Catégories
Afrique Politique Société

POLITIQUE AFRICAINE : LE MALI DANS L’IMPASSE

Le 10 juillet le Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) réunissant une partie de la société civile, de l’opposition et de religieux a organisé sa troisième manifestation après celles du 5 juin et du 19 juin. Pour trouver une solution à cette crise qui s’enlise, les Chefs d’Etat de la CEDEAO ont tenu le lundi 27 juillet une réunion extraordinaire par visioconférence au terme de laquelle ils ont exigé la démission des 31 députés dont l’élection est contestée. Mais, les concernés refusent de céder, plongeant le pays dans une impasse.

« Il n’y a pas beaucoup à réfléchir : nous avons décidé de ne pas démissionner du tout. Nous ne sommes pas d’accord avec cet appel [de la CEDEAO]« . Par cette déclaration, Goua-gnon Coulibaly, élu sur le la liste de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), le parti de Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition enlevé le 25 mars, répond ainsi aux injonctions de la Cédéao. Le lundi 27 juillet, les Chefs d’Etats de l’organisation sous-régionale ont demandé aux 31 députés dont l’élection est contestée par les manifestants de rendre leurs tabliers. Mais, comme l’URD, plusieurs formations politiques concernées par cette décision n’entendent pas s’exécuter. Car, selon Goua-gnon Coulibaly, « l’injonction de la CEDEAO assortie de possible sanction viole la Constitution du Mali et n’est donc pas légale puisque les députés sont élus pour cinq ans. » De son côté, ragaillardi par le soutien de ses pairs ouest-africains, le président malien Ibrahim Boubacar Kéita a durci le ton contre l’Imam Mamoudou Dicko, le visage le plus connu de la contestation qui ébranle le régime malien depuis le 5 juin. Selon des propos rapportés par la Radio France internationale et démenti par la présidence malienne, lors d’un sommet extraordinaire, IBK aurait affirmé que « le but de ces manifestations organisées par l’imam Dicko est de conduire à une transition dirigée par le célèbre marabout et qui devrait ouvrir la voie à un État islamique. C’est là, la rançon de guerre de l’imam Dicko, un crime impardonnable. », avant de dénoncer un coup d’Etat rampant de l’opposition.

Le calme avant la tempête ?

En prélude à la fête de la Tabaski célébrée le week-end dernier au Mali, le M5 avait décidé d’une trêve. Du coup, les manifestations ont été suspendues depuis la journée meurtrière du 10 juillet avec son bilan de 11 morts et de plus d’une centaine de blessés. Mais, les revendications demeurent et les questions dans tous les esprits est de savoir quand les manifestations vont envahir les rues. Ce qui est sûr, les jeunes ont annoncé reprendre la désobéissance civile et le mouvement se cherche une stratégie après la trêve de cette Tabaski. Après l’annonce des Chefs d’Etat de la Cédéao demandant la démission des députés contestés et annonçant des sanctions « contre tous ceux qui tenteront d’entraver le processus de normalisation », les leaders du mouvement contestataire sont revenus sur une revendication qui avait disparu de la liste de leurs doléances : la démission de IBK, à laquelle s’ajoute la demande de la démission du premier ministre.

Face à cette radicalisation des positions, de nombreux observateurs maliens estiment que la solution se trouve dans les mains du Président Ibrahim Boubacar Kéita.  Selon l’article 42 de la Constitution de la République du Mali adoptée par Scrutin Référendaire du 12 Janvier 1992 et Promulguée par Décret N°92-073/P-CTSP le 27 Février 1992, « le Président de la République peut, après consultation du Premier Ministre et du Président de l’Assemblée Nationale, prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale ». Mais, dans un contexte où le Président et le premier ministre sont contestés et où la démission de certains députés est exigée, comment réunir cette condition ? Il faudra peut-être espérer ce que d’aucuns appellent une solution à la malienne

Catégories
Afrique Blog Infotainment Société Technologie

Développement par internet en Afrique : le continent est son propre frein

L’apparition de la Covid-19 a fait revoir les habitudes des populations. Face à un virus très contagieux qui se transmet par contact physique, la salive, etc. les gouvernants ont, face à ses conséquences, pris des mesures drastiques pour stopper la propagation du virus. Dans presque tous les pays contaminés, le couvre-feu et surtout le confinement, ont été les mesures fortes qui ont été prises. Dans ces circonstances, pour rester en contact avec ses proches, le seul moyen efficace est l’utilisation d’internet à travers des appels vidéos et ou audio, des messages, des mails, etc. Dans les entreprises, le télétravail a pris place et c’est internet qui a favorisé cela.

Internet est connu comme étant un système mondial d’interconnexion de réseau informatique qui utilise un ensemble standardisé de protocole de transfert de données. Frenchtech rappelle que « le premier avantage qu’Internet peut offrir est le fait qu’il soit un excellent outil pour la recherche de l’information et du savoir grâce aux informations rapides qu’il contient. Il est également perçu comme étant un outil de divertissement. Internet peut être utilisé comme un moyen de communication qui nous permet de rester en contact avec nos amis et contacts du monde entier ». Internet donne accès à des services innovants comme la télévision haute définition, la téléconférence, les visites virtuelles, etc. Il favorise une nouvelle forme de commerce : le commerce électronique. L’internaute a accès à beaucoup de services telles les réservations, administrations électroniques, banques électroniques, bibliothèques numériques, etc. Par ailleurs, Internet a changé la notion de l’échange et du travail si on ne cite que l’avènement du télétravail. En outre, Internet offre aussi un moyen supplémentaire aux entreprises pour augmenter leur chiffre d’affaire et leurs marchés.

En 2020, l’état des lieux d’internet en Afrique fait par HootSuite et We are Social énonce que « 1,08 milliard utilisent un téléphone mobile, soit une évolution annuelle de 5,6%. 453,2 millions sont des internautes avec 42 nouveaux millions d’internautes en un an. 217,5 sont des utilisateurs actifs sur les réseaux sociaux. En termes d’applications de messageries instantanées, WhatsApp domine sur le continent devant Facebook Messenger. Seule l’Ethiopie est passée de Telegram à IMO en un an ». En outre, toujours selon ledit rapport, Egypte est le premier pays africain avec 54 millions d’internautes dont 42 millions sont actifs sur les réseaux sociaux. Ce pays est aussi le 1er en Afrique sur Facebook : 38 millions et sur Snapchat : 6,1 millions. Pour LinkedIn, c’est l’Afrique du Sud avec 7,6 millions.

Internet trop cher

A côté de cette lente progression d’internet sur le continent, ce qui constitue surtout un frein au développement à travers internet est la cherté du coût de celui-ci. Jeune Afrique renseigne dans un de ses articles sur la question que « les pays situés sur littoral, à proximité des câbles de fibre optique, ont un accès plus rapide à une connexion de fait moins chère, comme au Ghana (7$ par mois), en Afrique du Sud (55$ par mois) où même en Somalie (100$ par mois). À l’inverse, des pays comme le Tchad ou le Lesotho pratiquent des tarifs oscillant entre 600$ et 3000 $ par mois ». Les 10 pays où internet coûte le plus cher sur le continent sont le Tchad, le Cameroun, le Mali, le Niger, le Lesotho, la Guinée-Bissau, le Burkina Faso, le Bénin, les Comores et le Togo.

Internet est un outil de développement considérable. Il aide à la création d’emplois et à l’autonomisation des jeune vu la panoplie d’avantages qu’il offre. Les initiatives destinées à renforcer l’utilisation d’Internet, et des technologies de l’information et de la communication (TIC) connexes, doivent être considérées comme des mesures de base dans tous les domaines du développement économique et social. « Il conviendrait par exemple de développer les qualifications nécessaires pour exploiter les possibilités créées par Internet. Plus précisément, dans le cadre de la régulation du secteur des communications, l’introduction de la concurrence, la séparation des fonctions d’élaboration des politiques publiques et d’exploitation, ainsi que la création d’une autorité de régulation indépendante, dotée de pouvoirs d’exécution lui permettant de faire appliquer des garanties juridiques adéquates, sont autant de mesures nécessaires pour favoriser le renforcement de l’accès à Internet » selon l’Organisation de coopération et de développement économiques. La Banque Mondiale en est consciente. Elle renchérit pour suggérer que « pour bénéficier au maximum du numérique, les pays doivent créer un environnement propice aux technologies : des règlementations qui facilitent la concurrence et l’entrée sur les marchés, des compétences qui permettent aux travailleurs de tirer parti de l’économie numérique, et des institutions qui rendent compte aux citoyens. Les technologies numériques peuvent accélérer le développement ».

Les mesures prises par certains pays pour leur développement numérique sont à encourager. Leurs pairs doivent suivre leur exemple et donner l’opportunité aux millions de jeune africains, qui bouillent d’innovations, de se réaliser et d’apporter leur touche au développement du continent. Ils en sont capables.

Catégories
Afrique Environnement Le Monde Santé Société

Les déchets générés par la Covid-19 : de nouveaux polluants dans la nature (partie 1)

Depuis l’avènement du Covid-19, l’utilisation des équipements de protection médicaux a considérablement augmenté. Cette situation qui est pourtant censée être une bonne nouvelle est vite devenue un problème pour la planète. Puisque ces déchets ne sont pas souvent jetés aux endroits appropriés. On assiste par conséquent à une pollution de l’environnement et à une menace de la sécurité sanitaire.

Masques chirurgicaux, flacon de gel hydroalcoolique, gants en plastique, lingettes désinfectantes : il y a quelques mois encore, au début de la crise sanitaire, ces éléments étaient difficiles à trouver. Aujourd’hui, on en retrouve un peu partout que ce soit dans les grandes surfaces, les pharmacies, et les autres points de vente. Cependant, si leur utilisation procure une certaine protection contre la maladie, leur gestion quant à elle, pose d’autres soucis. En effet, il n’est pas rare de retrouver ces accessoires abandonnés dans les espaces naturels et dans les lieux publics (rues, parcs, plage, etc.). Même les collecteurs d’assainissement n’en sont pas épargnés. « C’est une conséquence de l’épidémie. Le recours aux lingettes désinfectantes et aux masques jetables s’est amplifié, avec des effets néfastes sur les réseaux d’assainissement et sur notre environnement. Les masques commencent à joncher nos caniveaux. Quant aux lingettes, si elles participent à l’hygiène domestique, elles restent, encore et toujours, un véritable cauchemar pour les services de dépollution des eaux usées » alerte le Centre d’information sur l’eau. Un état de chose que déplore aussi Laurent Lombard, fondateur de l’association Opération Mer Propre. « Ce n’est que le début. Quand il va y avoir un gros orage, tous les masques et les gants jetés sur les trottoirs ou dans les égouts vont se retrouver en mer » confie-t-il à France 3. Rappelons que le premier responsable de cette situation est le grand public. Ils ne sont pas habitués à utiliser ces genres d’équipement sanitaire et ne savent pas comment les éliminer. Les hôpitaux eux, possèdent leur propre filière qui procède à l’incinération de leurs déchets.





La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue.

Quand la protection devient une pollution et un risque sanitaire

La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue. Car même s’ils en ont l’apparence, les masques faciaux et les lingettes à usage unique ne sont pas conçu avec du papier, mais plutôt avec de la matière plastique. Ce qui les rend non biodégradables. En réalité, ils sont fabriqués à base d’une matière thermoplastique très dense appelée le « polypropylène non tissé ». Celui-ci en raison de son coût peu élevé et de son accessibilité constitue d’ailleurs la grande majorité des objets de notre quotidien (serviette hygiénique, nappes, emballage alimentaire, etc.). En général, les cache-nez sont composés de deux à trois couches de ce matériau. Ce qui les rend assez résistants et ralentit leur dégradation. On estime en effet, qu’il faut environ 450 ans pour que le polymère se désagrège dans la nature. De plus, les masques jetables sont pourvus d’acier pour les barrettes nasales et des boucles d’élastiques pour favoriser la tenue sur le visage. Une fois qu’ils se retrouvent donc en mer, le premier est susceptible de blesser les organismes vivants, et le second peut les piéger et ainsi les empêcher de se déplacer. Selon les Échos « un masque jetable, dans lequel une couche de polypropylène- une matière plastique- a été glissée entre deux couches de papier ne va jamais entièrement se décomposer, mais se fragmenter en particules de plastique, nocives pour l’environnement marin ». Ceci est confirmé par Anne Settimelli, fondatrice et directrice de l’association Explore & Preserve qui signale à franceinfo que « les tortues, les requins, les dauphins, les cachalots, rorquals, les oiseaux ingèrent du plastique. Après ces animaux sont intoxiqués, blessés, et donc vont finir par mourir ». Ces effets négatifs sur l’environnement et la faune marine concernent également les gants en latex ou en nitrile. Selon une récente étude parue dans la revue The Lancet, les masques de protection peuvent porter des traces du virus actif pendant 4 jours sur leur surface intérieure et pendant 7 jours sur leur surface extérieure. Ainsi, ces éléments qui jonchent les trottoirs, les caniveaux et les plages peuvent également entraîner des problèmes sanitaires. Car il s’agit de déchets potentiellement infectieux et donc dangereux pour les usagers et en particulier, les agents de collecte et de nettoyage. Le journal La dépêche du Midi fait état de la situation en affirmant que « les protections ayant été en contact avec la peau sont susceptibles de transmettre le coronavirus ». Il continue en expliquant qu’ « il y a un risque, même minime, qu’un masque jeté par terre puisse contaminer une personne qui le ramasse ». Certes, la crise sanitaire a eu un impact positif sur l’environnement. Mais ce dernier n’en sortira sûrement pas gagnant si de tels actes d’incivismes doivent continuer. Il urge donc de trouver rapidement une solution pour arrêter cette pollution naissante.

Catégories
Afrique Bénin Blog Santé Société

Santé/Epilepsie : une maladie taboue en Afrique

C’est une maladie comme tout autre mais d’un genre particulier. Elle s’annonce chez celui qui en souffre par une crise et des débordements de salive. L’épilepsie est une maladie neurologique ayant pour point commun la répétition de crises épileptiques spontanées. En Afrique, cette maladie est considérée dans plusieurs contrées comme un malheur. Ceux qui en souffrent sont très souvent stigmatisés et fuir dès l’apparition de la crise. Ils vivent toute leur vie en marge de la société et se voient refuser plusieurs avantages de la société. Retour sur une maladie presque taboue en Afrique.

Cet après-midi du mois de mars, alors que la chaleur étouffait les populations, leur faisant pressé le pas pour trouver un abri, un petit attroupement s’est formé autour d’un homme dans cette rue d’un quartier de Cotonou. Ce n’est certes pas chose rare en Afrique mais par ces temps de covid-19, il est rare de voir plusieurs personnes se réunir dans un endroit.  Les spectateurs regardent en effet, un homme d’à peu près la quarantaine, subir une crise. Debout et bien portant il y a quelques instants, on le voit juste après au sol et faire des convulsions. Très vite, ceux autour de lui comprendront qu’il fait une crise d’épilepsie à cause de la bave qui sort de sa bouche. A côté de nous, une dame vient de donner un coup à son petit garçon curieux qui essayait de s’approcher du malade. Alors que le petit garçon s’enfuit en larme, nous lui demandons pourquoi, il faut laisser le malade seul se débattre ? « Parce que, si sans savoir, vous mettez pied dans les baves d’un épileptique, vous êtes contaminés sur le champ ».

Une hypothèse qui nous laisse sans voix alors que nous voyons le malade reprendre déjà ses esprits 20 minutes après sa crise. Il se relève difficilement, le regard baissé et assisté par une de ses amies restée seule proche de lui. Elle lui apporte de l’eau au moment où une vielle femme jette des charbons chauffés dans les baves du malade. On assistera à des crépitements juste après. Petit à petit, la foule se disperse chacun avec des hypothèses sur la maladie. M. Koffi (nom d’emprunt) nous explique quand on s’approche de lui qu’il n’était pas épileptique dans son enfance. « J’ai commencé cette crise durant la période de l’adolescence. Au début, c’était une fois par semestre mais c’est de plus en plus fréquent maintenant. Mes parents ne m’ont pas donné des soins sous prétexte que j’ai hérédité d’un oncle maternel. J’ai commencé des soins moi-même depuis quelques mois et j’espère guérir » nous raconte t’il le regard fuyant.

Le cerveau, lors d’une crise d’épilepsie

L’épilepsie en Afrique

L’épilepsie, aussi appelée mal comitial, est une affection neurologique qui touche plus de 50 millions de personnes à travers le monde1. L’épilepsie se manifeste habituellement durant l’enfance ou à l’adolescence, ou encore après l’âge de 65 ans, plus rarement à partir de 30 ans.

Dans une étude sur les connaissances attitudes et pratiques des populations d’une communauté rurale sur l’épilepsie, des médecins dont P. Gandaho, T. Adoukonou, apprennent à travers un questionnaire sur la connaissance, l’attitude et les pratiques des habitants du village de Tourou dans la commune de Parakou au nord du Bénin que sur « l’épilepsie était considérée comme due à l’hérédité (98 %), l’envoûtement (97,9 %) et la transgression des interdits sociaux (65,9 %). Elle est considérée comme une maladie contagieuse par 90,6 % des sujets interrogés. Les facteurs associés à cette considération étaient le sexe et la profession. Les principaux modes de contamination cités étaient le contact avec la salive du patient (98,1 %), et avec le lieu de la crise (97,8 %) ; 65 % des sujets considéraient que l’épileptique ne pouvait se marier, les facteurs associés à cette considération étaient l’âge et la profession. 64,4 % pensaient que l’épileptique ne peut être scolarisé et l’âge, l’ethnie et la profession étaient les facteurs associés. L’épilepsie était considérée comme une maladie guérissable par 99,4 % et seulement par la médecine traditionnelle, seulement 12,7 % auraient adressé les épileptiques à l’hôpital. Tous les sept épileptiques se considéraient comme stigmatisés et rejetés par leur entourage. Les considérations socioculturelles associées à l’épilepsie expliquent la stigmatisation et le déficit thérapeutique dans ce milieu ».

Tous ceux que nous questionnerons aussi de notre côté restent très évasifs et craintifs face à cette maladie. L’épilepsie souffre d’une image péjorative dans la société, liée en partie à une méconnaissance de la maladie. Pendant longtemps, elle a été considérée comme une maladie psychiatrique ou comme le résultat d’une possession démoniaque. On se rend compte que c’est une maladie certes connue du grand public mais qui amène le malade à vivre contre tout attente en marge de la société.

Détails de crise d’épilepsie
image: le parisien

Peut-on en guérir ?

M. Koffi nous a expliqué qu’avant le début de chaque crise, il sent d’abord des picotements au niveau de son cerveau qui se propagent très vite dans le reste de son corps et des tremblements s’en suivent. Selon Passeport Santé, « L’épilepsie se caractérise par une augmentation soudaine de l’activité électrique dans le cerveau, entraînant une perturbation temporaire de la communication entre les neurones. Habituellement, elles sont de courte durée. Elles peuvent avoir lieu soit dans une zone précise du cerveau, soit dans son ensemble. Ces influx nerveux anormaux peuvent se mesurer durant un électro-encéphalogramme (EEG), un examen qui permet d’enregistrer l’activité cérébrale ». Il est difficile de détecter les causes de cette maladie mais elle semble être une maladie héréditaire.  Mais le site nous informe que « les chercheurs ont lié certains types d’épilepsie au mauvais fonctionnement de plusieurs gènes. Pour la plupart des malades, les gènes ne constituent qu’une partie de la cause de l’épilepsie. Certains gènes peuvent rendre une personne plus sensible aux conditions environnementales qui déclenchent des convulsions. En de rares occasions, l’épilepsie peut être due à une tumeur cérébrale, une séquelle d’un accident vasculaire cérébral ou d’un autre traumatisme au cerveau. En effet, une cicatrice peut se former dans le cortex cérébral, par exemple, et modifier l’activité des neurones ».

