Blogging au Burkina Faso : Elles sont prophètes chez elles !

Par le 26/03/2019 0 42 Views

Si au Burkina-Faso, pays des hommes intègres, le taux d’utilisation de l’internet et le taux de pénétration des réseaux sociaux ne sont pas très élevés selon le rapport 2018 de « We are Social et Hootsuite » sur l’utilisation d’internet, du mobile et des réseaux sociaux dans le monde, le pays connait toutefois une génération de blogueurs et de blogueuses qui sont passionnés de leur métier. Portrait de trois blogueuses du 226 qui ont décidé de faire vivre leurs passions et de faire connaitre leur pays à travers leurs blogs.

Elles sont jeunes, avec une fière allure et déjà si sûres d’elles. Elles ont décidé de marquer leur génération à travers leurs activités, d’apporter un plus aux autres pour mieux vivre leurs propres rêves.

Stéphanie DABIRA : le défi de s’imposer

Plus d’opportunités et d’ouvertures d’esprit : c’est la requête de Stéphanie Dabira. Dans son domaine, la jeune Burkinabè de 23 ans tente tant bien que mal de se faire une place surtout avec sa spécialité qui est la mode. « Le problème majeur, c’est d’avoir les accès pour les activités de mode » se plaint-elle. Passionnée de mode et du digital depuis son cursus scolaire et universitaire, elle est une jeune diplômée en communication des organisations et relations publiques à l’Université de Ouagadougou au département de communication et journalisme. Après ses études, elle a tenté de s’inscrire en cours de stylisme en vain. « Mais au cours de mon cursus universitaire, j’ai compris que j’avais la possibilité d’exercer autrement ma passion en alliant ma formation universitaire, qui est la communication, et mes deux passions le digital et la mode. J’avais envie de parler de mode et quand j’ai découvert le blogging, c’est devenu une évidence » raconte-t-elle.

Mais l’univers de la mode reste un terrain de grands défis pour la blogueuse. Son ambition, s’imposer comme LA bloggeuse Mode au Burkina-Faso et dans la sous-région, malgré les difficultés. « En ce qui concerne le blogging mode, je dirai que c’est un défi parce qu’avant tout, les Burkinabè n’ont pas la culture du numérique ni de la mode. Blogguer sur la mode relève donc d’un défi quotidien. Par conséquent, on a souvent le moral bas, l’envie d’abandonner, parce qu’on a l’impression que les autres ne s’y intéressent pas » avoue-t-elle.

Stéphanie Dabira

Encore que, Stéphanie n’a pas encore un autre métier pour joindre les deux bouts. Ses journées sont meublées de shooting, d’interview, ou assise devant son ordinateur pour la rédaction de ses articles. Avec son blog iconeafricaine.com, Stéphanie Dabira veut valoriser mais également apporter de la critique en vue d’améliorer un tant soit peu le milieu de la mode Burkinabè qu’elle juge « très embryonnaire, pas du tout organisé et malheureusement hostile à la critique ».

Priscille BANSE : partager sa passion avec le monde

« Je crois que c’est vraiment bénéfique pour moi d’être blogueuse. Je vis ma passion pour l’art à fond ». Ces propos de Priscille Bansé, énoncés avec sourire et fierté, dénote combien de fois la jeune fille est heureuse d’allier sa passion de l’art avec celle du blog. A 24 ans, cadette et seule fille de ses parents, Priscille rentre dans le blogging, il y a juste deux ans. Avec son blog sud-sahel.com qui totalise depuis sa création en janvier 2019 déjà plus de 3000 visites, la jeune burkinabè, passionnée d’art tente de se faire un nom dans le domaine.

La jeune femme a étudié les sciences et techniques de l’information et de la communication à l’Université de Ouagadougou où son amour de la liberté l’amène à se spécialiser en journalisme. Avec l’avènement des nouvelles technologies, Priscille saisira l’opportunité d’exercer son métier à travers les blogs. Être blogueuse est pour elle une meilleure façon de vivre sa passion. « Je peux dire que cela m’a permis d’avoir une certaine ouverture d’esprit. Je rencontre tout le temps des gens avec qui j’échange. Je m’intéresse à leurs œuvres artistiques. Je fais des interviews, des reportages, je couvre des événements… Et non des moindres ! Les gens me contactent pour discuter de leur film, tableau, musique, etc. » nous confie-t-elle.

Priscille Bansé

Se décrivant comme autodidacte et un peu téméraire, Priscille est aussi une romancière. En effet, le 1er mars dernier, elle publie son premier roman « Du paradis à l’enfer » et a déjà achevé son 2ème roman.  Chargée de communication dans une entreprise burkinabè basée à Ouagadougou, elle raconte que ses journées sont loin d’être routinières. Si dès 6h30, elle est sur pied pour s’apprêter pour son travail, à sa sortie le soir, elle s’autorise un temps pour s’adonner à sa passion. Entre une interview ou un entretien avec un acteur du monde culturel pour son blog, ou faire un tour au cinéma pour la première d’un film ou aller au théâtre, elle nous avoue avoir toujours une tâche à faire le soir avant de rentrer.

Et même si le blogging reste difficile dans son pays, pour Priscille Bansé, « être blogueuse c’est une chance. Cela contribue fortement à l’affermissement de la personnalité, à la culture générale, à l’ouverture d’esprit. Cela ouvre souvent les portes au monde de l’emploi parce qu’on nous propose souvent des postes. Donc je crois que ce n’est pas moins de barrages mais plus d’opportunités ».

Bassératou KINDO : la femme pour la femme

Pour l’avoir, cela relève presque du parcours du combattant. Toujours entre deux avions, Basseratou Kindo n’a pas du temps à perdre. Mais la blogueuse reste naturelle et très souriante, n’hésitant pas à offrir l’hospitalité à une consœur étrangère qu’elle n’a jamais vu, si cette dernière est dans le besoin. Actuelle Présidente de l’Association des Blogueurs du Burkina (ABB), elle partage son temps entre son travail de journaliste et Community Manager qu’elle exerce dans une structure de Ouaga, son association et son blog tribunedefemme.blog4ever.com. « Ce sont plutôt mes week-ends qui sont concentrés au blogging avec l’association nationale des blogueurs du Burkina que je préside » confirme Basseratou.

Basseratou Kindo

Maitrisant le milieu du digital dans son pays, Basseratou, deux fois prix de la meilleure blogueuse pour les années 2013 et 2014, avoue que pour le moment au Burkina, le blogging n’est pas encore un métier. « La plupart des blogueurs et blogueuses exercent une profession et parallèlement écrivent sur leur passion. Mais ils sont sollicités par des structures pour porter leur message au public ou mener des campagnes » dit-elle. Face aux difficultés du domaine, la Présidente de l’ABB propose la production des contenus de qualité qui impactent positivement et  qui puissent apporter une plus-value dans le quotidien des citoyens. Ailleurs des blogueurs vivent de leur blog parce qu’ils sont sollicités par des sociétés pour passer leur pub, leur campagne. Cela parce que ces personnes ont su s’imposer avec leur contenu.

« J’ai souvent peur de parler de moi » nous confesse celle qui aux premiers abords affiche une grande sérénité. Face à nos questions personnelles qui n’auront aucune réponse favorable, elle nous confiera toutefois être maman d’un jeune garçon avant de nous demander humblement de revenir sur le terrain du blogging.  Et sur ce terrain, Basseratou Kindo dira qu’une femme dans le blogging est une grande opportunité. « Quand on est passionnée d’une chose et qu’on se donne les moyens de toujours bien le faire, ça ne peut être que pleins d’opportunités » explique celle pour qui la lecture est une autre grande passion.

Perpétue Houéfa AHOMAGNON

Diplômée en journalisme audiovisuel, j'ai découvert après mon cursus universitaire, l'univers des blogs, de la rédaction web. Depuis, je me suis presque auto-formée dans le domaine. Des formations par ci par là, des cours en ligne, tout ce qu'il faut pour me perfectionner et utiliser ces nouveaux médias pour atteindre mes objectifs. Je suis en fait une passionnée des nouveaux médias, des femmes, des jeunes, de la vie au niveau local. Je suis intéressée par les sujets sur l'Afrique, sur la situation des femmes et des enfants sur le continent mais aussi par le développement local. Et c'est ce que je traite à travers mes articles sur ce blog. " La confiance en soi est le premier secret du succès" Ralph Waldo