CERTIFICATION DE L’ELECTION DE BIDEN AU CAPITOLE: Trump réussit son chaos

Par le 07/01/2021 0 458 Views

Ce mercredi 6 janvier restera à jamais comme une page sombre de l’histoire des Etats-Unis. Alors que le Sénat et la Chambre des Représentants étaient réunis au siège du Congrès sous la présidence du Vice-président Mike Pence pour certifier l’élection du candidat démocrate Joe Biden, les partisans de Donald Trump ont envahi les lieux. Une scène « insurrectionnelle » qui a obligé la Garde nationale du Capitole à évacuer les élus des deux chambres. Une femme atteinte par un coup de feu a même rendu l’âme le même jour.
Des partisans de Trump montés sur les balcons du Capitole, pendant que d’autres ont défié les policiers et pénétré l’intérieur du Capitole, « citadelle de la liberté » selon Joe Biden. Des coups de feu entendus. Le monde entier a assisté en direct à une scène inédite provenant du pays de la démocratie. Refusant toujours de reconnaître sa défaite à l’élection du 3 novembre dernier, Donald Trump avait appelé ses partisans à « défiler » à Washington, siège du Capitole. Répondant à son appel, ces derniers sont venus en découdre avec les deux chambres réunies pour une séance qui devait être protocolaire. Des élus escortés, d’autres invités à s’allonger au sol pour se protéger. Des agents de sécurité du Congrès ont dû dégainer leurs armes pour repousser l’assaut des pro-Trump. Un de ces partisans ayant pénétré dans le bureau de Nacy Pelosi, la Présidente démocrate de la Chambre des Représentants s’y est même assis et mis les pieds sur le bureau. Inimaginable dans un pays comme les Etats-Unis, sauf sous Trump. Pour le président élu Joe Biden, les violences au Capitole sont une « insurrection » et la démocratie américaine « vit une agression sans précédent ». L’ancien président républicain Georges W. Bush qualifie ses scènes dignes d’une république bananière. Pareil pour Mike GHALLAGHER, sénateur républicain du Wisconsin qui parle de « conneries de république bananière » avant d’appeler le président américain à « annuler ça ». Invité par des responsables de son camp à appeler au calme, il jour au pyromane. Nombreux parmi ces élus qui lui ont été loyaux depuis les élections se sont d’ailleurs désolidarisés de lui à la suite de ces incidents.

Des coups de feu entendus

Pour la fin d’un mandat de toutes les extravagances, Trump a fait du Trump. Dans son livre « Trop et jamais assez – Comment ma famille a fabriqué l’homme le plus dangereux du monde » paru le 8 octobre 2020 en France, Mary L. Trump, sa nièce, donnait des clés pour comprendre. Elle le décrit comme un « homme gravement malade (…) Et ce depuis très longtemps. C’est un homme cruel, égoïste, il sait qu’il est mal parti dans les élections, il est désespéré, et s’il se sait en train de couler, il va entraîner le pays avec lui ». Nous y voilà !
Après l’instauration d’un couvre-feu par la maire de Washington, les travaux de certification ont finalement repris tard dans la soirée. Après moult obstructions de certains élus républicains jusqu’au-boutistes fidèles à Trump pour retarder le processus, le vice-président américain a certifié le vote de 306 grands électeurs en faveur de Joe Biden, contre 232 pour le président sortant. De guerre lasse, et privé de son compte twitter, Donald Trump admet que son mandat est fini, promettant une « transition ordonnée ». Une chose est sûre, en raison de sa « folie », l’Amérique sort de cet épisode plus que jamais divisée. Une folie qui a engendré quatre morts dans les échauffourées. Une tâche immense attend Biden !