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La pollution atmosphérique, cette menace qui pèse sur nos villes

Pendant que le monde fait face à une nouvelle pandémie qui fait des ravages et qui préoccupe toutes les nations, les scientifiques attirent l’attention des uns et des autres sur une autre crise qu’ils jugent plus dangereuse. Il s’agit de la pollution atmosphérique. Ce fléau est en grande partie observé en milieu urbain où plus de la moitié de l’humanité vit. Les conséquences de ce phénomène peuvent être préjudiciables à l’environnement, à l’économie et à la santé humaine.

La pollution atmosphérique est définie comme étant une détérioration de la qualité de l’air, induite par l’émission de divers types de polluants (chimiques, physiques ou biologiques). Ces polluants une fois diffusés dans l’air, sont acheminés sur de grandes distances. Cette propagation est favorisée par les phénomènes naturels tels que le vent, la pluie, etc. Certains parmi eux sont soumis à des modifications physico-chimiques sous l’effet de la chaleur, de l’humidité et de la lumière.

La pollution de l’air en milieu urbain est provoquée principalement par le transport, les industries, l’usage des combustibles fossiles (charbon, pétroles, etc.), l’incinération des déchets ménagers et les diverses activités des foyers domestiques. En réalité, le transport et les industries contribuent en grande majorité à cette pollution. Ainsi, des polluants tels que l’oxyde d’azote, le monoxyde de carbone, le dioxyde de souffre et les particules contenues dans les gaz d’échappement sont rejetés dans l’atmosphère à travers la circulation routière et le fonctionnement des usines de fabrication et de production d’électricité. Le brûlage des ordures ménagères est à l’origine de la présence dans l’air des matériaux lourds et des acides chlorhydriques (Hcl). Aussi l’ignition des combustibles fossiles pour la cuisine, l’éclairage et le chauffage, l’utilisation de certains produits ménagers ainsi que la climatisation concourent à l’émission des composés organiques volatils (COV) dans la nature. Par ailleurs, la pollution de l’air se manifeste par l’apparition de particules fines et d’épais brouillard de fumée qui se forment au-dessus des villes et qui est connus sous le nom de smog.

Un tueur silencieux

Que ce soit à court ou à long terme, l’exposition aux polluants présents dans l’atmosphère a des effets significatifs sur la santé des populations. Les effets sanitaires les plus observés sont les affections respiratoires (pneumonies, crise d’asthme) et les maladies cardio-vasculaires. On constate également des cancers de poumons, des problèmes liés au sang et des conjonctivites. Ces différentes pathologies se soldent pour la plupart du temps par le décès des personnes affectées. Selon une nouvelle étude publiée dans la revue de la Société européenne de cardiologie et rapportée par Les Echos « la pollution atmosphérique provoque chaque année le décès prématuré de 8,8 millions de personnes. C’est 19 fois plus que le nombre de morts par an du paludisme, 9 fois plus que le Sida et près de 3 fois plus que l’alcool ».

Cette pollution créée des conséquences pour l’homme
Image: Tegoya

Ce chiffre est d’ailleurs supérieur à celui avancé par l’OMS. Ce qui dénote de la gravité du phénomène. Il faut également noter qu’à l’échelle mondiale, ce fléau raccourcit de 3 ans en moyenne l’espérance de vie des populations. Les personnes les plus vulnérables à ce type de pollution sont les personnes âgées, les femmes enceintes, les enfants et les malades.

L’environnement est également touché par la pollution atmosphérique. Elle agit sur le développement des plantes et empêche de ce fait, le processus de photosynthèse. Ce qui bloque le mécanisme de purification de l’air par les végétaux. En outre, les polluants qui s’accumulent dans l’atmosphère impactent la stabilité du climat et entraînent le réchauffement climatique, les pluies acides et la destruction de la couche d’ozone. Ils altèrent également la qualité des matériaux (fer, ciment, verre) utilisés pour la construction des bâtiments. Quant à l’économie, les smogs urbains qui provoquent des troubles de la vision peuvent conduire à l’augmentation du nombre de personnes absentes au travail et de la hausse des frais liés aux soins sanitaires.

Mieux respirer en ville

Réussir à limiter la pollution atmosphérique en milieux urbain est une affaire de tous. À travers différentes actions visant à diminuer l’émission des polluants dans l’air, les pouvoirs publics s’engagent de plus en plus dans la lutte contre la pollution et espèrent ainsi améliorer la qualité de l’air respirer en ville. D’ailleurs, comme l’explique l’ONU « la plupart des sources de pollution de l’air extérieur en milieu urbain ne sont pas du ressort des personnes et exigent l’intervention des municipalités, ainsi que des décideurs nationaux et internationaux afin de promouvoir des modes de transport plus écologiques, une production d’énergie plus efficace et une bonne gestion des déchets ». Cependant, cette lutte n’est pas uniquement celle des États et des industriels. L’Association pour la Santé et la Condition Physique Ascop sur son site, affirme que « sensibiliser davantage le public à des interventions relativement simples telle que l’amélioration des réchauds de cuisine et l’utilisation des transports publics plutôt que de la voiture peut conduire à une action publique pour réduire les sources de pollution de l’air aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur dans les environnements urbains, et à obtenir ainsi des gains importants sur le plan de la santé ».

Si toutes ces mesures de lutte sont mises en place et sont respectées par les différentes parties, les chercheurs estiment que d’ici les 20 prochaines années, la pollution de l’air ne constituerait plus un problème pour nos villes. Pour l’instant, nous pouvons nous réjouir des progrès qui sont effectués dans la lutte contre ce fléau.

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