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Les déchets générés par la Covid-19 : de nouveaux polluants dans la nature (partie 1)

Depuis l’avènement du Covid-19, l’utilisation des équipements de protection médicaux a considérablement augmenté. Cette situation qui est pourtant censée être une bonne nouvelle est vite devenue un problème pour la planète. Puisque ces déchets ne sont pas souvent jetés aux endroits appropriés. On assiste par conséquent à une pollution de l’environnement et à une menace de la sécurité sanitaire.

Masques chirurgicaux, flacon de gel hydroalcoolique, gants en plastique, lingettes désinfectantes : il y a quelques mois encore, au début de la crise sanitaire, ces éléments étaient difficiles à trouver. Aujourd’hui, on en retrouve un peu partout que ce soit dans les grandes surfaces, les pharmacies, et les autres points de vente. Cependant, si leur utilisation procure une certaine protection contre la maladie, leur gestion quant à elle, pose d’autres soucis. En effet, il n’est pas rare de retrouver ces accessoires abandonnés dans les espaces naturels et dans les lieux publics (rues, parcs, plage, etc.). Même les collecteurs d’assainissement n’en sont pas épargnés. « C’est une conséquence de l’épidémie. Le recours aux lingettes désinfectantes et aux masques jetables s’est amplifié, avec des effets néfastes sur les réseaux d’assainissement et sur notre environnement. Les masques commencent à joncher nos caniveaux. Quant aux lingettes, si elles participent à l’hygiène domestique, elles restent, encore et toujours, un véritable cauchemar pour les services de dépollution des eaux usées » alerte le Centre d’information sur l’eau. Un état de chose que déplore aussi Laurent Lombard, fondateur de l’association Opération Mer Propre. « Ce n’est que le début. Quand il va y avoir un gros orage, tous les masques et les gants jetés sur les trottoirs ou dans les égouts vont se retrouver en mer » confie-t-il à France 3. Rappelons que le premier responsable de cette situation est le grand public. Ils ne sont pas habitués à utiliser ces genres d’équipement sanitaire et ne savent pas comment les éliminer. Les hôpitaux eux, possèdent leur propre filière qui procède à l’incinération de leurs déchets.





La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue.

Quand la protection devient une pollution et un risque sanitaire

La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue. Car même s’ils en ont l’apparence, les masques faciaux et les lingettes à usage unique ne sont pas conçu avec du papier, mais plutôt avec de la matière plastique. Ce qui les rend non biodégradables. En réalité, ils sont fabriqués à base d’une matière thermoplastique très dense appelée le « polypropylène non tissé ». Celui-ci en raison de son coût peu élevé et de son accessibilité constitue d’ailleurs la grande majorité des objets de notre quotidien (serviette hygiénique, nappes, emballage alimentaire, etc.). En général, les cache-nez sont composés de deux à trois couches de ce matériau. Ce qui les rend assez résistants et ralentit leur dégradation. On estime en effet, qu’il faut environ 450 ans pour que le polymère se désagrège dans la nature. De plus, les masques jetables sont pourvus d’acier pour les barrettes nasales et des boucles d’élastiques pour favoriser la tenue sur le visage. Une fois qu’ils se retrouvent donc en mer, le premier est susceptible de blesser les organismes vivants, et le second peut les piéger et ainsi les empêcher de se déplacer. Selon les Échos « un masque jetable, dans lequel une couche de polypropylène- une matière plastique- a été glissée entre deux couches de papier ne va jamais entièrement se décomposer, mais se fragmenter en particules de plastique, nocives pour l’environnement marin ». Ceci est confirmé par Anne Settimelli, fondatrice et directrice de l’association Explore & Preserve qui signale à franceinfo que « les tortues, les requins, les dauphins, les cachalots, rorquals, les oiseaux ingèrent du plastique. Après ces animaux sont intoxiqués, blessés, et donc vont finir par mourir ». Ces effets négatifs sur l’environnement et la faune marine concernent également les gants en latex ou en nitrile. Selon une récente étude parue dans la revue The Lancet, les masques de protection peuvent porter des traces du virus actif pendant 4 jours sur leur surface intérieure et pendant 7 jours sur leur surface extérieure. Ainsi, ces éléments qui jonchent les trottoirs, les caniveaux et les plages peuvent également entraîner des problèmes sanitaires. Car il s’agit de déchets potentiellement infectieux et donc dangereux pour les usagers et en particulier, les agents de collecte et de nettoyage. Le journal La dépêche du Midi fait état de la situation en affirmant que « les protections ayant été en contact avec la peau sont susceptibles de transmettre le coronavirus ». Il continue en expliquant qu’ « il y a un risque, même minime, qu’un masque jeté par terre puisse contaminer une personne qui le ramasse ». Certes, la crise sanitaire a eu un impact positif sur l’environnement. Mais ce dernier n’en sortira sûrement pas gagnant si de tels actes d’incivismes doivent continuer. Il urge donc de trouver rapidement une solution pour arrêter cette pollution naissante.

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CRISE AU MALI : LE ROSEAU IBK SOUS LA MENACE DE LA TEMPETE DICKO

Le 5 juin, le M5, mouvement du 5 juin réunissant une partie de la société civile, de l’opposition et de religieux a tenu sa première manifestation populaire. Menés par l’influent chef religieux Mamadou Dicko, sur fond de revendications politique et sociale, les manifestants réclament la démission du Président malien Ibrahim Boubacar Kéita dit IBK. La troisième manifestation organisée vendredi 10 juillet a fait onze morts selon plusieurs médias et des dizaines de blessés. Des leaders de l’opposition entre-temps arrêtés sont relâchés et IBK multiplie les gestes d’apaisement.

Vendredi 10 juillet, le mouvement M5 a organisé sa troisième manifestation aux cris de « IBK dégage » ou « Nous voulons le changement » pour réclamer la démission du chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta. Très vite, les manifestants ont pris d’assaut plusieurs bâtiments officiels dont le siège de l’ORTM, l’Assemblée nationale, ainsi que deux ponts de Bamako. Les forces de l’ordre sont intervenues, notamment la FORSAT, la force spéciale anti-terroriste dont la présence dans le dispositif de maintien de l’ordre est vivement dénoncée. Des témoins, associations de défense des droits de l’Homme font état de tirs à balles réelles sur les manifestants. Le bilan officiel est de 11 décès et 124 blessés. Des leaders de ce mouvement de contestation ont été arrêtés puis relâchés. Ces manifestations inédites témoignent du fossé entre le régime IBK et la population malienne déçue de sa gouvernance. Cette crise qui menace le pouvoir malien a été déclenchée par les résultats des dernières élections législatives proclamés par la Cour constitutionnelles et qui donnent gagnant le parti au pouvoir. Alors que les résultats provisoires proclamés par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation donnaient 43 députés pour le parti au pouvoir, le Rassemblement pour le Mali, la Cour lui accorde 51 sièges sur les 147 que compte l’Assemblée nationale.  Mais, les causes sont plus profondes. Comme le rappelle l’ancien président Olosegun Obasanjo dans une tribune publiée dans Jeune Afrique le 15 juillet, « les sources [du] mécontentement sont nombreuses : celui-ci est en effet directement lié aux accusations de corruption et d’incompétence qui visent régulièrement l’administration IBK, mais aussi à la lenteur des progrès réalisés dans la lutte contre l’insécurité dans le Nord et le Centre, à la pauvreté, au chômage, … ». Surfant sur cette vague de mécontentement, Mamadou Dicko reste aujourd’hui un acteur incontournable dans cette crise.

Mamadou Dicko (Photo by MICHELE CATTANI / AFP)

Mamadou Dicko, le visage de la colère qui fait trembler le régime IBK

Mahmoud Dicko n’est pas systématiquement dans l’opposition, précise France 24 sur son site, rappelant qu’en 2013, il compte parmi les soutiens à IBK lors de la présidentielle de cette année-là. Mais, en quelques mois, il est devenu la principale figure de la contestation au Mali. Imam rigoriste, Dicko a su jouer un rôle clef dans la crise sécuritaire au Mali, en parvenant à faire office d’intermédiaire auprès des djihadistes. Sa connaissance de l’islam et son rigorisme religieux lui confèrent un certain crédit auprès de ces derniers, tandis qu’il jouit d’une relative confiance de la part des élites maliennes.

À 66 ans, Mahmoud Dicko, issu d’une famille de notables de Tombouctou, est une figure familière des Maliens. De janvier 2008 à avril 2019, il préside le Haut conseil islamique (HCI). Il s’est notamment attiré la sympathie des maliens en s’opposant en 2009 à l’adoption d’un nouveau code de la famille censé notamment moderniser les usages matrimoniaux, familiaux et successoraux au Mali. Il réussit alors à contraindre le gouvernement à adopter un texte beaucoup moins ambitieux que prévu, notamment sur les droits des femmes. Ensuite, il a fait censurer un manuel scolaire d’éducation sexuelle qui abordait l’homosexualité. Dans un pays à majorité musulmane, ce sont-là des faits d’armes qui contribuent à hausser la côte de popularité de l’homme.

Après son départ du Haut conseil islamique, il crée son mouvement, la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS), en septembre 2019. Et depuis, il est devenu un critique vigoureux du pouvoir de IBK. Dans une interview sur RFI en juin, il déclarait que « Tout le monde est opposé ! Des problèmes communautaires, des problèmes dans l’armée, même entre les religieux… (des) problèmes entre tout le monde… Il y a un malaise dans le pays, il y a une mauvaise gouvernance. Il y a une corruption à ciel ouvert. Je le dis et je le redis ! » Le 29 février, lors d’un meeting enflammé au Palais de la culture de Bamako, il avait invité ses compatriotes à « prendre leur destin en main ». Cette déclaration lui a valu une convocation chez le procureur. Mais, la mobilisation de ses partisans qui ont encerclé le tribunal a conduit à un report sine die de son audition, et Tiébilé Dramé, le ministre des Affaires étrangères, a été dépêché à son domicile afin d’apaiser les tensions.

Le charismatique prêcheur a su fédérer la contestation contre IBK en canalisant l’exaspération nourrie depuis des mois par la mort de milliers de personnes tuées ces dernières années dans les attaques djihadistes et les violences intercommunautaires, le ressenti de l’impuissance de l’État, le marasme économique, la crise des services publics et de l’école et la perception d’une corruption répandue. Cette crise a atteint son paroxysme le week-end dernier avec les manifestations qui ont fait 11 morts et des dizaines de blessés, mettant le pouvoir de IBK dans une posture indélicate. Ce dernier, pour calmer les esprits, a annoncé la dissolution de fait de la Cour constitutionnelle dont les membres ont démissionné un à un. Face à cette crise qui s’intensifie, la CEDEAO a dépêché une délégation conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan.

Composée d’experts constitutionnalistes, cette délégation parlera des problèmes soulevés par l’arrêt de la Cour concernant les législatives. La délégation de la CEDEAO comporte également des groupes d’experts uniquement chargés des questions politiques. Les questions de gouvernance, les revendications politiques de l’opposition et plus globalement, la future architecture gouvernementale pour le Mali, sont à l’agenda de la délégation. Avec le sang des manifestants sur la main, le pouvoir malien se trouve aujourd’hui fragilisé. Face à la détermination du Mouvement du 5 juin – Rassemblement des Forces Patriotiques (M5-RFP) qui exige toujours sa démission, IBK joue sa survie dans cette médiation.

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Crise humanitaire : la Covid-19 fait le nid à la famine

Depuis décembre 2019, le monde entier fait face à une pandémie sans pareil. La Covid-19 a chamboulé les habitudes, mis le monde aux arrêts, faisant perdre à de nombreuses personnes, leurs emplois mais aussi leurs proches. Au jour du 14 juillet 2020, la pandémie continue de gagner du terrain sur la planète. Le bilan mondial est proche des 13 millions de personnes infectées (dont plus de la moitié aux États-Unis et en Amérique Latine), et 570 259 sont décédées. Mais si la pandémie continue de faire des ravages, elle risque au vu des conséquences qu’elle entraine de mettre le monde face à une autre pandémie plus grave encore : la famine. Déjà que la famine est un fléau qui sévit actuellement dans le monde, le nombre de cas pourrait très vite augmenter.

La faim dans le monde

Selon l’organisation mondiale de la Santé, la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19) est une ‎maladie infectieuse due à un coronavirus découvert ‎récemment. ‎La majorité des personnes atteintes de la COVID-19 ‎ne ressentiront que des symptômes bénins ou ‎modérés et guériront sans traitement particulier. ‎Le virus qui entraîne la COVID-19 se transmet ‎principalement par des gouttelettes produites ‎lorsqu’une personne infectée tousse, éternue, ou ‎lors d’une expiration. Depuis son apparition dans la ville de Wuhan en Chine, le virus a déjà 13 070 097 personnes et fait plus de 572 441 décès. Pourtant le monde n’est pas encore au bout de ses peines. Puisque cette pandémie est sur le point de mettre le monde face à une autre pandémie : la famine.

la faim touchait l’an dernier environ 690 millions de personnes, soit 8,9% de la population mondiale
Image: ONU

D’après les dernières estimations, la faim touchait l’an dernier environ 690 millions de personnes, soit 8,9% de la population mondiale, dit le rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). En citant un rapport de la FAO, le Monde informe que quelque 135 millions de personnes, dans cinquante-cinq pays, étaient au bord de la famine en 2019. Le journal va plus loin pour détailler que « En 2019, c’est encore l’Afrique qui a payé le plus lourd tribut à cette situation d’insécurité alimentaire aiguë, avec 73 millions de personnes touchées, soit plus de la moitié. Parmi les pays dont la population est la plus largement concernée par ce fléau, le Soudan du Sud (61 %), le Yémen (53 %), l’Afghanistan (37 %), mais également la Syrie, Haïti, le Venezuela, l’Ethiopie, la République démocratique du Congo (RDC), le Soudan et la partie nord du Nigeria ». L’OMS dans un article écrit par John Holmes, explique que « la faim et la malnutrition sont les plus grandes menaces posées à la santé publique, faisant plus victimes que le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose conjugués. Chaque jour, 25 000 personnes, dont plus de 10 000 enfants, meurent de la faim et des causes associées. On estime que 854 millions de personnes sont sous-alimentées dans le monde et que la hausse des prix risque de faire basculer 100 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté et la faim. Les risques sont particulièrement élevés parmi ceux qui dépensent au moins 60 % de leurs revenus pour se nourrir : les pauvres et les populations déplacées dans les villes, les populations rurales sans terres, les éleveurs de troupeaux et la majorité des petits exploitants agricoles ». Mais si ces chiffres font froid dans le dos, la situation pourrait encore plus s’aggraver dans les années à venir à cause des pandémies telles que la Covid-19.

Le coronavirus et la faim

L’Organisation mondiale de la santé est ferme et claire là-dessus : la Covid-19 pourrait faire augmenter les chiffres de la famine dans le monde. Dans un rapport intitulé « Le virus de la faim », publié en début juillet 2020, Oxfam international, alerte que jusqu’à 12 000 personnes pourraient mourir de faim chaque jour à cause du Covid-19 d’ici la fin de l’année, soit potentiellement plus que les victimes du virus lui-même. Chema Vera, Directeur général intérimaire d’Oxfam International, a déclaré : « La COVID-19 est la goutte d’eau qui fera déborder le vase pour des millions de personnes déjà confrontées aux impacts des conflits, des changements climatiques, des inégalités et d’un système alimentaire défaillant qui a appauvri des millions de productrices et producteurs alimentaires et de travailleuses et travailleurs agricoles ».

Et aux premières loges des foyers qui pourraient subir cette pandémie, on retrouve le Brésil, l’Inde, le Yémen, le Sahel. L’Afrique sera encore durement frappée en plus de tous les maux qu’elle traine déjà au quotidien. La Covid-19 entraine des répercussions sociales et économiques de la pandémie, notamment le chômage de masse, une production et des ressources alimentaires perturbées et une aide sur le déclin.

Des solutions…

Il urge de trouver des solutions pour freiner la crise alimentaire
Image: Banque Mondiale

Le Directeur par Intérim de Oxfam International propose que « les gouvernements peuvent sauver des vies dès à présent, en finançant totalement l’appel humanitaire des Nations Unies face à la crise du COVID-19, en s’assurant que l’aide atteigne les personnes qui en ont le plus besoin et en annulant la dette des pays en développement afin de libérer des fonds pour financer des programmes de soins de santé et de protection sociale. Pour mettre un terme à cette crise alimentaire, les gouvernements doivent également construire des systèmes alimentaires plus équitables, plus résilients et plus durables, qui placent les intérêts des productrices et producteurs alimentaires et des travailleuses et travailleurs agricoles au-dessus des profits des géants de l’agroalimentaire ».

Ces approches de solutions peuvent vraiment aider à réduire les chiffres de la famine dans le monde. Mais il serait encore mieux si la pandémie du coronavirus est vite maitrisée par les gouvernants. Il urge donc que les professionnels de la santé du monde déploient plus d’efforts pour trouver la solution à cette pandémie. Du côté des gouvernants surtout en Afrique, l’aide à l’agriculture et à la production des denrées alimentaires pourraient être un plus pour stopper très vite les dégâts.

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POP SMOKE : un album pour la POP’stérité

Il est mort par balles à 20 ans.  Le 19 Février 2020, Pop Smoke est tué à Hollywood lors d’un cambriolage qui aurait mal tourné. Il était de passage dans la ville et séjournait dans une villa louée pour l’ocasion. Cette nouvelle a attristé tous les fans du rappeur et tous les observateurs de la nouvelle vague du rap made in Brooklyn. Dans la lignée des grands rappeurs issus de cette ville,  Pop a avait repris tous  les codes du « gangsta » rap à son compte avec une sorte de brutalité romantique qui lui est propre. Un rappeur de New-York n’avait plus suscité autant d’engouement et la déferlante « Woo » (son gimmick favori) devait s’abattre en 2020 avec son premier album. Sa mort est à l’image de sa voix : froide, rageante et un brin romantique. Elle nous questionne aussi sur la violence aux US et le mode de vie dangereux de ces rappeurs qui en font l’apologie. Désastreusement c’est ce  même mode de vie qui  les rattrape et nous prive de leurs talents et de leur musique.

La mort

Bashar Barakah Jackson avait de l’ambition, il voulait changer le « game », le marquer par son style. Il l’avait à maintes reprises dit dans plusieurs de ses interviews.  Il faut dire que Pop Smoke disposait d’une street crédibilité assez forte. Affilié au gang des 823G-STONE Crips depuis son adolescence avec lesquels il apparaît dans plusieurs clips, le garçon avait eu mailles à partir avec plusieurs membres des gans rivaux  (une vidéo de lui à 13 ans se faisant agresser tourne d’ailleurs sur le net). Adoubé par 50Cent comme son héritier musical et doté d’une voix résultant d »un croisement entre DMX et le patron du G-Unit, Pop Smoke disposait d’une excellente réputation quant à son talent auprès des dénicheurs de talents de hip-hop.  Très peu d’artistes arrivent avec une validation sans avoir sorti d’album majeur.  POP apparaissait intouchable dans cette nouvelle génération et son décès a créée autour de son label VICTOR VICTOR une forte attente pour son album posthume.

L’album

Initialement prévu pour le 12 juin, l’album est finalement sorti le 3 juillet. La sortie a été reportée à cause des manifestations qui ont eu lieu aux US. Le nom de l’album est « Shoot for the stars, Aim for the Moon» littéralement : viser la lune pour atterrir dans les étoiles. Ce titre est inspiré de la fondation « Shoot for the stars », une organisation à but non lucratif qui aide les enfants démunis. Elle avait été créée par le rappeur lorsqu’il était encore en vie.

Son mentor 50Cent a été désigné comme directeur exécutif.  Très fort sur la drill et les prod trap, l’artiste développait sa panoplie.  Peu avant sa mort, le rappeur expérimentait les sonorités plus Rn’b et l’album qui en résulte est un chef d’ œuvre artistique. D’abord la direction artistique est réfléchie et variée : plusieurs univers musicaux ont été explorés et Pop excelle dans chacun de ses styles.  Rn’b , Trap, drill l’arsenal du bonhomme est impressionnant. Parfois sombres ou romantiques les 18 pistes sont un enchaînement de claques avec une liste d’invités prestigieux : Quavo, 50Cent, Future, Swae lee, Tyga, Lil Baby, DaBaby …

Mentions spéciales sur les 18 titres

  1. Gangstas:  on dirait une production de Dr Dre et de Scott Storch pour le 50Cent de la grande époque. Les notes de piano et les caisses nous offrent un classique New-yorkais.
  2. Make it train et l’outro Tunnel vision des classiques drill : des concentrés de noirceur et de fougue. Le genre de sons qui augmente votre taux de testostérone !
  3. Snitchin : la connexion ATL et NY sur une prod trap : Quavo y va de son refrain efficace et Future a tout donné sur son couplet comme le tonton qui veut montrer aux jeunes qu’il n’est pas encore fini.
  4. For The night : une ballade romantique façon P. Smoke (…) DaBaby et Lil Baby font le job avec des couplets chantés.
  5. Sur Mood Swing , Pop Smoke et LilTjay nous montre comment faire des déclarations d’amour à celle/celui qu’on aime ( n’est-ce pas !)
  6. Something special : avec un sample de Into You de Tamia sorti en 1998 ou le rappel pour la génération 90s.

L’héritage

Au-delà la polémique sur la couverture de l’album,  le label de Steven Victor est à féliciter car l’équipe de travail est restée fidèles à l’image originelle du Pop Smoke . Ils y ont rajouté une touche de finesse et l’ont fait progresser sur des sons plus chantés. Salué par la critique, la dextérité du rappeur a clairement été démontrée. J’ai dit plus haut que Pop Smoke a rappé la rue violente et l’a vanté dans ses sons. Son assassinat représente le paradoxe du rappeur au mythe; ce même mythe qui exige une forte proximité avec la rue et le talent pour conter. Le hic est que la mort n’est jamais loin de ce mode de vie. Ces rappeurs vivent à fond la rue qui finit par les tuer : ils ont  l’art de vivre leurs vies et de mourir de ce qu’ils ont vécu. Apôtre de la drill, Pop Smoke, par son album, a déjà marqué le rap américain. Sa voix unique restera pour l’éternité, reposes en paix Woo !

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Chronique : LUTTE ANTIRACISME, LA MORT DE GEORGE FLOYD, UN TOURNANT

Lundi 25 mai, George Floyd est mort sous les genoux de Derek Chauvin, un policier blanc, lors de son arrestation par la police de Minneapolis. Alors qu’il suppliait ce policier « S’il vous plaît, je ne peux plus respirer. Mon ventre me fait mal, j’ai mal au cou. J’ai mal partout », il est resté appuyé sur lui durant 8 minutes et 46 secondes, l’asphyxiant jusqu’à la mort. Ce crime qui a entraîné un mouvement inédit de protestation à travers le monde marque un tournant dans le débat sur le racisme. Mais, la fin de cette idéologie est une marche de longue haleine.

La mort de George Floyd a ravivé le débat sur le racisme à travers le monde et plus particulièrement aux Etats-Unis. Au lendemain de cet acte ignoble et avec les mouvements de protestation qui ont suivi, des dirigeants ont ouvertement plaidé pour la suppression des forces de police dans leurs districts. Le 7 juin par exemple, les conseillers municipaux de Minneapolis ont annoncé que la police de cette va être « démantelée ». Le 15 juin, c’est Keisha Lance Bottoms, la mairesse d’Atlanta qui a annoncé des « réformes immédiates » à la suite d’un nouveau drame survenu le vendredi 12 juin et ayant coûté la vie à un afro-américain. Cette vague de réactions appelant à une réforme de la police a atteint la chambre des Représentants américains où les démocrates ont déposé une proposition de loi. Mais pas que ! Le débat touche même les représentations des pères fondateurs des pays occidentaux, les Etats-Unis en premier.

Le 22 juin, près de la Maison Blanche à Washington, des manifestants ont tenté de démolir la statue du 7e président américain Andrew Jackson en raison de son passé esclavagiste. Président des Etats-Unis de 1829 à 1837, il a massivement fait déporter les tribus indiennes. Thomas Jefferson, le troisième président américain, l’un des auteurs de la Déclaration d’Indépendance en 1776 accusé d’avoir possédé plus de 600 esclaves et d’avoir considéré les noirs comme inférieurs aux blancs n’est pas épargné. George Washington, le père de la nation et premier président américain qui possédait une centaine d’esclaves dans sa plantation du Mont Vernon, au sud de la capitale fédérale est également attaqué. Dans la ville de New York, le Muséum d’histoire naturelle a enlevé la statue du 26ème président américain Theodore Roosevelt, située à son entrée. Pour justifier cette décision, les responsables du Muséum ont expliqué que la statue glorifiait le colonialisme et le racisme parce qu’elle représentait Roosevelt à cheval avec un homme noir et un Amérindien marchant à ses côtés. Ce qui est une façon de « représenter explicitement les noirs et les autochtones comme soumis et racialement inférieurs », explique le Muséum dans un communiqué.

A l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance du Congo, ancienne colonie belge, le Roi Philippe de Belgique a adressé au président congolais Félix Tshisekedi ses « plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore présentes dans nos sociétés ». En Allemagne, un débat est ouvert en vue de la suppression du mot « race » dans la Constitution allemande. Ce sont-là des actes et décisions inimaginables, il y a encore deux mois.

 George Floyd en mourant sous le genou d’un policier servira-t-il de rédempteur pour la fin du racisme ?

Ce crime a marqué un tournant dans la lutte contre le racisme parce qu’il symbolise la cruauté même qui caractérise cette idéologie. Les différentes décisions suscitées sont le signe que quelque chose va changer et plus rien ne sera comme avant. Mais, il y a peu de chance que les choses changent radicalement ou profondément. Du moins, pas tout de suite !

En effet, le racisme est un système bien ancré. Des générations et des générations sont nourries à cette idéologie. Des enfants sont élevés, sensibilisés à cette mentalité et grandiront avec, en la transmettant à leur tour à leur progéniture. D’un côté, les noirs ont fini par intégrer qu’ils sont différents des blancs et que des situations qu’ils vivent leur arrivent parce qu’ils sont noirs. De l’autre, les blancs sont persuadés de leur supériorité par rapport aux noirs et certains n’imaginent pas un noir à certaines positions. Par exemple, une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux montrant une blanche ayant alerté la police parce qu’elle a vu un noir debout devant une maison, le prenant comme un suspect rodant autour d’une propriété d’autrui alors que ce dernier était bien devant sa maison

Une illustration est donnée dans le film « La haine qu’on donne » du réalisateur George Tillman Jr où on voit un afro-américain apprendre à ses enfants comment se comporter face à un policier. Et justement, c’est en écoutant son amie, qu’un jeune noir s’est fait abattre par un policier blanc. Star, l’héroïne du film rappelait à son ami de garder ses mains sur le tableau de la voiture afin de ne pas inquiéter le policier qui pourrait le soupçonner de vouloir sortir une arme. Quelques jours après la mort de George Floyd, les réseaux sociaux ont montré l’image d’une fillette qui s’est mise à pleurer, en levant les bras à la vue de la police. Elle avait peur que la policière tire sur elle. Moment de peur qui, malheureusement donne des réactions face auxquelles un policier n’hésite pas dans bien des cas à dégainer.

La fin du racisme ne se décrètera pas. Ce sera un long processus qui demande une révision profonde des paradigmes de l’éducation de nos enfants et ce changement dans l’éducation commence à la maison, à l’école. L’éducation des enfants doit veiller à ne pas transmettre à ces derniers des notions qui développent chez eux un complexe d’infériorité ou de supériorité.

Pendant ce temps, que font les pays colonisés eux-mêmes dans ce cadre ? Les constitutions africaines, les textes fondateurs des organisations non ou associations non gouvernementales reprennent machinalement dans leurs articles « sans distinction de race ». Des villes, des rues, des palais présidentiels en Afrique qui portent des noms hérités de la colonisation continuent de faire la fierté des dirigeants africains encore sourds au débat de plus en plus agité au sein de la population sur la colonisation et ses vestiges. Comme en ont pris conscience les dirigeants occidentaux, le racisme tire ses racines de la colonisation. Mais, peut-on effacer la colonisation ?

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Le racisme environnemental : le rapport entre les inégalités raciales et écologiques

Le décès de l’Afro-américain Georges Floyd lors de son interpellation aux Etats-Unis a suscité une prise de conscience collective sur la question du racisme. Par conséquent, de gigantesques vagues de protestation ont eu lieu dans le monde. Le poing levé en signe de contestation, le genou à terre, ou couché à même le sol, les manifestants ont réclamé la fin de toutes formes de discrimination raciale. Y compris celle du racisme environnemental qui est une composante du racisme systémique et qui touche tout aussi durement les minorités raciales.

Dans son ouvrage ‘’La nature est un champ de bataille’’, le sociologue Razmig Keucheyan affirme que « la crise écologique ne frappe pas tout le monde de la même façon ». Très souvent en effet, on constate que dans une population, les communautés de couleur, en particulier les personnes d’ascendance africaine sont plus confrontées aux problèmes environnementaux que les autres. Ceci parce qu’ils habitent pour la plupart, les banlieues et les quartiers défavorisés. Ce qui démontre qu’il existe bel et bien des inégalités écologiques dans le monde. D’où la notion de racisme environnemental. La Fondation Canadienne des Relations Raciales la définit comme « toute politique, pratique ou directive liée à l’environnement et qui touche différemment ou défavorise (intentionnellement ou non) des individus, des groupes ou des communautés en raison de leur race ou de leur couleur ». Selon eux « les gens de couleur, les groupes autochtones, les gens de la classe ouvrière et les personnes à faibles revenus se trouvent exposés aux dangers environnementaux et aux risques que présentent des substances industrielles toxiques, l’air pollué, l’eau insalubre, les conditions de travail nuisibles à la santé et l’emplacement d’installations dangereuses et toxiques, telles que des incinérateurs et des décharges de déchets toxiques ».

Ces cas qui interpellent

Le racisme environnemental existe sous plusieurs formes et est présente un peu partout dans le monde. Son histoire est propre à chaque pays avec différents cas de catastrophes écologiques. Certains sont cependant restés gravés dans la mémoire de l’humanité à cause de l’importance de leur impact sur les communautés racisées. C’est en 1982, que le concept de racisme environnemental a fait sa première apparition grâce aux manifestations de protestation des habitants de Warren (comté de Caroline du Nord constitué en majorité de personnes noires). Les faits remontent en 1970 où une grande quantité de déchet hautement toxique est accidentellement déversé sur l’une des routes de l’Etat. Dépassé, le gouvernement avait décidé d’acheminer ces déchets constitués de biphényl polychlorés vers un site de décharge situé à Warren pour y être enfoui sous terre. Et pourtant, il était bien connu de tous que ces substances sont très dangereuses et peuvent provoquer des pathologies telles que les cancers, les dérèglements hormonaux, etc. Cet événement fait écho au déversement illégal de déchets toxiques dans le port d’Abidjan en 2006. En effet, après plusieurs tentatives infructueuses dans plusieurs autres pays dont le Nigeria, le navire Probo Koala a finalement déversé en Côte-d’Ivoire, des centaines de tonnes de déchets produit par la multinationale pétrolifère Trafigura. Cela a eu comme conséquence, des émanations de gaz toxique qui ont provoqué sur 100.000 personnes des problèmes de difficultés respiratoire, des irritations cutanées, des brûlures chimiques et la mort de 17 autres personnes. Ces différents événements justifient certainement les propos de Razmig Keucheyan qui affirme que « si vous voulez savoir où un stock de déchets a le plus de chances d’être enfoui, demandez-vous où vivent les Noirs, les Hispaniques, les Amérindiens et les autres minorités raciales ». Plusieurs études se sont ensuite succédé pour démontrer que les communautés à majorité noire et pauvre, et les migrants ont un risque plus élevé d’avoir des déchets toxiques près de leur milieu de vie.

Un autre cas de racisme environnemental qui a indigné le monde est celui de l’ouragan Katrina qui en 2005, a fait d’énormes dégâts et plus de 1200 victimes dans les quartiers pauvres et vulnérables aux inondations de la Nouvelle-Orléans en Louisiane. Il faut signaler que la moitié des résidents de cette ville sont des Afro-américains, et une bonne partie est confrontée à la pauvreté. À l’époque, le président Georges W. Bush affirmait dans un discours adressé à la nation et rapporté par equiterre.org qu’ « il y a aussi une pauvreté profonde et persistante dans cette région. Et cette pauvreté a ses racines dans une historique de discrimination raciale qui coupe des générations de l’opportunité de l’Amérique ». Le scandale de l’eau contaminée au plomb à Flint au Michigan, ou l’affaire de pollution de l’air de « Chemical Valley » sont autant de cas de discriminations environnementales que subissent les minorités racisées.

Ces quelques exemples démontrent l’importance et l’urgence de procéder à une lutte collective contre le racisme environnemental. Pour cela, l’association québécoise Equiterre affirme qu’ « il faut reconnaître que les personnes à faible revenu, les communautés autochtones, les personnes racisées et les personnes marginalisées sont davantage exposées à des problèmes environnementaux et qu’elles ont moins accès à de bonnes conditions de vie : espaces verts, transport en commun, aliments sains. Nous devons ainsi déterminer si l’accès à un environnement sain ou les risques environnementaux sont répartis de façon juste sur le territoire. Et en tenir compte dans l’évaluation des projets, dans nos choix d’aménagement ou dans l’allocation des ressources. Ces facteurs doivent non seulement être considérés, mais il faut statuer sur des conditions minimales à respecter pour éviter que des décisions soient prises au gré des aléas politiques ».

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MORT DE GEORGE FLOYD SOUS LE GENOU D’UN POLICIER BLANC : RACISME OU CRUAUTE HUMAINE

Lundi 25 mai, George Floyd, Noir-américain de 46 ans, est mort sous le genou d’un policier blanc lors de son arrestation par des éléments de la police de Minneapolis. La vidéo de son asphyxie, alors qu’il répétait à l’agent dont le poids pesait sur son coup “je ne peux plus respirer”, a fait le tour du monde. Les jours qui ont suivi, un mouvement inédit de protestation a embrasé plusieurs pays du monde, des Etats-Unis en Afrique en passant par l’Europe, avec pour slogan « black lives matter » (les vies des noirs comptent) pour dénoncer ce qui est vu comme un racisme. Mais, tuer un être humain de sang-froid, fût-il d’une race qu’on prétend être inférieure à la sienne relève d’une cruauté digne d’un sauvage.

« S’il vous plaît, je ne peux plus respirer. Ils vont me tuer», « Mon ventre me fait mal, j’ai mal au cou. J’ai mal partout ». Rapportés par les médias, ce sont-là les derniers mots prononcés par George Floyd avant de rendre l’âme sous le genou du policier blanc l’ayant plaqué au sol. Avant de rendre son dernier souffle, il a même supplié ce dernier et son collègue de lui donner de l’eau. Cette pression asphyxiante a duré 8 minutes et 46 secondes avant que George suffoque. A aucun moment, ce policier n’a jugé nécessaire de soulever ne serait-ce qu’une tierce son genou pour permettre à sa victime de respirer un coup. Floyd n’était pourtant plus une menace. Car, Derek Chauvin, son meurtrier, était entouré par trois autres de ses collègues tous armés.

Pour qualifier cet acte ignoble, toutes les voix parlent de racisme. Le racisme, selon la définition, est « une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres ». Pour Le Petit Larousse, au sens strict du terme, le racisme est une « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » », et au sens large du terme, « une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences. En vérité, ainsi défini, le racisme est plutôt un système promu par des hommes et des femmes foncièrement cruels. George Floyd a été victime de cruauté et Derek Chauvin n’en est que le prototype.

Le racisme, une cruauté voilée

Dans son sens le plus courant, la cruauté se rapporte à un jugement moral blâmant un individu imposant de fortes souffrances inutiles, et parfois prolongées dans le temps, à un autre individu humain ou animal qui peut en garder un traumatisme durable. Comme s’il avait lu un ouvrage sur le mode d’emploi de la cruauté, Derek Chauvin y est allé exactement comme décrit dans cette définition. Dans un article publié sur linternaute.com le 09 juin 2020, Fabien Dabert rappelle la scène. « Les images montrent une arrestation très brutale effectuée par 4 policiers. L’un d’eux, Derek Chauvin, apparaît agenouillé sur le cou de George Floyd, alors que celui-ci est plaqué au sol, durant plusieurs minutes. »

Le sociologue Michel Wieviorka le rappelle d’ailleurs, « un trait courant de la cruauté se traduit par la volonté du bourreau de traiter ses victimes d’une « manière inhumaine qui les chosifie, ou les animalise, en tout cas les extraie de l’humanité (…) il faut bien marquer une distance absolue avec lui, s’autoriser à le concevoir comme n’étant pas de la même espèce que soi-même (…) C’est en faisant de l’autre un non-homme, un non-sujet, un être déshumanisé puisque pouvant être avili et détruit comme un objet ou un animal, c’est en étant cruel que l’on peut se vivre comme restant soi-même un être humain ». » Ainsi, continue-t-il, plus la victime est avilie dans sa dignité, plus cela aiderait le bourreau à s’éloigner du poids de la faute. La victime, dégradée de toute humanité, est transformée en pur objet ludique soumis à la volonté du bourreau qui veut, inconsciemment, s’affranchir de toute culpabilité envers un individu qui cesse d’être un sujet moral.

Ce portrait de l’homme cruel convient parfaitement à Derek Chauvin à travers son attitude affichée sur la vidéo montrant l’arrestation suivie de la mort de George Floyd. Le racisme est en réalité une cruauté humaine camouflée. Il révèle chez ses tenants un état d’esprit primitif et d’inculture qui les empêches de voir l’humanité en leur prochain qu’il soit d’une autre couleur de peau ou d’un autre pays. L’intelligence humaine, si elle existait chez les racistes, devraient leur permettre de réaliser qu’un noir, un asiatique, un latino ou un européen à la peau blanche est un être humain comme eux et qu’il a les mêmes droits, les mêmes dispositions et prédispositions qu’eux. Il y a lieu d’intégrer dans leur éducation des notions sur l’humanisme, sur l’humanité et sur le fait que « tous les hommes naissent égaux » comme l’affirmait Abraham Lincoln dans son discours de Gettysburg le 19 novembre 1863. C’est à rappeler aux américains racistes.

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COVID-19 : L’AFRIQUE AVEC SES REMEDES

Depuis plus de 6 mois, le monde entier fait face à la pandémie du nouveau coronavirus. Le nombre de cas confirmés dans le monde a atteint les 7 millions, dont 3 millions considérés comme guéris contre plus de 400 000 morts. Le continent africain quant à lui recense 177 953 cas de Covid-19 et 4 936 décès dus à la maladie. Si les recherches de vaccins continuent de susciter des débats en Occident, en Afrique des remèdes sensées lutter contre la maladie se multiplient.

Le 17 mars 2020, le quotidien français Les Echos rapportait en exclusivité sur son site les propos du Professeur Didier Raoult affirmant que « on sait guérir la maladie [le nouveau coronavirus] ». Le directeur de l’IHU Méditerranée Infection livrait ainsi les résultats de son test clinique sur le traitement du coronavirus avec la chloroquine. On apprenait alors que « après six jours de test clinique sur la prise de Plaquenil, l’un des noms commerciaux de la chloroquine, seulement un quart des 24 patients tests du Professeur Didier Raoult de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille étaient encore porteurs du virus. » Mieux, poursuit l’article, « associé à la prise d’antibiotiques ciblés contre la pneumonie bactérienne (l’azythromycine), le traitement a totalement guéri les sujets dans la semaine, alors que 90% des malades qui n’ont pas pris de traitement sont toujours positifs. »  Cette annonce a fait l’effet d’une bombe dans le monde scientifique trop précautionneux et suscité l’espoir auprès des milliers de personnes qui ne cessaient de lutter contre la maladie. Mais, cette nouvelle ne réjouit pas tout le monde. Le 22 mai, c’est dans la prestigieuse revue médicale britannique Lancet que quatre auteurs scientifiques ont remis en cause l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le traitement, avant que trois parmi eux ne se rétractent début juin.

L’Afrique et ses remèdes

A la suite des résultats du Professeur Raoult, des pays africains ont adopté la chloroquine comme traitement contre la maladie. Le Bénin, le Maroc, le Sénégal, pour ne citer que ces pays, se sont aussitôt massivement approvisionnés en ce médicament. Malgré les polémiques autour de l’hydroxychloroquine, les pays africains poursuivent le traitement des malades du nouveau coronavirus avec. Mais, l’Afrique ne s’appuie pas que sur ce médicament. Elle a ses remèdes et le plus connu vient de Madagascar.

Pendant que le monde entier courait dans tous les sens pour contenir la propagation du virus, le président malgache fit une annonce étonnante. Le président malgache Andry Rajoelina a affirmé dimanche 19 avril lors d’une émission télévisée sur la chaîne nationale que son pays a trouvé un remède contre le nouveau coronavirus. Les chercheurs de l’Institut malgache de recherche appliquée (IMRA) l’ont appelé Covid-Organics. Ce traitement présenté sous forme d’une tisane est à “la fois préventif et curatif composé d’artemisia et de plantes médicinales malgaches”. Quelques jours après, des packs de ce médicament ont été envoyés à des pays africains comme l’a promis le président malgache à ses pairs, pour lutter le coronavirus. L’OMS, dans son rôle de régulatrice, s’est empressée de rappeler qu’il “n’existe aucune preuve que ces substances peuvent prévenir ou guérir la maladie”, après avoir reconnu que certains médicaments et remèdes traditionnels “peuvent atténuer les symptômes” du coronavirus.

Les populations africaines n’ont d’ailleurs pas fait cas des mises en garde de l’institution onusienne. Car, depuis des millénaires, les vertus des plantes médicinales ont permis de guérir des maux contre lesquels la médecine moderne n’a pu rien faire. Preuve que les plantes peuvent être un recours contre le coronavirus, avant la découverte malgache, c’est la Ministre congolaise de l’économie, Acacia Bandubola, première personnalité de ce rang à avoir reconnu être malade, qui a annoncé sa guérison. Qu’est-ce qui l’a guérie alors qu’elle n’a jamais été hospitalisée ? Début avril, elle racontait au micro de RFI : « Ce qui m’a aidée les cinq premiers jours, c’était les inhalations. Je mettais des feuilles d’eucalyptus, des feuilles de menthe, je mettais ce que nous on appelle ici les « sindas », de la citronnelle… Il y avait des feuilles de mangue et des feuilles d’avocat. Je mettais ça dans un bassin d’eau chaude. J’inhalais à l’eau chaude, très chaude ! »

Un autre exemple de « remède » signalé en Afrique vient du Cameroun, et plus précisément de l’archevêque de Douala. Mi-mai, Monseigneur Kleda, son « inventeur » qui refusait d’en dire plus sur sa composition l’a annoncé comme local et naturel. Et pour expliquer son efficacité, il apprenait que « En une semaine cela suffit, la personne est guérie. Mais les douleurs viennent à disparaître en vingt-quatre heures. Sur tous ceux qui ont reçu le produit jusqu’à présent – 900 personnes -, on n’a enregistré aucun décès. » Là encore, l’OMS réagit ! Elle assure « ne pas être opposée à la médecine traditionnelle, mais insiste sur la nécessité de soumettre chaque produit à des essais cliniques rigoureux, afin de s’assurer de leur efficacité. » Mais alors. Si la pandémie Covid-19 continue sa propagation exponentielle avec chaque jour de nouveaux cas d’infection, si elle fait autant de morts jusqu’à présent, – un peu plus de 7,3 millions de personnes infectées et 414.393 morts – qu’est-ce que cela coûterait de se pencher sur les « remèdes » africains ? Il faut dire que la logique qui gouverne notre monde capitaliste peut être inextricable, tant les intérêts sont nébuleux et mêlés.

Par exemple, après avoir contredit le Professeur Raoult sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans la célèbre revue Lancet, trois des quatre auteurs de la publication se sont ensuite rétractés seulement quelques jours après. Pour quelles raisons ? RFI en fournit une réponse : « les trois auteurs disent ne plus pouvoir se « porter garants de la véracité des sources des données primaires » utilisées pour leur étude sur l’hydroxycholoroquine dans le traitement du Covid-19. La raison : la société les ayant collectées, dirigée par le quatrième auteur, refuse de donner accès à la base de données ».

L’Afrique devra se reprendre pour trouver ses propres solutions aux maux auxquels elle fait face, fussent-ils mondiaux. “C’est vraiment le moment pour les chercheurs malgaches de montrer leur savoir-faire. De plus, nous voyons ces plantes médicinales à Madagascar, qui peuvent être utilisées pour arrêter la pandémie”, disait le président malgache, s’adressant à ses compatriotes. Cela vaut pour les chercheurs africains en général.

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Fin du racisme : une lutte quotidienne

Depuis la mort de Georges Floyd le 25 mai dernier, des milliers de personnes se sont mobilisés pour honorer la mémoire de cet Afro-américain de 46 ans victime de violences policières aux États-Unis. Des manifestations pacifiques se sont déroulées un peu partout dans le monde pour combattre le racisme en dénonçant les discriminations et les brutalités que subissent les étrangers en particulier les personnes noires. Car au-delà d’une simple bavure policière, c’est la question du racisme à caractère systémique qui est à nouveau posée. Et même si le pasteur et militant Afro-américain Martin Luther King Jr. le dénonçait, il y a de cela 60 ans, on continue toujours d’assister à des actes racistes. Ce qui prouve que la lutte contre ce phénomène est loin d’être gagné.

Selon le site du Musé de l’Histoire de l’immigration, le racisme est « une forme de discrimination fondée sur l’origine ou l’appartenance ethnique ou raciale de la victime, qu’elle soit réelle ou supposée. Le racisme recourt à des préjugés pour déprécier la personne en fonction de son apparence physique ; il lui attribue des traits de caractère, des capacités physiques, intellectuelles qui renvoient à des images stéréotypées et à des clichés ». « Le racisme cherche à porter atteinte à la dignité et à l’honneur de la personne, à susciter la haine et à encourager la violence verbale ou physique. Il tend à répandre des idées fausses pour dresser les êtres humains les uns contre les autres » affirme-t-il. Ce phénomène est le plus souvent observé dans des domaines tels que l’emploi, l’éducation, les loisirs, le logement, etc. Il se manifeste entre autres par les injures racistes, les comportements hostiles, les regards haineux, la diffamation raciale, la violation des droits de l’homme, les agressions, le refus de rendre service, les attitudes d’infériorisation, etc. Aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, le racisme ne cesse de progresser. Il importe alors de se questionner sur l’efficacité des instruments juridiques qui existent depuis le début de la lutte, mais également les actions et mesures qui doivent être à mises en place pour éradiquer définitivement ce fléau.

Des normes internationales

Il y a de cela 70 ans, l’ONU adoptait la déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). Il s’agissait ainsi d’un souffle nouveau qu’on insufflait à la lutte contre le racisme. L’un des principes fondamentaux de cette charte est l’égalité des droits et la non-discrimination. La notion d’égalité est énoncée dans l’article 1 du DUDH qui stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit ». Celle de la non-discrimination quant à elle trouve sa place dans l’article 2 qui déclare que « chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ». En outre, l’article 7 de la même déclaration fait aussi état de la non-discrimination en affirmant que « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toutes provocations à une telle discrimination ». Plusieurs conventions sont apparues par la suite pour développer et approfondir un peu plus ces notions. C’est le cas par exemple de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Convention internationale pour l’élimination de toutes formes de discrimination raciale (ICERD). En 1966, l’Assemblée générale des Nations Unies a instauré la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Elle est célébrée le 21 mars de chaque année et a pour but d’encourager la communauté internationale à éliminer de façon définitive la discrimination raciale sous toutes ses formes. Par ailleurs, il existe des lois propres à chaque pays qui condamnent et sanctionnent les actes et les propos racistes. Grâce à ces différents instruments de lutte, la perception des hommes sur le racisme a considérablement évolué. Ce phénomène autrefois justifié et presque  accepté de tous est devenu peu à peu plus voilé. Toujours est- il qu’il continue d’exister et de faire des dégâts dans la société.

Un tournant décisif dans l’histoire

Le décès de Georges Floyd dans des conditions affreuses n’est pas un cas isolé. Bien avant lui, Eric Garner, Adama Traoré, Michael Brown, Breonna Taylor, Trayvon Martin et bien d’autres encore ont fait les frais du racisme. Les manifestations qui ont suivi le décès de Floyd sont considérées comme un tournant décisif dans la lutte contre le racisme. Car si l’incident s’est produit aux États-Unis, c’est le monde entier qui s’est soulevé pour protester contre les actes de violence policière à l’encontre des personnes de couleur et pour réclamer la fin de ce fléau. L’ampleur de cette réaction planétaire démontre une prise de conscience collective quant à l’implication de chaque être humain dans le processus de lutte contre ce phénomène. En effet, la réussite de ce combat ne repose pas uniquement sur l’élaboration des textes, des déclarations et des lois. Mais il s’agit également d’une responsabilité collective. Il revient donc à chaque personne racisée ou non de sensibiliser et d’éduquer son entourage. Pour Arwa Mahdawi, chroniqueuse à The Guardian, « il est important que nous fassions quelque chose, aussi petit soit-elle. Nous devons écouter les personnes les plus touchées par l’injustice systémique et nous éduquer ». Elle continue sur la même lancée en affirmant que « ceux qui ont des parents racistes et ignorants peuvent essayer de les éduquer au lieu d’éviter ces conversations difficiles ».

Pour de nombreuses personnes aujourd’hui, la fin du racisme n’est plus une utopie. C’est bel et bien un projet réalisable qui nécessite juste la participation active de tous. Et comme le disait si bien Nelson Mandela « cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’il soit fait ». Il est encore temps pour agir.

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Racisme/la révolution : A quand la fin des violences policières ? (2ème partie)

Ce mardi 09 juin, George Floyd a été inhumé devant des milliers de témoins venus assistés aux dernières heures de celui qui est devenu un symbole de lutte contre le racisme et les violences policières. Le 25 mai, cet Afro-Américain a été tué par un policier. Interpellé par ce dernier parce qu’il aurait faire une transaction avec des faux billets, Floyd, sera maintenu ventre contre terre, un genou du policier Derek Chauvin sur son cou pendant 8 minutes 46 secondes. Après avoir crié plusieurs fois à l’adresse du policier, « je ne respire », il succombera. L’Amérique s’en indigne.

Mort par arrêt cardiaque et pulmonaire : c’est le résultat de l’autopsie faite sur George Floyd.  Sud Info informe que Lundi 1er juin, le médecin légiste officiel en charge de l’autopsie de la victime avait déjà fait savoir que George Floyd était mort « par homicide » à cause de la « pression exercée sur son cou » par la police, et était drogué au fentanyl, un puissant opiacé. « L’Afro-Américain a fait un « arrêt cardiaque et pulmonaire » à cause de son immobilisation par les forces de l’ordre » cite le site qui rapporte les détails du communiqué publié par le médecin légiste du comté de Hennepin. Cette mort fait donc suite à une violence policière. Des manifestations pour dire non à ce type de violence et au racisme ont rapidement pris corps dans plusieurs pays du monde notamment ceux de l’Europe et de l’Amérique. Très vite, les dirigeants sont montés au créneau pour annoncer des mesures dans ce sens.

Les dernières mesures

Le lundi 08 juin, des démocrates du Congrès américain se sont agenouillés pour observer 8 minutes 46 de silence en hommage au « martyr » de George Floyd et d’autres Américains noirs tués par la police. La présidente démocrate du Congrès, Nancy Pelosi a ensuite présenté un projet de réforme « structurelle » de la police. Cette proposition de loi vise à « mettre fin aux brutalités policières, obliger la police à rendre des comptes, améliorer la transparence et créer des changements profonds et structurels qui protègent le droit de tous les Américains à la sécurité et à une justice égalitaire ». Le « Justice and Policing Act » entend entre autres créer un registre national pour les policiers commettant des bavures, faciliter les poursuites judiciaires contre les agents et repenser leur recrutement et formation explique le Journal de Montréal.

De l’autre côté en France où plus de 23.000 participants se mobilisent pour dénoncer des violences policières et le racisme, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur a annoncé lundi 08 juin des mesures pour améliorer la déontologie des forces de l’ordre. Tv5 monde fait le point de cette sortie du ministre en rapportant ses propos. « Il a annoncé l’abandon de la méthode d’interpellation policière controversée de la prise par le cou, dite de l’étranglement. Elle ne sera plus enseignée dans les écoles de police et de gendarmerie. C’est une méthode qui comportait des dangers. Par ailleurs, si un policier ou un gendarme doit maintenir quelqu’un au sol lors de son interpellation, il sera désormais interdit de s’appuyer sur sa nuque ou son cou » nous apprend le site. Des mesures accueillies sans grande joie au sein des manifestants qui espèrent plus.

Les Kényans au cours d’une manifestation contre les violences policières
image:France Info

Le cas de l’Afrique

En Afrique noire, il est rare d’entendre parler de racisme même si dans certains pays, la xénophobie est encore très présente. Toutefois, la violence policière est très présente. Les manifestations même quand elles sont pacifiques font naitre des blessés ou mort par balles ou par gaz lacrymogène. En 2018, lors de la célébration le 15 mars de la Journée Internationale contre les violences policières, Africanews a classé le top 10 des polices africaines les meilleures mais aussi le top 10 des supposées être les plus mauvaises. Dans le dernier cas, on retrouve Madagascar (111e), Zambie (112e), Ethiopie (115e), Sierra Leone (117e), Cameroun (120e), Mozambique (122e), Ouganda (124e), Kenya (125e) et de la République démocratique du Congo (126e).

La période de Covid-19 a vu plusieurs payses instaurées des mesures telles que le couvre-feu. Cette mesure a vu circuler sur les réseaux sociaux, de citoyens ne respectant pas le couvre-feu sévèrement battus par les policiers que ça soit au Burkina Faso qu’en Côte-d’Ivoire. D’un autre côté au Bénin par exemple, une dame a été tuée par balle au cours d’une manifestation en mai 2019 dénonçant la tenue des élections exclusives. Au Kénya, BBC Afrique informe qu’en novembre 2019, « les Kényans ont exprimé leur indignation après la diffusion en ligne d’une vidéo de policiers battant un étudiant. On peut voir quatre policiers le frapper avec un bâton et lui piétiner la tête, avant qu’il ne soit emmené ».

Les cas de violences policières sont légions dans le monde. Si sur les autres continents la pratique est liée au racisme souvent, en Afrique tout est prétexte pour exercer la violence sur les populations. Une infraction de la route, un vol, une marche pacifique de l’opposition, etc. les raisons sont nombreuses. D’ailleurs dans les pays africains l’armée est très crainte. Si les autres corps du métier ne sortent qu’en cas d’extrême urgence, la police, elle, est dans les rues tout le temps pour intervenir rapidement ou pour le maintien de l’ordre. Mais elle se croit très souvent toute puissante. Pour un peu qu’un ordre vient de sa hiérarchie, l’exécution sur le terrain devient très violente. Si donc les regards sont tournés aujourd’hui outre le continent pour dire non au racisme et aux violences policières, les africains doivent aussi exiger de leur police du respect et de la considération. Nul n’est au-dessus de la loi.