Face à l’épilepsie, il y a des traitements pour soulager celui qui en souffre. Sur ce point, le site de Neurologie explique que le traitement est basé sur le type d’épilepsie, généralisée ou partielle ; idiopathique ou symptomatique. Un traitement anti épileptique non approprié peut aggraver une épilepsie. « Les traitements médicamenteux ont pour objet de faire disparaître les crises ou au moins de réduire leur fréquence et/ou leur intensité. Il existe de nombreux médicaments actuellement disponibles qui sont efficaces dans environ trois quart des épilepsies, c’est-à-dire qu’ils suppriment les crises pourvu que les patients respectent certaines règles de vie (en particulier une bonne compliance, un sommeil suffisant, éviter la prise de toxiques épileptogènes,…). La mise en route d’un traitement se discute au cas par cas en fonction du risque de récidive après une première crise et s’impose dans certaines circonstances en particulier lorsqu’il y a répétition de crises rapprochées qui peuvent aboutir à ce que l’on nomme un état de mal épileptique ». C’est-à-dire que si le malade se fait vite prendre en charge et suit des traitements, il y a de fortes chances que les crises deviennent rares et disparaissent au fil du temps.

Catégories
Afrique Blog Environnement Santé Société

L’arbre en milieu urbain : l’importance du végétal en ville

Dans l’esprit des humains, l’arbre est considéré comme un symbole de la nature. Cependant, en ville, il est parfois perçu par les citadins, comme une source de désagréments en raison des risques de chutes, des salissures et des allergies qu’il peut occasionner. Et pourtant, sa présence est essentielle en milieu urbain puisqu’il y rend plusieurs services. Ces derniers ne sont d’ailleurs remarqués et regrettés qu’après la destruction et la disparition de la ressource.

La notion d’arbre en milieu urbain désigne tout type d’arbre présent en ville, qu’il soit spontané ou introduit par l’homme. On en rencontre sous forme d’espace vert (jardin public ou privé, parc urbain, etc.), d’arbre d’alignement et d’arbre de rue. En ville, l’arbre doit faire face à certaines contraintes spécifiques comme la pauvreté des sols, le climat chaud et sec, les mauvaises pratiques des usagers qui entraînent sa destruction, l’apport en eau limité, etc.). Mais malgré cet état de choses, cette ressource est très importante à la vie citadine. Car elle fournit de nombreux bénéfices. Des avantages que malheureusement, beaucoup de personnes ignorent encore.

Les bienfaits des arbres en ville

Les arbres sont une richesse considérable pour notre société. Ce sont de véritables puits de carbone qui aident à réduire la pollution atmosphérique et le réchauffement climatique. En effet, ils absorbent le carbone rejeté dans l’atmosphère par les diverses activités anthropiques. Ce CO2 ainsi emprisonné devient ensuite de la biomasse végétale (feuille, écorce, bois, etc.). Les arbres agissent également comme des purificateurs de l’air en captant chaque année, une quantité importante de poussière. Pour Arboquebec.com « une rue bordée d’arbres matures contient jusqu’à 4 fois moins de poussière atmosphérique qu’une rue sans arbres ». Grâce au phénomène de photosynthèse, ils génèrent et libèrent de l’oxygène dans l’atmosphère. On estime à environ 120 kg la quantité de cet élément indispensable à la vie sur terre que peut produire chaque année un arbre adulte. Ce qui équivaut à 50 % du besoin en oxygène d’un homme pour la même période. En outre, l’arbre en milieu urbain est un conservateur de la biodiversité. Il constitue un habitat et une source de nourriture pour la petite faune (oiseaux, insectes, mammifères). Par le biais de la couverture végétale qu’il offre, l’arbre empêche l’érosion du sol lors des fortes pluies. Son système racinaire absorbe l’eau de pluie en l’empêchant ainsi de s’accumuler au risque de créer des inondations et en réduisant son ruissellement. De plus, cette ressource essentielle joue le rôle de climatiseur et réduit l’effet d’îlot de chaleur urbain. Selon demainlaville.com, « les arbres ont un impact direct sur la température ambiante. Ils peuvent modifier le degré d’humidité d’un quartier simplement à travers la production de vapeur d’eau dans l’atmosphère (évapotranspiration). En été, ils rafraîchissent l’air grâce à leur feuillage : celui-ci absorbe et réfléchit une partie du rayonnement qui autrement, atteindrait le bitume pour se transformer en chaleur ». Les végétaux urbains sont des brises vents très efficaces, car ils contrôlent la vitesse du vent et protègent contre les rafales et les orages. L’arbre en ville est aussi un excellent inhibiteur de bruit et d’odeur. Plantés de façon stratégique aux abords des voies, ils masquent les nuisances sonores propres au milieu urbain et les émanations provoquées par les égouts et les décharges d’ordures.

Cependant, l’arbre urbain n’a pas que des vertus écologiques. Il a également des fonctions esthétiques qui lui permettent d’embellir de par le vert de son feuillage, la couleur de ses fleurs, et sa forme, le paysage, en particulier les espaces vides jugées moins attrayants. Par ailleurs, les rues bordées d’arbres offrent plus de sécurité aux populations puisqu’ils ralentissent le trafic sur les routes dangereuses et diminuent par conséquent les accidents de circulation. De nombreuses études ont prouvé que les forêts urbaines offrent une meilleure qualité de vie aux Citadins. Car l’arbre a un impact direct sur le psychisme des humains. Il réduit l’apparition de certaines affections respiratoires et cardio-vasculaires, le stress, l’agressivité et accélère le rétablissement des personnes souffrantes. Les matières organiques qui composent le végétal ont aussi des vertus thérapeutiques et entrent dans le traitement de plusieurs maladies. De même, les fruits et baies que produisent les arbres fruitiers servent de nourriture pour les Citadins. Les espaces verts attirent les touristes, constituent un endroit de récréation pour les populations et participent à l’économie du pays en créant de l’emploi en horticulture et en arboriculture par exemple. Enfin, une étude réalisée en 2010 par des chercheurs de l’université de Cambridge démontre que dans un futur proche, les arbres pourraient bien remplacer les lampadaires et les réverbères en s’auto-éclairant à la nuit tombée.

Aujourd’hui les arbres présents en milieu urbain sont les premières victimes de l’urbanisation qui va de plus en plus grandissante et de la destruction progressive de l’environnement. Mais ils constituent également la meilleure solution au phénomène de changement climatique et pour l’amélioration de la qualité de vie des Citadins. Renforcer la présence des arbres en ville devient ainsi une grande nécessité.

Catégories
Afrique Blog Le Monde Santé Société

Crise humanitaire : la Covid-19 fait le nid à la famine

Depuis décembre 2019, le monde entier fait face à une pandémie sans pareil. La Covid-19 a chamboulé les habitudes, mis le monde aux arrêts, faisant perdre à de nombreuses personnes, leurs emplois mais aussi leurs proches. Au jour du 14 juillet 2020, la pandémie continue de gagner du terrain sur la planète. Le bilan mondial est proche des 13 millions de personnes infectées (dont plus de la moitié aux États-Unis et en Amérique Latine), et 570 259 sont décédées. Mais si la pandémie continue de faire des ravages, elle risque au vu des conséquences qu’elle entraine de mettre le monde face à une autre pandémie plus grave encore : la famine. Déjà que la famine est un fléau qui sévit actuellement dans le monde, le nombre de cas pourrait très vite augmenter.

La faim dans le monde

Selon l’organisation mondiale de la Santé, la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) est une ‎maladie infectieuse due à un coronavirus découvert ‎récemment. ‎La majorité des personnes atteintes de la COVID-19 ‎ne ressentiront que des symptômes bénins ou ‎modérés et guériront sans traitement particulier. ‎Le virus qui entraîne la COVID-19 se transmet ‎principalement par des gouttelettes produites ‎lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, ou ‎lors d’une expiration. Depuis son apparition dans la ville de Wuhan en Chine, le virus a déjà 13 070 097 personnes et fait plus de 572 441 décès. Pourtant le monde n’est pas encore au bout de ses peines. Puisque cette pandémie est sur le point de mettre le monde face à une autre pandémie : la famine.

la faim touchait l’an dernier environ 690 millions de personnes, soit 8,9% de la population mondiale
Image: ONU

D’après les dernières estimations, la faim touchait l’an dernier environ 690 millions de personnes, soit 8,9% de la population mondiale, dit le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En citant un rapport de la FAO, le Monde informe que quelque 135 millions de personnes, dans cinquante-cinq pays, étaient au bord de la famine en 2019. Le journal va plus loin pour détailler que « En 2019, c’est encore l’Afrique qui a payé le plus lourd tribut à cette situation d’insécurité alimentaire aiguë, avec 73 millions de personnes touchées, soit plus de la moitié. Parmi les pays dont la population est la plus largement concernée par ce fléau, le Soudan du Sud (61 %), le Yémen (53 %), l’Afghanistan (37 %), mais également la Syrie, Haïti, le Venezuela, l’Ethiopie, la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan et la partie nord du Nigeria ». L’OMS dans un article écrit par John Holmes, explique que « la faim et la malnutrition sont les plus grandes menaces posées à la santé publique, faisant plus victimes que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose conjugués. Chaque jour, 25 000 personnes, dont plus de 10 000 enfants, meurent de la faim et des causes associées. On estime que 854 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde et que la hausse des prix risque de faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et la faim. Les risques sont particulièrement élevés parmi ceux qui dépensent au moins 60 % de leurs revenus pour se nourrir : les pauvres et les populations déplacées dans les villes, les populations rurales sans terres, les éleveurs de troupeaux et la majorité des petits exploitants agricoles ». Mais si ces chiffres font froid dans le dos, la situation pourrait encore plus s’aggraver dans les années à venir à cause des pandémies telles que la Covid-19.

Le coronavirus et la faim

L’Organisation mondiale de la santé est ferme et claire là-dessus : la Covid-19 pourrait faire augmenter les chiffres de la famine dans le monde. Dans un rapport intitulé « Le virus de la faim », publié en début juillet 2020, Oxfam international, alerte que jusqu’à 12 000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour à cause du Covid-19 d’ici la fin de l’année, soit potentiellement plus que les victimes du virus lui-même. Chema Vera, Directeur général intérimaire d’Oxfam International, a déclaré : « La COVID-19 est la goutte d’eau qui fera déborder le vase pour des millions de personnes déjà confrontées aux impacts des conflits, des changements climatiques, des inégalités et d’un système alimentaire défaillant qui a appauvri des millions de productrices et producteurs alimentaires et de travailleuses et travailleurs agricoles ».

Et aux premières loges des foyers qui pourraient subir cette pandémie, on retrouve le Brésil, l’Inde, le Yémen, le Sahel. L’Afrique sera encore durement frappée en plus de tous les maux qu’elle traine déjà au quotidien. La Covid-19 entraine des répercussions sociales et économiques de la pandémie, notamment le chômage de masse, une production et des ressources alimentaires perturbées et une aide sur le déclin.

Des solutions…

Il urge de trouver des solutions pour freiner la crise alimentaire
Image: Banque Mondiale

Le Directeur par Intérim de Oxfam International propose que « les gouvernements peuvent sauver des vies dès à présent, en finançant totalement l’appel humanitaire des Nations Unies face à la crise du COVID-19, en s’assurant que l’aide atteigne les personnes qui en ont le plus besoin et en annulant la dette des pays en développement afin de libérer des fonds pour financer des programmes de soins de santé et de protection sociale. Pour mettre un terme à cette crise alimentaire, les gouvernements doivent également construire des systèmes alimentaires plus équitables, plus résilients et plus durables, qui placent les intérêts des productrices et producteurs alimentaires et des travailleuses et travailleurs agricoles au-dessus des profits des géants de l’agroalimentaire ».

Ces approches de solutions peuvent vraiment aider à réduire les chiffres de la famine dans le monde. Mais il serait encore mieux si la pandémie du coronavirus est vite maitrisée par les gouvernants. Il urge donc que les professionnels de la santé du monde déploient plus d’efforts pour trouver la solution à cette pandémie. Du côté des gouvernants surtout en Afrique, l’aide à l’agriculture et à la production des denrées alimentaires pourraient être un plus pour stopper très vite les dégâts.

Catégories
Afrique Amérique Blog Europe Le Monde Racisme Société

Chronique : LUTTE ANTIRACISME, LA MORT DE GEORGE FLOYD, UN TOURNANT

Lundi 25 mai, George Floyd est mort sous les genoux de Derek Chauvin, un policier blanc, lors de son arrestation par la police de Minneapolis. Alors qu’il suppliait ce policier « S’il vous plaît, je ne peux plus respirer. Mon ventre me fait mal, j’ai mal au cou. J’ai mal partout », il est resté appuyé sur lui durant 8 minutes et 46 secondes, l’asphyxiant jusqu’à la mort. Ce crime qui a entraîné un mouvement inédit de protestation à travers le monde marque un tournant dans le débat sur le racisme. Mais, la fin de cette idéologie est une marche de longue haleine.

La mort de George Floyd a ravivé le débat sur le racisme à travers le monde et plus particulièrement aux Etats-Unis. Au lendemain de cet acte ignoble et avec les mouvements de protestation qui ont suivi, des dirigeants ont ouvertement plaidé pour la suppression des forces de police dans leurs districts. Le 7 juin par exemple, les conseillers municipaux de Minneapolis ont annoncé que la police de cette va être « démantelée ». Le 15 juin, c’est Keisha Lance Bottoms, la mairesse d’Atlanta qui a annoncé des « réformes immédiates » à la suite d’un nouveau drame survenu le vendredi 12 juin et ayant coûté la vie à un afro-américain. Cette vague de réactions appelant à une réforme de la police a atteint la chambre des Représentants américains où les démocrates ont déposé une proposition de loi. Mais pas que ! Le débat touche même les représentations des pères fondateurs des pays occidentaux, les Etats-Unis en premier.

Le 22 juin, près de la Maison Blanche à Washington, des manifestants ont tenté de démolir la statue du 7e président américain Andrew Jackson en raison de son passé esclavagiste. Président des Etats-Unis de 1829 à 1837, il a massivement fait déporter les tribus indiennes. Thomas Jefferson, le troisième président américain, l’un des auteurs de la Déclaration d’Indépendance en 1776 accusé d’avoir possédé plus de 600 esclaves et d’avoir considéré les noirs comme inférieurs aux blancs n’est pas épargné. George Washington, le père de la nation et premier président américain qui possédait une centaine d’esclaves dans sa plantation du Mont Vernon, au sud de la capitale fédérale est également attaqué. Dans la ville de New York, le Muséum d’histoire naturelle a enlevé la statue du 26ème président américain Theodore Roosevelt, située à son entrée. Pour justifier cette décision, les responsables du Muséum ont expliqué que la statue glorifiait le colonialisme et le racisme parce qu’elle représentait Roosevelt à cheval avec un homme noir et un Amérindien marchant à ses côtés. Ce qui est une façon de « représenter explicitement les noirs et les autochtones comme soumis et racialement inférieurs », explique le Muséum dans un communiqué.

A l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Congo, ancienne colonie belge, le Roi Philippe de Belgique a adressé au président congolais Félix Tshisekedi ses « plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés ». En Allemagne, un débat est ouvert en vue de la suppression du mot « race » dans la Constitution allemande. Ce sont-là des actes et décisions inimaginables, il y a encore deux mois.

 George Floyd en mourant sous le genou d’un policier servira-t-il de rédempteur pour la fin du racisme ?

Ce crime a marqué un tournant dans la lutte contre le racisme parce qu’il symbolise la cruauté même qui caractérise cette idéologie. Les différentes décisions suscitées sont le signe que quelque chose va changer et plus rien ne sera comme avant. Mais, il y a peu de chance que les choses changent radicalement ou profondément. Du moins, pas tout de suite !

En effet, le racisme est un système bien ancré. Des générations et des générations sont nourries à cette idéologie. Des enfants sont élevés, sensibilisés à cette mentalité et grandiront avec, en la transmettant à leur tour à leur progéniture. D’un côté, les noirs ont fini par intégrer qu’ils sont différents des blancs et que des situations qu’ils vivent leur arrivent parce qu’ils sont noirs. De l’autre, les blancs sont persuadés de leur supériorité par rapport aux noirs et certains n’imaginent pas un noir à certaines positions. Par exemple, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux montrant une blanche ayant alerté la police parce qu’elle a vu un noir debout devant une maison, le prenant comme un suspect rodant autour d’une propriété d’autrui alors que ce dernier était bien devant sa maison

Une illustration est donnée dans le film « La haine qu’on donne » du réalisateur George Tillman Jr où on voit un afro-américain apprendre à ses enfants comment se comporter face à un policier. Et justement, c’est en écoutant son amie, qu’un jeune noir s’est fait abattre par un policier blanc. Star, l’héroïne du film rappelait à son ami de garder ses mains sur le tableau de la voiture afin de ne pas inquiéter le policier qui pourrait le soupçonner de vouloir sortir une arme. Quelques jours après la mort de George Floyd, les réseaux sociaux ont montré l’image d’une fillette qui s’est mise à pleurer, en levant les bras à la vue de la police. Elle avait peur que la policière tire sur elle. Moment de peur qui, malheureusement donne des réactions face auxquelles un policier n’hésite pas dans bien des cas à dégainer.

La fin du racisme ne se décrètera pas. Ce sera un long processus qui demande une révision profonde des paradigmes de l’éducation de nos enfants et ce changement dans l’éducation commence à la maison, à l’école. L’éducation des enfants doit veiller à ne pas transmettre à ces derniers des notions qui développent chez eux un complexe d’infériorité ou de supériorité.

Pendant ce temps, que font les pays colonisés eux-mêmes dans ce cadre ? Les constitutions africaines, les textes fondateurs des organisations non ou associations non gouvernementales reprennent machinalement dans leurs articles « sans distinction de race ». Des villes, des rues, des palais présidentiels en Afrique qui portent des noms hérités de la colonisation continuent de faire la fierté des dirigeants africains encore sourds au débat de plus en plus agité au sein de la population sur la colonisation et ses vestiges. Comme en ont pris conscience les dirigeants occidentaux, le racisme tire ses racines de la colonisation. Mais, peut-on effacer la colonisation ?

Catégories
Actus Bénin Afrique Blog Environnement Société

Inondation en Afrique de l’Ouest : un drame causé par l’homme

En Afrique notamment dans les pays du Sahel, la grande saison des pluies s’étend de juin à septembre (de juillet à août au Nord des régions concernées). C’est une période de pluies torrentielles qui entraine de graves conséquences sur la vie des populations. Des populations dont la plupart sont dans des villes côtières. Mieux, la construction des maisons dans ces villes suit rarement des plans et des études approfondies. Conséquence, plus les années passent, plus les populations font face à de graves inondations faisant des morts et des sans-abris.

En cette 2ème semaine du mois de juin 2020, des pluies diluviennes tombent successivement depuis le début de la semaine dans plusieurs capitales de pays de l’Afrique de l’Ouest. De Cotonou en passant par Lomé à Abidjan, les populations dorment et se réveillent sous cette musique des eaux sur les toits de leurs maisons. Il n’a pas fallu des jours avant que les conséquences de ces fortes pluies n’inondent la toile. Le Journal La Croix raconte « un glissement de terrain a emporté un hameau d’une vingtaine de maisons à Anyama, dans la banlieue nord d’Abidjan, faisant au moins 13 morts et de nombreux disparus ensevelis sous des tonnes de boue, après des pluies diluviennes ces derniers jours ». Avec à l’appui, les témoignages des sinistrés, le journal détaille que des centaines de personnes, dont certaines s’enfoncent par moment jusqu’aux genoux, voire jusqu’aux hanches, dans la boue tentent de retrouver des survivants, tout en récupérant casseroles, portes, documents, vêtements et chaussures que l’éboulement a dispersés sur 70 mètres. Une situation due au fait qu’un tunnel d’évacuation des eaux s’est bouché il y a trois ou quatre mois, créant une retenue d’eau.

De l’autre côté à Cotonou, la capitale économique du Bénin, le scénario est presque pareil. On ne note pas un éboulement mais à chaque pluie, l’inquiétude est grande et ce malgré les nombreux travaux d’asphaltage initiés un peu partout dans la ville. Mais si les Cotonois essaient d’être plus ou moins tranquille, les habitants de la ville voisine, Abomey-Calavi, ont été eux, durement frappés par la pluie. Dans certains quartiers, l’eau a envahi les maisons, s’installant dans les chambres. Les populations au vu de la hauteur de l’eau, ont été obligées d’abandonner leurs différents habitats pour se réfugier soit dans des églises, soit chez des proches, etc… D’autres se sont retrouvés sans abris. Pourtant, on est encore loin de la fin de cette saison des pluies. Et c’est le même scénario dans d’autres capitales africaines et ceci chaque année. En 2017 par exemple, la Sierra Léone a connu la pire inondation de son histoire. La « catastrophe de Freetown », du nom de la capitale où vivent près de 1,2 million de personnes, a provoqué la mort de près de 500 personnes, dont au moins un tiers d’enfants, ainsi que la disparition de 810 personnes.

