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La pollution atmosphérique, cette menace qui pèse sur nos villes

Pendant que le monde fait face à une nouvelle pandémie qui fait des ravages et qui préoccupe toutes les nations, les scientifiques attirent l’attention des uns et des autres sur une autre crise qu’ils jugent plus dangereuse. Il s’agit de la pollution atmosphérique. Ce fléau est en grande partie observé en milieu urbain où plus de la moitié de l’humanité vit. Les conséquences de ce phénomène peuvent être préjudiciables à l’environnement, à l’économie et à la santé humaine.

La pollution atmosphérique est définie comme étant une détérioration de la qualité de l’air, induite par l’émission de divers types de polluants (chimiques, physiques ou biologiques). Ces polluants une fois diffusés dans l’air, sont acheminés sur de grandes distances. Cette propagation est favorisée par les phénomènes naturels tels que le vent, la pluie, etc. Certains parmi eux sont soumis à des modifications physico-chimiques sous l’effet de la chaleur, de l’humidité et de la lumière.

La pollution de l’air en milieu urbain est provoquée principalement par le transport, les industries, l’usage des combustibles fossiles (charbon, pétroles, etc.), l’incinération des déchets ménagers et les diverses activités des foyers domestiques. En réalité, le transport et les industries contribuent en grande majorité à cette pollution. Ainsi, des polluants tels que l’oxyde d’azote, le monoxyde de carbone, le dioxyde de souffre et les particules contenues dans les gaz d’échappement sont rejetés dans l’atmosphère à travers la circulation routière et le fonctionnement des usines de fabrication et de production d’électricité. Le brûlage des ordures ménagères est à l’origine de la présence dans l’air des matériaux lourds et des acides chlorhydriques (Hcl). Aussi l’ignition des combustibles fossiles pour la cuisine, l’éclairage et le chauffage, l’utilisation de certains produits ménagers ainsi que la climatisation concourent à l’émission des composés organiques volatils (COV) dans la nature. Par ailleurs, la pollution de l’air se manifeste par l’apparition de particules fines et d’épais brouillard de fumée qui se forment au-dessus des villes et qui est connus sous le nom de smog.

Un tueur silencieux

Que ce soit à court ou à long terme, l’exposition aux polluants présents dans l’atmosphère a des effets significatifs sur la santé des populations. Les effets sanitaires les plus observés sont les affections respiratoires (pneumonies, crise d’asthme) et les maladies cardio-vasculaires. On constate également des cancers de poumons, des problèmes liés au sang et des conjonctivites. Ces différentes pathologies se soldent pour la plupart du temps par le décès des personnes affectées. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue de la Société européenne de cardiologie et rapportée par Les Echos « la pollution atmosphérique provoque chaque année le décès prématuré de 8,8 millions de personnes. C’est 19 fois plus que le nombre de morts par an du paludisme, 9 fois plus que le Sida et près de 3 fois plus que l’alcool ».

Cette pollution créée des conséquences pour l’homme
Image: Tegoya

Ce chiffre est d’ailleurs supérieur à celui avancé par l’OMS. Ce qui dénote de la gravité du phénomène. Il faut également noter qu’à l’échelle mondiale, ce fléau raccourcit de 3 ans en moyenne l’espérance de vie des populations. Les personnes les plus vulnérables à ce type de pollution sont les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants et les malades.

L’environnement est également touché par la pollution atmosphérique. Elle agit sur le développement des plantes et empêche de ce fait, le processus de photosynthèse. Ce qui bloque le mécanisme de purification de l’air par les végétaux. En outre, les polluants qui s’accumulent dans l’atmosphère impactent la stabilité du climat et entraînent le réchauffement climatique, les pluies acides et la destruction de la couche d’ozone. Ils altèrent également la qualité des matériaux (fer, ciment, verre) utilisés pour la construction des bâtiments. Quant à l’économie, les smogs urbains qui provoquent des troubles de la vision peuvent conduire à l’augmentation du nombre de personnes absentes au travail et de la hausse des frais liés aux soins sanitaires.

Mieux respirer en ville

Réussir à limiter la pollution atmosphérique en milieux urbain est une affaire de tous. À travers différentes actions visant à diminuer l’émission des polluants dans l’air, les pouvoirs publics s’engagent de plus en plus dans la lutte contre la pollution et espèrent ainsi améliorer la qualité de l’air respirer en ville. D’ailleurs, comme l’explique l’ONU « la plupart des sources de pollution de l’air extérieur en milieu urbain ne sont pas du ressort des personnes et exigent l’intervention des municipalités, ainsi que des décideurs nationaux et internationaux afin de promouvoir des modes de transport plus écologiques, une production d’énergie plus efficace et une bonne gestion des déchets ». Cependant, cette lutte n’est pas uniquement celle des États et des industriels. L’Association pour la Santé et la Condition Physique Ascop sur son site, affirme que « sensibiliser davantage le public à des interventions relativement simples telle que l’amélioration des réchauds de cuisine et l’utilisation des transports publics plutôt que de la voiture peut conduire à une action publique pour réduire les sources de pollution de l’air aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur dans les environnements urbains, et à obtenir ainsi des gains importants sur le plan de la santé ».

Si toutes ces mesures de lutte sont mises en place et sont respectées par les différentes parties, les chercheurs estiment que d’ici les 20 prochaines années, la pollution de l’air ne constituerait plus un problème pour nos villes. Pour l’instant, nous pouvons nous réjouir des progrès qui sont effectués dans la lutte contre ce fléau.

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Opinion / Covid19 : 10 mesures d’urgence pour sauver le tissu économique en pleine pandémie du Covid-19 au Bénin

Depuis quelques mois le monde est confronté à une crise sanitaire sans précédent avec l’apparition du Covid-19 et son évolution inquiétante. A ce jour, selon l’Organisation mondiale de la santé, 198 pays sont touchés et plus de la moitié de la population mondiale est confinée. Le virus a infecté plus de 1 210 956 personnes dans le monde et fait plus de 67 594 décès. Il a ainsi causé un ralentissement de la libre circulation des personnes et des biens et, a entraîné une contraction des économies, la banqueroute de nombreuses entreprises, une hausse du chômage et un accroissement de la dette globale. La résilience des économies du monde est plus que jamais éprouvée.

 

Nous partons du principe que notre économie (au Bénin) ne survivra à la crise que si conjointement aux mesures sanitaires prises d’autres assurant le maintien des entreprises en activités le sont aussi. Il est primordial que les opérateurs économiques et commerçants soient en bonne santé et qu’ils continuent de générer des recettes, de s’approvisionner en intrants et de continuer à honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs partenaires que sont les employés et prestataires. Lorsqu’on sait qu’en moins de 90 jours, 81% des entreprises pourraient mettre la clé sous le paillasson en cas d’absence de recettes, il urge d’éviter une crise aux conséquences multiples.

Le cabinet T-Ventures propose 10 mesures d’interventions les plus urgentes qui suivent :

  • Un moratoire jusqu’à juin 2020 inclus sur le paiement des impôts, taxes et cotisations pour les PME/PMI, commerçants et artisans qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • La subvention de la charge salariale pour une période de 3 mois aux entreprises ne pouvant pas financer le redéploiement de son personnel en chômage technique ayant une existence juridique de plus de 3 ans et qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • L’apurement des arriérés aux entreprises dans les secteurs les plus touchés par la crise, notamment : l’industrie hospitalière (hôtellerie, tourisme et restauration), l’agro-alimentaire et l’industrie, le commerce et le numérique/les télécoms ;
  • La mise en application par les institutions de crédit les directives de la BCEAO : des taux d’intérêt proportionnels au nouveau taux directeur de 2.5%, le report de crédits de 3 mois renouvelables une fois sans charge d’intérêt, ni frais, ni pénalités de retard aux entreprises qui le sollicitent
  • Le renforcement de la fibre optique afin d’améliorer la connectivité et la révision à la baisse de la grille des frais téléphoniques et d’Internet au regard d’un accroissement de l’usage du téléphone mobile et pour favoriser le télétravail, booster le marketing et la communication digital, et promouvoir la formation/l’apprentissage à distance ;
  • Le maintien du calendrier des marchés publics pour le trimestre dans les secteurs concernés afin de permettre aux entreprises locales de maintenir des flux de trésorerie ;
  • La création d’un fonds d’urgence de soutien aux PME/PMI ;
  • La dotation du Fonds d’aide à la solidarité nationale de fonds affectés pour la prise en charge des artisans et commerçants de l’informel atteints par la pandémie sur le plan alimentaire et sanitaire pour une période de trois mois et le don de kits d’urgence médicale aux femmes comprenant 3 masques, du paracétamol, un désinfectant, des vitamines, du Vick’s et des images des mesures de protection contre la pandémie en français et langue locale ;
  • La revue des chaînes d’approvisionnement en faisant un usage des transports publics pour qu’ils servent à ramener les produits des jardins/champs/fermes plutôt que de laisser les commerçants de déplacer à travers plusieurs communes pour s’approvisionner ;
  • La promotion des paiements via portemonnaie électronique. Toutefois malgré les incitations pour favoriser les transactions mobiles, 48% des répondants ne font pas un usage plus accru des services financiers digitaux principalement parce qu’ils estiment que ces services ne sont pas pratiques (55%), qu’ils ne disposent pas de portemonnaie électronique (17%) ou que ces services ne sont pas fonctionnels pour la plupart du temps (13%). Il est donc opportun qu’une campagne de communication menée par le gouvernement et les GSM amène à un changement de comportement.

En somme, chacun d’entre nous est responsable de soi-même, de sa famille et de sa communauté. Respections les mesures d’hygiène et les gestes de barrière et ne manquons pas d’éduquer nos communautés pour sauver autant de vies que possibles. Acquittons-nous de nos obligations fiscales, administratives et sociales dans la mesure du possible car l’économie doit continuer de tourner. Et enfin, partageons de notre temps et de nos ressources pour venir à bout de cette pandémie.

 

Par Yacine Bio Tchané, économiste et associée-gérante du cabinet T-Ventures

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Coronavirus : l’Afrique s’en sort elle mieux ?

La pandémie de Coronavirus, Covid-19, a embrasé tous les continents. Face à une situation inédite que le Président Français, Emmanuel Macron traite de « temps de guerre », tous les pays affectés ou non, ont pris des mesures drastiques pour stopper l’avancée du virus. Toutefois, on note des millions de personnes infectées, des milliers de morts mais aussi un nombre important de cas de guérison. Alors que tout le monde s’attend à l’hécatombe en Afrique, on remarque que la situation reste sous contrôle. Inédit ?

Dans notre premier article sur le Covid-19 sur Kaya Maga, nous avons faire part de nos inquiétudes face à l’avancée du virus mais surtout face au silence des dirigeants africains. En effet, l’OMS dans un communiqué rendu public, début février, avait demandé à des pays africains d’être plus vigilants face à ce virus vu les liens étroits qu’ils entretiennent avec la Chine. 13 pays africains que sont : le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, l’Île Maurice, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, et la Zambie avaient été cités et classés comme des destinations à haut risque pour les citoyens des autres pays. Dans son communiqué, l’Organisation Mondiale de la Santé avait conseillé aux pays africains notamment ces 13 que « afin de garantir que les premiers cas soient rapidement détectés, il est essentiel que les pays intensifient leur préparation et, en particulier, mettent en place des mécanismes de dépistage efficaces dans les aéroports et autres points d’entrée importants dans le pays (frontières…) ». Surtout quand on se rend compte qu’il n’y a actuellement que 02 laboratoires de référence dans la région africaine disposant des réactifs nécessaires pour effectuer les tests du nouveau virus « ravageur ».

Peu après ce communiqué, tout est allé très vite. Le ministère égyptien de la Santé a annoncé vendredi 14 février avoir enregistré le premier cas de coronavirus. C’était le 1er cas détecté sur le continent. D’autres cas n’ont pas tardé à suivre. A ce jour, la quasi-totalité des pays sur le continent est désormais affectée par le nouveau coronavirus. On dénombre ce 20 avril 22 313 cas confirmés dans 52 pays. Deux pays sur le continent ne sont pas touchés par le virus. Il s’agit du Lesotho et l’archipel des Comores. On dénonce toutefois plus de 900 décès lié au virus sur le continent. Les pays les plus touchés selon Africanews sont :

  • Afrique du Sud (3 158 cas, 54 décès, 903 guérisons)
  •  Maurice (328 cas, 9 décès, 2018 guérisons)
  • Burkina Faso (576 cas, 36 décès, 338 guérisons)
  • Cameroun (1 017 cas, 42 décès, 305 guérisons)
  •  Égypte (3 144 cas, 239 décès, 732 guérisons)

Des chiffres qui, contrairement à ceux de l’occident, laissent croire que les analyses qui prévoyaient la catastrophe, sur un continent ne disposant pas de système sanitaire adéquat, sont pour l’heure fausses.

Le continent a l’habitude des pandémies et sait comment gérer en adoptant très vite les mesures qu’il faut

Afrique, continent d’épidémie

Le continent a toujours fait face à des épidémies. Les conséquences des dernières (Ebola, Lassa) sont encore présentes dans les cœurs. Des milliers de morts, des mesures drastiques pour faire face chaque fois à ces moments difficiles. Sans oublier d’autres maladies qui frappent le continent chaque jour. L’Afrique subsaharienne reste la zone la plus touchée par le paludisme, malgré les efforts menés pour endiguer la pandémie qui touche essentiellement les zones tropicales rurales. En 2018, « le paludisme a touché 228 millions de personnes et tué environ 405.000 personnes, principalement en Afrique subsaharienne » disait l’OMS dans son dernier rapport sur le paludisme dans le monde.

Malgré son manque d’infrastructures sanitaire, le continent a donc l’habitude des pandémies et s’est y faire face. Surtout quand il s’agit d’un virus qui peut être traité par un antipaludéen. Jeune Afrique dans une tribune, explique « la vraie réponse face au Covid-19 réside plutôt dans la mise en place efficace des mesures barrières. Et en cela, l’Afrique est bien mieux préparée que le monde occidental. Que ce soit face à Ebola, à Zika ou dans le cas des conjonctivites saisonnières, l’Afrique a vécu des expériences qui lui ont permis de disposer des mécanismes de réponse adaptés à une telle situation ». Des mesures ont été prises dès que le 1er cas du continent a été annoncé. Fermetures de frontières, d’écoles, d’églises, de lieux de rencontres grands publics, installation de cordon sanitaire, obligation du port de masque, tout a été très vite mis en place pour faire face à la pandémie. Jeune Afrique continue dans sa tribune pour ajouter « par ailleurs, la tergiversation sur l’hydroxychloroquine a été vite dépassée, avec l’adoption d’un protocole thérapeutique au Maroc, au Sénégal, à Madagascar, au Burkina Faso, au Cameroun ou encore en Afrique du Sud. L’appréciation du risque lié à cette molécule est clairement différente dans des pays où, pour traiter le paludisme, les populations prennent le double de la dose préconisée pour le Covid… ». Et même si le continent fera face à une crise économique ou autre à la fin du coronavirus, il pourra s’en sortir.  Déjà, les grands créanciers du Club de Paris (pays prêteurs) et du G20, dont la Chine qui est l’un des plus gros créanciers en Afrique avec une créance estimée à 145 milliards de dollars, sont tombés d’accord pour un moratoire sur la dette des 76 pays les plus pauvres de la planète dont 40 pays en Afrique. Certainement, oui, l’Afrique s’en sort mieux face au Covid-19. Et c’est tout le mal qu’on lui souhaite.

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Le 7e continent : les conséquences sur la faune marine et sur la santé humaine

De tous les débris marins, les déchets plastiques sont indéniablement les plus nombreux. On estime entre 5 et 13 millions de tonnes, la quantité de plastique qui arrive de l’intérieur des terres et qui est transportée vers les océans chaque année. Ce qui équivaut à une benne d’ordures déchargée chaque minute dans le milieu océanique. La constante présence de ce type de déchets dans le milieu n’est pas sans conséquence. Les effets nocifs sur la faune sont particulièrement remarquables et s’étendent sur toute la chaîne alimentaire.

Les chiffres concernant la production et la vente de plastique chaque année sont ahurissants. Studyrama sur son site explique que dix tonnes de ce matériau sont produites par seconde à travers le monde. Chaque minute, c’est un million de bouteilles en plastique qui est vendu. Mais seulement 9 % sont recyclées et 12 % sont incinérées. Les déchets que constituent les emballages et les bouteilles non recyclés sont ensuite acheminés vers les océans sous l’effet des fortes pluies, des vents et des cours d’eau. Selon leur densité, soit ces déchets plastiques vont couler et se déposer sur les fonds marins, soit ils vont flotter au-dessus de l’eau et être drainés par les courants océaniques. Une infirme partie des débris flottants finit par échouer sur les plages tandis que la plus grande partie est transportée sur des distances impressionnantes. C’est en effet cette dernière qui au gré des forces océaniques, se fragmente en de fines particules. Ces dernières s’amassent ensuite au milieu des gyres océaniques (tourbillons d’eau) et stagnent enfin à la surface de l’eau.

Encore appelé « continent plastique » ou « la grande poubelle du Pacifique », le 7e continent se présente sous la forme d’une énorme plaque de déchets plastiques (vortex) qui se situe au Nord-est de l’océan pacifique. Il s’agrandit de jour en jour et atteint aujourd’hui près de 3,5 millions de kilomètres carrés et une profondeur de 40 mètres. Cependant, même s’il constitue la plus grande surface océanique polluée sur le globe, il ne s’agit pas du seul continent plastique qui existe. En réalité, on distingue 5 gyres océaniques où on rencontre ce type de pollution : Pacifique Nord, Pacifique Sud, Atlantique Nord, Atlantique Sud et Océan Indien. Par ailleurs, le terme « continent » est utilisé comme une simple métaphore puisqu’il ne s’agit pas d’une étendue de terres, mais plutôt d’un phénomène qui s’apparente à une « soupe de plastique ». « L’image d’un continent sert à sensibiliser le grand public, mais ne rend pas compte de la réalité » confie au journal Le Monde l’océanographe François Galgani. Mais quel est l’impact d’une telle pollution sur les animaux marins et sur la santé humaine ?

Un poison mortel pour la faune aquatique

Les détritus de plastique qui peuplent les océans représentent une menace pour plusieurs espèces marines. FauneSauvage.fr estime que les déchets plastiques ont déjà tué plus d’un million d’animaux marins et que ce sont environ 700 espèces différentes qui sont touchées. En effet, les gyres océaniques sont utilisés par différentes espèces pour se nourrir lors des saisons migratoires.

les effets sur la santé peuvent être divers : impacts sur le système respiratoire, perturbations endocriniennes, baisse de la fertilité, hausse des risques de cancer
Source internet: photo

Ainsi, les oiseaux de mer et d’autres mammifères marins meurent après avoir ingéré des particules de plastique les confondant à leurs proies habituelles. Les poissons ingurgitent également du plastique à partir des phytoplanctons sur lesquels se déposent des nano-déchets. C’est également le cas des animaux qui filtrent l’eau tels que les huîtres et les moules. D’autres parts, les animaux s’enchevêtrent souvent dans des déchets de diamètre supérieur à 5 mm. Ce qui provoque des étouffements, des blessures ou leur immobilisation. C’est le cas des tortues marines, des baleines, des requins et des dauphins qui sont piégés dans des filets de pêche abandonnés ou perdus, les empêchant ainsi de respirer ou de se nourrir.

Outre la toxicité que contiennent les plastiques, ses débris ont la particularité d’attirer et de concentrer différents types de polluant. La plupart sont issus de l’agriculture et de l’industrie tels que les pesticides, le DDT et le PCB. Ces polluants très dangereux sont hautement toxiques pour les animaux qui en consomment.

De la toxine dans nos assiettes

La pollution plastique observée dans les océans peut avoir par rétroaction des conséquences sévères sur la santé des hommes. Certes les effets sur l’organisme humain sont encore peu connus, mais restent certains. Comme l’annonce sur son site la National géographique après une étude réalisée dans un laboratoire de l’Observatoire de la Terre Lamont Doherty (université Columbia) « des microplastiques ont été découverts chez 114 espèces aquatiques. Or plus de la moitié d’entre elles finissent dans nos assiettes ». Ces microparticules de plastique peuvent ainsi se retrouver dans l’organisme à travers la consommation des poissons, des crustacés, etc. Ce qui va par la suite induire de graves conséquences sur la santé. L’association Zero Waste France affirme que « les effets sur la santé peuvent être divers : impacts sur le système respiratoire, perturbations endocriniennes, baisse de la fertilité, hausse des risques de cancer ».

Cette situation très inquiétante, mérite qu’on y accorde une plus grande importance. Car si rien n’est fait, on estime que d’ici 30 ans, il y aura plus de plastique que de poissons dans nos océans. Toutefois, des projets de nettoyage des gyres océaniques sont désormais en cours d’étude. Mais vu l’immense étendu des zones polluées et la quantité de déchets plastiques qu’elles contiennent, il apparaît impossible de les nettoyer de façon définitive. Pour résoudre efficacement ce problème, la plupart des scientifiques s’accordent sur le fait qu’il urge de repenser la production et l’utilisation du plastique afin qu’il ne représente plus un danger ni pour la faune marine ni pour les hommes. Pour y arriver l’implication de tous est donc nécessaire.

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Sante/coronavirus : une pandémie qui remet tout en cause

Depuis mi-décembre 2019, le monde fait face à une crise sanitaire sans précédent dû au nouveau coronavirus du nom de Covid-19. Parti de la ville de Wuhan, en Chine centrale, l’infection s’est étendue aujourd’hui à 191 pays et territoires et touche désormais plus de 1 500 000 cas confirmés avec plus de 90 000 morts dans le monde. L’Afrique, avec 52 pays touchés selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine, compte 11 424 de cas confirmés pour 572 morts. La mobilisation générale contre cette maladie a donné lieu à des mesures extrêmes jamais envisagées dans le monde libre et les habitudes autrefois jugées indispensables entre les humains sont déconseillées, le temps que la pandémie disparaisse.

Le virus Covid-19, détecté sur le marché de Wuhan, en Chine, lieu à partir duquel il s’est répandu dans presque tous les pays à travers le monde, infectait seulement des animaux sauvages. Désormais, il se transmet d’homme à homme. La transmission interhumaine est avérée par voie respiratoire, contact étroit avec un malade à moins d’un mètre (postillons, toux, éternuements).

Une maladie particulière …

Le Covid-19 a un fait remarquable : sa rapidité d’expansion. Le virus voyage très vite. Cette particularité, Serge Morand, écologue de la santé au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), le décrit si bien dans un article publié sur le site de RFI. « (…) il était tranquillement dans une chauve-souris au mois d’octobre, quelque part en Asie, et cinq mois plus tard, il est dans toutes les populations humaines sur toute la planète. C’est absolument incroyable et invraisemblable cette rapidité. (…) » Pour se prémunir du nouveau coronavirus, des mesures unanimes sont recommandées dans tous les pays du monde. Il s’agit des « gestes barrières ». Se laver très régulièrement les mains (avec du savon ou du gel hydroalcoolique) ; tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ; utiliser des mouchoirs à usage unique puis les jeter immédiatement ; saluer sans se serrer la main et éviter les embrassades ; conserver au moins un mètre de distance avec les autres personnes. En plus de ces mesures communes, chaque pays, selon l’appréciation de la situation par ses dirigeants, adopte d’autres. Dans de nombreux pays occidentaux, le confinement s’est imposé comme une nécessité absolue pour stopper la propagation de l’épidémie. Le vendredi 27 mars, comme le rapporte le site vaticannews.va, le Pape François a présidé un temps de prière devant une Place Saint-Pierre totalement vide en raison de la pandémie du Covid-19. Inédit ! Il faut dire qu’avec le nouveau coronavirus, tout ce qui était de l’ordre de la normalité est désormais anormal et vice-versa !

Des actes que des gouvernements dits démocratiques ne pouvaient jamais imaginer prendre, même en secret, se sont imposés comme mesures indispensables pour endiguer la propagation. En tant de paix sanitaire, fermer une école ou interdire une prière religieuse soulèverait des protestations jusqu’au Conseil de Sécurité de l’ONU. En Algérie, le Hirak, mouvement populaire qui a balayé l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et qui, depuis le 22 février 2019, manifestait chaque semaine pour exiger entre autres le départ du système est suspendu. Avant, les répressions, encore moins les promesses du nouveau pouvoir n’ont pu les convaincre d’arrêter. De l’autre côté, des décisions que des régimes dits dictatoriaux ou des groupes radicaux n’auraient jamais prises, même sous la menace d’une quelconque sanction se sont avérées des mesures indispensables pour freiner l’expansion du virus. L’Iran a libéré des milliers de prisonniers. L’un des trois principaux groupes armés séparatistes anglophone au Cameroun a répondu favorable à l’appel au cessez-le-feu « partout dans le monde » lancé le 23 mars par le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres dans le contexte de lutte contre le Covid-19. Les plus grands médiateurs du monde n’ont pu avoir gain de cause auprès des belligérants et aucune sanction n’a pu infléchir les positions des gouvernements autoritaristes. A cause du Covid-19, Emmanuel Macron a eu un répit avec les gilets jaunes, et la très controversée et combattue réforme des retraites a été rangée pour le moment.

Le virus contraint à la propreté
Internet ; lalibre.be

Qui laissera des traces

L’épisode de cette crise sanitaire inédite induira à coup sûr un nouvel ordre, dans un sens comme dans l’autre. Du point de vue des relations humaines, le Covid-19 a créé de la distance entre les hommes, à travers les gestes barrières. Par mesure de sécurité, même dans les familles, la mesure de la distanciation sociale d’au moins un mètre est recommandée. Par peur de les contaminer, les parents se méfient d’embrasser leurs enfants de retour à la maison, sauf après s’être nettoyé convenablement. La spontanéité a disparu dans l’expression de la chaleur humaine et chacun s’y fait pour se sauver et sauver l’autre. Ce virus éteint notre humanité.

Sur le plan économique et industriel, comme le relève Perpétue Houéfa AHOMAGANON dans son article où elle s’interrogeait sur l’impact du nouveau coronavirus sur l’environnement, on assiste à une « réduction du transport routier, baisse du trafic aérien, confinement de la population, diminution de la consommation et arrêt temporaire des usines ». Ce qui, renchérit-elle, a entraîné des bénéfices inattendus pour le climat. Des études ont montré la baisse de la pollution dans le monde. La pollution sonore a baissé avec la fermeture des bars et des lieux de culte. Avec le coronavirus, on s’est subitement rendu compte qu’on pouvait vivre ou agir autrement que d’habitude.

Dans un article publié le 28 mars, RFI rapporte les témoignages des habitants dans certaines villes occidentales durement touchées par la pandémie. Des propos qui résument mieux la nouvelle donne qu’induit le Covid-19. « C’est une situation sans précédent pour tout le monde, y compris pour ceux qui ont connu les restrictions des années 40. Je pense que la vie ne sera plus vraiment comme avant. », concède Jonet Bown, 75 ans, retraitée à Harrogate au Royaume-Uni. Pour Ricard Closa, 56 ans, agent d’assistance à la personne dans un centre de santé à Igualada en Espagne, « Cette situation devrait nous faire réfléchir à notre modèle de société. Quelle échelle de valeurs avons-nous ? De quoi nous soucions-nous vraiment ? Nous devons ouvrir les yeux et changer nos habitudes. (…) » Parmi ces témoignages, c’est Léon Kruitwagen, 55 ans, directeur d’une agence en évènementiel à La Haye au Pays-Bas qui conclut, sur un ton de défi lancé aux humains à travers le monde. « Cette crise mondiale nous montre la fragilité de notre existence. (…)  C’est le moment opportun pour inventer un autre monde. »

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SANTE/CORONAVIRUS: Une pandémie et un bouleversement mondial

Apparu mi-décembre 2019 dans la ville de Wuhan en Chine, le nouveau coronavirus s’est aujourd’hui étendu à tous les continents, avec chaque jour un bilan funeste. En raison de sa propagation rapide, l’OMS l’a déclaré pandémie. Pour s’en prémunir, chaque Etat a pris des mesures, les unes plus drastiques que les autres. Du confinement des populations à la mise en quarantaine de tout un pays, en passant par la fermeture des écoles et des frontières, on assiste à une remise en cause générale de tout ce qui était mondialement admis comme la norme. Pour endiguer cette maladie mortelle, toutes les mesures sont envisagées, tout devient possible.

« Mi-décembre 2019, dans la ville de Wuhan, en Chine centrale, une épidémie de coronavirus s’est déclarée, causée par un nouveau type de coronavirus d’abord nommé 2019-nCoV, puis renommé SARS-CoV-2. Encore jamais observé avant son apparition dans cette métropole de 11 millions d’habitants, les autorités sanitaires chinoises ont officiellement annoncé sa découverte le 7 janvier 2020. Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré une urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 février, l’OMS a donné un nom à la maladie causée par ce nouveau coronavirus : Covid-19. Le 11 mars, l’OMS a requalifié l’épidémie en pandémie. » Ainsi RFI décrit la chronologie de cette maladie qui progresse avec un effet boule de neige. Le 25 mars 2020, on décompte plus de 340 000 cas d’infection détectés dans 164 pays et territoires depuis le début de l’épidémie avec au moins 19 000 morts. Selon l’OMS, 85% des cas recensés se trouvent en Europe et aux Etats-Unis. L’Afrique compte environ 1 988 cas confirmés pour 58 décès selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l’Union africaine. 44 pays sur 54 sont désormais touchés. C’est dire combien la situation est alarmante. Et les dirigeants du monde en ont pris la mesure.

Les manifestations du nouveau coronavirus

Le coronavirus appartient à une famille de virus dont certains n’affectent que les animaux. La maladie respiratoire engendrée par ce virus est désignée par le terme Covid-19, pour Coronavirus Disease 2019. Les coronavirus sont zoonotiques et se transmettent entre les animaux et les humains. Le SARS-CoV-2 désigne l’agent pathogène qui se transmet entre les hommes. L’hôte intermédiaire du SARS-CoV-2 (Covid 19) pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles menacé d’extinction, estiment des scientifiques chinois. Le virus serait apparu en décembre sur un marché de Wuhan où étaient vendus des animaux sauvages destinés à être consommés.

La peur de la contagion bouleverse tous les programmes mondiaux
Image: Huffigton post

La transmission interhumaine est avérée par voie respiratoire, contact étroit avec un malade à moins d’un mètre (postillons, toux, éternuements), rappelle RFI. Dans la crainte d’une contamination, la curiosité est donc portée sur la durée de vie du virus une fois projeté par un porteur. A ce propos, de récentes analyses permettent d’en apprendre davantage. L’Institut américain de recherche sur les allergies et les maladies infectieuses s’est penché sur la question de la survie du Covid-19 sur différents supports. Sur les « aérosols », c’est-à-dire les micro-gouttelettes en suspension dans l’air, le virus peut y être détecté 3 heures après leur projection. C’est dire qu’un malade qui éternue ou tousse sans se protéger la bouche, comme il est recommandé, diffuse autour de lui ces gouttelettes infectées pendant trois heures. Concernant les surfaces, la même étude montre que le Covid-19 résiste 4 heures sur du cuivre, 24h sur du carton et jusqu’à 2 ou 3 jours sur du plastique ou de l’acier inoxydable. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il est conseillé de désinfecter régulièrement des surfaces comme les poignées de porte, les boutons d’ascenseur ou encore les bureaux d’entreprises à l’eau de javel ou de l’eau et du savon. En Chine par exemple, une équipe a étudié le cas d’un immeuble où 7 personnes, travaillant dans des bureaux différents et n’ayant pas eu de contacts directs, étaient tombées malades. Ils ont alors émis l’hypothèse selon laquelle les toilettes communes pourraient être la source d’infection, via de la matière fécale. Cela rappelle l’importance de désinfecter les lieux de passage et surtout de se laver les mains et d’éviter les contacts humains, insiste la Radio française.

Le grand bouleversement

Le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), maladie respiratoire contagieuse et parfois mortelle, également  causée par le coronavirus, apparue en 2002, n’est transmissible par un malade que 4 ou 5 jours après l’apparition des premiers symptômes. Mais, le Covid 19 est transmissible dès le début, aussitôt les premières toux, fièvre ou difficulté respiratoire. Chez certains patients, avant même qu’il ne se sente souffrant. Ce qui constitue une difficulté à enrayer la propagation du virus et explique la vitesse exponentielle de son évolution dans chaque pays touché et d’un pays à un autre au gré de la mobilité des personnes.

Le Covid 19 dicte à toutes les nations du monde un mode de fonctionnement jamais imaginé auparavant. Quelques jours après l’apparition du nouveau coronavirus en Europe, Daniele Rugani, le défenseur de la Juventus a été le premier joueur de l’élite testé positif. En Liga le défenseur argentin du FC Valence, Ezequiel Garay a contracté la maladie. En réponse, les dirigeants de ces clubs ont décidé de mettre en quarantaine ces derniers et leurs coéquipiers avec qui ils sont entrés en contact. Le virus se propageant d’homme à hommes, l’idée de jouer les matches à huis-clos a pris rapidement corps. Mais, la maladie va à une vitesse très rapide et extraordinaire. Les foyers de contamination se multiplient. Ce qui a poussé les dirigeants du sport mondial à envisager l’inédit : suspendre ou reporter tous les événements sportifs. Les championnats européens, la Ligue des champions de l’UEFA 2019-2020, la League Europa, la saison NBA 2019-2020 ont été suspendus jusqu’à nouvel ordre. En Afrique, les 3e et 4e journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2021) prévues pour les 25 et 31 mars ont été reportées sine die. Le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) programmé du 4 au 25 avril au Cameroun a également été repoussé. L’Euro 2020 n’a pas échappé à la règle, l’UEFA s’étant résolue à la reporter en 2021.  Les Jeux olympiques d’été de 2020 qui doivent avoir lieu à Tokyo à partir de la fin juillet ont finalement été programmés pour une date ultérieure.

Tous les grands rendez vous sont reportés

Du jamais vu, sauf durant les deux guerres mondiales qui ont induit pareille décision. Le secteur du divertissement n’est pas du reste, divers groupes de musique suspendant ou annulant leurs tournées de concerts. Les cultes religieux sont suspendus. Plus impensable dans ce monde libre ou la libre circulation des personnes et des biens est un principe sacro-saint, la fermeture des frontière ! Lors d’une allocution à la télévision le 11 mars au soir, le président américain Donald Trump déclarait que « Pour empêcher de nouveaux cas de pénétrer dans notre pays, je vais suspendre tous les voyages en provenance d’Europe vers les États-Unis pour les 30 prochains jours ». Les dirigeants européens n’en revenaient pas et n’avaient même pas apprécié une telle « démesure ». Mais depuis, la mode s’est généralisée. L’UE s’est à son tour barricadée ! Quarantaine, confinement obligatoire, état d’urgence, couvre-feu, rares sont les pays à ne pas avoir encore franchi le pas. L’Italie fut le premier pays à se mettre en quarantaine, confinant toute sa population. En France, en Grande-Bretagne, en Côte-d’Ivoire, au Sénégal, pour ne citer que ces pays, les écoles sont fermées et les rassemblements interdits. Du jamais vu !

Même en période de guerre ou après un attentat terroriste quelque sanglant qu’il soit, le discours des dirigeants à l’unisson est un appel à la sérénité. En dehors d’un appel à la vigilance, les populations sont même invitées à vaquer à leurs occupations pour « montrer à l’ennemi qu’il n’a pas réussi à atteindre le cœur de la république » et que l’axe du mal ne gagnera pas. Mais, le Covid 19 n’est pas qu’un ennemi. Il est un monstre invisible et terrifiant. Il modifie même la manière habituelle de vivre la maladie. Auparavant, le malade était entouré de ses proches qui sont là pour lui apporter les soins, lui éviter l’angoisse de la maladie. La personne infectée au nouveau coronavirus doit le vivre seul et loin de tous. Tout ce qui était impossible, même sous une menace est aujourd’hui possible. Face au Covid 19, tout le monde est appelé à rester chez lui, sauf les personnes dont le travail ou l’intervention contribue à prendre en charge les maladies et à lutter contre la maladie. En attendant un traitement curatif et un vaccin approuvés, seul un respect strict des recommandations sanitaires est un gage pour vaincre la maladie. Quand elle passera, elle laissera des traces et l’humanité aura à coup sûr un nouveau sens.

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Coronavirus : la psychose du confinement, comment s’en sortir ?

Depuis le début de la pandémie coronavirus (COVID-19) en décembre, au moins 300 097 cas d’infection, parmi lesquels 12 895 décès, ont été détectés dans 169 pays et territoires, notamment en Chine (81 054 cas, dont 3 261 morts), berceau de la pandémie, et en Italie (53 578 cas), pays le plus durement touché avec 4 825 morts. Face aux dégâts, plusieurs pays de l’Europe ont décidé le confinement et la fermeture des frontières terrestres et aériennes. En Afrique où jusqu’à présent le nombre de cas et de décès ne sont pas encore très élevés, les mesures ne sont pas si radicales. Plusieurs pays ont fermé toutes leurs frontières et d’autres ont décidé de couvre-feu. Autant de mesures qui créent la peur, le stress, la psychose au sein des populations.

« La France a enregistré 112 décès supplémentaires en l’espace de 24 heures provoqués par l’épidémie de coronavirus, portant le total à 562 ce samedi, selon le ministère de la Santé. Le nombre de cas confirmés atteint désormais 14 459, contre 12 612 la veille » informe ce dimanche 22 mars le journal Ouest France. Ceci en dépit des mesures drastiques prises par le pays depuis quelques jours. En effet, le 16 mars 2020, le Président de la République français, Emmanuel Macron, a décidé de prendre des mesures pour réduire à leur plus strict minimum les contacts et les déplacements. Un dispositif de confinement a été de ce fait, mis en place sur l’ensemble du territoire depuis le mardi 17 mars à 12h00, pour quinze jours minimums. Les déplacements sont interdits sauf dans certains cas et uniquement à condition d’être munis d’une attestation. Avant elle, plusieurs pays (l’Italie, de la Chine, la Belgique, etc.) avaient déjà adopté ces mesures. Toutes ces mesures ainsi que les informations diffusées sur les différents canaux de communication inquiètent les populations surtout en cas de confinement.

Je suis épuisée…

Michelle est Toulousaine. Une ville du Sud-Ouest de la France encore appelée ‘’la ville rose’’. La jeune française est téléconseillère et vit avec sa petite famille. Au début de l’apparition de la pandémie en France, elle a pris les précautions qu’il fallait. Mais les cas augmentaient et le gouvernement a décidé du confinement. « Au début, je pensais que 15 jours allaient vite passer. Mais nous ne sommes qu’au 4ème jour et j’ai l’impression que ma liberté est prise. On se croirait en prison, on ne peut même pas sortir pour autre chose que ce qui est sur l’attestation et moi, j’ai aucune raison valable donc je ne sors pas » nous raconte t’elle dans un soupir dépité. Inquiète, elle évoque aussi une probable prolongation des jours de confinement. Ce qui l’épuise parce que « les journées sont longues. On a l’impression d’avoir fait 3 semaines alors qu’on est au 4ème ». Michelle espère vivement que tout ceci passera et « on oubliera vite ».

Comme elle, vivre en confinement est une épreuve très difficile pour les habitants des pays où cette mesure a été adoptée. Il ne passe un jour sans qu’on ne voie sur les réseaux des personnes s’en plaindre. D’autres essaient tant bien que mal de s’y conformer, d’autres d’organiser quelques balades dans le périmètre de leurs maisons, d’autres s’occupent comme ils peuvent surtout quand ils font du télé travail. Mais très vite, l’angoisse et la peur s’installent prêtes à briser des colocations, des foyers.

Eviter la psychose

Au-delà du stress causé par les mesures prises par les différents gouvernants des pays touchés par le virus, il y a les informations qui sont véhiculées sur les réseaux sociaux. Le début de la pandémie a vu naitre sur les réseaux sociaux, tous les experts possibles. Chacun donne son avis. Pour le citoyen lambda, il est difficile de faire la part des choses, de différencier la bonne information du fake news. A cela, s’ajoute la stigmatisation dont fait l’objet de ceux qui contractent le virus puisqu’ils sont aussitôt mis en quarantaine pour suivre les soins adéquats.

Le confinement, la quarantaine, le trop plein d’informations,etc. créent l’angoisse, et d’autres maux chez les populations

Abordant le sujet, France info fait référence à des chercheurs qui, ont effectué, un corpus de 24 études scientifiques portant sur des confinements lors de précédentes épidémies : le Sras en 2003, la grippe H1N1 en 2009 et 2010 ou encore Ebola depuis 2014 durant lesquelles, des petits groupes ou des villes entières avaient alors été mis sous cloche par les autorités, aussi bien en Chine, au Canada qu’en Afrique. « La plupart des études font état de conséquences psychologiques négatives. La liste des symptômes relevés est longue : stress, fatigue émotionnelle, insomnie, colère, dépression… Les troubles de l’humeur et l’irritabilité sont les difficultés les plus fréquemment observées, souvent du fait de l’ennui, de la frustration et de l’isolement social ressenti par les personnes. Le confinement en France va forcément être une situation désagréable et stressant » explique le professeur Neil Greenberg, contacté par le site. De ce fait, il est clair, qu’on observera certainement une hausse des violences conjugales, un regain d’anxiété chez certaines personnes, etc. continue le site.

Face à ces risques, les experts recommandent de ne pas rester scotché sur les réseaux sociaux mais de suivre au plus 1h d’informations sur un seul canal de communication. « Pour les personnes anxieuses comme pour les autres, on gère l’afflux d’l’informations. On ne tape pas ses symptômes sur internet, on s’informe une heure pas plus et on choisit un seul média pour le faire. Le croisement et la multiplication des infos contradictoires et des fake news ajoute à l’angoisse » dit le site de santé Doctissimo qui conseille de se concentrer plutôt sur des informations positives comme les témoignages de personnes qui ont guéri. Quant au Journal des femmes, il préconise une prise en charge psychologique qui serait indispensable pour aider à surmonter ces répercussions sur le mental. « Que l’on soit directement concerné par l’épidémie ou non, il ne faut pas hésiter à en parler à un professionnel de santé, même si la démarche semble difficile, qu’on souhaite éviter le sujet ou qu’on ressent de la honte à aller mal. En fonction des symptômes et du niveau de traumatisme, l’adulte ou l’enfant peut recourir à « une cellule de crise » dit le site.

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Santé/ Obésité : la Banque Mondiale tire la sonnette d’alarme

Début février, la Banque mondiale a publié un rapport intitulé : « Obesity, Health and Economic Consequences of an Impending Global Challenge ». Rappelant que les maladies liées au surpoids et à l’obésité, comme le diabète, les maladies cardiaques et le cancer, figurent parmi les trois principales causes de décès dans la plupart des pays du monde à l’exception de l’Afrique subsahariennes, la Banque mondiale alerte sur le danger que constitue cette affection. Dans son rapport, elle indique les cinq moyens pour inverser la tendance.

Les chiffres sont inquiétants. Dans son communiqué de presse N° : 2020/111/HNP, la Banque mondiale signale que le coût de l’obésité devrait atteindre plus de 7 000 milliards de dollars dans les pays en développement à l’horizon des quinze prochaines années. Pendant longtemps, le surpoids et l’obésité ont été considérés comme un problème de pays riches alors que 70 % des deux milliards de personnes en surcharge pondérale dans le monde vivent en réalité dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. L’obésité, précise le communiqué, est devenue une préoccupation croissante dans tous les pays, quel que soit leur niveau de revenu parce qu’elle entraîne une augmentation des limitations fonctionnelles, de la mortalité et des dépenses de santé et qu’elle fait baisser l’espérance de vie et la productivité. Ainsi, selon des données récentes, la surcharge pondérale a presque triplé depuis 1975 et elle est désormais responsable de quatre millions de décès dans le monde chaque année. Par exemple, en Chine, entre 2000 et 2009, le coût des soins liés à l’obésité est passé de 0,5 à plus de 3 % des dépenses annuelles de santé du pays. Au Brésil, ces dépenses devraient doubler et passer de moins de 6 milliards de dollars en 2010 à plus de 10 milliards en 2050. En 2016, plus de deux milliards d’adultes (44 %) étaient en surpoids ou obèses, et plus de 70 % d’entre eux vivaient dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Cette situation préoccupe la Banque mondiale qui rappelle les causes de qu’elle appelle épidémie mondiale.

Causes et conséquences de l’obésité

Selon le rapport de la Banque mondiale, les facteurs favorisant la progression de l’obésité sont en grande partie liés aux comportements et à l’environnement. Il y a également la consommation des aliments ultratransformés et sucrés, le recul de l’activité physique lié aux progrès technologiques au travail et à la maison, sans oublier la consommation plus importante d’aliments nocifs pour la santé, souvent consécutive à un changement de statut du fait de l’augmentation de la richesse et des revenus. A ces causes, il faut ajouter l’exposition aux risques environnementaux, tels que la pollution de l’air et l’accès limité aux services de base qui contribuent aussi de manière significative à l’obésité. Les conséquences sont énormes tant pour l’Etat que pour les individus.

Le rapport le souligne, de nombreux pays du monde souffrent aujourd’hui de ce que l’on appelle le « double fardeau de la malnutrition », à savoir des taux élevés de retard de croissance chez les enfants et des taux d’obésité en augmentation rapide, compromettant encore plus leur capital humain. Cela se traduit par des modifications des structures familiales, car les membres de la famille, en particulier les femmes, deviennent par la force des choses les aidants de proches plus âgés. Ce phénomène pèse également plus lourdement sur les personnes pauvres qui sont plus vulnérables aux chocs sanitaires et économiques. Pour endiguer cette l’épidémie qui la préoccupe, la Banque mondiale recommande aux Etats des actions concrètes et des mesures à prendre.

Lutter contre l’obésité

Malgré l’augmentation de l’espérance de vie, la progression des pathologies chroniques et non transmissibles comme entre autres l’obésité demeure une menace mondiale. Préoccupée par cette situation, la Banque mondiale, tirant leçons des réussites de certains pays, a recensé cinq mesures prometteuses. Il s’agit de l’étiquetage obligatoire des aliments transformés, d’une meilleure éducation des consommateurs, des politiques fiscales fortes comme la taxation des aliments nocifs pour la santé, l’investissement dans des programmes de nutrition de la petite enfance et de meilleurs aménagements urbains, tels que des aires de jeux dans les écoles et des voies pour cyclistes et piétons.

Aux Tonga par exemple, le gouvernement a introduit un système de « taxes pour la santé » qui vise principalement à décourager les achats et à réduire la consommation de produits nocifs, comme le tabac, l’alcool et les boissons sucrées. Dans l’État du Kerala, au sud de l’Inde, la Banque mondiale travaille avec les pouvoirs publics pour éduquer les consommateurs et les producteurs de denrées alimentaires afin de réduire les acides gras trans (AGT) et le sel dans les aliments du commerce, en particulier ceux préparés dans les boulangeries, les restaurants et les points de vente d’aliments frits, en sensibilisant le public et les producteurs aux effets nocifs des huiles contenant des AGT et en proposant des solutions de rechange accessibles.

