Les déchets générés par la Covid-19 : de nouveaux polluants dans la nature (partie 1)

Par le 27/07/2020 0 864 Views

Depuis l’avènement du Covid-19, l’utilisation des équipements de protection médicaux a considérablement augmenté. Cette situation qui est pourtant censée être une bonne nouvelle est vite devenue un problème pour la planète. Puisque ces déchets ne sont pas souvent jetés aux endroits appropriés. On assiste par conséquent à une pollution de l’environnement et à une menace de la sécurité sanitaire.

Masques chirurgicaux, flacon de gel hydroalcoolique, gants en plastique, lingettes désinfectantes : il y a quelques mois encore, au début de la crise sanitaire, ces éléments étaient difficiles à trouver. Aujourd’hui, on en retrouve un peu partout que ce soit dans les grandes surfaces, les pharmacies, et les autres points de vente. Cependant, si leur utilisation procure une certaine protection contre la maladie, leur gestion quant à elle, pose d’autres soucis. En effet, il n’est pas rare de retrouver ces accessoires abandonnés dans les espaces naturels et dans les lieux publics (rues, parcs, plage, etc.). Même les collecteurs d’assainissement n’en sont pas épargnés. « C’est une conséquence de l’épidémie. Le recours aux lingettes désinfectantes et aux masques jetables s’est amplifié, avec des effets néfastes sur les réseaux d’assainissement et sur notre environnement. Les masques commencent à joncher nos caniveaux. Quant aux lingettes, si elles participent à l’hygiène domestique, elles restent, encore et toujours, un véritable cauchemar pour les services de dépollution des eaux usées » alerte le Centre d’information sur l’eau. Un état de chose que déplore aussi Laurent Lombard, fondateur de l’association Opération Mer Propre. « Ce n’est que le début. Quand il va y avoir un gros orage, tous les masques et les gants jetés sur les trottoirs ou dans les égouts vont se retrouver en mer » confie-t-il à France 3. Rappelons que le premier responsable de cette situation est le grand public. Ils ne sont pas habitués à utiliser ces genres d’équipement sanitaire et ne savent pas comment les éliminer. Les hôpitaux eux, possèdent leur propre filière qui procède à l’incinération de leurs déchets.





La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue.

Quand la protection devient une pollution et un risque sanitaire

La présence des équipements de protection usagés dans la nature induit une pollution environnementale inattendue. Car même s’ils en ont l’apparence, les masques faciaux et les lingettes à usage unique ne sont pas conçu avec du papier, mais plutôt avec de la matière plastique. Ce qui les rend non biodégradables. En réalité, ils sont fabriqués à base d’une matière thermoplastique très dense appelée le « polypropylène non tissé ». Celui-ci en raison de son coût peu élevé et de son accessibilité constitue d’ailleurs la grande majorité des objets de notre quotidien (serviette hygiénique, nappes, emballage alimentaire, etc.). En général, les cache-nez sont composés de deux à trois couches de ce matériau. Ce qui les rend assez résistants et ralentit leur dégradation. On estime en effet, qu’il faut environ 450 ans pour que le polymère se désagrège dans la nature. De plus, les masques jetables sont pourvus d’acier pour les barrettes nasales et des boucles d’élastiques pour favoriser la tenue sur le visage. Une fois qu’ils se retrouvent donc en mer, le premier est susceptible de blesser les organismes vivants, et le second peut les piéger et ainsi les empêcher de se déplacer. Selon les Échos « un masque jetable, dans lequel une couche de polypropylène- une matière plastique- a été glissée entre deux couches de papier ne va jamais entièrement se décomposer, mais se fragmenter en particules de plastique, nocives pour l’environnement marin ». Ceci est confirmé par Anne Settimelli, fondatrice et directrice de l’association Explore & Preserve qui signale à franceinfo que « les tortues, les requins, les dauphins, les cachalots, rorquals, les oiseaux ingèrent du plastique. Après ces animaux sont intoxiqués, blessés, et donc vont finir par mourir ». Ces effets négatifs sur l’environnement et la faune marine concernent également les gants en latex ou en nitrile. Selon une récente étude parue dans la revue The Lancet, les masques de protection peuvent porter des traces du virus actif pendant 4 jours sur leur surface intérieure et pendant 7 jours sur leur surface extérieure. Ainsi, ces éléments qui jonchent les trottoirs, les caniveaux et les plages peuvent également entraîner des problèmes sanitaires. Car il s’agit de déchets potentiellement infectieux et donc dangereux pour les usagers et en particulier, les agents de collecte et de nettoyage. Le journal La dépêche du Midi fait état de la situation en affirmant que « les protections ayant été en contact avec la peau sont susceptibles de transmettre le coronavirus ». Il continue en expliquant qu’ « il y a un risque, même minime, qu’un masque jeté par terre puisse contaminer une personne qui le ramasse ». Certes, la crise sanitaire a eu un impact positif sur l’environnement. Mais ce dernier n’en sortira sûrement pas gagnant si de tels actes d’incivismes doivent continuer. Il urge donc de trouver rapidement une solution pour arrêter cette pollution naissante.

Murielle HOZANHEKPON

Riche d’une formation en Protection de l’Environnement, je suis spécialisée dans l’Aménagement et la Gestion des Ressources Naturelles que j'ai validé par l'obtention d'un master. Passionnée d’écriture et de tout ce qui est média numérique, je rentre très vite dans l'univers de la rédaction web. C’est donc tout naturellement que je me lance dans la rédaction des articles pour informer et sensibiliser un grand nombre de personnes. Et mes thématiques favorites tournent le plus souvent autour de l’écologie, de la nature et des énergies renouvelables, même si j’aborde également des sujets qui ont trait à la santé et aux faits de société. « La plus grande victoire de l’existence ne consiste pas à ne jamais tomber, mais à se relever après chaque chute » Nelson Mandela.