’en sortir. Selon le Rapport de 2009 sur le développement humain, l’indice de développement humain de l’Afrique subsaharienne se situe entre 0,45 et 0,55 contre 0,7 et plus dans les autres régions du monde. La pauvreté en Afrique subsaharienne continuera d’augmenter à moins que les populations ne puissent bénéficier du développement économique. Dans sa revue Intégration de l’enseignement Africain au Développement, Phillippe Hugon dit « les pays sous-développés sont sous-instruits. L’évolution récente de l’Afrique noire francophone révèle que ce sont aussi des pays mal instruits ».

l’éducation réduit la pauvreté, elle augmente les revenus individuels
Image: global partnership

L’importance de l’éducation

Le niveau de pauvreté en Afrique est élevé. Les chiffres révèlent que les pays les plus pauvres sont concentrés en Afrique notamment l’Afrique Sub-saharienne. Les rapports des institutions telles que la Banque Mondiale explique que la très grande majorité des vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2019 se situe sur le continent africain. Ces économies totalisent un produit intérieur brut (PIB) de 314,67 milliards de dollars, soit 15 milliards de plus qu’en 2018 (+4,8%). C’est à peine plus que le produit intérieur brut enregistré par le Bangladesh cette année-là (314,65). Les 25 pays les plus pauvres du monde affichent un PIB par habitant moyen de 666 dollars. Or il se trouve cependant un problème d’éducation dans ces pays. Dans un séminaire international tenu à Genève déjà en novembre 2004, le consultant International Burundais Mathias Rwehera disait « Il n’y a pas dans ce monde de population éduquée qui soit pauvre et il n’y a pas de population illettrée qui ne soit pas pauvre. Les pays où les taux de scolarisation sont faibles sont tous des pays pauvres. Il suffit de regarder le tableau des indicateurs du PNUD dans son Rapport mondial sur le développement humain (2004) pour vérifier que les pays à taux de scolarisation faibles sont aussi les pays pauvres ».

Dans une publication sur l’éducation, un levier de développent en Afrique, ORDES (Observatoire de Recherche du Développement d’Entraide et de Solidarité) analyse que pour beaucoup de pays, à l’exception notable du Bénin et de l’Ethiopie, le livre représentait un objet peu familier. En outre, offrir une éducation de masse impliquait et implique d’en avoir les moyens, problématique de taille entravée par de nombreux Etats. Plus loin, l’Observatoire fait le diagnostic de l’éducation en Afrique et explique : « De nombreux pays persistent à favoriser l’éducation des élites, afin de les transformer en ambassadeurs internationaux. Ambition noble mais inégalitaire et porteuse de cruelles pertes (« fuite des cerveaux ») pour le continent. De plus, la faiblesse des rémunérations des enseignants, pointée par de nombreux rapports, ne permet pas d’assurer un enseignement de qualité avec des professeurs devant jongler entre différents emplois pour joindre les deux bouts. Ce déficit qualitatif se retrouve également dans l’inadaptation des programmes scolaires qui affecte près de 31 pays, générant ainsi un gaspillage navrant comme au Burundi où 70% de l’argent est dépensé dans une éducation insatisfaisante. En outre, tandis que le primaire devrait être le récipiendaire prioritaire des investissements par son rôle socle et inclusif, ainsi que par le taux de rendement d’éducation supérieur aux autres niveaux, il est celui dont le taux de croissance est le plus faible. En Afrique Subsaharienne, près d’un enfant sur quatre en âge de fréquenter l’école primaire (23%) n’a jamais été scolarisé ou a quitté l’école sans terminer le cursus primaire ». Alors que l’éducation, est une des clés qui pourrait aider le continent de la pauvreté.

A côtés des sciences, il est effectivement nécessaire que les africains s’approprient plusieurs sujets que sont : leur histoire, l’amour de soi, le respect et l’importance de leur culture.
Image: la Croix

L’éducation, la clé

Dans un article, Partenariat Mondial pour l’Education donne les 5 façons dont l’éducation peut aider à mettre fin à l’extrême pauvreté. L’article énumère que l’éducation réduit la pauvreté, elle augmente les revenus individuels, réduit les inégalités économiques, favorise la croissance économique et contribue à sauver la planète. Dans son explication, on peut lire : « 171 millions de personnes sortiraient de la pauvreté si tous les enfants quittaient l’école avec des compétences de base en lecture. Cela équivaut à une baisse de 12 % à l’échelle mondiale. L’extrême pauvreté pourrait être réduite de 30 % suite aux améliorations d’apprentissage définis par la Commission sur l’éducation. L’éducation augmente les revenus individuels d’environ 10 % pour chaque année de scolarité supplémentaire. Chaque dollar investi dans une année supplémentaire d’étude augmente les revenus de 5 dollars dans les pays à faible revenu, et de 2,5 dollars dans les pays à revenu moyen. Si les travailleurs issus des milieux riches et pauvres recevaient la même éducation, les écarts de revenus entre eux pourraient diminuer de 39 %. Le niveau d’instruction justifie près de la moitié des écarts de taux de croissance entre l’Asie orientale et de l’Afrique sub-saharienne enregistrés entre 1965 et 2010. En 2050, le PIB par habitant dans les pays à faible revenu serait de près de 70 % inférieur à ce qu’il aurait été si tous les enfants étaient scolarisés. Augmenter le taux d’achèvement du supérieur d’un an en moyenne augmenterait à long terme le PIB des pays d’Afrique subsaharienne de 16 % ».

Face à ces perspectives, Zipporah Musau dans sa revue ‘’Education et inégalités’’ préconise que « les gouvernements doivent selon lui investir massivement dans le développement des enfants et des jeunes par le biais de politiques et de programmes adaptés en matière d’éducation et de santé ». De son côté, Franck Yao Kpossilandé analyse dans la Nouvelle Tribune que « â côtés des sciences, il est effectivement nécessaire que les africains s’approprient plusieurs sujets que sont : leur histoire, l’amour de soi, le respect et l’importance de leur culture.  Puisqu’aucun pays ne se développe sans prendre en compte la dimension culturelle de son peuple, il est quand même hallucinant que la culture occidentale soit le fer de lance du développement prôné par nos dirigeants. On ne peut pas se haïr, haïr la culture et les pratiques de ses ancêtres et vouloir aller de l’avant en embrassant sans aucune réserve celle des autres. En ce sens, l’éducation doit être entièrement revue et adaptée non seulement à nos cultures, mais aussi au monde dans lequel nous vivons. Il ne s’agit pas non plus de dire que nous devons nous enfermer dans nos pratiques, mais de demander une mise en conformité entre la culture africaine et le monde actuel ». Des approches de solutions qui bien étudier, pourraient vraiment faire de l’éducation un outil important pour sortir de la pauvreté en Afrique.

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Pauvreté dans le monde : l’Afrique, continent riche avec des habitants pauvres (1ère partie)

Cette année, dans notre éditorial, nous avons annoncé que vous aurez chaque mois, un terme qui sera développé en plusieurs articles. Pour ce premier numéro, nous parlerons de pauvreté dans le monde notamment en Afrique. Ce 1er article abordera donc globalement la situation de la pauvreté en Afrique. Au fil des semaines du mois, nous parlerons de la pauvreté et de l’éducation, la pauvreté et la planification familiale, la pauvreté et la contribution de la femme africaine.

Dans les rapports produits par les différentes institutions internationales telles le Fonds Monétaire internationale, la Banque Mondiale, il y a des conclusions qui ne changent pas : l’Afrique est le continent le plus pauvre du monde. Les pays les plus pauvres du monde se retrouvent majoritairement en Afrique avec le cas du Soudan du Sud. Des conclusions quand même étonnantes vu que le continent dispose de nombreuses ressources naturelles et est donc considérée sur ce fait comme le plus riche du monde.

Ces derniers jours du mois de janvier 2020 s’annoncent difficiles dans la partie sud du Bénin, pays de l’Afrique de l’Ouest, voisin du Nigéria. En effet, alors que les habitants pensaient ne plus avoir l’harmattan, ce vent sec, frais et poussiéreux, ce dernier a fait son retour sur le pays. Tôt le matin, il est difficile de se lever de son lit tant il fait frais. Mais à Godomey, un quartier de la ville d’Abomey-Calavi, ce vent n’empêche pas dame Martine de se réveiller déjà à 5h du matin pour la préparation quotidienne de la bouillie de maïs, son activité.  Dès 6h30, sa voix résonne dans le quartier soit pour réveiller les retardataires encore au lit, soit pour nourrir ceux qui ont besoin de cette bouillie chaude pour entamer leur journée. Et cette activité, elle explique qu’elle le fait depuis 5 ans pour nourrir et instruire ses enfants. Son mari étant au chômage depuis quelques années, il est difficile pour cette famille de joindre les deux bouts dans cette petite chambre faite en bois dans laquelle elle vit. La situation financière et matérielle difficile de la famille de dame Martine n’est pourtant pas chose rare au Bénin et dans plusieurs autres pays de l’Afrique. Selon les rapports, à l’échelle mondiale, le continent concentre plus de la moitié de l’extrême misère.

Les guerres sont l’une des causes de la pauvreté en Afrique
image: Afrizap

Les chiffres…

Les données publiées par le Fonds monétaire international classent les 25 nations qui produisent au PIB par habitant le plus faible en 2019. Le Journal du Net dans son compte rendu dit que « sans surprise, la très grande majorité des vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2019 se situe sur le continent africain. Ces économies totalisent un produit intérieur brut (PIB) de 314,67 milliards de dollars, soit 15 milliards de plus qu’en 2018 (+4,8%). C’est à peine plus que le produit intérieur brut enregistré par le Bangladesh cette année-là (314,65). Les 25 pays les plus pauvres du monde affichent un PIB par habitant moyen de 666 dollars ». Dans son développement des données du FMI, on apprend que Le Soudan du Sud arrive une nouvelle fois en tête du classement, avec un PIB par tête de 236 dollars en 2018. C’est le seul pays du palmarès des 25 nations les plus pauvres de la planète à afficher un PIB par habitant inférieur au seuil de 300 dollars. C’est également l’un des cinq à afficher un PIB par habitant en recul par rapport à 2018. Et, parmi eux, c’est celui qui enregistre la plus forte baisse (-22,2%). Le Burundi monte sur la deuxième marche de ce triste podium, avec un PIB par tête de 307 dollars (+0,9% sur un an). Le Malawi vient compléter ce trio de tête, avec un PIB de 367 dollars par habitant, en hausse de 4,4% par rapport à 2018.  A l’opposé de l’échelle, le Yémen (919 dollars par habitant), la Guinée (926 dollars par habitant) et le Mali (934 dollars par tête) ferment la marche. L’extrême pauvreté a connu un recul rapide à l’échelle mondiale. Selon les dernières estimations de la Banque mondiale, le nombre d’habitants vivant dans l’extrême pauvreté (au-dessous du seuil de 1,90 dollar par jour) est passé de 1,9 milliard en 1990 à environ 700 millions en 2015. Mais l’extrême pauvreté continue de progresser en Afrique subsaharienne, qui abritait en 2015 plus de la moitié de la population mondiale vivant avec moins de 1,90 dollar par jour. Les projections indiquent que cette région concentrera en 2050 près de 90 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté.

Quelles sont les causes ?