Manger sain, faire du sport

Comme le soulignait déjà en 2018 un rapport de la banque mondiale rédigé par des « économistes agricoles sensibles aux questions nutritionnels », La problématique de l’obésité comporte de nombreuses facettes. Si les pays veulent améliorer leur capital humain, avertit le nouveau rapport, ils ne pourront plus négliger les maladies non transmissibles ni l’un des principaux facteurs qui les sous-tendent, à savoir l’obésité. Tout l’enjeu sera de parvenir à adopter une approche globale qui mobilise l’ensemble du gouvernement et de la société et embrasse les secteurs de la santé, de l’éducation et de la protection sociale, mais aussi le climat, l’urbanisme et les transports, tout en s’attachant à associer le secteur privé et à consacrer des ressources suffisantes à la protection des générations futures. Pour insister l’urgence que représente l’épidémie, Annette Dixon, Vice-présidente de la Banque mondiale pour le Développement humain affirme en guise de conclusion « La réduction des taux de surcharge pondérale et d’obésité relève d’un bien public mondial. Lutter de manière proactive contre ce fléau contribuera de manière significative à renforcer le capital humain, à favoriser une croissance économique plus forte et à préserver la bonne santé d’une population active bien préparée pour un avenir productif. »

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Coronavirus : que font les dirigeants africains ?

Fin décembre 2019, le monde entier apprenait avec effroi, l’apparition d’une nouvelle forme de grippe qui peut être mortelle pour ceux qui en souffrent. Le virus porteur de cette affection se retrouve dans la famille des coronavirus. Les coronavirus (du latin corona et virus, littéralement « virus à couronne »), ou CoV, sont des virus à ARN monocaténaire de sens positif (groupe IV de la classification Baltimore) correspondant à la sous-famille Orthocoronavirinae de la taxonomie de l’ICTV. Depuis le début de l’alerte en Chine, le virus a déjà affecté des milliers de personnes et tué des centaines. Face à une épidémie avec de multiples foyers mondiale, que font les états africains pour mettre leurs populations à l’abri ?

Le 6 février, le Dr Li Wenliang qui travaillait dans un hôpital de Wuhan et a lancé l’alerte sur la dangerosité du virus auprès de ses collègues le 30 décembre 2019 est décédé à cause du coronavirus. Âgé de 34 ans, cet ophtalmologiste avait été diagnostiqué positif au virus le 30 janvier. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les coronavirus (CoV) forment une grande famille de virus qui provoquent des manifestations allant du simple rhume à des maladies plus graves tels que le syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) et le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).

Alors que ce 7 février, plus d’un mois après le lancement de l’alerte à ce virus, des scientifiques de l’Université d’agriculture du sud de la Chine ont identifié le pangolin comme un « possible hôte intermédiaire » soupçonné d’avoir transmis le coronavirus à l’homme. La rubrique Santé du Journal des Femmes nous apprend que « le pangolin est un petit mammifère couvert d’écailles menacé d’extinction, dont la chair délicate est très prisée dans la gastronomie chinoise et vietnamienne. Dans un communiqué, les scientifiques expliquent qu’un animal peut être porteur d’un virus sans pour autant être malade et le transmettre à d’autres espèces comme l’homme. Après l’analyse de 1 000 échantillons, les scientifiques ont pu montrer que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques aux virus retrouvés sur des personnes atteintes du nCoV ». Depuis son apparition, le coronavirus a déjà fait 638 décès dans le monde dont 636 en Chine, 1 aux Philippines et 1 à Hong Kong. Plus de 31 523 autres personnes sont infectées.

Le Pangolin serait porteur du coronavirus
Image: National Georgraphic

Face à cette affection, qui n’est pas encore une pandémie selon Sylvie Briand, Directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux de l’OMS, mais une épidémie à multiples foyers, plusieurs chefs d’Etats du monde ont pris des mesures pour empêcher la transmission et la propagation du virus dans leurs pays en plus d’apporter de l’aide à leurs ressortissants vivants en Chine. En Afrique, les populations s’inquiètent du silence partiel de leurs dirigeants. Quelles sont les mesures prises pour mettre les populations à l’abri de ce virus ?

L’Afrique face au coronavirus

L’OMS dans un communiqué rendu public a demandé à des pays africains d’être plus vigilants face à ce virus vu les liens étroits qu’ils entretiennent avec la Chine. 13 pays africains que sont : le Nigeria, l’Algérie, l’Angola, la Côte d’Ivoire, la République démocratique du Congo, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, l’Île Maurice, l’Afrique du Sud, la Tanzanie, l’Ouganda, et la Zambie ont été cités et classés comme des destinations à haut risque pour les citoyens des autres pays. Dans son communiqué, l’Organisation Mondiale de la Santé a conseillé aux pays africains notamment ces 13 que « afin de garantir que les premiers cas soient rapidement détectés, il est essentiel que les pays intensifient leur préparation et, en particulier, mettent en place des mécanismes de dépistage efficaces dans les aéroports et autres points d’entrée importants dans le pays (frontières…) ». Surtout quand on se rend compte qu’il n’y a actuellement que 02 laboratoires de référence dans la région africaine disposant des réactifs nécessaires pour effectuer les tests du nouveau virus « ravageur ».

L’OMS rappelle cependant que « des kits de réactifs sont déjà expédiés dans plus de 20 autres pays africains. Le dépistage actif dans les aéroports a été mis en place dans la majorité de ces pays ». Face à cette inquiétude de l’organisation et alors qu’un camerounais de Jingzhou en Chine a déjà contracté le virus, juste trois pays africains ont pris des mesures pour empêcher la propagation du nouveau coronavirus. Le journal le Monde confirme que « Mercredi 29 janvier, le Nigeria a recommandé à ses ressortissants de suspendre tout voyage en Chine qui ne serait pas indispensable, tandis que des mesures de confinement ont été mises en place en Mauritanie et en Guinée équatoriale ». De son côté, Jeune Afrique nous apprend que Royal Air Maroc, RwandAir, Kenya Airways, les compagnies aériennes africaines qui desservent la Chine, en proie à une épidémie de coronavirus, ont décidé de suspendre leurs liaisons. Pour l’heure, seule Ethiopian Airlines a choisi de maintenir ses vols, cependant qu’Air Algérie a finalement pris la décision de mettre un terme provisoire aux dessertes.

l’Institut Pasteur de Dakar (IPD) reçoit des scientifiques pour un atelier de formation continental sur le virus
Image: RFI

Peu de mesures

L’un des deux laboratoires du continent reçoit du jeudi 07 au samedi 08 février des représentants de laboratoires de quinze pays africains pour un atelier de formation continental. Ils ont été choisis à l’Institut Pasteur de Dakar (IPD), puisque c’est de lui qu’il s’agit, en fonction de leur niveau de performance, mais aussi selon une logique régionale : trois du Maghreb (Egypte, Maroc, Tunisie), autant d’Afrique de l’Est (Ethiopie, Kenya, Ouganda) et d’Afrique centrale (Cameroun, Gabon, République démocratique du Congo), cinq d’Afrique de l’Ouest (Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Nigeria, Sénégal) et un seul d’Afrique australe (Zambie) selon Le Monde. France Info informe que ce colloque permettra de « les préparer à faire face à la maladie et de pouvoir compter sur des diagnostics rapides et fiables sera essentiel en cas de suspicion ». Plusieurs pays africains ont donné des instructions afin qu’un contrôle de la fièvre des passagers en provenance de Chine dans les aéroports ou les ports soient faits. L’OMS est aussi en train d’envoyer des kits de dépistage dans une vingtaine de pays, pour qu’ils puissent tester les cas suspects. La fondation du milliardaire américain Bill Gates et de son épouse Melinda a annoncé le déblocage de 100 millions de dollars contre le coronavirus, dont 20 millions iront aux efforts de préparation en Afrique.

Mais les évacuations des africains vivants en Chie vers leurs pays d’origine reste un casse-tête pour les dirigeants. L’association des étudiants sénégalais en Chine a lancé l’alerte sur les conditions de vie de leurs compatriotes de Wuhan. Mais Macky Sall selon le site le Temps, répond « même les grands pays qui ont pu faire des rapatriements l’ont fait avec beaucoup de difficultés. Cela requiert une logistique tout à fait hors de portée du Sénégal ». Le site dit aussi que d’autres pays africains avec des ressortissants bloqués en Chine, comme le Rwanda, la Guinée ou la Zambie, se sont bornés à affirmer leur confiance à Pékin pour venir rapidement à bout de l’épidémie. Seuls le Maroc, l’Algérie et la Tunisie ont réussi à rapatrier des ressortissants depuis les zones de quarantaine, au risque de froisser la Chine. Un minimum, c’est que les africains demandent à leurs dirigeants. Puisque ce virus en Afrique serait presque une catastrophe.

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Développement en Afrique : l’espacement des naissances, une solution ?

Nous abordons dans cette troisième partie de notre série article sur le développement en Afrique, la question de l’espacement des naissances. La population africaine est pauvre malgré la richesse du sol africain et des autres ressources naturelles importantes dont dispose le continent. Dans les recherches de solution, les spécialistes indexent la démographie croissante du continent. Mais la question quand elle est évoquée, fâche nombres d’Africains qui pensent que le débat est déplacé. Nous parlerons donc d’un sujet sensible.

Elles sont nombreuses, les femmes africaines qui sont contre la planification familiale. Et pour cause, les effets secondaires de ses composantes sur l’organisme. « Dès que j’ai placé l’implant norplant, j’ai constaté quelques semaines après que mon poids s’augmentait. En quelques mois, je suis devenue très grosse. J’ai dû enlever » nous explique Adeline. Elle sera soutenue par son amie qui elle, a fait l’expérience de la pullule. « J’ai eu des menstrues deux fois par mois. Et les jours de menstruations sont devenus plus longs » témoigne-t-elle. Les méthodes contraceptives, même s’il en existe de différents, suscitent encore de la méfiance chez beaucoup de femmes et aussi de familles africaines. Dans un article sur la planification familiale, le Salamins rapporte les propos de la responsable de la maternité d’Hillacondji, dans la commune de Grand-Popo, ville située à 90 km au sud-ouest de Cotonou, la capitale béninoise « Nous éprouvons beaucoup de difficultés à mobiliser les femmes à cause des pesanteurs socioculturelles. Si ce n’était que la difficulté à faire venir les femmes vers nous, nous pouvons supporter facilement. Nous sommes souvent l’objet de menaces voire d’agressions physiques de la part des parents et époux qui nous accusent d’inciter leurs femmes ou filles à l’infidélité, à l’adultère » dit-elle.

Alors que comme le dit le Journal Le Monde bien que la natalité ne cesse de baisser sur le continent, l’excédent des naissances est encore beaucoup plus élevé que le nombre des décès. Le journal écrit exactement « la population du continent africain s’accroît rapidement. Estimée à 140 millions en 1900, elle atteignait un milliard d’habitants en 2010. Elle comptera 2,5 milliards en 2050 et plus de 4 milliards en 2100, selon le scénario moyen des projections des Nations unies. Un humain sur six habite aujourd’hui en Afrique. En 2050, ce sera 1 sur 4, et plus d’1 sur 3 en 2100, selon ces mêmes projections ». Dans le même sens, The conversation renchérit pour dire que si l’on ne retient que les chiffres essentiels, on note que le taux moyen de fécondité en Afrique est de 4,7 enfants par femme (contre 2,2 en Asie et 2,1 en Amérique latine). Mais il atteint 7,4 au Niger – ce qu’avait bien lu Emmanuel Macron – ou encore 6,6 en Somalie et 6,3 au Mali. La pyramide des âges affiche une base très évasée, puisque 60 % des Africains ont moins de 25 ans. À ce rythme, on estime que l’Afrique comptera 1,704 milliard d’habitants en 2030, 2,528 milliards en 2050 et 4,468 milliards en 2100. Soit à cet horizon 40 % de la population mondiale, contre 17 % en 2017.

Les méthodes contraceptives sont controversées en Afrique

Un faux argument

Malgré l’alerte donné, ils sont nombreux à penser que l’espacement des naissances n’influe pas sur le développement. Pour plusieurs citoyens lambda que nous avons rencontré, les méthodes contraceptives sont juste des moyens pour rendre malades les femmes en Afrique et contrôler les familles. « Avoir beaucoup d’enfants ou les avoir de façon accélérée n’est que le problème des parents. C’est à ceux de faire face aux charges de la famille et donc ils sont les premiers concernés » argumente Adrien A., un fonctionnaire d’Etat. Il va plus loin dans son argumentaire pour expliquer que les différentes méthodes rendent malades les femmes puisque selon lui « les pullules, les implants et stérilet envoyés sur le marché africain ne sont pas vraiment de bonne qualité et endommagent la santé de nos femmes ».

Requérant l’anonymat, un homme de santé donne son avis en disant « je ne pense pas que la planification puisse nous aider. Nous ne sommes pas encore assez nombreux pour produire de la richesse. Les autres ont peur de notre avancée et trouvent les moyens de nous bloquer. Nous manquons de mains d’œuvre pour les travaux de première nécessité. Il est certes clair qu’il faut un nombre dont on peut s’en occuper mais les ‘’autres’’ l’ont fait, ils sont où aujourd’hui ? Ils ont une population vieillissante les obligeant à faire de l’immigration choisie ». Mais les experts insistent. La planification familiale permettra de contrôler la démographie en Afrique et donc aidera au développement.

Une solution à portée demain

« Le défi de l’Afrique, il est civilisationnel aujourd’hui. Quels sont les problèmes ? Les États faillis ou les transitions démocratiques complexes, la transition démographique qui est l’un des défis essentiels de l’Afrique. Dans un pays qui compte encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien » a déclaré le Président français Emmanuel Macron, samedi 8 juillet 2017, en conférence de presse lors du G20 à Hambourg. Quelques jours après, Salifou Diallo, le président de l’Assemblée burkinabée dira à sa suite : « nous estimons que quand on a des taux de croissance économique des pays qui sont de l’ordre de 5 % à 6 %, avec un taux de fécondité située à 6 % ou 7 %, nous sommes dans une situation de démographie non maîtrisée et nous ne pouvons pas espérer de développement avec une telle situation ».

Parlant des bienfaits de la planification familiale, Partenariat Ouaga explique que Les bienfaits de la planification familiale s’étendent bien au-delà de la sphère individuelle. L’accès à une gamme complète d’options contraceptives réduira considérablement les mortalités maternelle et infantile et améliorera la santé globale des familles. Permettre aux jeunes femmes de décider si, et quand, elles veulent fonder une famille leur offre plusieurs possibilités : rester à l’école, rejoindre la population active ou poursuivre d’autres rêves. « Ce cercle vertueux qui commence par l’autonomisation d’une seule femme peut extirper des communautés entières de la pauvreté. Il existe des preuves incontestables que l’augmentation du nombre de femmes en bonne santé, instruites et actives, stimulera le bien-être économique des pays francophones d’Afrique de l’Ouest » continue le programme.

L’espacement des naissances aide à réduire la pauvreté dans les familles

De l’autre côté, le Docteur Brice Mègninou dit aussi que « la planification familiale est le fer de lance du développement en ce sens que ça permet de maîtriser la démographie et donc le PIB du pays. Exemple la Chine, elle devrait être la 1ere puissance mondiale mais sa démographie la tire en arrière…Contrôler les naissances, permet à la famille de mieux se planifier, de maîtriser ses finances et de former des hommes productifs pour la société facteur de développement. Pour le pays, ça permet de contrôler la démographie, dans nos pays pauvres, le phénomène qu’on observe s’apparente à un serpent qui se mord la queue. C’est les pauvres font plus d’enfants et mettent ces enfants dans la stricte précarité…conséquence, maladies, mauvaise éducation, grossesses indésirées, criminalité, autant de facteurs qui entravent le développement d’un pays ». Le site acotonou, aborde aussi dans le même sens en expliquant que « l’utilisation des produits contraceptifs procure d’importants avantages socio-économiques, favorisant ainsi la réduction du taux de pauvreté. Aucun essor économique n’est possible dans un pays où la maitrise de la démographie devient un mythe ou tarde à être effective. Lorsque la croissance démographique est largement au-dessus de la croissance économique, la pauvreté ne peut que connaitre une ascension fulgurante. Ce déséquilibre contribue à amplifier la pauvreté en limitant les possibilités du gouvernement et des ménages de dégager les ressources nécessaires à l’amélioration de la productivité des ménages et des entreprises ». Le sujet est certes sensible mais face à tous ces différents arguments, il convient de s’y pencher pour l’épanouissement des familles africaines et donc de la société.