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72 heures du livre à Conakry : Alpha Condé plaide pour le développement des langues nationales africaines

Un an après avoir clôturé son mandat de capitale mondiale du livre, Conakry la capitale guinéenne a accueilli, du 23 au 25 avril 2019, la 11e édition des 72 heures du livre. Conférences, dédicaces, ateliers ont meublé cette édition qui a également connu la participation du président de la république, Prof. Alpha Condé. Et pour ce dernier, le développement du livre en Afrique passe obligatoirement par le développement des langues africaines.

L’image est assez symbolique pour s’y attarder. Le mercredi 24 avril 2019, au deuxième jour des 72 heures du livre, événement initié et piloté par L’Harmattan Guinée, une conférence était organisée sur le thème « Être une femme ambitieuse en Afrique ». Elle réunissait trois femmes écrivaines et engagées autour d’une modératrice. Une dizaine de minutes après le début de la conférence, c’est le branle-bas dans la salle de spectacle du Centre Culturel Franco-Guinéen qui accueille la conférence. Et pour cause, le président de la république guinéenne, Prof. Alpha Condé est annoncé.
Alors qu’il s’est fait représenté la veille à la cérémonie officielle des 72 heures du livre par le ministre des Affaires Étrangères, le président débarque sur la conférence, à la surprise générale.  » Je suis venu pour réaffirmer mon attachement à la culture, dit-il. La culture dun pays, cest dabord sa langue. Cest bien que nous parlions le français, que nous parlions langlais parce que ça nous permet davoir accès au monde moderne mais nous devons rester ancré dans notre culture, dans notre environnement, dans notre passé.
Selon le président Alpha Condé, si le savoir ne permet pas à lhomme de saméliorer, de sémanciper, cest quil ne sert à rien : Il faut que ce savoir puisse lui permettre de sépanouir dans son travail, dans son environnement. Et à l’en croire, cet épanouissement « nest possible que si nous développons la langue nationale, pas comme langue de culture mais comme langue de travail. Et cela est possible. Il suffit seulement que les instruments de travail, le tracteur et certains outils soient écrits au Fouta, le mode demploi en peul, en Haute Guinée en malinké, ici en soussou », indiquera t-il.

Le président de la Guinée Conakry: Prof. Alpha CondéConakry, Capitale Africaine du livre et des langues africaines

Un défi ambitieux pour Conakry, auréolée du titre de Capitale Mondiale du Livre décernée par l’UNESCO en 2017 et qui espère devenir la capitale africaine du livre, comme l’est Ouagadougou pour le cinéma, Dakar pour les Arts Plastics ou encore Bamako pour la Photographie. Cette ambition, portée par la guinée et son président, avec le soutien de l’OIF, a été réaffirmée la veille lors d’un atelier, le 23 avril, journée mondiale du livre et premier jour des 72 heures du livre. Dans ce sens, la Guinée et sa capitale souhaite la mise en place d’une biennale panafricaine du livre, qui réunira l’ensemble des acteurs du livre d’expression plurielle, mais aussi de langues africaines.
Il sagit, à en croire Mme Youma Fall, responsable de la Direction 3Langue française, culture et diversités de lOrganisation Internationale de la Francophonie, de mettre en place un marque du livre. Précisant que les réflexions se poursuivent, elle indiquera que lévènement pourrait sappeler les Rencontres Internationales du livre dAfrique à Conakry (RILAC), quil pourrait se tenir tous les deux ans (en alternance avec les 72 heures du livre de Conakry qui deviendraient dans ce cas une biennale aussi) et réunir lensemble des professionnels du secteur de lAfrique ou pas. En termes dactivités, lévènement pourrait proposer des expositions, des dédicaces, un Prix littéraires, des formations et des rencontres.

Justifiant le choix porté sur Conakry pour accueillir cette plateforme, la fonctionnaire de lOIF affime quil est devenu evident au regard des efforts fournis par les organisateurs des 72 heures du Livre emmenés par Sansy Kaba Diakité et qui célèbrent cette année leur 11è édition. « Leffervescence remarquée sur le continent durant le mandat de Conakry Capitale mondiale du livre a été déterminant dans les discussions » a laissé entendre Mme Youma Fall, confirmant que lOIF, ainsi que dautres organisations, se tiennent prêtes pour accompagner la Guinée dans cette démarche.

Foire du livre

Conakry et Ouagadagou, même combat

Tout en travaillant pour acquérir son statut de Capitale africain edu livre, Conakry sest tourné vers Ouagadougou, capitale du Burkina Faso à qui elle a officiellement apporté son soutien dans lambition de cette dernière dêtre designee capitale mondiale du livre par lUNESCO en 2021. Ayant effectué le déplacement de Conakry, le maire de la Commune de Ouagadougou, Armand Béouindé, sest dailleurs adressé à la Guinée et à tous les invités de la 11è édition des 72 Heures du Livre lors dun discours à la cérémonie officielle, le mardi 23 avril, pour sceller ce partenariat.

Rappelant que le processus de la candidature de Ouagadougou pour être désignée Capitale Mondiale du Livre en 2021 est enclenché depuis le 23 avril 2018, Armand Béouindé a fait savoir que sa ville est prête à accueillir cette désignation et à lassumer pleinement et dignement. « Cette assurance sappuie sur la volonté des ouagalaises et des ouagalais, des élus locaux et des acteurs de la filière du livre qui partagent un enthousiasme certain pour ce projet et qui lespèrent avec impatience », justifie-t-il.
Pour le maire de Ouagadougou, la ville, reconnue capitale africaine de culture depuis 2009 par lObservatoire des Politiques Culturelles en Afrique (OPCA), dispose de tous les atouts pour décrocher cette désignation, tant les preuves de son engagement et de son positionnement culturel sont tangibles. « Ouagadougou, cest la ville de Thomas Sankara, leader de la révolution burkinabè, grand Africain ; cest aussi la ville du Professeur Joseph Ki Zerbo, grand historien ; mais aussi celle du prix Littéraire dAfrique Francophone 2018, Aristide Tarnagda » sest vanté Armand Béouindé avant de confier que sa ville ambitionne dutiliser cette désignation et en loccurrence le livre et la lecture dabord « comme tuteurs de notre résilience mais aussi comme moyen de prévention de la radicalisation et de lextrémisme violent dans notre capitale et dans notre pays ».

Par Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local.
Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog.
" La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo

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