JIF 2020 : hommage aux anciennes amazones du Bénin

Par le 08/03/2020 0 51 Views

Dans mon article précédent, je vous faisais un petit résumé de ma visite touristique au palais royal d’Abomey. Une visite qui m’a permis de plonger, l’espace d’un temps, dans la riche histoire des rois du Danxomè. L’histoire du roi Gbèhanzin a permis de savoir la lutte engagée que ce roi a eu avec les colons pour préserver ses terres. Durant les nombreux combats, les hommes étaient au front pour défendre le royaume mais c’était sans compter l’apport des femmes guerrières surnommées les amazones. Ce 08 mars, Journée Internationale des droits de la Femme, nous allons revenir sur l’histoire de ces braves femmes.

Qui étaient-elles ?

On les appelait les Minon (Mi-Non), ce qui signifie « nos mères » en langue fon. Les Amazones du Dahomey sont un ancien régiment militaire entièrement féminin Fon du Royaume de Dahomey (actuel Bénin) qui a existé jusqu’à la fin du 19ème siècle. Les écrits disent qu’elles sont nommées ainsi par les Occidentaux et les historiens à cause de leurs similitudes avec les mythiques Amazones de l’ancienne Anatolie. La devise de ces guerrières étaient simples « Vaincre ou mourir. L’histoire fait leur portrait en parlant de femmes au crâne rasé, coiffé d’un bonnet blanc orné de caïmans bleus, avec la démarche virile, fière et le regard noir. Face à ces femmes, qui étaient entièrement dédiées au royaume, aucun homme n’arrivait à tenir. Elles avaient la réputation de couper les têtes de leurs ennemis et les rapportaient au roi.

Dans un article sur elle, Jeune Afrique dit « éduquées au combat, elles vouent leur vie entière à la défense du roi et de son royaume. Pas question, donc, de tomber enceinte ou d’avoir des relations intimes. Elles font vœux de virginité. Une fois formées, elles sont réparties selon leurs spécialités : on distingue les fusilières, les archères, les faucheuses, – connues pour leur « rasoir gigantesque », les artilleuses, et enfin les chasseresses, commando d’élite dont les membres sont sélectionnés parmi les meilleures tueuses ». Mais d’où sont-elles parties ?

Origines

Déjà au cours du règne du roi Aho Houegbadja (qui gouverne de 1645 à 1685), troisième roi du Dahomey mais considéré comme le fondateur dudit royaume, ces vaillantes dame existaient. Mais c’est la reine Tasi Hangbè (ou Nan Hangbe), sœur jumelle d’Houessou Akaba qui a règné de 1708 à 1711 après la mort soudaine d’Akaba en 1708 qui fût la vraie créatrice du corps des amazones du Dahomey, comme régiment combattant, intégré aux armées professionnelles du royaume.

Le film Black Panther s’en est inspiré

Le récit de l’histoire raconte que « lors d’une campagne contre les voisins ouémènou du royaume, la reine prend la tête de l’armée, travestie – pour galvaniser ses troupes – à l’image de son frère jumeau défunt, Akaba. Elle a été largement effacée de l’histoire officielle du Dahomey, sous le roi Agadja son successeur, dont les partisans obligent la reine à abdiquer. Le fils de Houegbadja, Agadja (roi de 1708 à 1732), développe le groupe de femmes gardes du corps en une milice et les utilise avec succès pour vaincre le royaume de Savi en 1727. Durant les années suivantes, les guerrières acquièrent une réputation de combattantes sans peur. Elles combattent rarement, mais avec vaillance. Le roi Ghézo à son tour, donne une grande importance à l’armée, augmente son budget et améliore sa structure. Les Minon sont entraînées, obtiennent des uniformes et sont équipées avec des fusils danois (obtenus via le commerce des esclaves) ». Leur réputation et notoriété n’étant plus à prouver, elles sont connues au-delà des frontières et sont citées en exemple.

Inspirantes encore aujourd’hui

« Dès leur plus jeune âge, les amazones suivaient un entrainement intense au combat et au maniement des armes. Elles étaient conditionnées psychologiquement pour résister à la douleur et ignorer la pitié́. Craintes et respectées par la population, elles avaient un statut presque sacré. Chaque fois qu’elles sortaient du palais, des groupes de fillettes agitant clochettes les précédaient afin que la foule s’écartât respectueusement de leur chemin. Ces femmes, propriété́ du roi, devaient rester vierges et quiconque devenait leur amant était aussitôt exécuté » rapporte le site d’histoire GEO. Aujourd’hui encore, il est difficile de parler des femmes béninoises sans les surnommées des amazones. Un groupe d’élite encore célébré au Bénin à travers des chants, des danses et des récits qui rendent hommage à ces combattantes. Les Minons inspirent chaque femme béninoise et la rend fière d’appartenir à cette lignée de braves femmes.

Mais pas que les femmes béninoises. Au-delà des frontières du Dahomey devenu République du Bénin, ces femmes continuent d’inspirer. Dernièrement, c’est le cinéma hollywoodien qui s’intéresse à leurs riches histoires. Dans le film Black Panther, Ryan Coogler leur rend aussi hommage dans le rôle des Dora Milaje, la garde féminine du roi Tchalla du Wakanda. Après la sortie de ce film, l’actrice Lupita Nyong’o a séjourné au Bénin et a fait un tour à Abomey pour mieux connaitre l’histoire de ces dames. C’est dans le cadre d’un projet de film hollywoodien, The Woman King. Le site de France Info rapporte les propos de Cathy Schulman, productrice du projet. Selon elle, « The Woman King’ racontera l’une des plus grandes histoires oubliées de notre monde, celle d’une armée de femmes se battant contre l’esclavage, la colonisation et les rivalités tribales pour former une nation ». On ne peut qu’en être fier et souhaiter une bonne Journée Internationale des droits de la Femme 2020 à toutes les Minons du monde entier.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo