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Alimentation/Santé: 5 bonnes raisons de consommer du gounou

Elle a envahi les rayons des supermarchés de Cotonou, d’Abomey-Calavi et bien d’autres. Son chemin va en grandissant. Vous la voyez partout, vous entendez peut-être parler d’elle mais vous hésitez à goûter. Ou encore, vous avez pris, vous n’arrivez plus à y résister et vous vous demandez si c’est normal. Déjà, oui c’est normal. C’est gounou qui fait ça. Mais laissez nous vous revenir sur les 5 bonnes raisons de consommer la pâte à tartiner gounou.x

Elle est faite à base de noix d’acajou

Originaire du Brésil, la noix de cajou est le fruit de l’anacardier. Produite dans de nombreux pays : au Vietnam, en Inde, au Nigeria, au Bénin, au Brésil ou encore en Tanzanie…, c’est un fruit qui est aussi très bénéfique pour la santé, riche en lipides. Bénéfique pour la santé dites-vous ? héé bien, ce fruit qui constitue la base de votre pâte à tartiner fait partie de la catégorie des fruits oléagineux (noix de cajou, noix de pécan…). En effet, ils diminueraient le risque de maladies cardio-vasculaires, de diabète de type 2, de calculs biliaires mais aussi de cancer du côlon chez la femme. D’un point de vue nutritionnel donc, la noix de cajou est certainement l’un des meilleurs fruits oléagineux !

Selon les sites de santé comme passeportsante.net, la noix de cajou est très intéressante car elle apporte aussi de nombreuses vitamines et minéraux. Elle est notamment riche en vitamines du groupe B, nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme. Elle contient également de la vitamine K, indispensable à la coagulation du sang. Et si vous manquez de magnésium, la noix cajou est idéale car elle en constitue une excellente source.

Et ce n’est pas tout ! Elle contient aussi du phosphore, essentiel à la santé des os et des dents et du fer en quantité non négligeable. Ce dernier joue notamment un rôle important dans le transport de l’oxygène dans le sang. Consommer donc régulièrement gounou, la seule pâte à tartiner à base de noix cajou sur le marché, et vous obtenez tous ses bienfaits et bien d’autres.

Avec des étiquettes représentant des icônes africaines qui inspirent

Elle a un faible taux de sucre

On ne le dira jamais assez. Le sucre en trop n’est pas bon pour la santé. Très apprécié en cuisine, le sucre est utilisé dans la production du chocolat, de poudres pour petit déjeuner et de boissons rafraîchissantes, mais également des produits lactés, des sirops, biscuits et pâtisseries pré-emballées… La liste s’étend ensuite à de multiples catégories d’aliments (confitures, confiseries, glaces, pains et viennoiseries, pâtisseries artisanales, céréales pour petit déjeuner…) ainsi qu’à des utilisations spécifiques telles que certains plats préparés.

Pour le site Le sucre, « La raison de la présence du sucre dans tous ces produits est que, au-delà de ses qualités sucrantes, il ne manque pas d’atouts qui le rendent souvent indispensable. Il aide à conserver les aliments et donne de la texture, de la consistance et de la croustillance. Dans les aliments soumis à une cuisson, il contribue à la coloration. Mais la consommation du sucre n’est pas conseillée pour la santé surtout dans la transformation alimentaire. Source d’obésité, selon les experts comme Anthony Fardet, une consommation régulière de produits ultra-transformés, source de sucres « rapides » (souvent ajoutés) favorise le gain de poids et l’insulino-résistance qui est l’étape prédiabétique. Or le diabète de type 2 et l’obésité sont les portes d’entrée vers des maladies plus graves comme certains cancers (un sur trois serait lié à une mauvaise alimentation), les maladies chroniques hépatiques (stéatose, stéato-hépatites) et les maladies cardiovasculaires (coronariennes et AVC).

Face à ces conséquences, il serait judicieux de choisir des aliments dont le taux de sucre est très bas, qui n’ont pas subi une sur-transformation alimentaire. Votre pâte à tartiner contient plus exactement –50% par rapport à la norme sur le marché. Son goût sucré provient donc essentiellement de l’amande de cajou.

Elle est faite sans produits chimiques

On vous le disait plus haut, gounou est produit essentiellement avec du cacao brut béninois et de l’amande de cajou. Nul n’ignore les qualités du cacao béninois. Ces deux ingrédients transfèrent leur goût unique à gounou. La marque s’est donnée comme défi de produire un chocolat naturel avec une saveur qui parle au Béninois et aux Africains. La production se fait avec des producteurs locaux pour les matières premières. Mieux, ces produits locaux ne subissent pas une sur transformation alimentaire comme d’autres produits industrialisés. Sans additifs, sans produits chimiques, gounou se veut une pâte à tartiner naturelle, bonne pour la santé et pour le plaisir.

Donne le sourire aux petits et aux grands

Booste votre humeur

Ah le chocolat ! ah le chocolat noir ! Les professionnels vous le diront, le chocolat noir n’en finit pas de nous étonner. En effet, selon Top Santé « il serait bon pour le cœur, pour la mémoire, pour la concentration ou encore pour les femmes enceintes ». Pour mieux développer, on apprend que sa teneur en cacao (gounou contient du cacao), ce sont les flavonoïdes, et plus précisément les flavonols du cacao, qui stimuleraient la fonction cognitive en luttant contre le déclin lié à l’âge. Et encore, les flavonols accentuent l’afflux de sang dans l’hippocampe, la partie du cerveau associée aux capacités de mémorisation. Manger du chocolat noir riche en ces antioxydants permettrait donc d’entretenir notre mémoire. On apprend aussi grâce à ce site que la théobromine et le magnésium, substances présentes en grande quantité dans le chocolat noir, stimulent et régulent le système nerveux. De cette manière, ils augmentent les effets des neurotransmetteurs tels que la sérotonine, connue pour son rôle sur le stress, l’anxiété et la dépression. Mais que dire de plus ?

Alors, voyez un matin, le sommeil encore sur les yeux, la course pour prendre une douche, être à l’heure pour vaquer à ses occupations. Ça semble stressant mais ajouté à tout ceci, un ciel bleu avec le soleil qui se lève, les rayons de ce soleil qui traverse vos fenêtres, une table de petit déjeuner dressée avec du pain, des biscottes, des crêpes bien chaudes, des fruits et un pot de gounou. Tartiner l’un des compléments cités d’une cuillerée de gounou et prenez une seconde pour savourer cette bouchée. Votre palais sent le goût du cajou et du cacao, le sucre raffiné et tous ces ingrédients qui fait de gounou, une pâte à tartiner unique sur le marché. Et là en ce moment, vous avez forcément le sourire. Gounou vous donne toujours le sourire et booste votre humeur.

A consommer avec du pain, des crêpes, des biscottes etc.

Elle vous permet de partager des valeurs et des moments intenses avec vos proches

On vous le disait, notre produit booste votre humeur. Il apporte un plus à vos journées. Mais mieux encore, nous sommes là pour vous aider à partager des moments intenses avec vos amis. La pâte à tartiner gounou se partage avec ces proches lors des moments de petit déjeuner, de goûter etc. Elle vous assure des moments de convivialité intense, heureux avec vos amis, votre famille etc.

Be different, Be proud ! c’est le slogan de la marque Gounou. Nous ne sommes pas seulement un produit. Nous n’ambitionnons pas seulement mettre sur le marché des produits qui ne vous apportent rien. Non ! au-delà de notre envie de vous proposer des produits de qualité, nous voulons surtout vous inspirer, faire passer un message, partager des valeurs. Nous sommes différents, et nous voulons que vous, qui vous sentez aussi différents, partagez nos valeurs mais aussi partager ces valeurs avec vos proches. Parce que « être différent est une fierté ».

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Industrie agro-alimentaire : le sucre, un allié dangereux

De plus en plus, nous consommons des aliments ultra-transformés. Le manque de temps pour cuisiner, le niveau de développement, la paresse etc., les raisons sont nombreuses qui amènent les industries agro-alimentaires à proposer de plus en plus d’aliments prêts à être consommés juste après un tour au micro-onde. Et pour soit bien conserver l’aliment, soit lui donner un bon goût ou encore une bonne texture, les industries agro-alimentaires n’hésitent pas sur l’utilisation abusive du sucre. Mais face à la recrudescence de certaines maladies, l’on se demande si le sucre est si bon pour la santé.

En cuisine, le sucre est un ingrédient très apprécié. Il apporte un goût différent et agréable au repas. Les femmes sont nombreuses à l’utiliser soit sous sa vraie forme ou encore dans des produits qui en contiennent. Alors qu’elle veut se faire un plat d’igname bouilli, Isabelle toute fière nous donne une de ses recettes favorites pour rehausser le goût de son igname : « ajouté un ou deux morceaux de sucre. Tout dépend de la quantité de votre repas ». Cette jeune maman nous avoue que pour l’assaisonnement de ses viandes ou poissons, pour la cuisson de ses différents types d’haricots, le sucre est un ingrédient très important pour elle. « J’utilise soit du sucre simple, soit du lait qui en contient, sot de la crème fraiche. Mes plats ont plus de goût avec cette recette » dit-elle tout fièrement.

Le sucre est très important dans l’industrie alimentaire

Quel type de sucre consommons nous ?

Il est plusieurs manières de catégoriser les sucres, soit en fonction de leur structure moléculaire, soit en fonction de leur source. Selon les experts de ‘’s1biose’’ : « si l’on se base sur la composition moléculaire, on a les sucres simples (avec une ou deux molécules) qui sont le saccharose, le fructose et le lactose. D’autre part, on a les sucres complexes qui sont contenus dans l’amidon et les fibres (principalement, les fruits). On distingue les sucres ajoutés et les sucres naturels. Les premiers nommés désignent les sucres qui sont ajoutés dans les aliments durant leur préparation, tandis que les deuxièmes regroupent les sucres qui sont naturellement présent dans les aliments ». Ces informations lèvent un coin de voile sur les différents sucres que nous consommons. Dans l’industrie alimentaire, que ça soit les sodas, les jambons, les biscuits, chocolats etc. le sucre se retrouve dans à peu près tout.

Le sucre est utilisé dans la production du chocolat, de poudres pour petit déjeuner et de boissons rafraîchissantes, mais également des produits lactés, des sirops, biscuits et pâtisseries pré-emballées… La liste s’étend ensuite à de multiples catégories d’aliments (confitures, confiseries, glaces, pains et viennoiseries, pâtisseries artisanales, céréales pour petit déjeuner…) ainsi qu’à des utilisations spécifiques telles que certains plats préparés, légumes appertisés ou vins effervescents, les derniers ayant besoin d’un cocktail de sucre et de levures pour la prise de mousse. « Mais ce n’est pas tout, ajouté au raisin pendant la vinification, il permet une fois fermenter de rehausser le titre en alcool de certains vins. La raison de la présence du sucre dans tous ces produits est que, au-delà de ses qualités sucrantes, il ne manque pas d’atouts qui le rendent souvent indispensable. Il aide à conserver les aliments et donne de la texture, de la consistance et de la croustillance. Dans les aliments soumis à une cuisson, il contribue à la coloration » informe le site Le Sucre. Les propriétés du sucre dans l’industrie alimentaire ne sont donc pas des moindres. Mieux, selon certains experts, le sucre a également un autre atout majeur : il peut masquer le goût de matières premières de qualité moyenne. En l’utilisant, les industriels parviennent à imiter une saveur naturelle tout en optant pour des denrées alimentaires bons marché. « Alors que le sucre est une denrée peu coûteuse, les industriels font ainsi d’importantes économies d’argent. C’est pour cette raison, en général, que les aliments de moindre qualité ont les plus fortes teneurs en sucres » nous apprend le site docteurbonnebouffe. Mais s’il a des avantages pour les industriels, pour la santé, ce n’est pas l’idéal.

Nombreux sont les produits qui contiennent du sucre dans les rayons des supermarchés

Un poison

La population mondiale fait face depuis plusieurs années à une maladie qui ne connait pas d’âge : l’obésité. Les chiffres de l’Organisation Mondiale de la santé font froid dans le dos. Selon l’organisation :

  • À l’échelle mondiale, le nombre de cas d’obésité a presque triplé depuis 1975.
  • En 2016, plus de 1,9 milliard d’adultes – personnes de 18 ans et plus – étaient en surpoids. Sur ce total, plus de 650 millions étaient obèses.
  • 39% des adultes âgés de 18 ans et plus étaient en surpoids en 2016 et 13% étaient obèses.
  • La plupart de la population mondiale vit dans des pays où le surpoids et l’obésité font davantage de morts que l’insuffisance pondérale.
  • En 2016, 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses.
  • En 2016, plus de 340 millions d’enfants et d’adolescents âgés de 5 à 19 ans étaient en surpoids ou obèses.

Contre l’obésité, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) veut diminuer les sucres « cachés » ou « libres », ceux qui ne s’expriment ni en morceau dans le café ou poudre dans les gâteaux, pas plus en bonbons ou confitures. Mais ceux ajoutés par l’industrie aux produits alimentaires et jus, les concentrés de fruits, le miel, les sirops d’agave ou d’érable et tous ceux tirés de l’amidon de maïs et autres céréales. Or selon l’expert Michael Moss, prix Pulitzer pour ses enquêtes sur le monde de l’agroalimentaire, cité par l’agence France Presse, « du sel, du sucre, des matières grasses, le sucre est probablement l’ingrédient le plus difficile à remplacer. Il est l’ingrédient miracle de l’industrie ».

Dans un article récent sur notre site, on citait l’expert Anthony Fardet qui prévient que « Une consommation régulière de produits ultra-transformés, source de sucres « rapides » (souvent ajoutés) favorise le gain de poids et l’insulino-résistance qui est l’étape prédiabétique. Puis vient le diabète de type 2 : l’ajout de sucre, sel et gras crée une forme de dépendance à ces produits car ces trois composés donnent envie d’y revenir. Or le diabète de type 2 et l’obésité sont les portes d’entrée vers des maladies plus graves comme certains cancers (un sur trois serait lié à une mauvaise alimentation), les maladies chroniques hépatiques (stéatose, stéato-hépatites) et les maladies cardiovasculaires (coronariennes et AVC) ». Face à ces risques, il est important pour le consommateur de contrôler le plus possible les aliments que contient son plat afin de préserver sa santé.

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Afrique/Santé : ces plantes, amies des femmes africaines

Nous le disions déjà dans un article précédent : faire recours à la médecine traditionnelle pour soigner ces maux est une pratique très habituelle et ancienne pour certains peuples du monde comme ceux d’Afrique, d’Asie. Les plantes regorgent de vertus pour soit régler un problème sanitaire et avoir satisfaction soit être un complément avec la médecine moderne. Certaines racines de plantes regorgent de vertus très prisées de plus en plus par les femmes surtout africaines qui en connaissent les secrets pour pimenter leur vie sexuelle.

Marché Dantokpa au Bénin ! ce marché dit-on, est le plus grand marché à ciel ouvert de l’Afrique de l’Ouest et il draine du monde. Vous êtes déjà venus au Bénin, c’est sûr que vous avez déjà visité Dantokpa ou Tokpa, situé en plein cœur de Cotonou, capitale économique du Bénin. Ce marché, dont le nom signifie littéralement en Fongbé (1ère langue locale parlée au Bénin) « sur les bords de la lagune du serpent », voit plus d’un million de personnes le visiter tous les jours. Ils viennent de partout, des pays de l’Afrique à ceux des autres continents. Les différents hangars sont remplis d’articles très intéressants et des vendeurs à l’affût prêts à vous tirer pour l’achat de leurs articles.

Les articles de la vendeuse à Dantokpa
image: Kaya maga

Alors que nous faisons aussi la ronde pour des achats, nous remarquons très vite un attroupement, certes pas chose rare dans ce marché, autour d’une jeune vendeuse. A ses côtés, plusieurs femmes discutent prêtes à tout pour acheter ses articles. Quand on s’y approche, nous remarquons qu’elle vend des racines de plantes apparemment très prisées par les clientes. Ici, on y voit des racines de Gongoli, des feuilles de Djèka, des clous de girofle, l’Oseille de Guinée ou bissap (Hibiscus sabdariffa), du Nep Nep (Acacia Nilotica) et même des bonbons très blancs etc. Quand nous demandons aux clientes les vertus de ces plantes, c’est la vendeuse qui nous répond. « Ce sont des plantes utilisées pour l’intimité de la femme. Elles permettent d’enlever les impuretés du ventre et du sexe de la femme et le rend propre ». Une cliente avec du gongoli en main confirme les propos de la vendeuse. Elle rejoint le site amansi.net qui explique que « le gongoli a des vertus de désinfectant. Il nettoie les impuretés du ventre, purifie le corps de la femme. Ce produit magique lubrifie et parfume naturellement le vagin et prévient les infections urinaires. Cette racine atténue également les douleurs causées par les menstrues et après l’accouchement. Il aide les femmes à booster leur libido, donne une bonne odeur intime et prévient la sécheresse vaginale ». Le site continue pour informer qu’originaire d’Inde, cette herbe encore appelée le vétiver, Chrysopogon nigritanus, est une plante herbacée de la famille des Poacées (graminées), très présente dans les zones tropicales du monde. Le plus souvent introduite pas les industries utilisant l’huile aromatique fournie par ses racines, elle pousse aussi bien en Inde, à la Réunion, dans les Caraïbes, en Afrique, en Amérique du Sud qu’en Méditerranée orientale ». Les vertus de ces plantes sont prisées de telles sortes qu’elles sont un peu trop prises de plus en plus par les africaines qui ont peut-être aussi des conséquences négatives sur la santé des femmes.

Les racines de vévitier

A prendre avec modération

Autour de cette vendeuse au marché de Dantokpa, des dames essaient de s’arracher un petit sachet de bonbons blancs. Selon leur explication, ce sont des sucreries qui viennent du Togo et que la femme doit prendre quelques heures avant de passer à l’acte sexuel pour permettre une bonne lubrification de la zone du vagin. Et c’est le dernier sachet de la vendeuse qui se dit être pratiquement la seule vendeuse de ces produits dans cette partie du marché. « Ce sont des produits secrets de femmes. Pas très divulgués donc on n’en trouve pas sur tous les étalages comme tous les autres articles » nous dit elle en surveillant ses clientes qui finiront par s’entendre pour partager le petit sachet de sucreries. Mais ici l’attroupement continue de grossir avec d’autres femmes qui s’y ajoutent. L’une d’elle nous témoigne, que ce sont des produits qu’elle prend plusieurs jours par mois. Une autre confirme ses propos et explique qu’elle prend les plantes, en fait une tisane qu’elle prend juste après ses menstrues. Ce qui lui permet d’enlever les impuretés. « Mon mari est très satisfait » rajoute t’elle avec un clin d’œil. Aissatou est une sénégalaise. Mariée il y a juste quelques mois, elle nous raconte qu’elle a eu ses plantes dans son panier féminin de femme mariée. « Les vertus de ces plantes sont très connues au Sénégal. C’est transmis de mère en fille. Très tôt, ma mère m’en a parlé tout comme elle m’a parlé des encens, des perles etc. Je connaissais donc les vertus de ces plantes et au Sénégal, quand tu veux te marier, tu reçois un panier féminin qui contient tout ça » nous confie-t-elle. Juste qu’il ne faut pas abuser des tisanes et des bonbons du Togo par exemple qui peuvent être sources d’infections sexuelles pour la femme avertit elle aussi.

Des clous de girofle utilisés dans les tisanes pour nettoyer le sexe de la femme

Le Dr Megninou nous expliquait que « lorsqu’on ingurgite des tisanes sans connaître le principe actif, sans maîtriser la dose, les contre-indications et consorts, On court le risque d’abîmer certaines fonctions vitales du corps à savoir, La fonction rénale (rein), la fonction hépatique (foie), pour ne citer que celles-là. Alors prendre les tisanes à tort et à travers peut devenir très dangereux pour l’organisme quand on connaît le coût financier et humain d’une maladie comme l’insuffisance rénale terminale ». Tout comme lui, Olgah Traoré dans un article sur Infos Sciences explique « qu’en recommandant par exemple d’avaler 5 comprimés de « Diamankissé » et d’en introduire 2 dans le vagin, bon nombre de femmes ignorent les conséquences de ces minuscules pastilles très sucrées sur l’appareil génital. Malheureusement, les consommatrices s’adonnent totalement sans juger les risques auxquels elles s’exposent, tels que les cancers. De même, des aphrodisiaques pour femmes sont proscrits aux hommes pour motifs qu’ils les rendent stériles et impuissants. A la recherche de résultats rapides, des femmes les introduiraient dans leur vagin et finissent par avoir des problèmes de santé. En somme, l’abus des « secrets de femmes » est dangereux pour la santé ». Et à la sage-femme Aichath de nous expliquer « qu’en utilisant par exemple la pierre d’alun pour resserrer le sexe, les femmes font face à un trop resserrement qui a des conséquences très désastreuses ». Des secrets de femmes à utiliser avec modération donc !

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Santé : Les hépatites virales tuent autant que la tuberculose mais plus que le VIH et le paludisme

Les hépatites, une maladie virale qui fait de plus en plus de ravages. 1 personne sur 10 souffre de l’hépatite B et 3 à 4 décès par mois sont liés aux complications des hépatites virales. Les hépatites virales sont classées de A à G en fonction de la famille du virus en cause. Ces infections virales peuvent, selon les situations, toucher des personnes également exposées à un risque de VIH et d’autres IST. Dans cet article, nous allons informer sur cette maladie. La pharmacienne Anourah Mazu nous donne des éléments de réponses aux questions liées aux hépatites.

Clarisse était une jeune femme de 25 ans. Mars 2019, la mort l’emporte après des mois de maladie. Depuis quelques mois en effet, cette maman de deux enfants, a été diagnostiqué de l’hépatite B. Mais le diagnostic est venu tard et les parents de Clarisse manque de moyens pour les soins. Résultat, après des mois de souffrance, elle s’en allait laissant derrière elle, une petite fille de moins de 2ans, qui pourrait, aussi, être déjà contaminée. Tout comme Clarisse et ses parents, nombres de personnes sont très peu informées sur cette maladie qui sévit, quand même, au sein de la population.

Définition d’une hépatite

Il faut savoir que le mot hépatite veut dire inflammation du foie. Elle est le plus souvent causée par une infection à un virus, mais également par l’alcool (cirrhose), ou par une intoxication par un médicament (hépatite médicamenteuse). Les hépatites virales sont de véritables tueurs silencieux.

Il existe 5 types d’hépatites : A-B-C-D et E. Le site Passeport Santé va plus loin pour expliquer que les hépatites se regroupent en 2 grandes catégories :

  • les hépatites virales, causées par une infection à un virus. Dans les pays développés, les virus de l’hépatite A, B et C engendrent environ 90 % des cas d’hépatite aiguë. Les virus de l’hépatite D, E et G sont aussi responsables d’hépatites.
  • les hépatites non virales, principalement provoquées par l’ingestion de produits toxiques pour le foie (de l’alcool, des produits chimiques toxiques, etc.). Les hépatites non virales peuvent aussi être le résultat de maladies atteignant le foie, comme la stéatose hépatique (« foie gras ») et l’hépatite auto-immune (une hépatite inflammatoire chronique d’origine obscure, qui se caractérise par la production d’auto-anticorps).

Les symptômes varient beaucoup d’une personne à un autre et dépendent de la cause de l’hépatite. Certains types d’hépatite provoquent carrément la destruction d’une partie du foie. Mais une hépatite aigüe typique se manifeste par :

  • une fièvre ou des sueurs en fin de journée.
  • une perte d’appétit et un amaigrissement.
  • des nausées.
  • des malaises abdominaux (surtout du côté droit).
  • une jaunisse (peau et cornée jaunies).
  • une urine foncée (de la couleur du thé).

    Modes de transmission des virus des hépatites

Les chiffres sur les hépatites :

3 à 4 décès par mois sont liés aux complications des hépatites virales au Bénin

Hépatite B :1 béninois sur 10 souffre de l’hépatite B. Les sujets concernés sont relativement jeunes (40 ans) avec une prédominance masculine

Hépatite C : Prévalence de 4%

Âge moyen 55 ans

PRÉDOMINANCE féminine

  • Les hépatites virales tuent autant que la tuberculose mais plus que le VIH et le paludisme.
  • L’hépatite D ne peut se développer que chez une personne ayant fait l’hépatite B
  • Au Canada, l’hépatite C est l’hépatite virale la plus courante : chaque année, elle touche environ 45 personnes sur 100 0001. Quant à l’hépatite B, elle atteint environ 3 Canadiens sur 100 000, et l’hépatite A, 1,5 sur 100 0001,42.
  • L’hépatite virale est beaucoup plus fréquente dans les pays non industrialisés. L’hépatite A est endémique en Afrique, dans certains pays d’Amérique du Sud et en Asie2. Il en va de même pour l’hépatite B. En effet, dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et d’Asie, où de 8 % à 10 % de la population est porteuse de l’hépatite B, elle représente l’une des principales causes de mortalité des adultes (par cancer du foie ou cirrhose). Près de 3 % de la population mondiale est infectée par le virus de l’hépatite C. En Afrique, la prévalence de cette infection est la plus élevée du monde : elle dépasse 5 %4.

Selon l’Organisation Mondiale de la santé : Pour la grande majorité des 325 millions de personnes infectées par le virus de l’hépatite B et/ou C, l’accès au dépistage et au traitement reste hors de portée.

  • Sur les 257 millions de personnes qui, selon les estimations, sont infectées par le virus de l’hépatite B:

10,5% (27 millions) savaient en 2016 qu’elles étaient infectées.