Les spécialistes se penchent sur la question depuis des années. L’Afrique est riche en grande quantité de l’or, du diamant, de l’uranium, du phosphore, du pétrole, du charbon, du coton, du cacao, du gaz, etc. mais les africains sont pauvres, cette pauvreté à plusieurs origines. Selon l’analyse du blog Sangonet, « il faut d’abord souligner le fait que malgré les ressources naturelles dont l’Afrique dispose, celle-ci sont exploitées par des compagnies étrangères qui le plus souvent n’apportent pas grand-chose à l’économie nationale. Ces entreprises profitent d’une main d’œuvre abondante et moins chère et une faible pression fiscale pour réaliser de gros chiffres d’affaires au détriment de nos Etats. Et le plus souvent elles ne transforment pas leur produit sur place, produit qui sera revendu aux africains beaucoup plus chère après transformation à l’extérieur. Ce qui est beaucoup plus triste pour les africains c’est qu’il arrive aux compagnies étrangères de reverser des redevances minières à l’Etat ou aux collectivités territoriales, mais cet argent est détourné par une minorité laissant les populations dans l’insuffisance de nourriture, dans le manque de soin et d’emplois avec comme danger la pollution de l’environnement dans lequel vivent les populations locales.

La pauvreté affecte les enfants
image: mediaterre

Ensuite la pauvreté est la règle en Afrique à cause des conflits ethniques et religieux, des guerres civiles, l’instabilité politique qui conduit à des coups d’Etats récurrents. Tous ces maux poussent les populations à fuir leur pays pour se réfugier dans des camps le plus souvent dans des conditions très difficiles. En fin à tous ces facteurs déterminant la pauvreté en Afrique, il faut ajouter les conditions climatiques qui ne sont pas favorables au continent car 80% des populations africaines vivent de l’agriculture, voilà pourquoi dans certaines régions d’Afrique comme au Sahel il y a une insécurité alimentaire chronique qui fait des milliers de morts chaque année ».

Cette analyse est le résumé de celles de plusieurs experts qui confirment que les conflits entre ethnies sont nombreux, fréquents et extrêmement violents en Afrique. Dans les années 1990, il y a eu un génocide au Rwanda, le pays a été mis au pillage et une partie de la population a fui dans les pays voisins, déjà en difficulté. Au même moment, la guerre civile a ravagé le Liberia. Aujourd’hui dans le sud du Soudan persiste le conflit du Darfour, où les soldats nordistes terrorisent et ravagent les villages dont une partie de la population s’est réfugiée, dans le plus grand dénuement, au Tchad. Dès lors, il convient de s’appesantir sur certaines causes de cette pauvreté pour apporter des solutions afin de permettre aux pays de l’Afrique d’amorcer la voie du développement.

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Système financier mondial : les banques africaines sont-elles compétitives ?

La revue britannique The Banker a procédé au classement des banques dans le monde. Le constat pour les banques africaines et surtout celles de l’Afrique francophone n’est pas très reluisant. En effet, Africa Baobab informe que « les banques sud-africaines se retrouvent en tête du classement établi par la revue britannique The Banker, avec l’indétrônable Standard Bank qui occupe la première position africaine avec un rang 143e au niveau mondial. Le géant sud-africain affiche 10,1 milliards de dollars de fonds propres ». Le site continue pour expliquer que « Standard Bank est suivi par trois autres banques de la nation Arc-en-ciel, en l’occurrence First Rand Bank, ABSA Group et Nedbank Group, avec des capitaux propres respectifs de 8,4, 7,7 et 5,7 milliards de dollars. Dans le top 10 africain, on retrouve deux établissements marocains de dimension panafricaine, notamment par leur forte présence du nord au sud. La sixième place revient ainsi à Attijariwafa bank, qui totalise 3,82 milliards de dollars de fonds propres. En septième position au niveau continental, figure le Groupe Banque Populaire avec ses 3,76 milliards de dollars. Les trois autres établissements qui ferment la marche sont Ecobank Transnational (8e, Togo), Investec South Africa (9e, Afrique du Sud), et Zenith Bank (10e, Nigeria) ».

Quel est de ce fait, la capacité des banques d’Afrique Francophone à être compétitives sur le marché mondial ? Ces banques pourraient t’elles un jour prétendre être « Too big, To fail » ?

Avant de clarifier ces réponses, il faut expliquer que le concept Too big to fail (trop gros pour faire faillite) est un concept économique qui décrit la situation d’une banque ou toute autre institution financière dont la faillite aurait des conséquences systémiques désastreuses sur l’économie et qui par conséquent se retrouve renflouée par les pouvoirs publics dès lors que ce risque de faillite est avéré. Pour illustrer ce phénomène, les références parlent du cas de l’assureur américain AIG lors de la crise des « « subprimes ». Il a été renfloué par le gouvernement américain pour éviter que sa faillite ne cause des pertes de l’ordre de 3 200 milliards de dollars au sein du système financier international. Sa faillite aurait entraîné celle de nombreux établissements bancaires avec lesquels il était lié. Sur l’assureur AIG, il faut savoir que c’est le nom commercial du réseau mondial d’assurance dommages et responsabilité de American International Group (AIG). Il est l’un des leaders mondiaux de l’assurance et des services financiers et compte environ 56 000 collaborateurs qui sert plus de 90 millions de clients dans plus de 100 pays et juridictions. AIG est la compagnie d’assurance américaine la plus largement implantée en Europe, et ce depuis plus de 65 ans. La zone Europe est vaste et associée au continent africain pour constituer un ensemble de plus de 40 pays regroupés sous le signe EMEA. Dans cet ensemble, une nouvelle entité légale AIG Europe Limited regroupe désormais 26 pays européens et dont le siège est situé à Londres. En France, les bureaux sont situés à la Défense. Déjà en 2014, le réseau a été classé 40ème plus grande entreprise selon la liste Fortune 500 et 42ème selon la liste Forbes Global.

Mais selon le site Veracash, l’expression « too big to fail » est à bannir du secteur de la finance. Oui une très grande banque peut faire faillite. La chute de Lehman Brothers le 15 septembre 2008 en est l’illustration. « Cette crise de 2008 nous a montré tout d’abord que la finance peut s’effondrer, qu’une grande banque peut faire faillite. Mais aussi que le contrôle et la régulation de ses principaux acteurs ne sont pas des assurances tous risques » affirme le site.

Pour les banques africaines, l’expert financier Bruno Allavo, explique « sur la question de la compétitivité des banques francophones d’Afrique, il faudra voir les critères qui ont fondé le classement de the Banker. Généralement, on compare les banques sur la base de leur part de marché financière et commerciale ». Plus clairement continue t’il « part de marché financière signifie qu’il faut voir le montant des dépôts collectés et le montant des crédits octroyés. La différence entre les intérêts perçus et servis donne le produit net bancaire qui indique la richesse brute de la banque. La part de marché indique donc le nombre de clients ayant un compte domicilié dans les livres de la banque ». On ne pourra donc parler de compétitivité sans tenir compte de ces critères de classement des banques et revoir l’approche d’analyse surtout que les banques d’Afrique francophone sont souvent des filiales des banques anglophones rappelle Bruno Allavo.

Dans un article sur le nouveau souffle des banques en Afrique, Jeune Afrique nous apprend « après deux années difficiles, marquées par le repli des grandes économies africaines, les 200 premières banques du continent ont renoué l’an passé avec une croissance à deux chiffres. Le cumul de leurs bilans a enregistré la plus forte progression de la décennie, avec une augmentation de 18,7 % à près de 1 747 milliards de dollars. Leurs revenus ont augmenté de 10 milliards de dollars en un an, soit également la plus forte hausse des dix dernières années. Les bénéfices engrangés ont franchi le cap des 25 milliards de dollars ». Des perspectives qui prouvent qu’on peut compter sur les banques en Afrique.