L’inclusion financière, un concept à maitriser

Par le 16/12/2020 0 369 Views

Dans la 2ème partie de notre article sur l’économie, nous parlerons de l’inclusion financière. Le concept est en vogue depuis quelques années. Les institutions financières essaient d’éduquer les populations sur le sujet. Pour mieux comprendre de quoi s’agit il, nous sommes allés à la rencontre de Armel Bruno ALLAVO. Il est Administrateur de Banques, Consultant en Finance Digitale et Spécialiste en Inclusion et Education Financières.

K M: Qu’entend-on par inclusion financière ?
L’inclusion financière est un concept qui a été abordé par plusieurs institutions internationales, régionales et sous-régionales. Nous pouvons citer entre autres : la Banque Mondiale, UNCDF (Fonds des Nations Unies pour l’Equipement), l’AFI (Alliance pour l’Inclusion Financière), la BAD (Banque Africaine de Développement) et la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest). Et selon l’institut d’émission de l’Afrique de l’Ouest, l’inclusion financière se définit comme : « une population bénéficiant d’un accès permanent aux services financiers et utilisant effectivement une gamme diversifiée de produits adaptés et à coûts abordables ». Toutes les définitions quel que soit l’organisation présentent des points de ressemblance et nous pouvons retenir que quand on parle d’inclusion financière, nous faisons appel quatre éléments fondamentaux à savoir :
– l’accès au produit ou service financier,
– l’utilisation permanente du produit ou service financier,
– la qualité du service ou du produit proposé,
– et le bien-être social et financier des consommateurs.
Les pratiques au plan mondial indique que la réussite d’une inclusion financière repose sur trois facteurs importants à savoir :
– une bonne éducation financière
– une bonne protection des consommateurs
– et une bonne réglementation.

Pourquoi est-ce important de nos jours ?
L’inclusion financière est très importante de nos jours parce qu’elle concourt à l’autonomisation des populations, lutte contre la pauvreté et touche à la dignité de l’être humain que nous sommes. Elle est aujourd’hui accélérée par l’introduction du digital.

Quel (s) lien (s) pouvons-nous faire entre épargne et inclusion financière ?
L’épargne est un produit financier et je vais plus loin en disant que c’est le produit financier le plus accessible par les populations. Pendant l’accès au crédit est conditionné par des critère d’éligibilité, l’épargne ne présente aucune contrainte et donc pour nous l’inclusion financière prend sa source dans l’accès des populations au produit d’épargne et d’ailleurs en 2019, la journée mondiale de l’épargne au Bénin a eu pour thème : « l’épargne, pierre angulaire de l’inclusion financière ».
Vu le « manque de confiance » entre les banques et les populations, quelles attitudes doivent adopter ces dernières pour sécuriser leurs épargnes ?
Les banques doivent restaurer la confiance entre les populations et elles car l’activité bancaire est fondée sur une matière première qui a un caractère très sensible. Les banques en particulier et toutes les institutions financières en général devraient communiquer et développer des relations de proximité avec les clients. L’expérience client devrait être au cœur de leurs activités au quotidien et elles doivent aussi suffisamment améliorer de façon continue leurs pratiques. De l’autre côté, des actions d’éducation financière devront être multipliées pour préparer les populations sur les contours des services financiers et les comportements à adopter.

Quelle est votre avis sur les pratiques traditionnelles telles la tontine, garder son argent sur soi, etc. auxquelles s’adonnent les populations ?
Toutes ces pratiques relèvent du secteur informel et donc exposent l’épargne des citoyens à de grands risques tels que le vol, l’incendie, la perte, la disparition ou la mort du collecteur informel, etc… Les actions d’éducation financière devraient jouer un rôle important surtout en terme de changement de comportement et la perception de tous ces risques par les populations. Aussi, il faut que les institutions financières proposent des produits d’épargne adaptés à nos populations car comme je le dis souvent, ce sont les institutions financières formelles qui ont boosté le développement du secteur informel. Mais je peux vous dire qu’aujourd’hui beaucoup d’efforts se font et les institutions de micro finance ont fait beaucoup de progrès et nous avons même des produits de tontine qui sont proposés par elles.

Pourquoi est-ce important de faire confiance à une institution financière pour la sécurité de son épargne ?
La constitution d’une épargne par les populations est guidée par trois éléments que nous appelons le triangle magique. Il s’agit : de la sécurité des fonds, de leur disponibilité et de leur rentabilité. Les seules institutions qui vous garantissent ce triangle magiques sont les institutions financières formelles qui sont autorisées par les autorités monétaires parce que la réglementation leur impose tout un tas de dispositions pour y arriver. La sécurité devrait être l’élément le plus important lors du choix de l’institution dans laquelle nous allons déposer notre épargne. Les institutions financière formelles souscrivent à des assurances sur nos fonds bien qu’ils soient au niveau du fonds de garantie des dépôts qui est une obligation du régulateur. Ensuite, au cas où il y a faillite d’une institution financière, les fonds des déposants leur sont rétrocédés.

Partager avec nous quelques conseils pour gérer ses finances personnelles ?
Je résume la gestion des finances personnelles en une phrase à trois compartiments : « Epargner régulièrement, dépenser sagement et investir prudemment ».
Quelques conseils :
– Utiliser un compte bancaire/mobile banking ou un compte dans une institution de micro finance ou encore un compte Mobile Money appuyé par un compte dans l’une des institutions que j’ai indiquée plus haut.
– vérifier la prise en compte de toutes vos opérations (entrées et sortie de fonds)
– connaître les sommes disponibles avant d’engager de nouvelles dépenses,
– tenez soigneusement un budget (c’est très capital de faire un budget surtout pour le suivi de vos dépenses),
– choisissez les bons moyens de paiement (il ne faut pas demander à avoir un compte courant juste parce que vous avez envie d’utiliser des chéquiers),
– utiliser votre chéquier avec prudence,
– faites très attention à vos codes confidentiels,
– conservez vos moyens de paiement en lieu sûr,
– placer vos économies au bon endroit,
– automatisez l’épargne,
– faites un effort supplémentaire pour épargner davantage,
– appréciez vos dépenses avant de les exécuter (est-ce un besoin, un plaisir, un désir ou une priorité),
– investissez dans des actifs sérieux après avoir été suffisamment renseigné,
– Maîtriser vos dettes et éviter de vous surendetter.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo