Enseignement maternel : un mélange de passion et de sacerdoce

Par le 13/10/2020 0 81 Views

Le 05 octobre de chaque année et ce depuis 1997, le monde entier célèbre la journée mondiale des enseignant(e)s. Une journée qui commémore la signature de la recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant de 1966. En effet, cette recommandation fixe les critères de référence relatifs aux droits et aux responsabilités des enseignant(e)s ainsi que les normes fixant leur formation initiale et continue, leur recrutement, leur emploi et les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Pour la célébration de cette année, nous allons vous faire découvrir le quotidien des enseignants de la maternelle.

Organisée conjointement chaque année par l’UNICEF et l’Organisation internationale du Travail et l’internationale de l’éducation, la journée mondiale des enseignants vise à célébrer les progrès et réfléchir aux moyens de surmonter les défis qui subsistent dans la promotion de la profession enseignante. Pour cette édition 2020, le thème était « enseignants : leaders en temps de crise et façonneurs d’avenir ».

Une tata presqu’une maman

Ce 05 octobre, cela fait exactement une semaine que les écoles béninoises ont ouvert leurs portes pour le compte de l’année scolaire 2020-2021. Après cette 1ère semaine, enseignants et écoliers, ont déjà eu le temps de se familiariser un temps soi peu. C’est ce que nous assure en tout cas Madame Elody, enseignante de maternelle des petits dans une école privée catholique de la commune d’Abomey-Calavi. Il est 7h30 et cette jeune enseignante de 25 ans, est postée devant le portail de l’école accueillant avec bonne humeur et une joie non feinte, ses petits écoliers un peu capricieux. 5 minutes déjà qu’elle essaie de calmer le petit Bryan que la maman vient de déposer pour la classe de ce matin. Bryan, 3ans, est en pleurs parce qu’il ne s’habitue pas encore à l’idée de se séparer de sa maman tous les matins pour la retrouver que les soirs à 17h et ceci désormais 5 jours sur 7. Le cas du petit Bryan n’est pas isolé. « Cela fait ma 3ème année en tant que maitresse de maternelle 1. Je suis habituée à ces pleurs chaque matin parce qu’ici, les pleurs, ce n’est pas à cause du début de la rentrée, ça peut durer toute l’année et plus difficile encore après le retour de chaque congés » nous témoigne Madame Elody, le sourire aux lèvres déposant sur son siège de classe, le petit Bryan déjà calmé. Celle qui se fait appeler affectueusement tata Elo ou Lo par les plus petits, laisse transparaitre sur son visage, un sourire permanent qui permet aux parents d’avoir plus de facilité à lui confier leurs touts petits.

La maternelle permet aux enfants de se préparer aux apprentissages fondamentaux de la lecture, de l’écriture et du calcul

La maternelle est composée de 2 années (maternelle des petits et des grands). Des années qui permettent aux enfants de se préparer aux apprentissages fondamentaux de la lecture, de l’écriture et du calcul. Les objectifs de ces années au-delà de ceux déjà cités, sont la socialisation, la mise en place du langage du nombre et du geste graphique. Si les enfants doivent se préparer pour affronter des classes plus difficiles les prochaines années, il leurs est difficile d’apprécier le réveil désormais tôt et surtout le fait de se séparer de leurs mamans qui profitent des heures d’absence de leurs petits pour vaquer à d’autres opérations et « se sentir un peu libre pour consacrer plus de temps pour soi-même » nous explique toute contente dame Esther, maman de la petite Najat qui vient de démarrer sa 1ère rentrée des classes. Et à la maitresse Elody d’ajouter « je deviens la tata qui remplace les mamans une grande partie de la journée. C’est un plaisir d’entendre certains parmi eux m’appeler parfois maman et s’attacher à moi ».

Une bonne dose de passion et de patience

« Je suis très passionnée par les enfants. J’aime les avoir près de moi, les guider et leurs apprendre leurs premiers pas dans le monde de l’éducation scolaire » nous confie toute fière dame Elody. Debout à 6h du matin désormais chaque matin depuis le début de la rentrée, cette jeune dame explique que son choix d’être maitresse de la maternelle est pour elle un choix de cœur mais quand même très difficile à prendre. Parce que voyez-vous « il est très difficile de gérer les enfants. Surtout des tous petits puisqu’ils doivent se séparer de leurs mamans et donc ils sont souvent grincheux les matins. Mieux, toute la journée, il faut les suivre, les nourrir, les faire dormir, leur apprendre les bases de l’école et de la vie en société. En gros, il faut tout faire pour eux » expliquent maitresse Elody et sa collègue. Puisque vu l’ampleur des tâches, il faut être plusieurs pour venir à bout de ses « petits diables » comme aime bien les appeler la collègue de maitresse Elody.

A côtés de ses soucis quotidiens, la plupart des maitresses de maternelle ou tatas que nous avons rencontré dénonce leurs faibles rémunérations. « Dans les écoles, les classes de maternelle sont les plus chères. Mais les éducateurs de ces classes sont sous-payés à mon humble avis » disent dame Elody et sa collègue. « Nous faisons le plus grand travail. Aider ses enfants dans les 1ers pas de la vie scolaire est un processus très difficile. Sans une once de patience, il est difficile d’y arriver. C’est pour nous, un sacerdoce, une passion. Mais la rémunération ne va pas souvent avec » dénonce ces enseignants.

Toutefois, ils restent tous unanimes sur une évidence : le choix d’éduquer les enfants de ces basses classes est fait suivant la passion. Et vaux mieux vivre de sa passion que travailler pour de l’argent et ne pas être épanoui.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo