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La parenté à plaisanterie ou la solidarité à l’africaine

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Il n’est pas rare d’entendre que l’Afrique est un continent de paix, un continent d’amour et de solidarité. Ici, venir en aide à son prochain, saluer l’inconnu, lui donner un sourire, trouver des liens de parenté entre inconnus, s’aider mutuellement font partir du quotidien. Et dans certains pays d’Afrique, l’entraide, la solidarité et même les taquineries, se célèbrent sous forme de pratique culturelle. C’est la parenté à plaisanterie. Cette pratique est connue dans plusieurs pays de la sous-région. Mais au Niger, elle prend une autre dimension.

 

« Niamey », capitale du Niger, en cette fin de matinée du mois de mai, la température avoisine déjà les 42 – 45 °C. Il fait extrêmement chaud. Pour « Joannès », jeune photographe, parti de Cotonou, capitale économique du Bénin, depuis quelques semaines pour capturer la vie culturelle du Niger, cette chaleur est suffocante. « Il est difficile de supporter la chaleur au Niger, surtout quand tu es un étranger. Il fait tellement chaud qu’on ne peut rester à l’intérieur. En plus des coupures intempestives de l’électricité, le mieux, c’est de sortir. Dans ces moments, on se regroupe souvent autour du « thé » avec d’autres amis ou parfois même avec des inconnus. » nous confie t’il. Et pendant ces moments, des débats se font, des taquineries s’échangent. « À un moment ce jour là, j’entends deux de mes amis, commencer par échanger des insultes sur leurs ethnies. Très vite, une dispute s’installe, je vois de la colère dans les yeux de chacun des deux camps. Croyant affronter dans quelques minutes une bagarre, qu’elle n’ait pas été ma surprise de les voir tous deux pouffer de rire après quelques minutes. Dans leur hilarité et en voyant ma tête, ils m’expliquèrent qu’il s’agit de la Parenté à Plaisanterie. Durant mon séjour, j’assisterai encore plusieurs fois à ce genre de scène » nous raconte le photographe Joanès.

Gà D: femme Touareg, Homme Gourmantché, Femme Zarma Ph: Joannès Mawuna

De quoi s’agit il ?

La parenté à plaisanterie est une pratique ancestrale du Niger mais aussi d’autres pays de la sous-région comme le Burkina-Faso, le Sénégal, Le Mali et même au Nord Bénin. Transmise de génération en génération, elle est une pratique sociale qui s’exerce entre individus, groupes et communautés ethnolinguistiques pour promouvoir la fraternité, la solidarité et la convivialité. Dans l’un de ses écrits sur le sujet, la Journaliste « Aïssa Abdoulaye Alfary », explique que cette pratique « prend la forme d’un jeu entre deux personnes de deux communautés qui représentent symboliquement les branches mari et femme d’un cousinage croisé de la même famille. Cette parenté résulte souvent d’un pacte ancestral interdisant les conflits ou les guerres entre les communautés en question, et implique que ses membres doivent s’aimer et se porter mutuellement assistance si nécessaire. Les membres ont le devoir de se dire la vérité, de plaisanter ensemble et de mutualiser leurs biens respectifs, en sachant que tout différend doit se régler de manière pacifique. » Elle continue pour dire que « « la parenté à plaisanterie se pratique dans les lieux publics, dans les champs, dans les bureaux, aux marchés, aux points d’eau, en famille, etc., au quotidien comme lors d’occasions spéciales : mariages, baptêmes, diverses cérémonies, funérailles, transactions commerciales, manifestations culturelles et de divertissement. ».

 

Joanès, lors de son séjour au Niger nous rapporte une histoire sur cette pratique racontée à lui par ses amis. L’histoire raconte que « les Zarma ont entre temps kidnappé un blanc. L’affaire a été telle qu’il fallait que le Gouvernement envoie un émissaire pour trouver un terrain d’entente et faire libérer l’otage. Etant donné que les Touaregs et les Zarma sont des cousins, le gouvernement a envoyé son Premier Ministre qui est Touareg. Ce dernier a fait libérer l’otage en usant de la parenté à plaisanterie. ». Ceci est un cas entre les autres. Cette pratique très répandue amène même certaines ethnies à se considérer au dessus des autres.

 

Liens de parenté

Le Niger compte 8 grandes ethnies. Il s’agit des Arabes, des Gourmantchés, des Haoussas, des Kanouris, des Peulhs, des Touaregs, des Toubous, et des Zarmas. Selon les liens de Parenté à Plaisanterie, il y a trois catégories de cousinage à plaisanterie :

  • Maouri, Kanouri et Peulhs
  • Bagobri et Zarma
  • Zarma et Touaregs

Ces liens sont détaillés comme suit :

  • Femme Touareg, Homme Zarma Ph: Jpannès Mawuna

    Les Zarma sont cousins aux Touareg

  • Les Zarma Songhai sont cousins aux Haoussa (Bagobiri)
  • Les Peulhs sont cousins aux Maouri
  • Les Adrantché sont cousins aux Maouri
  • Les Kanouri et les Toubu (Zone de Diffa) sont cousins au Peulhs
  • Les Gourmantchés sont cousins aux Songhaï
  • Les Maouris sont des cousins des Kanouri

Concernant les liens d’apaisement en cas de bagarre, lorsque le Bagobiri donne en Mariage la fille d’un Songhai à une autre ethnie, on ne remet pas en cause (vis-versa), lorsque le Peulh donne en Mariage la fille d’un Maouri à une autre ethnie, on ne remet pas en cause (vis-versa).

Mieux, selon l’histoire, les Maouri ou Arawa sont les petits fils des Kanouri, Ari un guerrier Kanori quitte le manga et s’établit a Dogondoutchi. Il donna naissance à Akazama l’ancêtre des Arawa. Leur nom « Arawa » vient du nom de Ari leur grand-père Kanori. Donc ce n’est pas des cousins, c’est un rapport de grand-père et de petit-fils.

 

Une pratique reconnue et célébrée

Si cette pratique était juste une pratique ancestrale, au fil des années, elle a été reconnue au plan national et international. Importante manifestation culturelle de rire au Niger, elle est désormais inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. L’inscription du dossier du Niger sur la liste des « Pratiques et Expression de la Parenté à Plaisanterie » a été approuvée lors de la « 9ème session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, tenue du 24 au 28 novembre 2014 au siège de l’UNESCO à Paris ».

Cette pratique est aussi célébrée durant tout un mois dans ce pays du Sahel. Au Niger, le mois d’Avril est considéré comme le mois de la parenté à plaisanterie. Durant ce mois, les populations prennent d’assaut les lieux de rencontres. Les huit délégations issues de toutes les régions rivalisent de talent avec des compétitions ardues ou les vainqueurs reçoivent des cadeaux en espèce et en nature. Ces délégations sont prises en charge entièrement par l’Etat.

Et même si taquineries, insultes, droit d’ainesse il y en a, c’est toujours dans un esprit bon enfant. Le Niger se refuse les guerres entre ethnies.

G à D: femme Gourmantché, Homme Zarma, Femme Touareg Ph: Joannès Mawuna
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La kora, un instrument de musique, une histoire !

Le 21 juin de chaque année et ce depuis 1982, plusieurs pays du monde célèbre la fête de la musique encore appelée « World Music Day ». A travers chants, danses, instruments, des musiciens se mettent en quête de faire connaitre leur art en mélangeant parfois tradition et modernité. En Afrique où la musique fait partie du quotidien de vie, l’un des instruments utilisés pour valoriser la musique est la Kora.

« La musique adoucit les mœurs ! ». Cet adage populaire donne à la musique une vertu thérapeutique. Pour ses plus grands amateurs, c’est le moyen le plus sûr pour s’évader dans un monde où son imaginaire prend le dessus. « La musique nous conduit dans des contrées où il nous est plus facile d’être maitre de nos émotions. Et quand on écoute une bonne musique faite à base de certains instruments comme la guitare ou la Kora, c’est encore plus profond. » Idrissa est un étudiant Malien en Réalisation mais aussi un grand passionné de musique. Pour ce jeune réalisateur, la musique qui adoucit les sens reste sans aucun doute celle qui se fait à base de « la Kora ». « Je suis Malien et depuis ma naissance, mes parents ont bercé mon enfance avec de belles mélodies accompagnées de cet instrument. Si avant, je trouvais cela un peu soûlant vu mon envie pressante de découvrir le monde, aujourd’hui, je n’arrive plus à m’en passer. Et puis c’est un instrument de chez nous, la Kora » nous raconte de façon enthousiaste Idrissa.

Ses origines…

La Kora est un instrument de musique originaire d’Afrique de l’Ouest. Utilisée par les griots Gambiens, Sénégalais, Maliens, Mauritaniens, sa découverte remonte au 19ème siècle même s’il est impossible de préciser exactement sa date de naissance. La kora est un des instruments des familles « Mandingues » d’Afrique de l’Ouest pratiquant l’art de la « djéliya ». L’histoire raconte qu’elle est pratiquée notamment par les Sissoko ou Sissokho ou Cissoko ou Cissokho (Guèye), les Suso, les Diabaté, les Diabakhaté, les Jobarteh, les Kouyaté, les Kanouté, les Tounkara, les Konté et les Kanté du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, du Mali, de la Guinée ou de la Sierra Leone. Selon certains récits de djélis (griots), elle serait originellement l’instrument des Socés et des Khassonkés. Une version confirmée par Idrissa. « Nous ne pouvons raconter de façon exacte l’histoire de la Kora. Chaque pays, chaque famille de griots, raconte sa version de l’histoire. L’essentiel c’est de savoir qu’elle est originaire d’Afrique précisément des mandingues. » nous précise-t-il.

Toumani Diabaté

Utilisée lors d’événements de réjouissance comme les naissances et les mariages mais aussi lors des rencontres, la Kora est constituée d’une grosse demi-calebasse de 40 à 60 cm de diamètre, évidée et percée d’un trou de 10 cm de diamètre et décorée plus ou moins richement. Elle est recouverte d’une peau de vache, de bœuf, de cerf ou de daim, parcheminée tendue mouillée, qui sert de table d’harmonie et dont dépend l’ampleur du son.

Le manche long d’environ 1 m 20 à 1 m 40 assure la liaison entre les principaux éléments vibrants de la kora (cordes et calebasse) et est fait traditionnellement d’une longue pièce de « bois de vène ». Les cordes de la kora, à l’origine en fibres d’écorces de baobab, reposent sur un grand chevalet en bois, maintenu sur la peau par la seule pression des cordes dont le nombre est généralement de 21. Cependant, on rencontre parfois des koras équipées de 22 à 28 cordes, notamment en Casamance au Sénégal, et il existe même un modèle spécial de 32 cordes.

L’instrument de toutes les générations !

Instrument de grande douceur, le son de la Kora est scintillant dans l’aigu et chaud dans les graves invitant à un voyage sonore fort agréable. Utilisée entre temps surtout par les griots, la kora a connu une révolution depuis quelques années. Elle a accompagné de grands artistes du continent africain. Lamine Konté, Toumani Diabaté sont des artistes qui ont popularisé cet instrument. « Toumani Diabaté » reconnu en Afrique de l’Ouest comme étant le roi de la Kora a remporté par deux fois en 2006 et en 2011 le Grammy Award du meilleur album de musique traditionnel du monde.

Sidiki Diabaté

« C’est une grande fierté pour nous de savoir qu’avec la Kora, on peut faire de la musique appréciée de tous. Ça nous donne de l’espoir aussi » confie le jeune Idrissa. Suivant les traces de son père Toumani Diabaté, le jeune musicien « Sidiki Diabaté« , issu de la « 72ème génération » d’une famille de griots et de joueurs de Kora, fait désormais de la musique à base de cet instrument. Surnommé le petit Prince de la Kora, sa musique connait depuis quelques années des jours heureux. Un fait qui prouve qu’avec même une touche de modernité, la Kora reste un instrument de bonne musique.

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Albinos, et Alors !?

Depuis 2015, le monde entier fête chaque 13 juin, la Journée Internationale de Sensibilisation à l’Albinisme. Une journée instaurée par l’Organisation des Nations Unies (ONU) pour sensibiliser le grand public aux difficultés rencontrées par les albinos dans leur vie quotidienne et lutter contre le rejet qu’ils peuvent parfois subir dans certaines sociétés. Cependant, la situation des albinos en Afrique reste toujours très préoccupante.

Une vie stigmatisée !

« Pour mon premier jour de rentrée des classes au Bénin en tant qu’instituteur, mes apprenants étaient contents d’avoir un maitre blanc », nous raconte avec un sourire en coin, Arsène, instituteur Congolais, venu se « réfugier » depuis 5ans dans un quartier populaire « d’Abomey-Calavi » au Bénin. Habitant dans ce quartier depuis son arrivée, il nous explique qu’il ne passe pas inaperçu. En tant qu’albinos, il est même utilisé pour indiquer des maisons voisines à la sienne. « Un jour, j’ai surpris une dame indiquée à un « Zémidjan », une boutique en disant « la boutique située dans la rue de l’instituteur blanc noir » dit-il. Mais loin de me frustrer, je préfère ces genres de situation, qui me permettent quand même de vivre tranquillement au Bénin où les albinos ne sont pas trop inquiétés. Chez nous au Congo, « nous vivons la peur au ventre, pourtant nous sommes justes des humains aussi ».

En effet au Congo et dans plusieurs autres pays d’Afrique, les albinos sont considérés comme des sorciers ou comme des personnes porteuses de chance. Ils sont donc sujets à des assassinats pour des  sacrifices rituels.

Des jumelles albinos et leur sœur,
source: internet

L’albinisme oculo cutané est dû à un défaut de production « du pigment mélanique » par « les mélanocytes », à cause d’une mutation génétique. C’est une maladie génétique qui touche la mélanine, ce gène permettant de pigmenter la peau. Lorsqu’il est absent, la peau est blanche, les cheveux sont blonds et des problèmes oculaires peuvent parfois amener à l’aveuglement. Le gêne peut venir des parents directs ou juste d’un membre de la famille. C’est le cas par exemple de « Fatu Dolleh« , Albinos, Animatrice, Chroniqueuse Guinnéenne vivant au Bénin, qui explique qu’ « elle a hérité des gènes de l’albinisme des ancêtres de ses deux parents ». Un héritage qui lui a été un peu difficile à accepter et à porter.

En effet, si au Bénin, les « Agué-yovos » comme on les appelle en langue « Fon », ne connaissent pas des assassinats comme dans d’autres pays, ils subissent quand même leurs lots de stigmatisation et de difficultés. Fatu explique qu’avec son problème visuel dû à son albinisme, elle avait des difficultés à voir au tableau durant son cursus scolaire et universitaire. « J’étais obligée de me déplacer devant, ou de demander à des camarades de me prêter leurs cahiers après les cours pour recopier. Ce qui m’amenait à sacrifier mes heures de récréation, de repos mais aussi de loisirs pour rester en classe et copier ». Une situation qu’elle trouvait quand même gênante. Elle continue pour expliquer que le plus difficile était son intégration. « Des gens me touchaient pour savoir si j’étais réelle, d’autres me rejetaient parce que j’étais différente ». Une situation qui faisait d’elle une personne complexée, renfermée, pas fière d’elle, et qui pressait ses parents de questions sur sa différence de peau.

Fatu Dolleh, Animatrice et Chroniqueuse Guinnéenne à TV Carrefour

Une situation préoccupante !

L’albinisme peut toucher les populations caucasiennes mais il est plus fréquent en Afrique sur les peaux noires. En Tanzanie par exemple, les études estiment qu’un habitant sur 1400, est albinos. Au Mozambique, on parle d’au moins 20 à 30 000 albinos sur une population de 26 millions d’habitants.

Une situation qui expose les personnes atteintes de cette maladie. Ils sont tués pour servir à des crimes rituels. Selon la superstition, les albinos sont des personnes chanceuses. Il est dit que leurs organes seraient porteurs de pouvoirs magiques. En Tanzanie, plus d’une centaine d’albinos ont été tués depuis 2000.

Au Mozambique en 2017, un adolescent albinos a été retrouvé tuer et mutiler au niveau de ses bras, de ses jambes et de son cerveau. Un cas qui n’est pas isolé.

Albinos et fière!
« Moi aujourd’hui, je me sens comme une star, je me sens bien dans ma peau et je suis fière de moi » s’exclame toute rayonnante, l’animatrice Fatu Dolleh. Première albinos, présentatrice Télé à la « Télévision Carrefour « au Bénin, la jeune femme, de mère Congolaise, explique qu’elle fait aujourd’hui de son différence un atout. « Aujourd’hui je dis merci à Dieu parce qu’il ne pouvait pas mieux me créer. Cette différence, j’en suis très fière, je me sens reine »

Malgré les stigmatisations auxquelles ils font face, les albinos essaient tant bien que mal de faire gagner leurs causes à travers la mise en place d’organisations, de séances de sensibilisation mais aussi à travers l’histoire d’albinos célèbres.

Le Chanteur Salif Keita

Et l’exemple le plus en vue reste le célèbre Chanteur albinos, « Salif Keita ». D’origine malienne, gagnant d’un « Kora Awards », Salif Keita malgré son albinisme et le rejet de sa propre famille, a su faire de sa maladie un atout. Pour les albinos, il sortira en 1995, son album « Folon » dédié aux enfants albinos pour lesquels il a créé une association.

Des actions qui laissent croire à l’amélioration de la vie des albinos, espérons-le !

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Lutte Sénégalaise : Au delà d’un sport, une pratique culturelle

Au départ, la lutte au Sénégal était un jeu, un passe temps entre paysans, et/ou pêcheurs pour célébrer la fin des récoltes et de la pêche chez les ethnies Sérères et Diolas. Mais depuis sa professionnalisation, ce sport est devenu très prisé et draine un grand monde à chaque compétition.

 

Une pratique ancestrale

Encore appelée « Lamb » en Wolof (langue sénégalaise), la lutte sénégalaise est un sport très populaire au Sénégal, qui se déroulait après la saison des pluies et opposait les lutteurs de villages environnants dans des championnats appelés « mbaapat ». Ce jeu à caractère folklorique, avait pour but de mesurer la force des hommes et de désigner le champion du village. Le vainqueur du tournoi pouvait remporter avec lui du bétail, des céréales et autres biens en jeu.

Mais au fil des années, ce sport amateur est devenu professionnel. C’est surtout dans les années 70 que cette lutte s’est professionnalisée et s’est implantée dans les villes. Encore appelé « La lutte avec frappe », ce sport va se cristalliser en donnant forme aux premières arènes de combats et la mise en place de règlement écrit pour définir les règles régissant ce jeu devenu professionnel, grâce au Comité National de la Gestion de lutte (CNG). Les cachets qui étaient autrefois des lots en nature, ont évolué. Avec aussi l’avènement du lutteur Mouhamed Ndao communément appelé « Tyson », la lutte a pris son envol pour devenir un sport professionnel avec des cachets s’élevant à des millions de francs. Aujourd’hui, un lutteur sénégalais signe jusqu’à 100millions de F CFA pour un match.

Des lutteurs prêts pour le combat

Avec la professionnalisation de ce sport, la lutte a désormais des règles comme tout sport. Un combat dure quarante-cinq minutes (45′) en trois tiers temps avec des pauses de cinq minutes (5′). Le combat se termine dès qu’il y a une chute d’un des lutteurs. On considère qu’il y a chute lorsque la tête, les fesses ou le dos du lutteur touchent le sol. La victoire peut aussi être attribuée à un lutteur lorsque son adversaire ne présente plus les conditions physiques ou médicales aptes à la lutte. Cette victoire, les lutteurs la convoite avec passion et sont prêts à tout pour l’avoir.

 

Les rituels, le moment culte

Malgré son caractère sportif, « la lutte intègre une dimension culturelle et folklorique qui met en œuvre au travers d’animations la tradition culturelle mais aussi les us et coutumes du pays de la Téranga ». Tout un arsenal qui met en avant la culture du pays. Si chaque compétition est accompagnée de chants et danses traditionnels du pays, les lutteurs en quête de victoire utilisent aussi des pratiques propres à ce pays pour s’assurer cette victoire qui leur « donne de la prestance mais aussi de la célébrité ».

 

Avant chaque compétition, le cortège des marabouts accompagnant les athlètes dans l’arène de la compétition, viennent cristalliser des prières salvatrices censées donner la victoire à leur protégé qui arbore des gris-gris (talisman) de même que des prises de bains rituels. Avant chaque affrontement le lutteur se livre au « bàkk » qui consiste à chanter ses prouesses en vue d’intimider l’adversaire et de séduire son public en dansant au rythme du tam-tam. Chants, également entonnés par les griots et griottes attitrés, qu’on appelle alors « ndawràbbin ». Le rôle du marabout de chaque écurie est « de protéger le lutteur contre le mauvais sort et contre les génies qui apprécient particulièrement les héros ».

Le bain Mystique

Cette pratique dans ce sport est devenue chose normale malgré la forte croyance de ce pays à 95% musulmans. Pour les sénégalais et surtout pour les lutteurs et responsables d’écurie « pour gagner un combat, c’est toute une chaîne, et la mystique ne constitue qu’une infime partie dans la préparation. Mais sans la mystique, la lutte serait fade et n’aurait pas de sens ».

 

La lutte au Sénégal actuellement, c’est plus d’une centaines d’équipes appelés encore écuries, plus de 3500 lutteurs professionnels, un business qui rend milliardaires ces pratiquants. Mais au delà de tout, elle reste une pratique entièrement sénégalaise.

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Togo : la cuisine, un art

L’Afrique est un continent riche de sa culture, de ses us et coutumes, mais aussi de sa cuisine. Les saveurs, les mets qui sortent des cuisines africaines sont variés et diffèrent selon chaque pays. Mais une chose reste certaine, le goût y est. Et quand on fait un tour dans la partie ouest du continent, un pays se fait remarquer par sa riche cuisine : le Togo.

Fétri dessi ( sauce Gombo)

 

Le Togo est un pays de l’Afrique de l’ouest. Avec une population de 7,6 millions d’habitants, le pays partage des frontières avec le Bénin, le Ghana, le Burkina-Faso. Des pays limitrophes dans lesquels on retrouve facilement la cuisine togolaise à chaque coin de rue.

Si la cuisine togolaise est si fortement appréciée, c’est surtout grâce aux femmes du pays. Elles sont reconnues comme des femmes d’intérieurs, de véritables cordons bleus. La plupart des mets togolais, tirent leurs noms de la langue « Éwé », l’une des langues nationales couramment parlé au Togo. Ainsi on retrouvera :

  •  Agbanme dessi: une sauce de tomates qui change de nom selon la viande utilisée. Quand elle est préparée à base de viande de mouton, la sauce s’appelle « gbolan dessi ». Mais quand elle est faite avec du poisson frais, on dira « Lan Moumou Dessi »
  • Fetri dessi qui est une sauce faite avec du gombo,
  • Akoumé, une pâte à base de maïs accompagnée généralement d’une sauce avec des feuilles (adémè, gboma, fétri, kodoro…)
  • Fufu composé d’ignames cuites pilées accompagné d’une sauce tomate, d’une sauce d’arachide
  • Ablo : mets consommé également au Bénin, ablo est légèrement sucré, cuit à la vapeur; que d’autres obtiennent à base de riz aussi,
    Akpan : est considéré comme un dessert. Il a un goût légèrement acidulé, fait à base de maïs fermenté.

 

Plat d’Ablo

L’art de la cuisine togolais, transmis de génération en génération, malgré le poids des influences venues d’ailleurs, reste quand même l’un des plus apprécié dans la sous-région ouest africaine.

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Journées Médias Bénin 2018 : quand les Hommes des médias se célèbrent.

Les professionnels des médias du monde entier célèbrent chaque année et ce depuis 1993, la Journée Mondiale de la Liberté de Presse. Une occasion pour ces hommes et femmes des médias de célébrer les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse à travers le monde, de défendre l’indépendance des médias, et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession. Au Bénin, cette fête prend une autre envergure depuis trois ans. Et pour cause, une association de jeunes journalistes a donné une touche particulière à cette journée. L’association Elan Média puisque c’est d’elle qu’il s’agit, a initié depuis 2016, les Journées Médias du Bénin. L’édition de cette année a encore comblé les attentes.

Trois mois avant le lancement officiel de la troisième édition des Journée Médias du Bénin (JMB), les réseaux sociaux ont été pris d’assauts par les organisateurs de cette journée. Sur la page Facebook de l’association Elan Media, on pouvait voir les affiches qui annoncent l’évènement de cette année, le programme dudit évènement et même l’innovation qu’il y aura. L’annonce était donc claire : les JMB 2018 auront lieu du 30 avril au 5 mai 2018 ! Très vite, les efforts ont fédéré et sur toutes les pages Facebook, Instagram, WhatsApp des Hommes des médias béninois, on pourrait voir le fameux « J’y serai » ; une façon d’apporter son soutien à l’évènement mais aussi annoncer sa présence effective.

Les JMB sont une initiative de l’Association Elan Médias. Elles constituent une occasion d’offrir aux professionnels des médias entourés de leurs téléspectateurs, des auditeurs et des lecteurs, des instants d’épanouissement collectif, de réflexion sur la corporation, mais également de décision tout ceci dans une ambiance festive.

Le Village des Médias, le grand lieu…

Chaque année depuis 3ans, c’est le stade Général Mathieu Kérékou qui accueille les manifestations entrant dans le cadre des JMB.  Les organisateurs y installent ce qu’ils appellent « le Village des Médias ». Cette année encore, le stade a été pris d’assaut dès le 29 avril. Les stands de restauration, les bâches devant accueillir les spectateurs et invités, les cabines ainsi que le podium ont été installés.La cérémonie de lancement qui a vu la présence effective de plusieurs patrons de presse ainsi que des Ministres béninois de la Culture, du tourisme et du sport Oswald Homeky, et de son homologue de l’Economie numérique et de la communication Aurèlie Adam Soulé Zoumarou, a eu lieu le lundi 30 avril. La marraine de l’édition de cette année qui n’est autre que le Ministre de la communication, a rappelé que « ces journées permettent aux hommes et femmes des médias de réfléchir sur la corporation ».

Des activités riches et variées…

Plusieurs activités ont meublés les JMB 2018. Si chaque jour sur le village des médias, on pouvait assister à des animations en live, des concerts gratuits, mais surtout aux débats en live avec des invités politico-administratifs, il y avait aussi des activités qui se déroulaient à la Maison des Médias.

« L’exposition livre » a été l’une des plus grandes activités des JMB 2018. Les professionnels des médias, auteurs de différents livres ont fait parvenir leurs ouvrages et/ou romans aux organisateurs pour exposition. Un stand a été spécialement mis en place à cet effet. Le public venu sur les lieux a même eu l’opportunité d’acheter des ouvrages à des prix forfaitaires.

Les organisateurs de l’exposition du livre ont aussi profité des JMB 2018 pour procéder au lancement du premier roman de la journaliste béninoise Calmine AGBOFOUN. « Celle qui devrait pas naitre » est le titre de ce roman qui a vu le jour le 03 mai 2018. Un ouvrage dont l’édition a été entièrement financée par Crownfounding lancé quelques semaines plus tôt dans le cadre de l’opération BuzzBook.

Les JMB 2018, ce fut aussi des moments de débats, de colloques. Particulièrement pour la journée du 03 mai, jour de célébration de la liberté de presse, un colloque a été organisé à la maison des médias Thomas Mègnansan. Quatre panels ont été animés et axés sur les réalités actuelles de la presse béninoise. Le premier panel avait pour thème « liberté de presse en ligne : mieux connaitre le code du numérique ». Le second, sur « les enjeux et défis du journalisme d’investigation au Bénin ».

Le troisième panel a porté sur « le rôle des médias en matière de gouvernance publique et  participative », et le quatrième panel s’est penché sur « la gouvernance locale à l’ère de la rupture ». Des panels, eux aussi, animés par des professionnels des médias.

Pour clôturer l’étape de Cotonou, deux grandes activités ont été faites le samedi 05 mai. Il s’agit notamment du match de Handball qui a opposé les professionnelles des médias à une équipe professionnelle de handball.

Mais le plus grand évènement a été le défilé de mode qui a eu lieu la nuit du samedi 05 mai. Pour l’occasion, le public venu nombreux a vu défiler de grands noms des médias du Bénin. Habillés pour la circonstance par des stylistes de renommés internationales tels que « Lolo Andoche, 1L Mode » les professionnels des médias ont livré un défilé digne des plus grands T. Il faut dire que pour en arriver là, ils s’y sont préparés, un mois durant, avec la complicité d’une agence de mode, JMA. John Médard Sèdokoun le patron de JMA et ses mannequins professionnels ont coaché ces hommes des médias qui très tôt ont pris goût au mannequinat. Ce samedi 05 mai, ils ont été très fiers de montrer et de valoriser les tenues choisies pour eux. Une soirée riche qui a pris fin avec le bal poussière qui a duré de 00h jusqu’à l’aube.

Parakou, l’innovation

Si pour les deux premières éditions, l’organisation a jugé bon de tenir les activités à Cotonou, l’édition de cette année a eu une particularité. Parakou, ville située à 414 km de Cotonou, a accueilli aussi du 15 au 19 mai 2018 l’édition 2018. Différentes activités ont été menées à Parakou dans ce cadre. Il s’agit entre autres, du don de sang, de la caravane des professionnels des médias du septentrion, des échanges entre professionnels des médias, des activités culturelles, des émissions radios.

Il faut dire que cette première édition à Parakou, même si elle n’a pas comblé toutes les attentes valait la peine d’être organisée. D’abord elle a été décidée à la forte demande des confrères du septentrion et ensuite, le comité d’organisation a estimé que Cotonou ne pouvait plus être la seule ville hôte de l’événement.

Parlant de l’étape de Parakou, Josué Fortuné Mèhouénou, membre d’organisation, explique que « l’élément de satisfaction majeure, c’est la forte mobilisation des confrères, notamment ceux de Parakou qui se sont appropriés l’événement et ont fait de leur mieux pour sa réussite. Et cette mobilisation s’est faite ressentie au niveau de la séance de don de sang organisée dans le cadre des JMB délocalisé à Parakou. Il en était de même pour la caravane des medias Parakou 2018. »

Le clap de fin a été mis sur les JMB 2018. Ce fut comme chaque année depuis trois ans, un moment de détente, de convivialité mais aussi de réflexion et d’échanges. Déjà, les regards sont tournés vers l’édition 2019.

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Dak’Art 2018 : Laeila Adjovi, lauréate du Prix Léopold Sédar Senghor.

La photographe Franco-béninoise Laeila Adjovi a reçu des mains du Président Sénégalais Macky Sall, le prix Léopold Sédar Senghor du Président de la République. L’ouverture officielle de la 13è biennale de l’art africain contemporain a été aussi l’occasion de reconnaitre le mérite de l’artiste Marocain Souad Lahlou, de l’Ivoirien Franc Fannie Aboubacar et du Nigérian Tejuoso Olanrewague.

« Malaïka Dotou Sankofa » ! Telle est le nom de l’œuvre de la photographe primée à cette édition de Dak’Art. Laeila Adjovi est journaliste de profession – en service à la BBC –  et « artiste de dimanche », aime-t-elle répéter à qui lui demande si elle vit de son art. Une profession qui se ressent systématiquement dans la simplicité des réponses qu’elle sert aux questions des journalistes, dans l’attention particulière qu’elle porte à tous ceux qui se présentent à elle comme journaliste et enfin dans la répartie dans ses prises de paroles.

A la fin de la cérémonie d’ouverture officielle de la 13è biennale de l’art africain contemporain, Dak’Art, au Grand Théâtre ce jeudi 03 mai, Laeila Adjovi, sait se rendre disponible, malgré le poids de son trophée reçu des mains du Président de la République quelques minutes plus tôt alors qu’elle est sollicitée de tout part.

Photo exposée par Laeila Adjovi

Très émue, Laeila Adjovi explique mot à mot les composantes du thème de son installation. « Malaïka signifie l’ange en swahili ou “Malaka’’ en wolof, qui veut dire la même chose. ‘’Dotou’’ signifie rester droit en fon, une langue du Bénin. Et ‘’Sankofa’’ est le symbole akan (Ndlr : populations d’Afrique de l’Ouest installées principalement au Ghana et en Côte d’Ivoire) de l’oiseau  messager qui vole la tête tournée vers l’arrière, une manière pour nous de dire qu’il faut apprendre du passé », confie celle qui dit être venue à la photographie en autodidacte, par curiosité, et qui y est restée par passion.

 

Exposée à l’ancien palais de justice de Dakar dédiée à l’exposition internationale, l’œuvre qui vient de recevoir ce trophée et une enveloppe financière de vingt millions de francs CFA, est constituée de 7 photographies encadrées et accrochées au mur dans une petite salle située à l’étage. Sur ces œuvres photographiques, on y aperçoit un être humain incarnée par Marie Agnès Gomis portant des ailes métalliques – fabriquées par Bassirou Wade (Bas design) – et représentant différentes situations de la vie. A l’entrée, la structure métallique des ailes surplombe la salle et offre comme une couverture, une protection pour tout visiteur.

Sur son site internet, la Franco-béninoise se décrit comme une adepte d’une «photographie documentaire ou de reportage qui créerait du lien entre les couches sociales, entre les cultures et entre les mondes, elle développe aussi une approche artistique qui mêle peinture, dessin et manipulations en chambre noire ».

D’autres talents reconnus !

En dehors de Laeila Adjovi, d’autres photographes de talents ont été primés à cette cérémonie d’ouverture de la biennale de Dak’art 2018. Il s’agit entres autres de l’Ivoirien Franc Fannie Aboubacar, du Nigérian Tejuoso Olanrewague et du Marocain ?? Souad Louad.

Ainsi donc, le Prix de la diversité, attribué par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et doté de 15.000 euros (environ 9,8 millions de francs CFA), a été remis à l’artiste Marocaine Souad Lahlou. Elle a reçu cette distinction des mains de la directrice du département chargé de la diversité culturelle et de la langue française à l’OIF, Youma Fall.

Une photographie de Franc Fannie

Quant au Prix Spécial de l’UEMOA, reçu par l’Ivoirien Franc Fanny Aboubacar, il est doté d’une enveloppe financière de cinq millions de francs CFA. L’artiste qui expose des œuvres tirés de faits naturels était tout ému en recevant cette reconnaissance. Une reconnaissance qui marque un tournant important dans sa riche carrière.

Enfin, le Prix du ministère sénégalais de la Culture a été décerné au Nigérian Tejuoso Olanrewague pour son œuvre ‘’Oldies and goodies’’. Le montant de sa dotation est de 10 millions de francs CFA.

Oeuvre de l’artiste Nigérian Tejuoso Olanrewague
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Visibilité de la création africaine contemporaine : les 4 exigences selon Macky Sall

Lors de son allocution d’ouverture de la 13è édition de la biennale de l’art africain contemporain, Dak’Art 2018, le 03 mai 2018 au Grand Théâtre National de Dakar, le président sénégalais Macky Sall a enoncé 4 exigences qui pourront conduire à la visibilité de l’art africain contemporain.

Estimant que « la présente biennale se tient dans un contexte marqué par la prééminence de l’économie de la culture, en ce monde en mutation dans lequel les produits culturels génèrent de plus en plus de richesses » et que « le marché de l’art contemporain connaît une formidable croissance, même si la place de l’Afrique demeure encore très faible », le président du Sénégal Macky Sall a exposé 4 exigences qui pourraient changer la donne dans les années à venir.

La première est le financement de la culture. Et alors que pour Macky Sall, les mécanismes de financement existants sont obsolètes, il s’est engagé à «être l’avocat de la biennale auprès de mes collègues de l’Union africaine, afin que les gouvernements des Etats puissent participer au développement de la culture en Afrique ».

Installation du sud africain Moshekwa LANGA à la biennale de Dakar ©DR

La deuxième exigence, selon le président sénégalais, est celle de la formation. Faisant référence à des chiffres publiés en 2017, il a fait savoir que parmi les 100 Africains ayant enregistré le plus grand nombre d’œuvres vendues, 62 sont sortis d’écoles d’art. Ce qui, en son sens, justifie l’urgence de “renforcer la formation des artistes. Elle ne doit pas seulement porter sur la manière de produire de l’art, mais également sur la manière de l’offrir aux autres’’.

La troisième exigence est la prise en charge plus effective des entreprises et des industries créatives. Aujourd’hui, à l’en croire, les produits des artistes connaissent un intérêt grandissant à travers le monde. Il faut juste un soutien conséquent aux galeries afin qu’elles puissent mieux assurer leurs missions allant dans ce sens.

Enfin, la quatrième exigence est la prise en compte du droit d’auteur. “L’œuvre d’art peut avoir une valeur artistique, intellectuelle, morale, sociale et politique, mais elle n’a pas forcément une valeur économique, même si elle contribue à la création de la valeur marchande. C’est pourquoi je salue la coopération avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle’’, a soutenu le chef de l’Etat.

L’Etat sénégalais double sa subvention à la biennale

“Je réaffirme mon ambition de renforcer la force contributive de la biennale pour le rayonnement de l’art africain contemporain, à travers notamment la hausse de la dotation budgétaire allouée à ce rendez-vous culturel phare. J’ai décidé de porter la subvention non pas de 500 millions à chaque biennale, mais de 500 millions par an. Ce qui fait un milliard pour la biennale’’. Dans les premières minutes de son adresse la salle pleine du Grand Théâtre National, le président de la République Sénégalaise Macky a arraché des applaudissements nourris du public venu massivement assisté à l’ouverture officielle de la 13è édition de Dak’Art, la biennale de l’art africain contemporain qui se tient du 03 mai au 02 juin.

Exposition de la Franco-Béninoise Laeila Adjovi ©Yanick Folly

Cette annonce qui sonne comme une réponse aux difficultés d’organisation énumérées plus tôt par le président du comité d’orientation Baïdy Agne. En effet, ce dernier a souligné la nécessité pour le gouvernement sénégalais de “protéger et promouvoir la biennale’’. D’ailleurs, toute l’allocution du président de la république peut être considérée comme un chapelet de pistes de solutions aux diverses doléances du président du comité d’orientation.

Ainsi, alors que Baïdy Agne a plaidé pour l’urgence du respect de la loi sur le 1%  artistique « dans toute sa rigueur », le président MAcky Sall a instruit, dans son allocution, le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly à veiller au respect de ladite loi faisant obligation d’intégrer un projet de décoration artistique ou dans l’équipement d’un établissement public ou recevant du public d’un coût prévisionnel de plus de 20 millions de francs Cfa.

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11ème édition du FEMUA : le festival tient toujours ses promesses

Ouverte mardi 17 avril à Abidjan, la 11ème édition du Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) a pris fin ce dimanche 22 avril 2018. Si contrairement aux autres éditions, le Festival s’est tenu cette année à l’Institut National de la Jeunesse et des Sports d’Abidjan (INJS), organisateurs, festivaliers, musiciens ont pu vivre une bonne semaine aux sons de différents rythmes et danses.

Onze ans déjà que le mythique groupe ivoirien Magic System a initié le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (Femua). Une initiative pour rendre hommage à ce quartier qui les a vus évoluer. Asalfo et ses amis espèrent « redonner un petit peu de leur gloire au quartier populaire mais être aussi une tribune de promotion des rythmes musicaux urbains ». L’édition de cette année qui a duré du 17 au 22 avril a été placée sous le thème « Jeunesse africaine et immigration clandestine ». Un thème d’actualité dans le contexte ivoirien dans la mesure où la Côte d’Ivoire est durement frappée par l’immigration clandestine selon les organisateurs.  La semaine du festival au-delà de la musique a été donc la plate-forme pour plusieurs activités. Le Carrefour Jeunesse, le FEMUA Kids, les ateliers de musiques et de séances de coaching pour des artistes débutants, des tournois sportifs sont autant d’activités qui ont marqué le FEMUA 11.

Amadou Gon Coulibaly, premier ministre ivoirien et parrain du festival dira au cours de la cérémonie d’ouverture du festival que « le Femua est loin d’être un festival quelconque à négliger». Il continuera pour expliquer qu’au-delà des « autres festivals qui valorisent l’expression musicale, les valeurs artistiques et de promotion de message interculturel, le Femua intègre dans sa programmation les réflexions ayant pour objectif de sensibiliser la jeunesse ».

L’engouement autour des activités

L’une des activités phares qui a marqué cette édition du Femua 11 reste la rencontre des jeunes venus de tous les coins de la Côte d’Ivoire. Le Carrefour Jeunesse qui s’est tenu sur le site de l’INJS a connu la participation du ministre de la jeunesse ivoirien, Touré Mamadou. Les jeunes ont été entretenus sur les risques que comporte la traversée clandestine. Si le risque de perdre la vie est grand, rien ne leur garantit que l’eldorado soit ailleurs. Mamadou Touré invitera les jeunes à « savoir partir ».

Les enfants n’ont pas été laissés pour compte lors du festival de cette année. Le terrain Aby Raoul a servi aux installations du village Femua Kids. Mercredi 18 avril, ce sont des dizaines d’enfants, le sourire aux lèvres, qui ont envahi le village devenu terrain de jeu pour l’occasion. Ceci entourés des artistes invités sur le festival, venus se détendre.

Les grandes scènes

Comme chaque année depuis 11 ans, le Femua a encore regroupé des artistes de renom. Sidiki Diabaté, Soprano, Yémi Aladé, Zeynab, Sidonie la Tigresse, DJ Kedjévara, Lokua Kanza étaient au nombre des artistes qui sont montés sur le podium au cours de cette édition.

Et c’est le malien Sidiki Diabaté, maitre incontestable de la Kora, qui a été l’un des plus grands artistes ayant ouvert les grandes scènes ce vendredi 20 avril. Avant lui, la star de la musique traditionnelle, Sidonie la Tigresse a tenu en haleine le public. Sidiki Diabaté a tenu son pari de faire de la musique coupé décalé avec sa kora.

Pour le deuxième jour des grandes scènes, la chanteuse béninoise Zeynab Habib, a régalé le public de sa musique moderne mais aussi avec du bolojo, rythme de son village. Pendant une heure de scène, elle a fait revisiter au public des titres choisis pèle mêle de ses différents albums. Cette soirée a été aussi marquée par le passage de l’artiste congolais Lokua Kanza qui fêtait ce dimanche 22 avril son 60ème anniversaire. L’occasion pour les festivaliers, les artistes et les organisateurs de lui rendre hommage en lui chantant tous en cœur un joyeux anniversaire. Très ému, l’artiste a laissé entendre : « je ne sais plus comment je vais chanter. Quand on est artiste, fêter son anniversaire sur scène, c’est la plus belle chose.»

Après son passage, les festivaliers ont été tenus en éveil toute la nuit avec le passage de l’artiste français Soprano et de la nigériane Yémi Aladé. Le festival a pris fin le dimanche avec la montée sur scène du groupe Magic Systèm, initiateur dudit festival.

Cette nouvelle édition qui vient de finir lève le voile sur les doutes qui planaient sur l’avenir du festival depuis la mort sur scène de Papa Wemba au cours du Femua 9. Tout porte à croire que le festival a encore de beaux jours devant lui.

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Eric-Christian Ahounou : Le photojournaliste qui sublime le nu

Ici, il n’est point question de parures, de maquillage, d’habillement extravagant. Loin de tout ce qui habille la femme pour la rendre plus attrayante, Eric Ahounou, photojournaliste béninois, préfère sublimer la nudité de la femme. Et quand on y pose le regard, on ne peut qu’en être conquis.

 

Dans cette salle d’exposition du centre culturel Artistik Africa, Eric Ahounou et Cécile Quenum ont pris quartier depuis le 13 mars 2018. Dans une ambiance conviviale, on remarque des visiteurs curieux face à des tableaux où la nudité est mise en valeur. D’autres sont très enthousiastes et se proposent déjà pour des séances de shooting. C’est le cas de Natacha qui après avoir admiré pendant des minutes interminables un tableau où pose nue une femme enceinte dont le mari soutient le ventre par ses mains. Toute éblouie, elle se tourne vers l’auteur du tableau, pour lui confier son désir de se retrouver dans cette posture dès qu’elle sera enceinte.  Eric Ahounou au milieu de son public, affiche un sourire calme et confiant.

Dans son exercice de mettre en valeur la nudité de la femme, on se retrouve face à un monde où l’érotisme et la sensualité se côtoient. Il ne s’agit en rien de vulgarité comme nous l’explique le photographe. Pour lui, « la photographie de nu est un genre photographique qu’il a adopté depuis une vingtaine d’année. Et mon rôle, c’est sans être vulgaire, est de travailler sur les courbes de la femme ».

Et le moins qu’on puisse dire est que le travail fait sur les femmes inspire admiration auprès des visiteurs mais surtout auprès des femmes. Loin d’être choquées par le nu qui est exposé, elles voient au contraire une valorisation de leurs corps. Son choix de mettre l’accent sur la femme, Eric Ahounou l’explique par le fait que la femme est un sujet complexe, elle est le centre du monde. « Elle attire, fait vendre et est incontournable dans tout ce que l’on fait. »

Si au début de sa carrière, le photographe avait de la difficulté à trouver des modèles, il nous confie qu’aujourd’hui, la petite notoriété aidant, « je n’ai pas beaucoup de difficultés à trouver des modèles à photographier. Au pire des cas, je passe une petite annonce sur ma page facebook, et j’ai des propositions ».

Toutefois, il y a encore des réticences chez certaines personnes. Adjikè, même si elle admire le travail d’Eric Ahounou, refuse de se soumettre à cet exercice. « C’est déjà trop intime de se mettre nu devant tierce personne et se laisser photographier pendant des heures » confie-t-elle.