MORT DE GEORGE FLOYD SOUS LE GENOU D’UN POLICIER BLANC : RACISME OU CRUAUTE HUMAINE

Par le 29/06/2020 0 160 Views

Lundi 25 mai, George Floyd, Noir-américain de 46 ans, est mort sous le genou d’un policier blanc lors de son arrestation par des éléments de la police de Minneapolis. La vidéo de son asphyxie, alors qu’il répétait à l’agent dont le poids pesait sur son coup “je ne peux plus respirer”, a fait le tour du monde. Les jours qui ont suivi, un mouvement inédit de protestation a embrasé plusieurs pays du monde, des Etats-Unis en Afrique en passant par l’Europe, avec pour slogan « black lives matter » (les vies des noirs comptent) pour dénoncer ce qui est vu comme un racisme. Mais, tuer un être humain de sang-froid, fût-il d’une race qu’on prétend être inférieure à la sienne relève d’une cruauté digne d’un sauvage.

« S’il vous plaît, je ne peux plus respirer. Ils vont me tuer», « Mon ventre me fait mal, j’ai mal au cou. J’ai mal partout ». Rapportés par les médias, ce sont-là les derniers mots prononcés par George Floyd avant de rendre l’âme sous le genou du policier blanc l’ayant plaqué au sol. Avant de rendre son dernier souffle, il a même supplié ce dernier et son collègue de lui donner de l’eau. Cette pression asphyxiante a duré 8 minutes et 46 secondes avant que George suffoque. A aucun moment, ce policier n’a jugé nécessaire de soulever ne serait-ce qu’une tierce son genou pour permettre à sa victime de respirer un coup. Floyd n’était pourtant plus une menace. Car, Derek Chauvin, son meurtrier, était entouré par trois autres de ses collègues tous armés.

Pour qualifier cet acte ignoble, toutes les voix parlent de racisme. Le racisme, selon la définition, est « une idéologie qui, partant du postulat de l’existence de races au sein de l’espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d’autres. Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres ». Pour Le Petit Larousse, au sens strict du terme, le racisme est une « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » », et au sens large du terme, « une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ». Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences. En vérité, ainsi défini, le racisme est plutôt un système promu par des hommes et des femmes foncièrement cruels. George Floyd a été victime de cruauté et Derek Chauvin n’en est que le prototype.

Le racisme, une cruauté voilée

Dans son sens le plus courant, la cruauté se rapporte à un jugement moral blâmant un individu imposant de fortes souffrances inutiles, et parfois prolongées dans le temps, à un autre individu humain ou animal qui peut en garder un traumatisme durable. Comme s’il avait lu un ouvrage sur le mode d’emploi de la cruauté, Derek Chauvin y est allé exactement comme décrit dans cette définition. Dans un article publié sur linternaute.com le 09 juin 2020, Fabien Dabert rappelle la scène. « Les images montrent une arrestation très brutale effectuée par 4 policiers. L’un d’eux, Derek Chauvin, apparaît agenouillé sur le cou de George Floyd, alors que celui-ci est plaqué au sol, durant plusieurs minutes. »

Le sociologue Michel Wieviorka le rappelle d’ailleurs, « un trait courant de la cruauté se traduit par la volonté du bourreau de traiter ses victimes d’une « manière inhumaine qui les chosifie, ou les animalise, en tout cas les extraie de l’humanité (…) il faut bien marquer une distance absolue avec lui, s’autoriser à le concevoir comme n’étant pas de la même espèce que soi-même (…) C’est en faisant de l’autre un non-homme, un non-sujet, un être déshumanisé puisque pouvant être avili et détruit comme un objet ou un animal, c’est en étant cruel que l’on peut se vivre comme restant soi-même un être humain ». » Ainsi, continue-t-il, plus la victime est avilie dans sa dignité, plus cela aiderait le bourreau à s’éloigner du poids de la faute. La victime, dégradée de toute humanité, est transformée en pur objet ludique soumis à la volonté du bourreau qui veut, inconsciemment, s’affranchir de toute culpabilité envers un individu qui cesse d’être un sujet moral.

Ce portrait de l’homme cruel convient parfaitement à Derek Chauvin à travers son attitude affichée sur la vidéo montrant l’arrestation suivie de la mort de George Floyd. Le racisme est en réalité une cruauté humaine camouflée. Il révèle chez ses tenants un état d’esprit primitif et d’inculture qui les empêches de voir l’humanité en leur prochain qu’il soit d’une autre couleur de peau ou d’un autre pays. L’intelligence humaine, si elle existait chez les racistes, devraient leur permettre de réaliser qu’un noir, un asiatique, un latino ou un européen à la peau blanche est un être humain comme eux et qu’il a les mêmes droits, les mêmes dispositions et prédispositions qu’eux. Il y a lieu d’intégrer dans leur éducation des notions sur l’humanisme, sur l’humanité et sur le fait que « tous les hommes naissent égaux » comme l’affirmait Abraham Lincoln dans son discours de Gettysburg le 19 novembre 1863. C’est à rappeler aux américains racistes.