L’Enfant Africain : une vie en dent de scie

Par le 24/06/2020 0 201 Views

Lorsque l’enfant paraît, le cercle de famille applaudit à grands cris. Cette célèbre phrase tirée d’une des poésies de Victor Hugo, explique combien la naissance d’un enfant est source de joie et d’allégresse dans une famille. Mais pas seulement pour la famille, mais aussi pour son pays puisqu’il est souvent dit que l’enfant est l’avenir de demain. Mais ils sont nombreux les enfants dans le monde et notamment en Afrique qui naissent et qui ne connaissent pas une vie paisible. Ils feront face à la pauvreté, la maltraitance, le mariage forcé, etc… La situation chaque année essaie de s’améliorer mais rien n’est sûr.

Le 16 juin de chaque année depuis 30 ans, les coalitions africaines de l’action mondiale contre la pauvreté organisent des actions simultanées pour la Journée de l’Enfant Africain. Cette Journée est un événement annuel qui commémore le massacre des enfants de Soweto de 1976 par le régime de l’apartheid. Les coalitions de l’action mondiale contre la pauvreté ont choisi cette occasion pour en faire la Journée Africaine du Bandeau Blanc et pour faire une demande régionale auprès des dirigeants des pays concernés afin qu’ils agissent immédiatement pour éradiquer la pauvreté extrême qui cause la mort d’un enfant toutes les 3 secondes en moyenne. Les enfants africains font face à des situations extrêmes. Chaque année, on constate au vu des chiffres publiés par les organisations infantiles que « le nombre des enfants en situation de rue s’accroît, la situation socio-économique des parents n’est guère reluisante, les conflits armés font et multiplient le nombre d’enfants nécessiteux, les politiques nationales des pays africains en faveur de enfants se révèlent inefficaces ».

Fin mai-début juin au Bénin, une affaire de maltraitance d’enfant a secoué la toile. Un petit garçon de 10 ans vivant avec sa marâtre et son père s’est vu sérieusement tabasser par sa marâtre l’accusant d’avoir volé la somme de 1500 fr cfa. Le comble, la marâtre forçait le petit a avalé des matières fécales. L’affaire ayant été devant la justice, la marâtre a écopé le 19 juin, d’une peine de 24 mois de prison dont 12 mois fermes. Les internautes ont trouvé cette peine très peu. Pour la célébration de la journée de l’enfant africain en 2015, le thème choisi est « 25 ans après l’adoption de la charte africaine des droits et du bien-être des enfants : accélérons nos efforts pour éliminer les mariages des enfants en Afrique ». Un thème plutôt bien pensé puisque le mariage des enfants reste un problématique qui traverse le temps mais refuse de céder face aux actions pour l’éradiquer. En Guinée Conakry par exemple, pays de l’Afrique de l’Ouest, où les coutumes et les mœurs demeurent encore très présentes, la situation des un million de filles de ce pays est inquiétante. Selon les chiffres de Plan international ; en Guinée Conakry :

  • 22,8% des filles sont mariées avant 15 ans et 54,6% avant 18 ans, soit plus d’une fille sur 2.
  • 63% des mariages (adultes) sont des mariages forcés.
  • 37,6% des filles en âge de fréquenter l’école primaire n’y sont pas scolarisées.
  • 50,5% des filles n’achèvent pas le cycle complet de l’école primaire.
  • 78,2 % des femmes âgées de 15 à 24 ans étaient analphabètes entre 2008 et 2012.

Cette année, le thème est « l’accès à un système de justice adapté aux enfants en Afrique ».

La pauvreté affecte les enfants
image: mediaterre

Intensifier les actions

Les enfants en Afrique font chaque jour face au mariage forcé, le travail des enfants, le viol, l’excision etc. Plusieurs actions sont initiées par les différentes organisation des droits des enfants pour mettre fin à cet état de choses. Dans un de nos articles précédents, la journaliste blogueuse, spécialiste des droits des enfants, Fèmi Agbangla nous expliquait que « la cause de la situation désastreuse de plusieurs enfants en Afrique, a évolué de la pauvreté à la banalisation du problème ». Dans son explication, elle dit qu’autrefois, les parents contraignaient leurs enfants à travailler à cause de la pauvreté, pour joindre les deux bouts. « Mais au fil des années, la situation a évolué de telle sorte que ça ne choque plus personne de voir un enfant, à l’heure de classe, soit sur un chantier ou dans la rue avec un étalage sur la tête. Pour l’entourage, c’est simplement normal, ce n’est pas un crime, c’est pour forger l’enfant. Et c’est bien malheureux » va conclure la blogueuse.

La question de la réduction de la pauvreté des familles reste donc un point essentiel pour permettre une vie plus épanouie aux enfants en Afrique. Il faudra aussi faire de la scolarisation des enfants une obligation. Mieux, les gouvernants pourraient comme ils le font déjà pour les filles, élargir la gratuité de l’école aux garçons jusqu’à un certain niveau. Au Burkina Faso, l’Unicef a lancé en mars 2019, une campagne pour lutter contre le mariage précoce et réduire le phénomène d’ici 2030. La campagne dénommée « ne m’appelez pas madame » est un message poignant pour rappeler qu’il faut un certain âge pour être une dame. Aussi, il faudra intensifier les actions de sensibilisation sur les maux qui touchent l’enfance. Et prendre des mesures pour éradiquer le travail des enfants dans les champs de cacao, de minerais, dans les marchés et les rues.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo