Opinion / Covid19 : 10 mesures d’urgence pour sauver le tissu économique en pleine pandémie du Covid-19 au Bénin

Par le 22/04/2020 0 98 Views

Depuis quelques mois le monde est confronté à une crise sanitaire sans précédent avec l’apparition du Covid-19 et son évolution inquiétante. A ce jour, selon l’Organisation mondiale de la santé, 198 pays sont touchés et plus de la moitié de la population mondiale est confinée. Le virus a infecté plus de 1 210 956 personnes dans le monde et fait plus de 67 594 décès. Il a ainsi causé un ralentissement de la libre circulation des personnes et des biens et, a entraîné une contraction des économies, la banqueroute de nombreuses entreprises, une hausse du chômage et un accroissement de la dette globale. La résilience des économies du monde est plus que jamais éprouvée.

 

Nous partons du principe que notre économie (au Bénin) ne survivra à la crise que si conjointement aux mesures sanitaires prises d’autres assurant le maintien des entreprises en activités le sont aussi. Il est primordial que les opérateurs économiques et commerçants soient en bonne santé et qu’ils continuent de générer des recettes, de s’approvisionner en intrants et de continuer à honorer leurs engagements vis-à-vis de leurs partenaires que sont les employés et prestataires. Lorsqu’on sait qu’en moins de 90 jours, 81% des entreprises pourraient mettre la clé sous le paillasson en cas d’absence de recettes, il urge d’éviter une crise aux conséquences multiples.

Le cabinet T-Ventures propose 10 mesures d’interventions les plus urgentes qui suivent :

  • Un moratoire jusqu’à juin 2020 inclus sur le paiement des impôts, taxes et cotisations pour les PME/PMI, commerçants et artisans qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • La subvention de la charge salariale pour une période de 3 mois aux entreprises ne pouvant pas financer le redéploiement de son personnel en chômage technique ayant une existence juridique de plus de 3 ans et qui sont à jour dans leurs déclarations au 31 décembre 2019 ;
  • L’apurement des arriérés aux entreprises dans les secteurs les plus touchés par la crise, notamment : l’industrie hospitalière (hôtellerie, tourisme et restauration), l’agro-alimentaire et l’industrie, le commerce et le numérique/les télécoms ;
  • La mise en application par les institutions de crédit les directives de la BCEAO : des taux d’intérêt proportionnels au nouveau taux directeur de 2.5%, le report de crédits de 3 mois renouvelables une fois sans charge d’intérêt, ni frais, ni pénalités de retard aux entreprises qui le sollicitent
  • Le renforcement de la fibre optique afin d’améliorer la connectivité et la révision à la baisse de la grille des frais téléphoniques et d’Internet au regard d’un accroissement de l’usage du téléphone mobile et pour favoriser le télétravail, booster le marketing et la communication digital, et promouvoir la formation/l’apprentissage à distance ;
  • Le maintien du calendrier des marchés publics pour le trimestre dans les secteurs concernés afin de permettre aux entreprises locales de maintenir des flux de trésorerie ;
  • La création d’un fonds d’urgence de soutien aux PME/PMI ;
  • La dotation du Fonds d’aide à la solidarité nationale de fonds affectés pour la prise en charge des artisans et commerçants de l’informel atteints par la pandémie sur le plan alimentaire et sanitaire pour une période de trois mois et le don de kits d’urgence médicale aux femmes comprenant 3 masques, du paracétamol, un désinfectant, des vitamines, du Vick’s et des images des mesures de protection contre la pandémie en français et langue locale ;
  • La revue des chaînes d’approvisionnement en faisant un usage des transports publics pour qu’ils servent à ramener les produits des jardins/champs/fermes plutôt que de laisser les commerçants de déplacer à travers plusieurs communes pour s’approvisionner ;
  • La promotion des paiements via portemonnaie électronique. Toutefois malgré les incitations pour favoriser les transactions mobiles, 48% des répondants ne font pas un usage plus accru des services financiers digitaux principalement parce qu’ils estiment que ces services ne sont pas pratiques (55%), qu’ils ne disposent pas de portemonnaie électronique (17%) ou que ces services ne sont pas fonctionnels pour la plupart du temps (13%). Il est donc opportun qu’une campagne de communication menée par le gouvernement et les GSM amène à un changement de comportement.

En somme, chacun d’entre nous est responsable de soi-même, de sa famille et de sa communauté. Respections les mesures d’hygiène et les gestes de barrière et ne manquons pas d’éduquer nos communautés pour sauver autant de vies que possibles. Acquittons-nous de nos obligations fiscales, administratives et sociales dans la mesure du possible car l’économie doit continuer de tourner. Et enfin, partageons de notre temps et de nos ressources pour venir à bout de cette pandémie.

 

Par Yacine Bio Tchané, économiste et associée-gérante du cabinet T-Ventures

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo