Pour le Bénin ! ( Par Marc FIFA)

Par le 21/12/2017 0 35 Views
Modestement , je saisis ma plume ( cette génération dirait « mon clavier ») pour contribuer à cette œuvre combien honorable , mais titanesque , que constitue Kayamaga.com ; Oui en effet , plus qu’ une plateforme numérique , il s’agit d’une construction , d’une aventure humaine d’éducation , d’éveil intellectuel et spirituel ( mot tabou par excellence , qu’il ne faut pas avoir peur d’oser et d’imposer) . Toutes choses qui nécessitent nos petites pierres pour bâtir ce qui apparait in fine comme la quête constante d’un idéal ! Aussi , avec plaisir je m’attacherai régulièrement a distillé ici , un jet de ma pensée , de mes angoisses et convictions profondes , de mes coups de cœur ou mes coups de sang , avec un parti pris assumé pour ma foi Chrétienne Catholique ; mais toujours en toute objectivité et avec le souci constant , comme le souhaitait jadis les encyclopédistes et Diderot en tête : « que nos neveux devenant plus instruits , deviennent en même temps plus vertueux et plus heureux , et que nous ne mourions pas en avoir bien mérité du genre humain » ; Je me réjouis d’autant plus d’écrire et par conséquent, de ferrailler, de batailler, de réveiller, que ceci, me semble-t-il, être la commune destinée des hommes, celle de s’élever au-delà de nos divergences, vers une convergence transcendantale. Trêve de minauderies ! Pour le BENIN donc, titre de cet article ; Pourquoi ce titre ? Tout simplement parce que j’ai ressenti l’envie, (le besoin ?) , dans le flot tumultueux de la marche de ce monde, de parler de mon cher BENIN. Je ne l’aime ni plus ni moins qu’un autre, mais j’y suis viscéralement attaché. Pourquoi ? Un autre jour nous y reviendrons. Le propos ne sera pas non plus une énième hagiographie du BENIN ou de l’Afrique, ni une ode sans retenue à ce qu’une certaine doxa « bien-pensante » qualifie d’ « Afro-optimisme » . Le lieu de ce post m’oblige à beaucoup plus d’épaisseur d’esprit. « J’aime tout dans la France , excepté ce qu’il est convenu de nommer l’esprit Français « ; » écrivait Victor HUGO. En le paraphrasant j’aime à dire et à penser que j’aime tout dans le BENIN , excepté ce qu’il est convenu de nommer la « béninoiserie ». Oui la béninoiserie, ce substantif, emprunté au langage familier ou aux discussions dans les gargotes autour d’un plat mal assaisonné, qui symbolise à la fois la singularité et l’affaissement moral de notre pays. Oui la béninoiserie, ce mélange de paresse, de désinvolture, de méchanceté gratuite, comme on dit ici et là , qui taraudent le fond de notre pensée commune ; Oui la béninoiserie , cette tambouille inconsciente qui exalte nos plus bas instincts et qui nous poussent sans cesse à creuser plus bas , toujours plus bas, « là où la pelle ne peut aller»; Oui la béninoiserie , dont l’avatar le plus visible est la critique sans cesse renouveler de tout et de tout le monde , la cécité voulue et entretenue de ne pas voir chez l’autre un minimum de bonté , d’amour , d’humanité ; Vous l’aurez remarqué, j’aime pratiquer l’anaphore. J’aime aussi le concret, le réel, le vrai ! Ce parlé cru et dru m’amène à m’interroger sur cette vérole propre à notre société. Sinon comment comprendre qu’on ne commence pas à s’appliquer à soit même en tant que citoyen, les règles élémentaires dont l’absence chez les « autres » nous horripilent au plus haut point ? Il est navrant de voir et revoir que nous, citoyens, avons ruiné ce pays , en s’installant dans l’illusion totale que chacun sans travailler , sans penser , pouvait vivre à crédit aux dépens de son voisin . Une société brisée, une société martyrisée, une société dévastée ? Que nenni ! Une société libérée de ce mal qui semble lui être consubstantiel. Avant que les raisins de la colère mûrissent donc, j’entends, pompeusement, sonner l’hallali de la béninoiserie . Une thérapie de choc, qui a la particularité d’être une invitation à l’introspection. Que chacun fasse son autocritique ; moi en tête. J’entends dire « Frère, le pays est dur, quelle temps difficile on traverse » ! Béninois, toi qui ne te corrige pas, n’es-tu pas infiniment plus dur que les temps que nous vivons ? Béninois toi qui soupires après le gain facile , la délation , après ce qui n’est que vanité , Béninois toi dont la cupidité est toujours insatiable , toi qui affectionne le copinage , la concussion et le péculat , toi qui veux faire un mauvais usage de ce que tu désires , tu n’obtiendras rien de ce que tu désires……… si tu ne commences à te départir de la béninoiserie. Au travail ! Pour le Benin, prenons conscience de la tâche qui nous attend, tout est à (re)construire , nos mentalités en tête , notre œuvre n’en sera que plus grande . Chiche !
Que Dieu nous bénisse
Marc FIFA
La rédaction

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