Des causes variées

Chaque année, les populations font face à ces inondations et à leurs conséquences. C’est une période où des maladies comme le paludisme connaissent un fort taux de croissance ainsi que les maladies à transmission hydrique ou vectorielle. Plusieurs causes expliquent ces inondations dans ces pays. Pour le technicien en génie civil Judicaël Boris, « la construction anarchique des habitations sans avoir consulté les levés de la zone, la construction dans les bas-fonds qui est un lieu de stationnement d’eau, la monté de l’intensité de la pluie sur une longue période donnée » sont entre autres les causes de ce qu’on constate.

la construction dans les bas-fonds qui est un lieu de stationnement d’eau est une des causes de l’inondation

Donnant l’exemple du quartier Agla de Cotonou, il dit « Agla ce n’est pas une zone habitable vu que c’est le point de rencontre des eaux qui viennent de parts et d’autres. De plus elle est en communication directe avec la mer et le lac ».

Dans le même sens, Futura Planète énumère certaines causes. Le site détaille que « le débordement direct d’un cours d’eau dans son lit majeur, suite à des épisodes de fortes précipitations ou à la fonte des neiges hivernales (ce sont les crues). Le débordement indirect d’une réserve d’eau (de surface ou souterraine) suite à la remontée des nappes phréatiques ou bien d’eaux à travers les canalisations. L’accumulation des eaux de ruissellement suite à des précipitations abondantes. Il se peut en effet que les capacités de drainage et d’infiltration d’une zone soient insuffisantes pour évacuer les eaux reçues, qui s’accumulent alors. Ce phénomène est accru lorsqu’il y a eu une imperméabilisation des sols (urbanisation) sans création d’un réseau d’évacuation suffisant ».

Des solutions

Est-il possible de mettre fin à ces inondations dans les villes ? Rien n’est sur ? Le technicien Boris préconise l’évacuation des personnes habitants dans ces lieux suivis de leurs dédommagements. La consultation des levées de zone afin d’éviter les constructions anarchiques. L’identification sur la carte de ces pays, des zones non habitables pas seulement sur le plan inondation mais industriel et sur d’autres plans ». Au Bénin, le conseil des ministres du mercredi 1er juillet 2020 a demandé le renforcement des mesures de protection civile contre les inondations de l’année 2020 vu que les prévisions de l’Agence nationale de météorologie annoncent que les quantités d’eau de pluie attendues cette année sont supérieures à la moyenne de la période 1981 à 2010.

La question de l’inondation en Afrique et principalement dans les pays côtiers doit être au cœur des réflexions. Attendre chaque année le drame avant de penser à des solutions ne permettront pas aux populations d’avoir des conditions de vie plus agréables. Mieux, on verra juste augmenter les chiffres de la pauvreté, des sans-abris, du choléra, de la diarrhée et du paludisme. Toute chose qui n’avantage pas les gouvernants.

Catégories
Environnement Le Monde Racisme Société

Le racisme environnemental : le rapport entre les inégalités raciales et écologiques

Le décès de l’Afro-américain Georges Floyd lors de son interpellation aux Etats-Unis a suscité une prise de conscience collective sur la question du racisme. Par conséquent, de gigantesques vagues de protestation ont eu lieu dans le monde. Le poing levé en signe de contestation, le genou à terre, ou couché à même le sol, les manifestants ont réclamé la fin de toutes formes de discrimination raciale. Y compris celle du racisme environnemental qui est une composante du racisme systémique et qui touche tout aussi durement les minorités raciales.

Dans son ouvrage ‘’La nature est un champ de bataille’’, le sociologue Razmig Keucheyan affirme que « la crise écologique ne frappe pas tout le monde de la même façon ». Très souvent en effet, on constate que dans une population, les communautés de couleur, en particulier les personnes d’ascendance africaine sont plus confrontées aux problèmes environnementaux que les autres. Ceci parce qu’ils habitent pour la plupart, les banlieues et les quartiers défavorisés. Ce qui démontre qu’il existe bel et bien des inégalités écologiques dans le monde. D’où la notion de racisme environnemental. La Fondation Canadienne des Relations Raciales la définit comme « toute politique, pratique ou directive liée à l’environnement et qui touche différemment ou défavorise (intentionnellement ou non) des individus, des groupes ou des communautés en raison de leur race ou de leur couleur ». Selon eux « les gens de couleur, les groupes autochtones, les gens de la classe ouvrière et les personnes à faibles revenus se trouvent exposés aux dangers environnementaux et aux risques que présentent des substances industrielles toxiques, l’air pollué, l’eau insalubre, les conditions de travail nuisibles à la santé et l’emplacement d’installations dangereuses et toxiques, telles que des incinérateurs et des décharges de déchets toxiques ».

Ces cas qui interpellent

Le racisme environnemental existe sous plusieurs formes et est présente un peu partout dans le monde. Son histoire est propre à chaque pays avec différents cas de catastrophes écologiques. Certains sont cependant restés gravés dans la mémoire de l’humanité à cause de l’importance de leur impact sur les communautés racisées. C’est en 1982, que le concept de racisme environnemental a fait sa première apparition grâce aux manifestations de protestation des habitants de Warren (comté de Caroline du Nord constitué en majorité de personnes noires). Les faits remontent en 1970 où une grande quantité de déchet hautement toxique est accidentellement déversé sur l’une des routes de l’Etat. Dépassé, le gouvernement avait décidé d’acheminer ces déchets constitués de biphényl polychlorés vers un site de décharge situé à Warren pour y être enfoui sous terre. Et pourtant, il était bien connu de tous que ces substances sont très dangereuses et peuvent provoquer des pathologies telles que les cancers, les dérèglements hormonaux, etc. Cet événement fait écho au déversement illégal de déchets toxiques dans le port d’Abidjan en 2006. En effet, après plusieurs tentatives infructueuses dans plusieurs autres pays dont le Nigeria, le navire Probo Koala a finalement déversé en Côte-d’Ivoire, des centaines de tonnes de déchets produit par la multinationale pétrolifère Trafigura. Cela a eu comme conséquence, des émanations de gaz toxique qui ont provoqué sur 100.000 personnes des problèmes de difficultés respiratoire, des irritations cutanées, des brûlures chimiques et la mort de 17 autres personnes. Ces différents événements justifient certainement les propos de Razmig Keucheyan qui affirme que « si vous voulez savoir où un stock de déchets a le plus de chances d’être enfoui, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et les autres minorités raciales ». Plusieurs études se sont ensuite succédé pour démontrer que les communautés à majorité noire et pauvre, et les migrants ont un risque plus élevé d’avoir des déchets toxiques près de leur milieu de vie.

Un autre cas de racisme environnemental qui a indigné le monde est celui de l’ouragan Katrina qui en 2005, a fait d’énormes dégâts et plus de 1200 victimes dans les quartiers pauvres et vulnérables aux inondations de la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Il faut signaler que la moitié des résidents de cette ville sont des Afro-américains, et une bonne partie est confrontée à la pauvreté. À l’époque, le président Georges W. Bush affirmait dans un discours adressé à la nation et rapporté par equiterre.org qu’ « il y a aussi une pauvreté profonde et persistante dans cette région. Et cette pauvreté a ses racines dans une historique de discrimination raciale qui coupe des générations de l’opportunité de l’Amérique ». Le scandale de l’eau contaminée au plomb à Flint au Michigan, ou l’affaire de pollution de l’air de « Chemical Valley » sont autant de cas de discriminations environnementales que subissent les minorités racisées.

Ces quelques exemples démontrent l’importance et l’urgence de procéder à une lutte collective contre le racisme environnemental. Pour cela, l’association québécoise Equiterre affirme qu’ « il faut reconnaître que les personnes à faible revenu, les communautés autochtones, les personnes racisées et les personnes marginalisées sont davantage exposées à des problèmes environnementaux et qu’elles ont moins accès à de bonnes conditions de vie : espaces verts, transport en commun, aliments sains. Nous devons ainsi déterminer si l’accès à un environnement sain ou les risques environnementaux sont répartis de façon juste sur le territoire. Et en tenir compte dans l’évaluation des projets, dans nos choix d’aménagement ou dans l’allocation des ressources. Ces facteurs doivent non seulement être considérés, mais il faut statuer sur des conditions minimales à respecter pour éviter que des décisions soient prises au gré des aléas politiques ».

Catégories
Afrique Amérique Blog Le Monde Racisme Société

MORT DE GEORGE FLOYD SOUS LE GENOU D’UN POLICIER BLANC : RACISME OU CRUAUTE HUMAINE

Lundi 25 mai, George Floyd, Noir-américain de 46 ans, est mort sous le genou d’un policier blanc lors de son arrestation par des éléments de la police de Minneapolis. La vidéo de son asphyxie, alors qu’il répétait à l’agent dont le poids pesait sur son coup “je ne peux plus respirer”, a fait le tour du monde. Les jours qui ont suivi, un mouvement inédit de protestation a embrasé plusieurs pays du monde, des Etats-Unis en Afrique en passant par l’Europe, avec pour slogan « black lives matter » (les vies des noirs comptent) pour dénoncer ce qui est vu comme un racisme. Mais, tuer un être humain de sang-froid, fût-il d’une race qu’on prétend être inférieure à la sienne relève d’une cruauté digne d’un sauvage.

« S’il vous plaît, je ne peux plus respirer. Ils vont me tuer», « Mon ventre me fait mal, j’ai mal au cou. J’ai mal partout ». Rapportés par les médias, ce sont-là les derniers mots prononcés par George Floyd avant de rendre l’âme sous le genou du policier blanc l’ayant plaqué au sol. Avant de rendre son dernier souffle, il a même supplié ce dernier et son collègue de lui donner de l’eau. Cette pression asphyxiante a duré 8 minutes et 46 secondes avant que George suffoque. A aucun moment, ce policier n’a jugé nécessaire de soulever ne serait-ce qu’une tierce son genou pour permettre à sa victime de respirer un coup. Floyd n’était pourtant plus une menace. Car, Derek Chauvin, son meurtrier, était entouré par trois autres de ses collègues tous armés.

Pour qualifier cet acte ignoble, toutes les voix parlent de racisme. Le racisme, selon la définition, est « une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres ». Pour Le Petit Larousse, au sens strict du terme, le racisme est une « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » », et au sens large du terme, « une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences. En vérité, ainsi défini, le racisme est plutôt un système promu par des hommes et des femmes foncièrement cruels. George Floyd a été victime de cruauté et Derek Chauvin n’en est que le prototype.

Le racisme, une cruauté voilée

Dans son sens le plus courant, la cruauté se rapporte à un jugement moral blâmant un individu imposant de fortes souffrances inutiles, et parfois prolongées dans le temps, à un autre individu humain ou animal qui peut en garder un traumatisme durable. Comme s’il avait lu un ouvrage sur le mode d’emploi de la cruauté, Derek Chauvin y est allé exactement comme décrit dans cette définition. Dans un article publié sur linternaute.com le 09 juin 2020, Fabien Dabert rappelle la scène. « Les images montrent une arrestation très brutale effectuée par 4 policiers. L’un d’eux, Derek Chauvin, apparaît agenouillé sur le cou de George Floyd, alors que celui-ci est plaqué au sol, durant plusieurs minutes. »

Le sociologue Michel Wieviorka le rappelle d’ailleurs, « un trait courant de la cruauté se traduit par la volonté du bourreau de traiter ses victimes d’une « manière inhumaine qui les chosifie, ou les animalise, en tout cas les extraie de l’humanité (…) il faut bien marquer une distance absolue avec lui, s’autoriser à le concevoir comme n’étant pas de la même espèce que soi-même (…) C’est en faisant de l’autre un non-homme, un non-sujet, un être déshumanisé puisque pouvant être avili et détruit comme un objet ou un animal, c’est en étant cruel que l’on peut se vivre comme restant soi-même un être humain ». » Ainsi, continue-t-il, plus la victime est avilie dans sa dignité, plus cela aiderait le bourreau à s’éloigner du poids de la faute. La victime, dégradée de toute humanité, est transformée en pur objet ludique soumis à la volonté du bourreau qui veut, inconsciemment, s’affranchir de toute culpabilité envers un individu qui cesse d’être un sujet moral.

Ce portrait de l’homme cruel convient parfaitement à Derek Chauvin à travers son attitude affichée sur la vidéo montrant l’arrestation suivie de la mort de George Floyd. Le racisme est en réalité une cruauté humaine camouflée. Il révèle chez ses tenants un état d’esprit primitif et d’inculture qui les empêches de voir l’humanité en leur prochain qu’il soit d’une autre couleur de peau ou d’un autre pays. L’intelligence humaine, si elle existait chez les racistes, devraient leur permettre de réaliser qu’un noir, un asiatique, un latino ou un européen à la peau blanche est un être humain comme eux et qu’il a les mêmes droits, les mêmes dispositions et prédispositions qu’eux. Il y a lieu d’intégrer dans leur éducation des notions sur l’humanisme, sur l’humanité et sur le fait que « tous les hommes naissent égaux » comme l’affirmait Abraham Lincoln dans son discours de Gettysburg le 19 novembre 1863. C’est à rappeler aux américains racistes.