Parmi les personnes diagnostiquées, seules 17% (4,5 millions) bénéficiaient d’un traitement en 2016.

En 2016, 1,1 million de personnes supplémentaires ont développé une infection chronique par le virus de l’hépatite B – une cause majeure de cancer du foie.

  • Sur les 71 millions de personnes qui, selon les estimations, étaient atteintes d’une hépatite C chronique en 2015 :

19% (13,1 millions) savaient en 2017 qu’elles étaient infectées.

Parmi les personnes diagnostiquées, seules 15% (2 millions) ont bénéficié d’un traitement curatif au cours de cette même année. Globalement, entre 2014 et 2017, 5 millions de personnes ont bénéficié d’un traitement curatif contre l’hépatite C.

  • En 2017, 1,75 million de personnes supplémentaires ont développé l’infection chronique par le virus de l’hépatite C.

Des conseils de la pharmacienne Anourah Mazu :

– S éduquer et éduquer son entourage (surtout les enfants en âge d’activité sexuelle) sur la maladie

– Se faire dépister (Hépatite B et C)

– Si le dépistage est négatif, se faire vacciner au plus tôt. Et si le dépistage conduit à un résultat positif, prendre Rdv chez un spécialiste pour une meilleure prise en charge.

– Aider et soutenir les personnes souffrant de la maladie dans le déroulement de leur traitement

– Lorsque vous souffrez de la maladie, ne faites jamais d’automédication et ne prenez pas de médicaments inutiles.

– Si vous devez suivre un autre traitement hormis celui contre votre hépatite, parlez-en à votre pharmacien ou à votre médecin pour qu’il prenne les précautions nécessaires.

Pour la vaccination des adultes et adolescents, deux schémas de vaccination peuvent être suivis :  0, 1, 6 mois ou 0, 1, 2, 12 mois. Si l’on souhaite s’écarter de ces schémas, des intervalles minimaux doivent être respectés. Pour un schéma en trois (03) doses, l’intervalle entre la dose 1 et la dose 2 doit être de minimum 4 semaines. Il sera de 8 semaines entre la dose 2 et la dose 3, avec un minimum de 16 semaines entre la dose 1 et la dose 3.

Il n’y a pas de vaccin à ce jour contre l’hépatite C

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Consommation d’aliments Ultra-Transformés : une intoxication de la santé

Vous êtes-vous déjà demandés si le poulet que vous mangez dans les fast-foods et autres restaurants sont du vrai poulet ? Vous êtes-vous déjà posés la question de savoir quel type de sucre est utilisé dans vos sodas, et dans d’autres aliments ? connaissez vous vraiment la composition de vos produits alimentaires ? Tant de questions qu’inconsciemment, nous refusons de nous poser très souvent, tant notre satisfaction gastronomique est notre priorité. Mais s’il est bien de manger et de combler un besoin vital, il est d’autant plus important que nous ayons quand même une idée presque claire de ce que nous ingurgitons et des probables dangers sur notre santé.

La transformation alimentaire regroupe des activités qui concernent la préparation (conditionnement et conservation) ou la fabrication d’aliments. De manière générale, la transformation peut être conçue comme une chaîne regroupant simultanément (ou non) des étapes de préparation et de fabrication. Selon le site Thésaurus de l’activité gouvernementales au Québec, la transformation alimentaire désigne « l’ensemble des opérations qui consistent à fabriquer, à partir de produits agroalimentaires, de produits alimentaires intermédiaires (PAI) ou de nutriments, des produits alimentaires propres à la consommation. Par exemple, l’industrie de la transformation de la viande couvre les activités d’abattage, d’éviscération et de découpe (première transformation), de désossage (deuxième transformation) et de fabrication de produits à plus forte valeur ajoutée tels les fromages, les charcuteries, les aliments prêts-à-servir (troisième transformation) ». En clair, les aliments que nous achetons ou ceux déjà prêts à être consommés subissent plusieurs transformations avant de venir sur le marché. Mais le fait est de constater que loin de subir seulement une simple transformation, nous faisons de plus en plus face à l’ultra-tranformation dans l’industrie agroalimentaire. Nous avons tendance à manger de moins en moins de vrais aliments, mais de plus en plus des ingrédients.

Selon la Radio Canada par exemple, « la consommation d’aliments transformés et sur-transformés a bondi de 136 % au Canada entre 1938 et 2011 ». Cette progression se fait au détriment d’aliments simples. Dans une interview accordée au BibliOBS, Anthony Fardet, spécialiste de la science des aliments et de la nutrition, rappelle d’abord que le concept scientifique de « produit ultra-transformé » est récent. Il a été défini en 2009 par Carlos Monteiro. Il continue pour expliquer qu’un « produit ultra-transformé – et non un « aliment » car ce n’en est plus vraiment un – se distingue tout d’abord par une longue liste d’ingrédients et additifs utilisés essentiellement par les industriels : au-delà de quatre-cinq de ces composés la probabilité d’être en présence d’un produit ultra-transformé est très forte ». Pour le spécialiste donc, ce produit est artificiel. « La part d’aliments naturels est donc très faible ; vous ne trouverez pas dans nos champs de cultures de barres chocolatées. Il est régulièrement enrichi en gras, sucre et sel. Son emballage est souvent coloré, très attractif pour favoriser l’acte d’achat. ». Comme pour renchérir, la Radio Canada informe que « les groupes alimentaires traditionnels ne permettent pas aux consommateurs de reconnaître les aliments ultra-transformés. Dans la section des produits laitiers, par exemple, on peut retrouver le meilleur comme le pire : un yogourt nature minimalement transformé fait de lait, de crème et de culture bactérienne et, à côté, un yogourt ultra-transformé fait de substances laitières, de gommes, de sucre ajouté, de saveurs et d’arômes naturels et artificiels. Des substances laitières, des colorants, des monoglycérides, ça ne pousse pas et ça ne vit pas dans la nature ». Et le site nutrition.fr renchérit pour informer que « contrairement à ce qu’on croit spontanément, les AUT ne se résument pas aux aliments traditionnels de la malbouffe comme les sodas ou les frites. En réalité, les AUT représentent 80% de l’offre actuelle en supermarché, y compris dans les rayons diététique, bio ou « végétarien » (la plupart des steacks végétaux sont des AUT). Ces aliments représentent plus du tiers des aliments consommés. D’après les chercheurs, ils seraient la première cause de mortalité précoce dans les grandes villes ».

Les aliments ultra-transformés sont source de plusieurs maladies pour l’homme
image: Agoravox

Un danger pour la santé

Dans un article récent sur notre site, la nutritionniste Rahmat SOKOINTO : « une alimentation est saine lorsqu’elle est constituée uniquement d’aliments dans leur état naturel. C’est-à-dire sans ajout de produits chimiques comme les colorants, les conservateurs et autres. Ce sont tout simplement des aliments bio. Elles deviennent donc équilibrées quand elles sont composées d’au moins un aliment de chaque groupe d’aliments ». Avoir dans son plat des produits bio et sains, relèvent de plus en plus du parcours du combattant. Les grandes enseignes de supermarchés mettent l’accent de plus en plus, ces dernières années, l’accent sur la composition des produits qu’ils vendent. Tant ils savent les conséquences des produits ultra-transformés sur la santé. Ce que nous dit la nutritionniste Lucrèce Kohossi. Pour elle, les conséquences sont de plusieurs ordres. « D’abord, il y a la perte des nutriments, des vitamines sensibles à la chaleur comme la vitamine C. La transformation exige certains principes comme l’augmentation du sel, comme avec la charcuterie, les jambons. Ça exige de grosse quantité de sel. Ça exige aussi l’ajout de produits artificiels qui s’avèrent pré-cancéreux. Je veux parler des nitrates, des composés pré-cancérigènes qui sont ajoutés. Quand je prends les conservateurs par exemple comme le glutamate qui font la controverse sur le marché » nous rapporte-t-elle.

Manger Sain et Bio

Des propos qui vont aussi dans le sens du spécialiste de la science des aliments et de la nutrition, Anthony Fardet. Parlant des aliments ultra-transformés, il explique qu’Ils sont, pour la plupart, hyperglycémiants, c’est-à-dire qu’ils favorisent l’élévation rapide du glucose dans le sang. « Une consommation régulière de produits ultra-transformés, source de sucres « rapides » (souvent ajoutés) favorise le gain de poids et l’insulino-résistance qui est l’étape prédiabétique. Puis vient le diabète de type 2 : l’ajout de sucre, sel et gras crée une forme de dépendance à ces produits car ces trois composés donnent envie d’y revenir. Or le diabète de type 2 et l’obésité sont les portes d’entrée vers des maladies plus graves comme certains cancers (un sur trois serait lié à une mauvaise alimentation), les maladies chroniques hépatiques (stéatose, stéato-hépatites) et les maladies cardiovasculaires (coronariennes et AVC). Ces produits sont aussi pauvres en fibres et en micro- et phyto-nutriments protecteurs, c’est-à-dire en antioxydants, vitamines, minéraux, oligo-éléments, polyphénols, caroténoïdes. On parle alors de calories « vides ». En clair, nous devons nous méfier des aliments ultra-transformés qui composent nos plats quotidiens. Donner la priorité à des produits bio, et sains. Même si consommer des produits ultra-transformés s’avère de plus en plus inévitable. Dommage !

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Médecine traditionnelle dans le monde : une part importante dans les traitements des maladies

Faire recours à la médecine traditionnelle pour soigner ces maux est une pratique très habituelle et ancienne pour certains peuples du monde comme ceux d’Afrique, d’Asie. Cette pratique très conservée depuis des siècles chez ces populations s’est de plus en plus développée mais aussi répandue à d’autres peuples. Recours ultime pour certains en cas de maladie, moyen rapide, efficace et moins onéreux pour d’autres, la médecine traditionnelle fait tranquillement son chemin et occupe, mieux encore, une place très importante dans la médecine moderne.

Alors que son petit garçon se plaint de fièvre depuis deux jours, dame Akobo débarque chez la vendeuse de tisane de son quartier au sud du Bénin. Elle explique à la vendeuse les maux de son enfant. Fièvre, vomissement de couleur verte, manque d’appétit. Très vite, sans trop discuter, la vendeuse mettra plusieurs racines de plantes dans un sac plastique qu’elle remettra à dame Akobo. La consigne est claire : laver toutes les plantes, les mettre ensemble dans une marmite en terre cuite idéalement et préparer à feu doux. La tisane ne doit pas au cours de sa préparation se renverser dans le feu. Cette tisane, quand elle sera tiède devra être donnée à l’enfant tous les jours pendant 5 jours. « L’enfant doit la boire en guise d’eau désormais. Il souffre de paludisme. En buvant la tisane, il urinera beaucoup, ce qui va contribuer à sa guérison immédiate » explique la vendeuse à la maman. Rassurée, celle-ci s’en ira, pressée de suivre les instructions et de voir la santé de son enfant se rétablir. Avant qu’elle ne se sauve, elle nous expliquera néanmoins qu’elle est venue directement chez la vendeuse parce qu’elle ne disposait pas d’assez de moyens financiers. « A l’hôpital, je dépenserai beaucoup dans les analyses, les injections, les médicaments. Ici, c’est plus allégé. J’ai dépensé 500 fr CFa pour avoir toutes ses plantes » nous témoigne dame Akobo. Quant à la vendeuse, qui n’a aucune notion en médecine mais qui a hérité de ce commerce de sa grand-mère, elle nous expliquera que les symptômes décrits par la maman sont ceux du paludisme. « C’est courant en ces temps de pluie. Je lui ai donc vendu des racines de kinkéliba, de l’alcacia, d’autres pour l’anémie et l’appétit » mentionne-t-elle.

Chez la vendeuse de Dame Akobo
Image: kayamaga

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, la médecine traditionnelle est la somme totale des connaissances, compétences et pratiques qui reposent sur les théories, croyances et expériences propres à une culture et qui sont utilisées pour maintenir les êtres humains en bonne santé ainsi que pour prévenir, diagnostiquer, traiter et guérir des maladies physiques et mentales. Elle est parfois qualifiée de médecine « parallèle ou « douce ». Le Docteur A. définit la médecine traditionnelle en disant qu’elle se rapporte à l’utilisation des plantes (feuilles, racines, écorces) pour soigner des maladies à l’instar des soins modernes, alors que son homologue le Docteur Megninou Brice, médecin en spécialisation de chirurgie générale, dira de ce fait que la médecine traditionnelle est plus ancienne que la moderne. « Cette dernière se base sur des principes thérapeuthiques qui tirent leurs ressources des plantes et organismes (principe actif) » nous informe t’il pour expliquer le lien entre les deux médecines. En abordant aussi dans ce sens, le Dr A. nous dit  que la médecine moderne s’est inspirée de l’ancienne. « Tout est parti de l’utilisation archaïque des plantes pour soigner (anti-douleur, antibiotiques étant les plus connus). Ensuite, d’autres propriétés ont été découvertes soit accidentellement soit en se rapportant au mode de vie des animaux. Les anciens praticiens ont remarqué qu’un animal blessé dans la brousse ne meurt pas pour autant alors que leurs seules nourritures sont les herbes. Ils en ont déduit que les herbes ont des propriétés thérapeutiques ».

Les plantes ont des vertus thérapeutiques
Image: Guide voyage vie

Un complément pour la médecine moderne…

Parlant de la médecine traditionnelle, l’OMS rapporte que « utilisée depuis des milliers d’années, ses praticiens ont beaucoup apporté à la santé humaine, surtout en tant que prestataires de soins de santé primaires au niveau communautaire. Elle reste très populaire dans le monde. Depuis 1990, elle fait une apparition remarquée dans de nombreux pays développés et en développement » toujours selon l’Organisation. À travers le monde, la médecine traditionnelle (MT) constitue soit le mode principal de prestation de soins de santé, soit un complément à ce dernier. Elle constitue un pan important et souvent sous-estimé des soins de santé. Elle existe dans quasiment tous les pays du monde, et la demande de services dans ce domaine est en progression.

Déjà en 2003, l’OMS dans son rapport de la cinquante-sixième assemblée mondiale de la sante rapportait déjà que « pendant la dernière décennie, le recours à la médecine traditionnelle a connu un regain d’attention et d’intérêt dans le monde. En Chine, 40 % environ de l’ensemble des soins de santé relèvent de la médecine traditionnelle. Au Chili et en Colombie, 71 % et 40 % de la population, respectivement, ont recours à la médecine traditionnelle et, en Inde, 65 % de la population rurale utilisent l’ayurveda et les plantes médicinales au niveau des soins de santé primaires. Dans les pays développés, les médecines traditionnelle, complémentaire et parallèle connaissent un succès croissant. Ainsi, le pourcentage de la population ayant eu recours à ces médecines au moins une fois est de 48 % en Australie, 31 % en Belgique, 70 % au Canada, 49 % en France et 42 % aux Etats-Unis d’Amérique. La médecine traditionnelle a également été appliquée au traitement de maladies très graves comme le paludisme ou le SIDA ». Le même rapport explique aussi qu’au Ghana, au Mali, au Nigéria et en Zambie, les plantes médicinales sont le traitement de première intention pour plus de 60 % des enfants atteints de forte fièvre. « Des études menées en Afrique et en Amérique du Nord ont montré que 75 % des personnes vivant avec le VIH/SIDA ont recours à la médecine traditionnelle, exclusivement ou en complément d’autres médecines, pour plusieurs symptômes ou maladies » peut-on lire. Ces chiffres prouvent clairement la place importante qui est donnée à la médecine traditionnelle dans le traitement des maladies dans plusieurs régions du monde.

Tisane de plantes
Image: Internet

Toutefois, plusieurs controverses entourent la médecine traditionnelle surtout quand on parle du dosage et des plantes utilisées. Sur la question des maux dont souffre la médecine traditionnelle, M. T. Professeur en géologie dit qu’il s’agit du dosage et de la portion. « Par exemple pour le cas de dame Akobo, les racines à l’intérieur seules suffisent pour le paludisme. car les concentrations les plus élevées s’y trouvent. Acacia aussi se prépare seule, etc. Donc l’enfant est intoxiqué comme ça » nous dit elle. Pour le Dr A. de son côté, il n’est plus question de s’encombrer de principes actifs sans avoir une idée précise sur son mécanisme d’action; c’est à dire par quelle manière un médicament guéri une maladie. Et donc selon lui, ce détail échappe encore à la médecine traditionnelle. “Les portions utilisées rassemblent beaucoup de principes actifs, alors qu’on sait aujourd’hui que deux principes peuvent s’opposer et s’annuler, comme ils peuvent être toxiques. L’autre difficulté est la quantité à donner pour atteindre le dégré seuil du principe; parce qu’il en faut une quantité pour rester dans la marge d’efficacité sans être toxique” dit il avant de soupirer que telles sont les limites de la médecine traditionnelle. Dans le même sens, le Dr Megninou avancera aussi que “ lorsqu’on ingurgite des tisanes sans connaître le principe actif, sans maîtriser la dose, les contre indications et consorts, On court le risque d’abîmer certaines fonctions vitales du corps à savoir, La fonction rénale (rein),  La fonction hépatique (foie), pour ne citer que celles là. Alors prendre les tisanes à tort et à travers peut devenir très dangereux pour l’organisme quand on connaît le coût financier et humain d’une maladie comme l’insuffisance rénale terminale”.

Face à ces appréhensions, le Docteur Mégninou dira que “la tisane n’est qu’une décoction des plantes utilisée pour la médecine traditionnelle. Ces plantes regorgent de principes actifs qui guérissent. Pour tirer le meilleur de la médecine traditionnelle, Il faut une association entre les deux médecines…. Cela permettra de prendre les recettes de la médecine traditionnelle et en faire des études afin de pouvoir donner les bonnes posologies et doses…Une fois ce travail fait,  Nous pouvons tirer le maximum de la médecine traditionnelle et pourquoi pas,  obtenir des licences pour des remèdes dans nos pays africains.” Vivement!

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Réchauffement climatique : il faut agir maintenant

Les comportements humains ont tôt fait de condamner la nature ces dernières années.  Le changement climatique et ses conséquences ne sont plus des mythes. Tous les pays du monde comme le soulignent les spécialistes, sont des grands témoins des graves répercussions du changement climatique. Les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter et ont plus que doublé depuis 1990. L’heure est donc plus jamais grave et il faut pour la survie de l’homme, passer très tôt de la théorie à la pratique.

La dernière semaine du mois de juin 2019 a vu s’installer en France, une canicule sans précédent. Très vite, les services de météorologies ont annoncé les températures et mis en garde. De 30 °C dès le dimanche 23 juin, ils confirmaient que la chaleur s’accentuera progressivement pour atteindre de 35 °C à 40 °C dans la majorité des régions entre mercredi 26 juin et vendredi 28 juin, avec des températures nocturnes ne descendant pas en dessous de 20 °C. Une canicule sans précédent pour le mois de juin, et ce depuis 1947 selon les experts qui notifiait que la plupart (hormis en 2017) surviennent en juillet et en août. « En juin toutefois, la durée du jour est à son apogée, ce qui rend difficile le rafraîchissement nocturne ; un phénomène amplifié dans les grandes villes, où les surfaces minérales (bâtiments, chaussée…) emmagasinent l’énergie et créent des îlots de chaleur urbaine » explique le prévisionniste à Météo-France, Emmanuel Demaël cité par lemonde.fr.

Outre la France, tous les pays font face depuis quelques années aux conséquences liées au réchauffement climatique. Des pluies torrentielles accompagnées d’inondations hors saison, de fortes chaleurs, etc., constituent le quotidien des humains obligés d’essayer de s’adapter. Déjà, notons que le réchauffement climatique est un phénomène global de transformation du climat caractérisé par une augmentation générale des températures moyennes (notamment liée aux activités humaines), et qui modifie durablement les équilibres météorologiques et les écosystèmes. Pour la plateforme E-RSE, lorsque l’on parle du réchauffement climatique aujourd’hui, il s’agit du phénomène d’augmentation des températures qui se produit sur Terre depuis 100 à 150 ans. Depuis le début de la Révolution Industrielle, les températures moyennes sur terre ont en effet augmenté plus ou moins régulièrement. En 2016, la température moyenne sur la planète terre était environ 1 à 1.5 degrés au-dessus des températures moyennes de l’ère préindustrielle (avant 1850). Les experts de ladite plateforme diront ensuite que « de façon plus précise, lorsque l’on parle du réchauffement climatique, on parle de l’augmentation des températures liées à l’activité industrielle et notamment à l’effet de serre : on parle donc parfois du réchauffement climatique dit « d’origine anthropique » (d’origine humaine). Il s’agit donc d’une forme de réchauffement climatique dont les causes ne sont pas naturelles mais économiques et industrielles ». La déforestation, la production d’énergie électrique, le chauffage, l’élevage sont donc autant de causes du réchauffement climatiques. Les conséquences ne sont de ce fait, pas des moindres. C’est la météo qui est la plus touchée et donc les conditions humaines.

Ce qui tue notre environnement
Image: conversation

Plantons des arbres

Planter un arbre, c’est planter une vie !  C’est l’adage populaire qui démontre l’importance de l’arbre célébré le 1er juin de chaque année. Face au réchauffement climatique dont l’une des 1ères conséquences est la déforestation, il urge de trouver des solutions pratiques. La plateforme E-RSE préconise que « Pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut avant tout réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour cela, le premier moyen est de se tourner vers les énergies renouvelables et d’éviter les énergies fossiles. Mais il faut aussi réduire sa consommation énergétique, éviter le gaspillage alimentaire, mieux se nourrir en évitant les produits qui ont une trop grosse empreinte carbone, optimiser l’utilisation des ressources ». De son côté, ‘’Idées pour le développement’’ tout en expliquant que « les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur de l’agriculture représentent 24 % des émissions mondiales. Elles sont principalement causées par la déforestation à des fins agricoles, l’élevage à travers la fermentation entérique des ruminants et le stockage des effluents, et l’utilisation d’engrais de synthèse » dit pour rejoindre E-RSE que « ce n’est qu’avec la contribution de l’agriculture que l’augmentation de la température mondiale peut être contenue sous le seuil critique des 2 °C. L’agriculture est une des seules activités humaines capables, avec la sylviculture et l’aquaculture, de fixer le carbone ».

Planter des arbres serait une solution contre le réchauffement climatique
Image: Idées pour le Développement

Des pays ayant très vite compris, ont décidé avec chiffres à l’appui de freiner le réchauffement climatique et de mettre en pratique les solutions idoines. C’est le cas de l’Australie qui a annoncé un vaste programme visant à planter un milliard d’arbres d’ici 2050. Annoncé en février 2019 par son Premier ministre Scott Morrison, la revue futura-sciences nous informe que « l’objectif est de capturer 18 millions de tonnes de carbone supplémentaires d’ici 2030 pour se rapprocher des objectifs des accords de Paris, qui prévoit une réduction des émissions de 26 à 28 % pour le pays par rapport au niveau de 2005 ». Le pays fait pour l’instant figure de mauvais élève, avec des émissions annuelles de 500 millions de tonnes qui ne cessent de grimper malgré les déclarations d’intention notifie le site. Planter des arbres serait donc pour tous les pays comme le moyen le plus efficace de sauver encore notre planète. Agissons donc maintenant !

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Lutte contre le paludisme en Afrique : le chemin reste long

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) est ferme sur le sujet. Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique. Maladie infectieuse due à plusieurs espèces de parasites appartenant au genre Plasmodium, le parasite est transmis à l’homme par la piqûre de moustiques infectés. Des précautions sont prises par les organisations pour lutter contre cette maladie qui tue plus que le sida surtout en Afrique. En cette période de saison pluvieuse dans plusieurs pays du continent, il est important de revenir sur cette maladie, parler des causes, des symptômes, des conséquences, du traitement et des moyens de prévention.

Dans cette clinique privée située au centre-ville de Cotonou au Bénin, le service pédiatrie est débordé en ce jeudi matin de juin. Entre les cris d’enfant, les prises de température, les injections, le pédiatre nous explique que son service fait face à plus de cas de paludisme chez les enfants ces derniers jours. « C’est normal avec la saison des pluies qui a démarré. Il y a des eaux stagnantes partout et dans les maisons. C’est là où les moustiques se développent. Les enfants et les femmes enceintes sont plus vulnérables. On essaie de gérer comme chaque année à la même période » affirme t’il. Et pour raccompagner les mamans qui ont finit les traitements du jour, le service de pédiatrie leur offre une moustiquaire imprégnée pour la prévention de la maladie.

Des chiffres alarmants…

Selon l’OMS, cette maladie cause aux alentours d’un million de victimes par an dans le monde. Environ 40% de la population mondiale est exposée à la maladie et 500 millions de cas cliniques sont observés chaque année. Le 19 novembre 2019, l’Organisation publiait son rapport annuel sur le paludisme. L’un des objectifs essentiels de la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 consiste à « réduire les cas et les décès dus au paludisme » d’au moins 40 % d’ici à 2020. Mais avec ce dernier rapport, il est clair que cet objectif ne sera pas atteint.

Maladie parasitaire. potentiellement mortelle. 90 % des cas en Afrique. transmise par le moustique ANOPHELES. le soir et la nuit.

En effet, selon l’organisation mondiale de la santé, en 2017, 219 millions de cas ont été recensés, tandis que le paludisme a causé la mort de 435 000 personnes cette année avec un fort taux pour l’Afrique. L’OMS estime que « L’Afrique subsaharienne représente toujours une part disproportionnée de la charge mondiale du paludisme. En 2015, cette région enregistrait 90% des cas et 92% des décès dus à cette maladie ».

Le paludisme selon l’OMS, est causé par des parasites du genre Plasmodium qui sont transmis par les piqures de moustiques vecteurs infectés appartenant à l’espèce anophèles. Parmi les 5 espèces de parasites causant le paludisme chez les êtres humains, Plasmodium falciparum est le plus dangereux. Rejoignant l’OMS, l’institut pasteur dira que le paludisme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle. L’institut continue pour expliquer les manifestations cliniques de cette maladie. Ainsi, le paludisme débute par une fièvre 8 à 30 jours après l’infection, qui peut s’accompagner – ou non – de maux de tête, de douleurs musculaires, d’un affaiblissement, de vomissements, de diarrhées, de toux. Des cycles typiques alternant fièvre, tremblements avec sueurs froides et transpiration intense, peuvent alors survenir : c’est  » l’accès palustre ». La périodicité de ces cycles dépend de l’espèce de parasite en cause, et coïncide avec la multiplication des parasites et l’éclatement des globules rouges, qui conduit également à l’anémie. Le paludisme engendré par P. falciparum peut être fatal s’il n’est pas traité. Dans certains cas, les globules rouges infectés peuvent obstruer les vaisseaux sanguins irriguant le cerveau : c’est le neuro-paludisme, souvent mortel.

Des plants d’artemisia
Photo: observateurs france 24

Des méthodes traditionnelles pour en guérir ?

En 2015, environ 303 000 enfants africains sont morts du paludisme avant leur 5ème anniversaire selon l’OMS. Dans son rapport 2017, l’organisation dit que « 80% des cas de paludisme en 2017 sont concentrés en une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne et l’Inde. 47 % du nombre total de cas sont situés dans quatre pays du continent : le Nigeria (25%), la République démocratique du Congo (11%), le Mozambique (5%) et l’Ouganda (4%) ». Mais plus encore, six pays africains réunissent 49 % des décès dus à la maladie. Le Nigeria (19 %), la République démocratique du Congo (11 %), le Burkina Faso (6 %), la République-Unie de Tanzanie (5 %), la Sierra Leone (4 %) et le Niger (4 %).

Face à ces chiffres alarmants et du fait de la non disponibilité à l’heure actuelle d’un vaccin contre cette maladie, des voies et moyens sont mis en place pour mettre un frein à la maladie. Si dans les laboratoires, des médicaments sont chaque jour prouvés pour traiter la maladie, plusieurs pays notamment de l’Afrique, de l’Asie font recours au traitement naturel c’est-à-dire par les plantes. L’une de ses plantes est l’Artemisia Annua. Elle est utilisée en médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2 000 ans. On l’utilise sous forme de tisane ou en poudre, car ses feuilles et ses tiges ont la capacité de combattre la fièvre, de repousser les moustiques et, d’après l’Institut de recherche et de développement (IRD), elle peut prévenir le paludisme et même permettre la guérison. Dans un reportage des observateurs de France 24 sur cette plante, il est qu’il s’agit d’une plante qui pourrait mettre fin à l’épidémie mondiale de malaria. Selon eux, « Aujourd’hui, de nombreuses associations sont convaincues que l’artemisia est une plante qui, utilisée toute entière, pourrait éradiquer la maladie. Efficace, facile à cultiver et à transformer, elle serait un remède adapté aux problématiques du continent africain : pauvreté, accès limité aux centres de soin et aux médicaments, très couteux. ».

Dormir sous moustiquaire imprègnée permet de lutter contre le paludisme
Photo: Jeune Afrique

Mais la guérison par cette plante reste controversée par l’Organisation Mondiale de la Santé. Selon smart plante, « l’Organisation ne recommande pas l’artémisinine seule et sous sa forme naturelle mais une version de la molécule de synthèse avec une molécule de médicaments comme l’amodiaquine ou le méfloquin ». La prévention de la maladie par des gestes utiles comme dormir sous moustiquaire imprégnée reste la meilleure solution pour lutter contre cette maladie.

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Droit à l’avortement en Afrique : non, n’en parlons pas !

En ce samedi 18 mai 2019, le festival de Cannes a connu une montée des marches particulière. Outre les grandes stars qui foulent le tapis rouge, ce sont des militantes des droits des femmes pour l’avortement qui ont aussi emprunté les marches du palais des festivals. Un foulard vert à la main, elles ont brandi une banderole en espagnol réclamant le droit à l’avortement ‘’sur et gratuit’’.  Des grands noms du cinéma tels que l’actrice Pénélope Cruz ont apporté leur soutien au mouvement. Et pour cause, le sujet est délicat. Le droit à l’avortement reste un épineux problème pour nombres de femmes dans le monde. Si sous d’autres cieux, c’est un droit reconnu, en Amérique latine et surtout en Afrique, les femmes n’osent même évoquer publiquement le sujet. Mais elles se livrent à des avortements clandestins avec toutes les conséquences liées à cet acte.

La Tunisie, l’Afrique du Sud, le Cap-Vert et le Mozambique sont les pays de l’Afrique à légaliser l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Dans les autres pays, la situation reste bloquée. Si certains pays dans leur code pénal acceptent partiellement l’IVG notamment si ça permet de sauver la vie de la femme en danger, ou pour protéger sa santé physique, dans d’autres comme l’Angola, l’Egypte, le Sénégal, la Mauritanie, etc. l’interdiction, elle est totale sans exception légale explicite. Alors que selon des chiffres publiés par l’Institut Guttmacher en mars 2018, le nombre d’avortements provoqués chaque année en Afrique est estimé à 8,2 millions au cours de la période 2010-2014 en hausse par rapport aux 4.6 millions estimés annuellement en 1990-1994, en raison principalement de la croissance de femmes en âge de procréer. Du côté de l’Organisation Mondiale de la Santé on parle de 6 millions d’avortements estimés chaque année à travers le continent dont seulement 3% se font dans des conditions médicalisées et sures pour les femmes. Malgré ces chiffres alarmants, le sujet sur l’IVG reste tabou et celles qui le font clandestinement refusent d’en parler ou le font dans le secret.

Les chiffres de l’institut Guttmacher

Un récit effroyable…

Tel le cas de dame A. Dorcas qui nous fait le récit de son vécu. C’était le jeudi 02 octobre 2014 nous raconte-t-elle. Elle venait d’apprendre il y a trois jours qu’elle était enceinte après avoir effectué un test de grossesse à la pharmacie. « J’avais des signes de grossesse. La fatigue, le vomissement. J’ai décidé de faire le test et c’était positif. Mon copain et moi, on venait de se rencontrer. On n’avait pas les moyens financiers et mes parents n’accepteraient jamais ma grossesse surtout que j’étais encore sur les bancs de l’école. J’ai donc informé mon copain et ensemble, on a décidé de faire une IVG. Trouver le gynécologue a été le plus difficile. Je suis passée par des copines qui l’avaient déjà faite. On m’a donné des contacts et finalement j’ai pu trouver un. Il m’a dit être gynécologue dans un des hôpitaux publics du pays et qu’il ne pratiquait cette opération que très tôt le matin. On a donc pris le rendez vous pour le jeudi à 6h. Ce jeudi-là, mon copain m’a amené. Le monsieur est venu dans une voiture et nous a conduis sur les lieux. C’était dans une maison où sur les murs de la maison, il est juste écrit clinique. Une dame avec un enfant au dos, nous a accueillis. Je suis rentrée dans une salle et mon copain a reçu l’ordre de rester au dehors. Sans préambule, on m’a injecté une solution qui m’a mis dans les vapes. Je ne dormais pas. Mais je ne sentais plus rien. J’ai vu la dame apporter des instruments. Tout en papotant entre eux, j’ai senti une petite douleur. J’ai crié mais la dame m’a mis un pagne dans la bouche pour étouffer mes cris. Ça a été ainsi pendant 10 minutes au plus. Après on m’a essuyé, appelé mon copain et il a acheté des médicaments. Le monsieur a donné les instructions sur comment je devais les prendre et nous a remis un autre sac plastique noir. Nous sommes rentrés. C’est arrivé à la maison que j’ai compris que ce second sac plastique contenait les résidus de l’IVG que je viens de faire. On l’a enterré la nuit-là. Je me suis sentie mieux physiquement quelques jours après. Mais cet acte m’a marqué à vie » finit -elle dans les larmes.

En Afrique du Sud : Plus d’un million d’enfants avortés en 15 ans source photo: FSSPX.News

Dame Dorcas est aujourd’hui mère d’un petit garçon toujours avec son copain devenu son mari. Si elle a eu la chance de s’en sortir, ce n’est pas le cas de dame Paola qui après son avortement a fait face à une hémorragie interne. Ayant subi son IVG sans informer ni ses parents ni des amis à elle, dame Paola fera face quelques heures après son opération à un écoulement abondant de sang. Alarmée, sa mère la conduira à l’hôpital où elle subira finalement un lavage en bonne et due forme. Les représailles, elle en connaitra pendant de longues années. D’abord, son histoire sera sue de son entourage qui l’indexera à chacun de ses passages, son copain la laissera et elle vivra pendant longtemps dans la peur d’avoir un autre enfant un jour. « Je connais des gens qui n’ont plus fais d’enfant après une IVG. Elles en ont subi qu’une et d’autres ont des enfants malgré leurs multiples avortements » nous confie t’elle soulagée d’être enfin enceinte actuellement.

Des conséquences très graves…

L’Institut Guttmacher est formel là-dessus. C’est en Afrique que le nombre d’avortements non sécurisés est le plus élevé (3 sur 4) avec les plus forts risques de décès soit 4,7 à 13,2% des décès maternels et un taux de 520 décès sur 100 000 avortements à risques.  L’Institut en parlant des complications liées à un avortement non médicalisé parle d’avortement incomplet, la perte excessive de sang et l’infection. Dans le même sens, le Docteur en spécialisation de gynécologie obstétrique Hermionne Ahounou dit qu’en partant du fait que ce ne soit pas légalisé, tous les avortements sont considérés comme clandestins. « Maintenant réalisé dans des conditions non adéquates et par un personnel non qualifié, les risques sont multiples allant des risques hémorragiques à ceux infectieux pouvant conduire à la mort et aussi les risques d’atteinte à la fertilité ultérieure. Sans oublier les conséquences psychologiques » renseigne-t-elle. Le Docteur nous rappellera toutefois qu’on parle d’avortement quand il y a sortie du produit de conception avant le terme de viabilité qui est 22 semaines d’aménorrhée (SA) dans les pays développés mais 28 SA dans les pays en voie de développement. Et « une IVG doit se pratiquer par un spécialiste qui en fonction du terme de la grossesse décide de la méthode adaptée » ajoute-t-elle. Parce que les méthodes diffèrent.

Une IVG clandestine comporte de graves conséquences pour la femme

Pour plusieurs femmes que nous avons interrogées, elles refusent de parler d’avortement tant qu’elles n’ont pas été voir un médecin pour subir une IVG. « J’ai pris des médicaments un mois après la disparition des mes règles et c’est revenu. Ce n’est pas un avortement à proprement parler » nous confie dame Geneviève alors que sa copine à côté nous raconte avoir pris des tisanes et insérer une tisane fait en boule dans l’utérus pour faire couler le sang. Pour chaque IVG clandestine, les méthodes diffèrent. Elles sont plusieurs à nous confier avoir pris aussi des boissons très amères et parfois chauffées pour interrompre leur grossesse. La gynécologue catégorique dit que ce ne sont pas des méthodes décrites et recommandées. Elle insistera aussi pour dire que la ‘’sédaspir’’ ni la ‘’quinine’’ ne sont pas des méthodes contraceptives ni des pullules du lendemain.  Pour elle, c’est la patiente en concertation avec son partenaire et son gynécologue qui choisit la méthode contraceptive la plus adaptée pour elle.

En Afrique et dans certains pays de l’Amérique Latine qui sont des pays en voie de développement et surtout où les lois de la religion sont très présentes et pratiquées, il est difficile de faire passer la loi sur le droit à l’avortement. L’issue prendra du temps mais en attendant, des femmes continuent de mourir en pratiquant l’avortement clandestin sous le regard de tous.

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Santé/Conjonctivite:la bête noire des yeux?

Nous avons tous eu, un ami à l’école qui est venu un matin avec l’œil rouge, un mouchoir sur les yeux et dont on ne devait pas s’approcher parce qu’il avait « apollo ». Non, pas vous ? En tout cas, même si ce n’était pas à l’école, nous avons tous vécu, de près ou de loin, l’expérience des conjonctivites. Mais quelle est cette maladie ? D’où vient-elle et comment l’éviter ?

Les conjonctivites : qu’est-ce que c’est ?

Une conjonctivite est une inflammation localisée de la muqueuse conjonctivale (la partie blanche de l’œil). Elle peut atteindre un ou les deux yeux en fonction du facteur en cause.

Une conjonctivite est à l’origine chez la personne atteinte de plusieurs signes que le médecin regroupe sous le nom de syndrome conjonctival. On retrouve dans ce syndrome :

-l’hyperhémie conjonctivale ou œil rouge

-les sécrétions conjonctivales : l’œil coule et a tendance à coller vos yeux le matin

-un chémosis qui correspond à un œil qui gonfle

-des suffusions hémorragiques : ce sont de petits saignements de la muqueuse.

Le patient peut aussi ressentir des symptômes tels que le picotement, la sensation de grains de sable, la peur de la lumière. D’autres signes plus complexes et/ou discrets seront repérés par le médecin lors de son examen (car oui, il faut voir un médecin quand on a l’œil rouge !). Il pourra ainsi identifier, en s’aidant d’examens paracliniques si nécessaire, la cause de la conjonctivite.

Mais attention, tous les yeux rouges ne sont pas des conjonctivites ; seul un médecin pourra vous confirmer ce diagnostic.

Est-ce contagieux docteur ?

Oui et non. Tout dépend de ce pour quoi vous vous retrouvez avec cette pathologie. En effet, il n’existe pas un seul type de conjonctivite : c’est une maladie avec plusieurs étiologies (entendez par là tout simplement cause. Ils ne font et ne disent rien simplement ces médecins) et toutes les étiologies ne sont pas transmissibles. Ainsi, une conjonctivite peut être due à :

-une bactérie : conjonctivites bactériennes

-des virus : conjonctivites virales

-la particularité génétique de chaque personne : les conjonctivites allergiques.

Les deux premiers types de conjonctivites sont généralement contagieuses, le deuxième encore plus.

  • La conjonctivite bactérienne

Elle survient à cause de bactéries comme le staphylocoque, le streptocoque, le pneumocoque. Elle est contagieuse.

Un type particulier (et grave) est la conjonctivite à Chlamydia, une maladie sexuellement transmissible (oui, c’est bizarre mais ça arrive.). Le manque d’hygiène est souvent incriminé.

  • Les conjonctivites virales

Elles sont très fréquentes, très contagieuses et surviennent par épidémies. Elles font partie des conjonctivites qui atteignent les deux yeux.

Parmi les virus responsables de ces conjonctivites, on retrouve :

-les adénovirus (c’est la conjonctivite dite Apollo au Bénin)

-les virus des infections éruptives : rougeole, rubéole, herpès

  • Les conjonctivites allergiques

Elles sont fréquentes, aigues ou chroniques mais surtout récidivantes (les pestes !) tant que persiste le contact de l’allergène. Cet allergène varie en fonction de chaque individu mais parmi les plus retrouvés, nous pouvons citer : les cosmétiques (ce cher mascara), la poussière, les plumes, les moisissures, certains médicaments, les produits professionnels (la farine chez certains boulangers, c’est drôle non ?).

Un traitement doit être prescrit par un médecin
image: internet

Et c’est grave docteur ?

A priori non. Bien traitée, les conjonctivites ont une évolution favorable en 08 à 15 jours en fonction de l’étiologie. Non traitée, elle peut évoluer vers une kératite (inflammation de la cornée), des abcès cornéens voire la cécité. La cécité est d’autant plus probable s’il s’agit d’une conjonctivite à Chlamydia.

J’ai une conjonctivite : que faire ?

Déjà non, vous n’avez pas une conjonctivite. Vous présentez des signes qui pourraient faire penser à une conjonctivite mais c’est le médecin que vous verrez en raison de cet œil rouge et larmoyant qui vous dira qu’il s’agit (ou non) d’une conjonctivite. Une fois son diagnostic posé, il vous prescrira, en fonction de votre cas :

-des collyres antiseptiques

-des collyres antibiotiques

-un collyre anti-inflammatoire

-des anti-viraux/fongiques

-un anti-histaminique

Alors devant un œil rouge, nous vous conseillons de :

-étape 1 : consulter un médecin dans les meilleurs délais

-étape 2 : suivre les prescriptions du médecin de façon rigoureuse

-étape 3 : assurer une hygiène convenable (surtout des mains)

-étape 4 : revenir au rendez-vous du médecin même si vous allez mieux

Les conjonctivites sont des affections bénignes, très fréquentes, relativement contagieuses. De traitement simple et facile, elles peuvent néanmoins être sujettes à des complications importantes notamment la perte définitive de la vision d’où la nécessité de la traiter correctement. Mais le meilleur moyen de la guérir reste de l’éviter en ayant une bonne hygiène et en s’éloignant de ceux qui portent une conjonctivite contagieuse (haha).