Développement et fin de la pauvreté dans le monde : l’éducation, un outil précieux pour l’Afrique (suite)

Par le 01/02/2020 0 43 Views

Dans cette 2ème partie de notre série d’article sur la pauvreté dans le monde notamment en Afrique, nous aborderons la question de l’éducation. L’extrême pauvreté en Afrique est alarmante. A croire, vu les chiffres, qu’au lieu de diminuer, les familles pauvres sont de plus en plus nombreuses créant un grand écart entre la minorité de riches qui continuent d’amasser les richesses et la majorité de pauvres. Des solutions sont proposées et utilisées pour permettre aux familles pauvres de sortir de cette situation. Mais finir avec la pauvreté reste un défi pour les dirigeants africains et les institutions internationales. Penchons-nous cependant sur la question de l’éduction comme un point clé pour sortir de cette situation.

Dans une de ses célèbres poésies, Victor Hugo dit « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne… L’école est sanctuaire autant que la chapelle ». Mieux, dans un autre registre, le poète affirme « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons » tant il voit l’importance de l’éducation, de l’instruction qu’il pense être un devoir de l’Etat, dans la vie d’un homme et donc dans le développement d’un pays. Dans sa classe de CM2, Lucien Akpo, maitre dans une école publique à Lomé, capitale du Togo, explique à ses petits apprenants en face de lui « vous construisez votre avenir ici. Vous devez travailler dur pour subvenir à vos besoins et être indépendants. Ainsi, vous contribuerez au développement de votre pays. Nos pays sont trop dans la misère ». Des enfants dont les parents, pour la plupart, ont des difficultés à s’en sortir. Selon le Rapport de 2009 sur le développement humain, l’indice de développement humain de l’Afrique subsaharienne se situe entre 0,45 et 0,55 contre 0,7 et plus dans les autres régions du monde. La pauvreté en Afrique subsaharienne continuera d’augmenter à moins que les populations ne puissent bénéficier du développement économique. Dans sa revue Intégration de l’enseignement Africain au Développement, Phillippe Hugon dit « les pays sous-développés sont sous-instruits. L’évolution récente de l’Afrique noire francophone révèle que ce sont aussi des pays mal instruits ».

l’éducation réduit la pauvreté, elle augmente les revenus individuels
Image: global partnership

L’importance de l’éducation

Le niveau de pauvreté en Afrique est élevé. Les chiffres révèlent que les pays les plus pauvres sont concentrés en Afrique notamment l’Afrique Sub-saharienne. Les rapports des institutions telles que la Banque Mondiale explique que la très grande majorité des vingt-cinq pays les plus pauvres du monde en 2019 se situe sur le continent africain. Ces économies totalisent un produit intérieur brut (PIB) de 314,67 milliards de dollars, soit 15 milliards de plus qu’en 2018 (+4,8%). C’est à peine plus que le produit intérieur brut enregistré par le Bangladesh cette année-là (314,65). Les 25 pays les plus pauvres du monde affichent un PIB par habitant moyen de 666 dollars. Or il se trouve cependant un problème d’éducation dans ces pays. Dans un séminaire international tenu à Genève déjà en novembre 2004, le consultant International Burundais Mathias Rwehera disait « Il n’y a pas dans ce monde de population éduquée qui soit pauvre et il n’y a pas de population illettrée qui ne soit pas pauvre. Les pays où les taux de scolarisation sont faibles sont tous des pays pauvres. Il suffit de regarder le tableau des indicateurs du PNUD dans son Rapport mondial sur le développement humain (2004) pour vérifier que les pays à taux de scolarisation faibles sont aussi les pays pauvres ».

Dans une publication sur l’éducation, un levier de développent en Afrique, ORDES (Observatoire de Recherche du Développement d’Entraide et de Solidarité) analyse que pour beaucoup de pays, à l’exception notable du Bénin et de l’Ethiopie, le livre représentait un objet peu familier. En outre, offrir une éducation de masse impliquait et implique d’en avoir les moyens, problématique de taille entravée par de nombreux Etats. Plus loin, l’Observatoire fait le diagnostic de l’éducation en Afrique et explique : « De nombreux pays persistent à favoriser l’éducation des élites, afin de les transformer en ambassadeurs internationaux. Ambition noble mais inégalitaire et porteuse de cruelles pertes (« fuite des cerveaux ») pour le continent. De plus, la faiblesse des rémunérations des enseignants, pointée par de nombreux rapports, ne permet pas d’assurer un enseignement de qualité avec des professeurs devant jongler entre différents emplois pour joindre les deux bouts. Ce déficit qualitatif se retrouve également dans l’inadaptation des programmes scolaires qui affecte près de 31 pays, générant ainsi un gaspillage navrant comme au Burundi où 70% de l’argent est dépensé dans une éducation insatisfaisante. En outre, tandis que le primaire devrait être le récipiendaire prioritaire des investissements par son rôle socle et inclusif, ainsi que par le taux de rendement d’éducation supérieur aux autres niveaux, il est celui dont le taux de croissance est le plus faible. En Afrique Subsaharienne, près d’un enfant sur quatre en âge de fréquenter l’école primaire (23%) n’a jamais été scolarisé ou a quitté l’école sans terminer le cursus primaire ». Alors que l’éducation, est une des clés qui pourrait aider le continent de la pauvreté.

A côtés des sciences, il est effectivement nécessaire que les africains s’approprient plusieurs sujets que sont : leur histoire, l’amour de soi, le respect et l’importance de leur culture.
Image: la Croix

L’éducation, la clé

Dans un article, Partenariat Mondial pour l’Education donne les 5 façons dont l’éducation peut aider à mettre fin à l’extrême pauvreté. L’article énumère que l’éducation réduit la pauvreté, elle augmente les revenus individuels, réduit les inégalités économiques, favorise la croissance économique et contribue à sauver la planète. Dans son explication, on peut lire : « 171 millions de personnes sortiraient de la pauvreté si tous les enfants quittaient l’école avec des compétences de base en lecture. Cela équivaut à une baisse de 12 % à l’échelle mondiale. L’extrême pauvreté pourrait être réduite de 30 % suite aux améliorations d’apprentissage définis par la Commission sur l’éducation. L’éducation augmente les revenus individuels d’environ 10 % pour chaque année de scolarité supplémentaire. Chaque dollar investi dans une année supplémentaire d’étude augmente les revenus de 5 dollars dans les pays à faible revenu, et de 2,5 dollars dans les pays à revenu moyen. Si les travailleurs issus des milieux riches et pauvres recevaient la même éducation, les écarts de revenus entre eux pourraient diminuer de 39 %. Le niveau d’instruction justifie près de la moitié des écarts de taux de croissance entre l’Asie orientale et de l’Afrique sub-saharienne enregistrés entre 1965 et 2010. En 2050, le PIB par habitant dans les pays à faible revenu serait de près de 70 % inférieur à ce qu’il aurait été si tous les enfants étaient scolarisés. Augmenter le taux d’achèvement du supérieur d’un an en moyenne augmenterait à long terme le PIB des pays d’Afrique subsaharienne de 16 % ».

Face à ces perspectives, Zipporah Musau dans sa revue ‘’Education et inégalités’’ préconise que « les gouvernements doivent selon lui investir massivement dans le développement des enfants et des jeunes par le biais de politiques et de programmes adaptés en matière d’éducation et de santé ». De son côté, Franck Yao Kpossilandé analyse dans la Nouvelle Tribune que « â côtés des sciences, il est effectivement nécessaire que les africains s’approprient plusieurs sujets que sont : leur histoire, l’amour de soi, le respect et l’importance de leur culture.  Puisqu’aucun pays ne se développe sans prendre en compte la dimension culturelle de son peuple, il est quand même hallucinant que la culture occidentale soit le fer de lance du développement prôné par nos dirigeants. On ne peut pas se haïr, haïr la culture et les pratiques de ses ancêtres et vouloir aller de l’avant en embrassant sans aucune réserve celle des autres. En ce sens, l’éducation doit être entièrement revue et adaptée non seulement à nos cultures, mais aussi au monde dans lequel nous vivons. Il ne s’agit pas non plus de dire que nous devons nous enfermer dans nos pratiques, mais de demander une mise en conformité entre la culture africaine et le monde actuel ». Des approches de solutions qui bien étudier, pourraient vraiment faire de l’éducation un outil important pour sortir de la pauvreté en Afrique.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo