Fin du racisme : une lutte quotidienne

Par le 16/06/2020 0 59 Views

Depuis la mort de Georges Floyd le 25 mai dernier, des milliers de personnes se sont mobilisés pour honorer la mémoire de cet Afro-américain de 46 ans victime de violences policières aux États-Unis. Des manifestations pacifiques se sont déroulées un peu partout dans le monde pour combattre le racisme en dénonçant les discriminations et les brutalités que subissent les étrangers en particulier les personnes noires. Car au-delà d’une simple bavure policière, c’est la question du racisme à caractère systémique qui est à nouveau posée. Et même si le pasteur et militant Afro-américain Martin Luther King Jr. le dénonçait, il y a de cela 60 ans, on continue toujours d’assister à des actes racistes. Ce qui prouve que la lutte contre ce phénomène est loin d’être gagné.

Selon le site du Musé de l’Histoire de l’immigration, le racisme est « une forme de discrimination fondée sur l’origine ou l’appartenance ethnique ou raciale de la victime, qu’elle soit réelle ou supposée. Le racisme recourt à des préjugés pour déprécier la personne en fonction de son apparence physique ; il lui attribue des traits de caractère, des capacités physiques, intellectuelles qui renvoient à des images stéréotypées et à des clichés ». « Le racisme cherche à porter atteinte à la dignité et à l’honneur de la personne, à susciter la haine et à encourager la violence verbale ou physique. Il tend à répandre des idées fausses pour dresser les êtres humains les uns contre les autres » affirme-t-il. Ce phénomène est le plus souvent observé dans des domaines tels que l’emploi, l’éducation, les loisirs, le logement, etc. Il se manifeste entre autres par les injures racistes, les comportements hostiles, les regards haineux, la diffamation raciale, la violation des droits de l’homme, les agressions, le refus de rendre service, les attitudes d’infériorisation, etc. Aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, le racisme ne cesse de progresser. Il importe alors de se questionner sur l’efficacité des instruments juridiques qui existent depuis le début de la lutte, mais également les actions et mesures qui doivent être à mises en place pour éradiquer définitivement ce fléau.

Des normes internationales

Il y a de cela 70 ans, l’ONU adoptait la déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH). Il s’agissait ainsi d’un souffle nouveau qu’on insufflait à la lutte contre le racisme. L’un des principes fondamentaux de cette charte est l’égalité des droits et la non-discrimination. La notion d’égalité est énoncée dans l’article 1 du DUDH qui stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit ». Celle de la non-discrimination quant à elle trouve sa place dans l’article 2 qui déclare que « chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation ». En outre, l’article 7 de la même déclaration fait aussi état de la non-discrimination en affirmant que « Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toutes provocations à une telle discrimination ». Plusieurs conventions sont apparues par la suite pour développer et approfondir un peu plus ces notions. C’est le cas par exemple de la Convention européenne des droits de l’homme et de la Convention internationale pour l’élimination de toutes formes de discrimination raciale (ICERD). En 1966, l’Assemblée générale des Nations Unies a instauré la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. Elle est célébrée le 21 mars de chaque année et a pour but d’encourager la communauté internationale à éliminer de façon définitive la discrimination raciale sous toutes ses formes. Par ailleurs, il existe des lois propres à chaque pays qui condamnent et sanctionnent les actes et les propos racistes. Grâce à ces différents instruments de lutte, la perception des hommes sur le racisme a considérablement évolué. Ce phénomène autrefois justifié et presque  accepté de tous est devenu peu à peu plus voilé. Toujours est- il qu’il continue d’exister et de faire des dégâts dans la société.

Un tournant décisif dans l’histoire

Le décès de Georges Floyd dans des conditions affreuses n’est pas un cas isolé. Bien avant lui, Eric Garner, Adama Traoré, Michael Brown, Breonna Taylor, Trayvon Martin et bien d’autres encore ont fait les frais du racisme. Les manifestations qui ont suivi le décès de Floyd sont considérées comme un tournant décisif dans la lutte contre le racisme. Car si l’incident s’est produit aux États-Unis, c’est le monde entier qui s’est soulevé pour protester contre les actes de violence policière à l’encontre des personnes de couleur et pour réclamer la fin de ce fléau. L’ampleur de cette réaction planétaire démontre une prise de conscience collective quant à l’implication de chaque être humain dans le processus de lutte contre ce phénomène. En effet, la réussite de ce combat ne repose pas uniquement sur l’élaboration des textes, des déclarations et des lois. Mais il s’agit également d’une responsabilité collective. Il revient donc à chaque personne racisée ou non de sensibiliser et d’éduquer son entourage. Pour Arwa Mahdawi, chroniqueuse à The Guardian, « il est important que nous fassions quelque chose, aussi petit soit-elle. Nous devons écouter les personnes les plus touchées par l’injustice systémique et nous éduquer ». Elle continue sur la même lancée en affirmant que « ceux qui ont des parents racistes et ignorants peuvent essayer de les éduquer au lieu d’éviter ces conversations difficiles ».

Pour de nombreuses personnes aujourd’hui, la fin du racisme n’est plus une utopie. C’est bel et bien un projet réalisable qui nécessite juste la participation active de tous. Et comme le disait si bien Nelson Mandela « cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’il soit fait ». Il est encore temps pour agir.